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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 06:42
Etre dandy aujourd'hui

Les dandies ont-ils disparu ? Le dandysme n’est pas qu’un phénomène historiquement daté ; il désigne aussi une attitude esthétique et morale définie par des critères intemporels. Barbey d’Aurevilly l’a dit : « Le Dandysme a sa racine dans la nature humaine de tous les pays et de tous les temps. » Baudelaire, quant à lui, le voyait comme « le dernier éclat d’héroïsme dans les décadences. » Notre société – c’est peu niable – est décadente. Elle ne joue pas sa partition sur le registre de l’épopée. Les dandies actuels sont alors condamnés à naviguer par petit temps, c’est-à-dire qu’ils s’adaptent, mais ils mettent leur orgueil – qu’ils ont grand – à le faire sans renier les principes que leur ont légués leurs prestigieux aînés.

A quoi peut donc bien ressembler un dandy aujourd’hui ?

Ce dandy-là est imprévisible. Il est un signe de contradiction. Il se cache là où l’on n’aurait jamais songé à le chercher. Il ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait de lui. Pour le définir, il faudrait user de mots que la majorité de nos contemporains n’entend plus : grâce, esprit, distinction, race.

Il est impassible. L’ennui ou le spleen des origines s’est transformé chez lui en un dégoût de tout et de tous qui n’est rien d’autre que de la colère surmontée.

Il pratique l’ironie. Il hait la dérision. L’ironie respecte. La dérision abaisse.

Il est indépendant. Il a l’art de l’esquive. Epris d’absolu, il se refuse à entrer dans le débat qui, par nature, relativise. Son désengagement le conduit à un certain repli sur soi. Il se retranche dans son for. Il cache en lui sa propre gloire, c’est-à-dire sa vérité.

Il juge le travail pour ce que l’étymologie dit qu’il est : une torture, et l’argent pour une affreuse nécessité. Son oisiveté n’est pas vide – mais remplie à ras bord de devoirs et d’obligations qui épuiseraient nos modernes zélateurs du negotium.

Il est irremarquable. Il ne s’épanche pas. Il ne se répand pas. Il ne cherche pas à être célèbre. S’il provoque, c’est à force de politesse, de galanterie, de culture.

Il aime la beauté. Sa mise, pensée et pensante, est un miracle – soit un signe de l’Esprit. A d’autres l’ostentatoire, le déguisement, le luxe tapageur, le regardez-moi-pour-que-je-sois.

Il se vit comme le dernier homme.

Ce dandy-là ne court pas les rues de nos villes. Il préfère arpenter lentement les chemins de campagne, à l’ombre des grands arbres.

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Publié par Le Chouan
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Hervé 05/07/2015 11:23

Faut-il être réellement dandy aujourd'hui ? C'est la question qui me préoccupe. Car à l'heure où tout le monde cherche à se forger une identité, le dandy est-il un personnage à jouer en société ? Ou réellement une attitude à avoir dans la vie quotidienne, telle qu'on l'évoque ici très souvent ?

Serge 29/05/2015 23:05

C'est tout moi ça.

Philippe Booch 29/05/2015 01:43

Je vous souhaite de nombreux chênes, érables, cèdres et platanes Chouan.

franck 26/05/2015 21:31

Être dandy aujourd'hui, quelle difficulté quand on songe à Stendhal qui n 'est jamais parvenu à être reconnu en tant que tel et aà son grand désespoir, la grande époque du dandysme.

SCAVINI 26/05/2015 20:02

Finalement, le dandy d'aujourd'hui ne serait-il pas le gentleman d'hier ? :)

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