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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 06:54

 

creche

 

On se connaît maintenant assez pour qu’à quelques jours de Noël j’ose vous confier un de mes scrupules intimes. Un assez récent échange entre Alain Finkielkraut et Emmanuel Carrère (émission Répliques, France Culture) l’a ravivé. Mais il ne m'a jamais quitté, même durant toutes ces années où j’ai parlé avec vous d’élégance.

Emmanuel Carrère disait à Alain Finkielkraut à peu près ceci : Je suis quelqu’un de bien ; je n’ai pas tué, je n’ai pas volé, etc. Mais si, pour être parfait, il faut vendre tous ses biens, alors là, je ne peux plus suivre. J’aime trop un certain niveau de confort pour cela. Carrère faisait bien sûr référence à la parabole de l’homme riche ainsi rapportée par Saint Luc : « Un chef juif demanda  à Jésus : " Bon maître, que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle ? "  " (…) Tu connais les commandements " (…) L’homme répondit : " J’ai obéi à tous ces commandements depuis ma jeunesse. " Après avoir entendu cela, Jésus lui dit : " Il te manque encore quelque chose : vends tout ce que tu as et distribue l’argent aux pauvres, alors tu auras des richesses dans les cieux ; puis viens et suis-moi. " Mais quand l’homme entendit ces mots, il devint tout triste, car il était très riche. »

Je ne suis pas riche mais je possède plus qu’il ne me faut et je donne beaucoup moins que je le pourrais. Ma pente naturelle va vers le superflu dont je ne suis pas loin de penser, après Voltaire (… et ce parrainage n’arrange vraiment pas mes affaires !), qu’il est « très nécessaire ». Je m’invente mille sophismes pour tenter d’excuser ma faiblesse. Je me dis : l’homme ne se nourrit pas seulement de pain ; le luxe est un témoignage du génie humain et, par là, il rend grâce au Créateur; aucune organisation sociale ne résisterait à une application littérale de l’Evangile ; je respecte trop les pauvres pour rien faire qui nuirait à leur vocation de « bienheureux »; les huiles ecclésiastiques ne rechignent pas au luxe ; qui suis-je pour les juger et pourquoi exigerais-je de moi plus qu’elles n’exigent d’elles ?...

Je me mens en toute conscience. Je suis d’autant plus impardonnable que je connais bien cet autre passage de Saint Luc où Jésus dit : « Ne vous inquiétez pas (…) au sujet des vêtements dont vous avez besoin pour votre corps, car (…) le corps est plus important que les vêtements. » Suivant cela, je devrais illico supprimer mon blog, brûler ma garde-robe et m’habiller aussi ordinairement qu’un prêtre ouvrier ! Mais quelque chose en moi m’en empêche. Cela, pourtant, ne devrait pas m’être trop difficile tant l’étalage du luxe m'écoeure et tant j’ai conscience que, vue d’un peu haut (… alors, mon Dieu, vue du Ciel !), toute quête d’élégance est dérisoire. Quand les corps ressusciteront, ils ne seront sûrement pas revêtus de robes de haute couture et d’impeccables costumes trois pièces !...

Plus fort : savez-vous ce que j’ai demandé au « petit Jésus » pour mon Noël ? Un manteau, parfaitement, un manteau… dont, pour la tranquillité de mon âme, je préfère taire le prix.

« Se contredire, quel luxe ! » s’exclamait Cocteau.

Un luxe dont j'aimerais quelquefois... pouvoir faire l'économie.

Joyeux Noël !

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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commentaires

Petrus 05/01/2015 11:09

...et pour la première citation, Saint Marc (10.17-31) qui fait écho à Matthieu (19.16-30) et Luc (18.18-30). Correspondances somme toute compréhensibles, puis que ce sont autant de récits des
mêmes événements n'est-ce pas? Marc bénéficie d'une plus grande ancienneté ceci dit. Et sur le fond du débat, bien sûr, le sujet qui nous occupe est un divertissement, qui peut nous éloigner des
questions essentielles autant que de nos semblables s'il s'éloigne de la discrétion et de la modération.

l'homme qui coud 03/01/2015 19:30

Bonjour, voila un article qui prête bien à réflexion en cette période de Noël... Au fond celle de la "futilité": se passionner pour le vêtement, quel orgueil. Pourtant son port est bien prescrit
par la Genèse, le déchirer est un sacrilège voire un blasphème. Bref il n'est pas de sens unique dans cette difficile réflexion. Toutefois je me permettrai de questionner votre seconde référence à
Saint Luc qui se trouve plutôt chez Mathieu il me semble (Mat. 6 25 "C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous
serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement?")

