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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 06:09

La mise en page de cet article n’est pas celle que je voulais… Le maniement de la nouvelle interface d’overblog suppose une dextérité informatique que je suis loin de posséder.

La mèche va bien aux enfants et à certains adolescents. Mais passé, disons, 25 ans, qu’est-ce qui peut bien pousser un homme à s’accrocher à sa mèche ? Conserver une coiffure d’enfant ne protège pas du temps qui passe. Et puis, quand les cheveux ne tiennent plus à vous, la mèche laisse apparaître d’inesthétiques îlots de peau. Les cheveux refluent de partout. Ils quittent le sommet du crâne, ils abandonnent les tempes qui, peu à peu, se creusent en criques. Face à la débâcle, la sagesse commanderait de renoncer. Mais les adeptes de la mèche ne l’entendent pas de cette oreille. Ils s’obstinent. La source de la mèche se décale vers le bas. Les cheveux entament alors une longue expédition vers les hauteurs, et puis ils redescendent lentement pour venir mourir loin, très loin de leur lieu d’origine. L’édifice est fragile. Son pire ennemi, c’est le vent, qui, à tout moment, menace de le renverser.

Quand je pense à la mèche, des images me reviennent – celle de Jean-Paul Belmondo au début des Tribulations d’un Chinois en Chine qui, s’ennuyant, écoute, pour paraphraser Jacques Brel, pousser sa mèche ; celle d’un jeune homme à l’air ahuri qui traverse La Dolce vita dans un drôle de pull en V qui bâille au col ; celle des minets du Drugstore des Champs-Elysées au début des années 60 ; celle du chanteur Hervé Vilard dont il est devenu plus difficile de se moquer depuis que Marguerite Duras a avoué en être fan (… quoiqu’il ne soit pas tout à fait impossible de se moquer de Marguerite).

Plusieurs de nos écrivains ont arboré la mèche. Le premier fut peut-être Victor Hugo dont on oublie qu’avant d’être un barbu magnifique, il fut un méchu passablement ridicule.

La mèche de Maurice Barrès était légendaire.

Dans L’Entre-Deux-Guerres, Léon Daudet se rappelle sa « mèche noire qui retombait sur son large front ». Paul Morand, dans son Journal d’un attaché d’ambassade, le juge « bien fripé, la mèche dans l’œil, les dents gâtées, l’air tzigane »…

Le béret de Paul Fort, prince des poètes, dissimulait une mèche moins poétique que sébumique :

André Malraux promena sa mèche sur pas mal de théâtres d’opérations. Une mèche… en bataille !

Naguère, il y eut Hector Bianciotti que, nonobstant, Tatiana Tolstoï jugeait très élégant.

Aujourd’hui, pour perpétuer la tradition, nous avons Daniel Rondeau qui, dans une transposition filmée du Secret de la Licorne, ferait un très convaincant Maxime Loiseau :

… et Patrick Grainville, éternel amoureux des jeunes filles, à qui la longue mèche grise donne un air de vieux minet :

Nous avons surtout Michel Houellebecq dont un récent passage à l’émission C’est à vous m’a prouvé, sans doute possible, que sa mèche-rideau devait beaucoup à des implants :

Etrange Houellebecq, qui va sans dents (provocation ou clin d'oeil à de fameux devanciers : Artaud, Léautaud, Berl ?) mais qui, pour ses cheveux, a recours, tel un vieux beau, à la chirurgie !

Les originalités capillaires sont rarement heureuses. Prudence, donc, et simplicité. Portée par un homme mûr, la mèche est incongrue et vulgaire… et mérite bien qu’on la critique… qu’on l’allume.

Méchus de tous poils : coupez !

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Publié par Le Chouan
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