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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 07:19

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« Au lieu d’être coquets de vos cocoricos,
Vous rêvez d’être, ô coqs, de drôles de cocos…
… Et vous ne serez plus, vieux cocâtres qu’on casse,
Que des coqs rococo pour ce coq plus cocasse. »

                                              Edmond Rostand, Chantecler

 

400 pages écrites serrées. Une somme ! La table des matières dit l’ambition de l’entreprise, qui s’ouvre sur les « origines » de la coquetterie (l’Antiquité) et se referme sur la figure très contemporaine du métrosexuel. La bibliographie impressionne : pas moins de 150 ouvrages sont référencés ! La bibliographie personnelle de l’auteur parle pour lui : à son actif, de nombreux romans et essais dont des « histoires » des cafés et des cafetiers, du célibat et des célibataires, de la conquête amoureuse. Jean Claude Bologne a l’art de s’emparer de sujets originaux qu’il place dans des perspectives inédites. Un esprit curieux doublé d’un érudit.

Dans le présent ouvrage, Bologne part d’un paradoxe : pourquoi attribue-t-on de préférence la coquetterie aux femmes alors qu’étymologiquement elle renvoie au mâle de la basse-cour ? Pour baliser son parcours, il distingue trois sortes de coquetterie : la coquetterie de séduction, la coquetterie d’apparence et la coquetterie de comportement. Cette triple distinction est essentielle et l’auteur y revient de façon récurrente. Autre fil conducteur : le sens des mots. « Mon approche, explique Bologne, a d’abord été philologique. (…) J’ai suivi à la trace deux cent trente-huit mots utilisés en français, auxquels il faut ajouter quinze mots latins, dix-sept grecs, vingt-deux utilisés dans d’autres langues, surtout l’anglais. » Ce souci de l’exactitude sémantique est louable. Il nous oblige, au passage, à reconnaître nos lacunes et fait le sort qu’elles méritent à pas mal d’approximations et d’idées reçues. Vous saurez, par exemple, ce qu’il faut exactement entendre par mignon, petit-maître, petit marquis, talon rouge, dandy, fashionable... De subtiles et nécessaires distinctions sont introduites entre élégance et coquetterie, coquetterie et galanterie, etc.

S’il y avait quelques faiblesses à mentionner, ce serait l’absence d’index et le petit nombre d’illustrations (même si un texte dense et une iconographie légère sont toujours préférables à l’inverse !) Ma seule réserve notable est ailleurs : visant l’exhaustivité, le propos n’évite pas toujours la lourdeur. L’analyse l’emporte alors sur la synthèse, le détail sur la vision d’ensemble. Ce point constitue d’ailleurs moins un défaut en soi que le défaut d’une qualité.

Avec cet essai, Jean Claude Bologne a fait un remarquable travail de philologue et d’historien. Quand je vous aurai dit que son ouvrage est parsemé d’anecdotes pittoresques et significatives, j’espère vous avoir assez convaincu de vous procurer rapidement cet ouvrage de référence.

Jean Claude Bologne, Histoire de la coquetterie masculine, Perrin, 24 euros.

 

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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commentaires

Nicolas 01/11/2011 12:43


Coquetterie...mmmmmm. Je ne suis pas trop à l 'aise avec ce mot. Je préfère raffinement, esthétisme, élégance. Aussi je passe mon tour pour celui-ci
Nicolas


Le Chouan 01/11/2011 18:15



Vous avez tort !


Le mot "coquetterie" est beaucoup plus riche qu'on ne l'imagine. Je sais gré à Jean Claude Bologne de me l'avoir appris.



Olivier 30/10/2011 12:05


Convaincu ! Merci !


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