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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 06:45

J’aime beaucoup, dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles, les chroniques de Camille Pascal. Elles sont toujours bien écrites, pleines de curiosité, d’aperçus originaux et de culture. Voici deux semaines, il nous conviait, en terres normandes, à un « pèlerinage aurevillien ». Une autre fois, il nous confia son peu de goût pour le voyage – ce rite du « grand déplacement » auquel se croient obligés de succomber nos contemporains. Camille Pascal est, on le voit, un esprit libre.

La chronique de cette semaine a pour thème un sujet qui justifie que j’en parle ici, puisqu’il s’agit de la mode du « pantalon rouge ».

 

pantalon-rouge-wicket.jpgPantalon rouge Wicket

 

Camille Pascal écrit : « L’élégance masculine est en train d’échapper au diktat du costume gris toujours recommencé qu’imposaient depuis bientôt trente ans une poignée d’anciens trotskystes reconvertis dans la pub et la télé. » Il remarque que « le pantalon de couleur s’est beaucoup porté dans les interminables défilés des manifestations du printemps (…) Les couleurs éclatantes arborées par de jeunes pères de famille tranchaient avec l’uniforme obscur de ces nouveaux dévots qui prêchaient le dogme et les vertus de l’obéissance sur tous les plateaux de télévision. »

La France bien élevée ne s’habille pas en noir !  

La police s’est passablement ridiculisée en verbalisant des porteurs du sweat LMPT. Que pouvait-elle contre des porteurs de pantalons rouges ?

Mais ne rouvrons pas le débat : le rouge des pantalons était assez éclatant pour qu’on n’ait pas besoin d’en remettre une couche !

 

Valeurs actuelles, n° 4006.

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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commentaires

François 25/09/2013 10:26

Une seule remarque : un esprit libre ne se vêt pas d'un uniforme, fût-il un pantalon rouge (et personnellement, ce n'est pas le type de vêtement que je porterais à la ville. Peut-être à la plage, à
condition qu'elle ne soit pas trop fréquentée). S'agit-il là d'instrumentaliser le vêtement pour faire passer un message politique ou d'appartenance sociale ? Si c'est le cas, cela n'est pas de
très bon goût.

Eugène 15/09/2013 16:31

Cela devrait vous faire plaisir :

http://www.unabashedlyprep.com/site/entry/29th-annual-harriman-cup/

Le Chouan 16/09/2013 16:17



Un peu "too much" à mon goût.


Mais cela vaut le coup d'oeil !


Merci Eugène.



Un conservateur éclairé 14/09/2013 20:43

Merci au Chouan pour son aimable message et à Gregor pour ces très intéressantes informations.
Je recommande la consultation du livre "Vanished Armies", recueil d'uniformes éuropéens d'avant 1914 dessinés par A. E. Haswell Miller entre 1908 et 1914.
Le livre est edité par Shire Publications et disponible auprès de la Librairie du Collectionneur, rue de Cronstadt, Paris XV.
Amitiés élégantes

Grégor 13/09/2013 15:04

Au Conservateur éclairé,
Intéressante question, en effet, que celle des couleurs traditionnelles des uniformes des grandes puissances européennes. Je doute que l'on puisse trouver une réponse unique et rationnelle. Le
cas-par-cas s'imposerait.
Le bleu de France est antérieur à l'Empire, il se généralise dès la Révolution. Comme souvent dans notre pays, la politique prend ici toute sa place. Le bleu de France est d'emblée reconnu comme la
couleur de la nation, par opposition au blanc royal. Cette dichotomie se retrouve, comme on le sait, dans les affrontements entre "Blancs" et "Bleus" des guerres de l'ouest. Néanmoins, c'est par la
garde nationale et les bataillons de volontaires que l'habit bleu se généralise dans l'infanterie, même si l'ancien habit blanc de la vieille infanterie royale perdure quelques temps, avant les
"amalgames" organisés par Carnot. Pendant un moment, vieux soldats en blanc côtoient, au sein des mêmes régiments, jeunes soldats en bleu : d'où le terme "bleu" pour désigner les novices dans les
armées ! Cela étant, le bleu, qui est aussi celui des armes de France, était déjà très répandu dans les uniformes de l'ancien régime. En particulier, les unités les plus prestigieuses de la maison
du roi étaient déjà vêtues de bleu : gardes du corps et gardes françaises. On parlait alors de "maison bleue", par opposition à la "maison rouge" (chevaux légers, suisses, mousquetaires...). De
même, les régiments de cavalerie étaient déjà en bleu. L'infanterie, on l'a dit, était en blanc. Blanc royal ? Certes, mais pas seulement. Depuis Louvois, l'armée française était la première armée
de "masse", armée d'Etat, coûteuse et nombreuse. Les uniformes étaient chers... L'habit blanc était, faute de teinture chatoyante, meilleur marché ! Plus que blanc immaculé, il était d'ailleurs
plutôt gris crasseux !
Le pantalon garance est venu, ultérieurement, compléter le caractère "national" de l'uniforme français, en accord avec les couleurs du drapeau. C'est, du moins, ce que l'on a dit après coup, car il
a été introduit pendant la Restauration, sous Charles X ! Il s'agissait en fait de patriotisme économique, de redressement productif, en soutenant, par des commandes d'Etat, les producteurs
provençaux de garance, plante tinctoriale encore utilisée à l'époque !

