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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 23:11

                           « La démocratie, c’est couper les têtes qui dépassent », Cocteau.

 

 

Le comte Robert de Montesquiou par Giovanni Boldini

 

Le vestiaire masculin n’a pas attendu la crise pour connaître l’appauvrissement. Le manteau long, la veste d’intérieur, le gilet de costume, le chapeau, la casquette, les gants, la cravate, le nœud papillon, le foulard, la pochette, les bretelles… tendent à disparaître ou ont déjà disparu. Et je passe sur l’épingle à cravate, la canne, les boutons de manchette…

L’évolution est naturelle. Faire régulièrement le ménage relève de l’hygiène élémentaire. Les exigences de la vie moderne sont passées par là. La voiture a raccourci le manteau et fait tomber le chapeau ; le chauffage central a rendu obsolète l’usage de la robe de chambre et de la veste d’intérieur ; la société des loisirs a ringardisé les tenues dites « sport » de naguère ; la forte tendance à l’égalitarisme a rendu difficile - voire dangereux – le port d’accessoires ostentatoires.

Une question toutefois se pose : comment se fait-il qu’en ces temps d’individualisme forcené les ressources vestimentaires se soient à ce point taries ? Et je ne dis rien (pour ne pas être taxé de monomanie) de l’abandon de la couleur au profit du gris et du noir. Les fabricants ont beau mettre en avant la « personnalisation » que les moyens modernes permettent – voir, à des prix abordables, les chemises et costumes en demi-mesure -, on ne touche qu’à des détails : ses initiales brodées au niveau du quatrième bouton de la chemise, des boutonnières qui fonctionnent sur les manches des vestes… « Soyez vous-même », « Montrez qui vous êtes », « Vous êtes unique » : autant d’injonctions médiatiques qui sont démenties par le spectacle de la rue. Partout le même homme grisâtre, aux vêtements sans formes et aux chaussures avachies.

L’originalité passe rarement le seuil de la maison. On ose, chez soi, des tenues intéressantes, mais, quand il s’agit de sortir avec, on se dit que ce n’est pas possible – et on renfile vite fait l’uniforme passe-partout qui n’appellera sur lui aucun commentaire.

Bien qu’individualiste – et à un point extrême -, notre société ne souffre pas la singularité des personnes. Son conformisme petit-bourgeois est sans fond. Résister à sa pression requiert courage et audace. Alors, chouannons !

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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Pierre-Marie 10/04/2010 22:30


Ce que vous décrivez est le lot commun des individus d'aujourd'hui. Le passage d'une société holistique à une société purement individuelle s'est fait au profit de l'uniformisation. Tocqueville
avait décidément tout prévu.

Vive l'élitisme.


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