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Accessoires

Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 07:23

Tous nos magazines s’en sont fait l’écho : le chapeau est de retour ! A l’annonce de cette bonne nouvelle, j’aurais dû tirer le mien sans attendre. Mais quand je vois ce que nous sert la rue, je me loue de ma prudence.

Le phénomène touche surtout les jeunes. Généralement, ils coiffent leur crâne d’un tout petit chapeau à tout petits bords. Avec ça, ils peuvent être en blouson, en bermuda, avoir des lunettes noires, être en tee-shirt ou en jean… Sans leur chapeau, on ne les remarquerait même pas. Avec, ils ont juste l’air ridicule ; mais s’ils sentent qu’on les regarde, ils pensent que c’est parce qu’on les admire. Où l’on voit que le chapeau ne préserve pas du melon.

L’exemple vient de haut. Voilà quelques années déjà que je remarque des stars incongrûment chapeautées :

 

brad-pitt.jpgBrad Pitt

 

justin-timberlake.jpgJustin Timberlake

 

johnny-depp.jpgJohnny Depp

 

Nos néophytes posent leur chapeau très haut sur le front – comme le faisaient certains chanteurs (Sinatra, Trenet…) afin d’être vus des spectateurs. Leur but ? Se montrer, bien sûr, ce qu’un authentique amateur ne cherche jamais à faire. Le chapeau dissimule, rend anonyme, fond dans l’ombre… Si l’ôter, c’est « se découvrir », le mettre, c’est se cacher. Par essence, il est poli, respectueux, discret. Ce n’est pas un hasard si la bienséance a codifié son usage. Il faudrait que nos jeunes fashionables apprennent que  l’étiquette du chapeau, ça n’est pas qu’un petit bout de tissu marqué au nom du fabricant ! Le chapitre des gants et du chapeau fait les délices de tout lecteur de savoir-vivre qui se respecte (1).


frank-sinatra.jpg 

Et puis, il y a la qualité. Ce que je vois me fait peur : chapeaux de mauvaise paille dits « panamas », chapeaux de feutre synthétique dits « trilby »… nos têtes méritent beaucoup mieux ! Une chanson dit que le chapeau est « le soulier du cerveau ». Eh bien ! Quel homme élégant accepterait d’être moins exigeant pour sa tête que pour ses pieds ?

Le chapeau est pratique : il protège du froid, du soleil et de la pluie. Le chapeau peut être esthétique : si vous en doutez, faites donc un petit tour du côté de nos aînés qui furent maîtres en élégance. Le chapeau peut être encore source de poésie  :

  « Une volée de pigeons sur un pommier,
une volée de chasseurs, il n’y a plus de pigeons,
une volée de voleurs, il n’y a plus de pommes,
il ne reste qu’un chapeau d’ivrogne
pendu à la plus basse branche.
Bon métier que celui de marchand de chapeaux,
Marchand de chapeaux d’ivrogne.
» 

C'est signé Max Jacob, poète breton et amateur de chapeaux (2). 


max-jacob.jpg

 

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1. Sur le sujet, lire les pages 161-162 de l’Histoire de la politesse de Frédéric Rouvillois, Flammarion, 2006 , et se reporter aux pages 124-125 du Chic anglais de James Darwen, Hermé, 1990.
2. Extrait des Poèmes de Morven le Gaëlique.

Par Le Chouan - Publié dans : Accessoires
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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 07:22

Il est une sorte de foulard dont on peut tirer des effets intéressants : le bandana. C’est un simple carré de coton d’une cinquantaine de centimètres de côté, parsemé de palmettes noir et blanc sur un fond de couleur. Il s’en vend à des prix modiques dans tous les grands magasins et dans les surplus américains.


bandana-noir-et-blanc.gif

 

Son histoire. Le bandana est un élément caractéristique de la panoplie du cow-boy. Je me souviens de John Wayne nouant le sien dans plusieurs scènes de La Chevauchée fantastique. Les desperados pouvaient s’en servir comme masque. Noué sur la tête, il aidait à absorber la transpiration. Les soldats de l’armée des Indes en glissaient un sous leur casquette pour se protéger de la touffeur.


lucky-luke.jpgThe poor lonesome cow-boy !


Le bandana est voisin du foulard gavroche et de la cravate apache (1).

