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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 06:55

quolibets-def.jpgEn couverture, A. Munnings reading aloud outside on the grass, Harold Knight, 1911. Superbe !

 

Je ne crois pas que, parmi les lecteurs du « Chouan », on compte beaucoup de progressistes. Je peux donc vous recommander en confiance le nouveau livre de Christopher Gérard, intitulé Quolibets. Quolibets, soit « Quod libet », qui signifie en latin « Ce qui plaît ».

Christopher Gérard est cet auteur belge dont j’ai déjà parlé, qui a notamment attiré mon attention par des mises anachroniques - cape, veste autrichienne, costume trois pièces, nœud papillon…


christopher-gerard-cape.jpg

 

christopher-gerard-veste-autri.jpg

 

christopher-gerard-cost.jpgIci, une petite souris...


christopher-gerard.JPGet là un papillon

 

Dans Quolibets, Christopher Gérard nous présente les nombreux membres de sa famille littéraire (80 environ) – auteurs reconnus d’hier, mais, surtout, contemporains souvent méconnus parce qu’à contre-courant de l’idéologie dominante – parce qu’antimodernes. Parmi tous ces auteurs, un certain nombre de dandies – ou sacrés tels par l’auteur qui sait ce que les mots veulent dire ; dandies, donc, Luc-Olivier d’Algange, Jacques d’Arribehaude, Barbey d’Aurevilly (évidemment), Roland Cailleux, Yves-William Delzenne, Pierre Drieu la Rochelle, Jacques Laurent, Félicien Marceau, Gabriel Matzneff, Paul Morand (quand même).

Par définition, les familles imaginaires ne comptent jamais de moutons noirs en leur sein. Le sang qui y coule est pur de tout mélange. De là leur force mais de là aussi leur faiblesse : les familles imaginaires ressemblent souvent à des clans. Un clan, ça peut être rassurant pour qui en fait partie; qui n’a pas « l’air de famille » se sentira, en revanche, rejeté ou restera indifférent.

Christopher Gérard a le mérite de la franchise. Il nous dit d’où il parle : d’Athènes et surtout pas de Jérusalem. Il n’a cure des « illusions consolatrices », ne croit en aucun « sauveur », reste « imperméable à la Bonne Nouvelle ». De telles certitudes, si orgueilleusement énoncées, font forcément frissonner le chouan que je suis… Le soleil de la Grèce n’aveugle toutefois pas complètement ce néo-païen : la présence, dans son « journal de lectures », d'auteurs comme Barbey d’Aurevilly, Nicolas Gomez Davila, Jean Raspail en témoigne. Mais on cherchera en vain les noms d’autres grands antimodernes résolument catholiques, comme Huysmans (seulement cité), Léon Bloy, Chesterton, Bernanos, Julien Green… Cette divergence posée (essentielle tout de même !), je me retrouve dans nombre des goûts et idées de l’auteur. 

Les médias nous enjoignent d’emporter en vacances des lectures faciles. Désobéissez-leur. Lisez Quolibets – un livre non pas difficile mais plaisant, et riche d’une culture impressionnante. Christopher Gérard a l’admiration contagieuse. C’est ainsi que m’accompagneront dans ma cache de chouan cet été (… loin, très loin du soleil grec !) plusieurs des ouvrages qu’il évoque dans Quolibets et dont je vais de ce pas passer commande à mon libraire !

 

Quolibets, Christopher Gérard, L’Age d’homme, 14 euros.

http://archaion.hautetfort.com : site de l'auteur.

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Publié par Le Chouan - dans Personnalités
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pierre-igor 26/06/2013 21:33

Cher Chouan,
je vous assure que j'ai un long passé d'extrême-gauche et que j'y vote encore tandis que je vous lis avec plaisir.
Bien à vous,

P.-I. Fricheteau

bigstop 26/06/2013 10:49

ah mince ! Pour une fois que je tombe sur un compagnon de tabarro :(

JN 26/06/2013 09:52

Cher chouan,
Pour ne vous connaître qu’à travers les écrits que vous publiez ici, je vous ai toujours tenu pour un de ces hommes droits, dont l’élégance de la mise n’est que le résultat superficiel de
l’élégance du cœur. Mais le billet de votre main que je viens de lire jette sur ma considération un voile de suspicion.
Je fais partie de cette catégorie de lecteurs qui ne peuvent dissocier l’auteur de son ouvrage et qui ont du mal à admirer l’œuvre quand l’homme est détestable. Aussi est-ce avec une grande
surprise que je vous vois rapporter la publication de cet écrivain belge dont l’œuvre aussi bien que les amitiés renseignent assez sur la corruption de la pensée.
Car enfin il me semble que l’on peut être antimoderne, adversaire du progrès etc sans pour autant basculer parmi les marchands de haine dont font partie M. Gérard ainsi que M. Venner, ce dernier
faisant l’objet d’un éloge funèbre dithyrambique sur le blog de l’écrivain belge. Mais bien sûr vous m’objecterez que ces hommes n’évoluent que dans le champ limité de l’in-octavo et n’ont jamais
causé de tort à personne. Pourtant la profonde érudition dans laquelle ils se drapent pour évacuer toute responsabilité et conserver une conscience sans tache sert de caution morale à d’autres,
moins délicats, qui poussent la théorie jusqu’à sa conséquence. Je ne saurais dire qui de la main ou de l’esprit qui l’arme est le plus criminel.
Quel que soit le regard qu’il porte sur la société il me semble qu’un homme véritablement élégant, plutôt que de bâtir une théorie sur ses aigreurs, devrait plutôt faire sienne la devise « lead,
follow, or get out of the way » et vivre en marge, avec le beau pour seul horizon et seul objet d’occupation, à l’image de Des Esseintes, autre figure littéraire d’esthète issue de l’imaginaire
d’un antimoderne.


JN

Le Chouan 26/06/2013 16:10



Je croyais avoir été nuancé…


Certains termes que vous employez me font mal aux oreilles et au cœur. En parlant d’« homme détestable »
et de « marchand de haine », vous attaquez la personne. Libre à vous,
en revanche, de fustiger « la corruption d’une pensée ».


Les principes auxquels se réfère Christopher Gérard ne sont pas les miens. Devrais-je pour cette unique raison m’interdire de le lire et de partager avec lui certaines admirations ou idées ?
Quant à Dominique Venner, il y a deux choses qui me heurtent dans son suicide à Notre-Dame : l’acte et le lieu ! Peut-on être plus clair ?


La lecture de Quolibets vous montrerait que le « panthéon littéraire » de Christopher Gérard est plus ouvert à l’altérité que vous ne le pensez ou que mon billet ne le laisse
entendre. Elle vous apprendrait encore que le repli esthétique à la des Esseintes, qui semble avoir votre faveur, fait partie des tentations de cet écrivain qui se présente comme un
« exilé parmi (ses) contemporains ».


Bien à vous.



bigstop 25/06/2013 10:52

Ah mais il ne s'agit pas d'une simple cape, mais plus exactement d'un tabarro !
Votre article, ainsi que ce tabarro en commun, m'ont tous deux convaincu de lire le livre en question.

Merci

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