Pour les autres nations, j'avoue mon ignorance. Sans doute le rouge anglais est-il à rapprocher de la croix de Saint-Georges qui, depuis les croisades, distingue les guerriers d'Albion. Petite
rectification, si vous le permettez, la couleur distinctive des Prussiens n'est pas le noir, mais le bleu de Prusse, plus sombre que le nôtre. Le noir était, pendant les guerres napoléoniennes, la
couleur des soldats du petit duché de Brunswick, accompagnée, sur les shakos et colbacks, d'une délicieuse tête de mort sur tibias croisés, bien antérieurs au régime allemand que l'on sait.
Pourquoi le gris confédéré ? Je l'ignore. Le bleu de l'Union est évidemment antérieur. Je me risquerai à deux hypothèses. Tout d'abord, à l'époque, la minuscule armée américaine est encore sous
l'influence uniformologique et symbolique de la France (comme en témoignent le port du képi ou encore l'usage des "sonneries" françaises, comme on le constate, par exemple, dans le film "Gods and
Generals"). Pour faire face aux besoins grandissants en tenues, l'Union s'est même fournie en surplus d'uniformes de postiers français ! Je verrais également une deuxième explication dans le
puritanisme démocratique de la jeune nation américaine. Les Etats-Unis sont alors foncièrement antimilitaristes, hostiles au prestige des armées réputées "aristocratiques". Les soldats doivent donc
être sobres, discrets, modestes, à la mesure de leur rang dans la nation. Ce n'est que bien plus tard, en devenant une grande puissance militaire, que les Etats-Unis découvriront les charmes du
prestige de l'uniforme, mieux défendus, il est vrai, dans le Sud "héroïque". Globalement, les uniformes de la guerre de sécession, comparés aux tenues des armées européennes, sont laids et
sinistres (une simple visite aux Invalides, galerie IInd Empire, convaincra les sceptiques).

De manière générale, j'ai souvent observé que les armées donnaient une image accentuée, stéréotypée, du caractère supposé des nations. Ainsi, le soldat français est réputé malin, débrouillard,
bricoleur, et peu porté sur les signes extérieurs de respect hiérarchique, par souci égalitaire de sa propre dignité. Cela me paraît vrai également en matière d'habillement. Les uniformes, dans
notre armée, reflètent bien la schizophrénie de notre pays, depuis la révolution : mélange de médiocrité petite-bourgeoise (pauvreté des coupes et des tissus, absence, hors grandes écoles et
quelques fanfares, de "grands uniformes"), relevée, ici et là, de quelques sursauts d'une vieille France à la fois aristocratique et gauloise, où le panache et l'individualisme poussent à se
distinguer (le képi, que le monde nous envie, et que personne n'a copié !). On pourrait poursuivre le raisonnement, en soulignant la distinction soignée (et censément "so british") des uniformes
anglais, les coupes élégantes des italiens, couplées à des ornements parfois audacieux (trop ?), le confort des américains, gâchés par des gri-gris trop clinquants (et une dose de mauvais goût),
etc.
S'il se faisait que le Chouan fût féru de "militaria", peut-être saurait-il développer le sujet ?
Amitiés

Le Chouan 14/09/2013 12:44



Vous en savez beaucoup plus que moi sur le sujet !


Merci pour cette intéressante contribution.



Un conservateur éclairé 12/09/2013 22:27

Bonjour cher Chouan,
"les pantalons rouges, c'est la France" tonnaient les généraux en 1914, alors que certains recommandaient l'usage du kaki ou du felgrau...
Il setait intéressant (l'ami Julien Scavini consacre un billet à la couleur noir pendant la Renaissance) de retracer l'histoire des couleurs dans les uniformes : pourquoi les Anglais portaient (et
portent encore) des tuniques rouges, les Autrichiens des uniformes blanches, tandis que les Français (depuis Napoléon) le bleu, les Russes le vert et les Prussiens le noir...
Et les gris des Conféderés, en opposition au bleu des nordistes ?
Amitiés élégantes

Le Chouan 14/09/2013 19:46



Ravi de vous lire à nouveau ici, cher commentateur conservateur... et toujours éclairé !



Rene Alatruffe 12/09/2013 18:33

Le Ouanch, mes amities. Avec tout le respect du aux travailleurs honnetes, je dis que le noir est en France la couleur de l'uniforme des larbins: garcons de cafe, employes de la teve et embranches
de la pub.

Augustin Bévillard 10/09/2013 10:39

Cher Chouan, en sus de l'amour du bel habit, je suis ravi de constater que nous partageons les mêmes lectures. J'ai par ailleurs également crotté quelques paires de pantalons rouges lors de
certains rassemblements printaniers.

Amicalement

Augustin

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