Le foulard gavroche était porté par les gamins de Paris, c’est-à-dire les « gavroches » (du nom du personnage créé par Hugo) au XIX° siècle.


gavroche.jpg

 

La cravate apache vient du surnom « apache » qu’avaient choisi pour se désigner les mauvais garçons de la Belle Epoque. Ils avaient emprunté aux Indiens Apaches d’Amérique du Nord leur foulard rouge pour en faire un signe d’appartenance et de reconnaissance.


apache-def.jpg

 

A la fin des années soixante-dix, le chanteur Renaud remit au goût du jour le petit foulard rouge. Son look fit alors sensation. Il n’était pourtant qu’un condensé d’influences hétéroclites : casquette et coiffure de gavroche ; foulard rouge d’apache ; blouson noir de voyou ; jean et bottes de cow-boy… Avec ça, la démarche volontairement outrée de celui qui  - tel "the poor lonesome cow-boy"! - vient de descendre de son cheval.


renaud.jpg

 

Mais laissons Renaud où il est – quelque part à Londres, je crois – et revenons à notre sujet.

Comment porter le bandana ? On le plie dans la diagonale. On le noue deux fois (un nœud sous l’autre) pour bien le fixer. Attention ! Il ne doit jamais donner l’impression de vous étrangler !

Le nœud est, au choix, situé sur le milieu ou légèrement décalé sur le côté. Les deux pointes sont à laisser hors de la chemise ou du polo.

Le bandana accompagne parfaitement les polos en jersey petit piqué (à manches longues, cela va de soi) et les chemises à col boutonné, portés avec ou sans pull en V ou cardigan. Il se prête à de multiples jeux de couleurs et  peut relever à lui tout seul un ennuyeux camaïeu :


guy-marchan-bandana-blouson-copie-1.jpgGuy Marchand, adepte éclairé du bandana

 

Avec une veste sport, on lui préfèrera un carré de soie ou un foulard ascot, plus riches et chatoyants.

L’homme de goût est à sa manière un prestidigitateur. D’un simple bandana, il ne fera pas surgir une colombe, mais quelques belles images d’élégance. De même pour la pochette, sujet d’un prochain (trop) court éloge.

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1. Ces désignations sont empruntées à Sophie George, Les Accessoires de A à Z, éditions Falbalas.

Par Le Chouan - Publié dans : Accessoires
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Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 07:29

Ralph Lauren a récemment essayé de relancer le nœud papillon. On a beaucoup vu celui-ci égayer, sur des publicités pour la marque, les pages de nos magazines. On attend encore de le voir se poser sur le cou des citadins. La situation du foulard est assez comparable à celle du nœud pap’, sauf qu’aucune enseigne renommée n’a essayé, pour l’instant, de le remettre à la mode.

Porter un foulard, c’est aller à contre-courant d’une tendance (lourde) qui prône la liberté du mouvement et le dévoilement du corps. Pas d’entrave au cou qui rappellerait, au moins symboliquement, je ne sais quelle soumission archaïque. A l’heure du déboutonnage, les liens qui ferment ne sont pas de mise : on ouvre, on exhibe. Il est bien révolu le temps où Tatiana Tolstoï pouvait qualifier d’ « erreur répugnante (…) un col ouvert sans foulard si l’on a plus de cinquante ans (1) » ! Pas de cravate, donc, pas de nœud pap’, et, comme dit la chanson, « adieu foulard » !

Porter un foulard, c’est encore faire fi de tout un réseau de connotations largement dépréciatives. A qui assimile-t-on les tenants de ce modeste ruban de soie ? Au bourgeois ou à l’aristo BCBG, méprisant et coincé ; au jeune homme typé « NAP », puant la morgue et tête à claques ; à l’antiquaire un peu trop maniéré, précieux comme les objets dont il aime à s’entourer ; au vieux beau lifté et aux cheveux teints, habitué des thés dansant et des croisières qui s’amusent ; au retraité mal embouché, roulant en Citroën C3 et se chaussant en Méphisto.


dieudonne-le-derriere.jpg Dieudonné, "Le Derrière"


jean-lefebvre.jpgJean Lefebvre

 

Dans des conditions si adverses, en faire, comme Henri de Pazzis, son signe distinctif témoigne d’une sorte de courage civique !

 

Henri-de-Pazzis-web_2.jpg 
Henri de Pazzis, créateur et patron de Pro natura

 

Pour les mêmes raisons, défendre le foulard tient de la gageure. Essayons pourtant en appelant l’histoire à la rescousse.

Villarosa et Mosconi l’ont écrit : « Grâce à sa structure, le foulard constitue le plus souple accessoire qu’on puisse nouer autour de son cou. C’est pour cela qu’il a rencontré un énorme succès auprès des classes moins fortunées, qui ne pouvaient se permettre le luxe des vraies cravates. Les cow-boys, les paysans des Balkans, les ouvriers russes ou anglais ne portaient pas de cravate autour du cou, mais des foulards de couleur (2). » Il fut aussi annexé à différents moments par les mauvais garçons - les apaches durant la Belle Epoque et les voyous dans les années 30.

 

les-apaches.jpegLes apaches

 

 

jean-gabin-pepe-le-moko.jpeg Jean Gabin, "Pépé le Moko"

 

Des icônes reconnues de l’élégance l’ont également adopté : Fred Astaire, qui en faisait ressortir les pointes de la chemise et qui l’agrémentait d’une épingle d’or ; Cary Grant ; David Niven, qui en fit, à la ville, un élément remarquable de son style.

 

Fred-astaire-foulard.jpg Fred Astaire, Le Style Fred Astaire, G.Bruce Boyer, Assouline

 

L’histoire du foulard est – ce survol suffit à le montrer – riche en surprises (bonnes ou mauvaises) et en métamorphoses (heureuses ou malheureuses). Nous aurions donc tort de nous en tenir à l’image restrictive que nous nous en faisons presque tous aujourd’hui.

Pour ma part, je n’hésite pas à nouer, le week-end, un foulard autour de mon cou. Je prends soin toutefois de respecter quelques règles :
 

Jamais de foulard avec un costume.
Jamais de foulard avec une chemise blanche, sauf si elle est à carreaux.
Eviter le blazer.
Eviter de le glisser dans un col de polo (3).


lacoste-foulard.jpgFoulard de soie + polo : à éviter (L'Eternel masculin, Bernhard Roetzel)

 

Etre attentif aux coloris et aux motifs : rechercher une certaine originalité.
Le nouer toujours de façon lâche et négligée (4).
N’ouvrir qu’un bouton du col de sa chemise.
Le faire aller avec des vestes de tweed ou de velours.
Le porter, avec ou sans veste, avec des cardigans colorés et bien coupés.

 

J’ajoute qu’il convient mieux à certains physiques. On s’en passera sans regret si l’on a naturellement quelque chose de désuet ou de précieux dans la physionomie et dans le cas d'un cou trop fort ou trop court.

Voici, pour finir, un petit comparatif photographique. D’un côté, Cary Grant (dans « La Main au collet ») et, de l’autre, Philippe Noiret : un match au sommet !


cary-grant-la-main-au-collet.gif

 

philippe-noiret-foulard.jpg

 

Qui choisissez-vous ? Moi, sans aucune hésitation, c’est Philippe Noiret. Supprimez la note rouge du foulard et c’est la tenue tout entière qui perd beaucoup de sa qualité. Remarquez le nœud, négligé et lâche comme il faut. Chez Cary Grant, le nœud est placé trop haut et il sent trop l’application devant le miroir. Le cou, presque entièrement dissimulé par le foulard, fait apparaître encore plus grosse la tête du pauvre Cary qui était conscient de ce défaut physique. La couleur, enfin, n’est pas heureuse – trop sombre pour bien finir une tenue printanière, par ailleurs très élégante.

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1 – Tatiana Tolstoï, De l’élégance masculine, Acropole, 1987.
2 – Davide Mosconi, Riccardo Villarosa, Les 188 façons de nouer sa cravate, Flammarion, 1984.
3 – James Darwen est plus ouvert : «  Les extrémités (du foulard) sont discrètement cachées dans le col de la chemise (…) ou celui de la chemise polo. », Le Chic anglais, Hermé, 1990.
4 – James Darwen, cette fois, ne dit pas autre chose : « Le foulard doit toujours être noué négligemment et de façon lâche. » (Souligné dans le texte), ibid. 

Par Le Chouan - Publié dans : Accessoires
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 08:53

Monsieur s’en est récemment fait l’écho (n° 79) : les fameuses chaussettes romaines Gammarelli – fournisseur du pape, des cardinaux et des évêques – sont disponibles sur l’internet via le site www.mes chaussettesrouges.com. Alléluia ! J’ai déjà passé commande. Le service est rapide et stylé : une carte de remerciement manuscrite a accompagné l’envoi. Le prix reste raisonnable : 19,90 euros. Elles viennent d’Italie. Chaussant un petit 43, je les ai donc choisies en 42. C’est parfait !



L’avenir répondra à ma seule interrogation : sont-elles solides (… je vous ai dit qu’elles venaient d’Italie !) Dans le doute, je n’ai commandé que deux paires. La prudence, on le sait, est une vertu… cardinale ! 

Par Le Chouan - Publié dans : Accessoires
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