Le Chouan 03/01/2015 19:45



... Chez Matthieu et chez Luc (12, 22-23).



Un séminariste 01/01/2015 18:36

Vous êtes sévère mais juste. Votre lucidité et votre honnêteté vous honorent. Que le Seigneur vous donne sa Paix ! A bientôt et merci pour ce passionnant échange.

Un séminariste 31/12/2014 12:55

Cher Chouan,

Je suis le séminariste qui bénéficie des services de Julien Scavini. Je suis votre blog de puis longtemps et, comme vous, j’ai souvent réfléchi à l’apparente contradiction entre l’amour du Christ
et l’amour des belles choses. Je suis d'ailleurs épaté de la qualité des commentaires à ce sujet.
Cette apparente contradiction ou plutôt ce paradoxe, relève de la nature même de notre humanité. Nous sommes corps et esprit, non dans un dualisme qui considèrerait le corps comme une prison mais
dans l’unité de notre condition incarnée. Nous sommes des êtres de médiation, nous devons passer par le visible pour aller à l’invisible. Le Christ lui-même est le Médiateur par excellence : loin
de condamner notre condition charnelle, Il l’a lui-même assumée et l’a faite entrer dans la divinité. D’où la dignité de notre corps et du monde matériel sauvé et racheté par le Christ. Cette
perspective nous évite de tomber dans le piège d’un manichéisme facile qui condamnerait tout le monde matériel dont le corps humain. Les français ont un penchant à ce genre de jansénisme. Ainsi les
choses ne sont ni mauvaises ni bonnes en soi, elles ne sont bonnes que si elles nous permettent d’aller, à travers elles, vers le Créateur. Elles sont mauvaises si elles lui font barrage. C’est
toute l’ambigüité de la médiation : voir l’invisible dans le visible sans s’arrêter au visible. Si nous nous focalisons sur l’objet, nous devenons idolâtres.
Ce premier écart évité, nous devons nous arrêter sur la vie cachée du Christ, la majeure partie de sa vie finalement. La vie d’un humble charpentier, d’un artisan. Pour nous qui admirons les belles
choses, les beaux objets ouvragés, quel bonheur de voir le Christ faire et refaire les gestes de l’artisan. Si nous croyons que le travail vient du péché originel, Dieu nous permet par ce même
travail de nous sanctifier, de nous épanouir, et d’éprouver de la joie et du bonheur. D’où l’importance énorme dans le christianisme du travail bien fait, du devoir d’état. En s’astreignant à une
ascèse raisonnée de l’achat de beaux objets (vêtements ou autres), nous participons à favoriser la noblesse du travail : conditions dignes des travailleurs, récompense du beau travail, industrie
locale, exaltation du beau, bref c’est la doctrine sociale de l’Eglise.
Pour savoir nous positionner face à notre « passion », mettons à l’école de Saint Thomas d’Aquin qui dit que le propre du sage est d’ordonner. L’amour des belles choses est une bonne chose quand il
est à sa « bonne place ». Il ne doit pas être un obstacle à ma relation aux autres ou à Dieu. Et ce n’est pas simple, c’est l’exercice de toute une vie d’accorder à chaque chose la place qui lui
revient, c’est cela la véritable « chasteté ».
Dans l’Église, la pratique de la pauvreté radicale a toujours été comprise comme un appel, une vocation spécifique, tout le monde n’y est pas appelé. L’Église a toujours lutté contre ceux qui
prétendaient imposer cela à tout le monde, tout simplement parce que ce n’est pas possible, encore une fois c’est nier notre condition humaine et finalement l’Incarnation (l’un mène à l’autre). En
revanche que certains soient appelé à vivre la pauvreté radicale, c’est un fait et une bénédiction, c’est un signe pour tous les hommes que Dieu seul suffit et que nous sommes appelés à autre chose
qu’à cette vie ici-bas. C’est comme le célibat des moines et des prêtres occidentaux, ce n’est pas parce qu’ils ne se marient pas qu’ils condamnent le mariage et l’union charnelle : c’est un signe
pour l’humanité que Dieu permet à certains de vivre comme au Ciel où l’amour de Dieu nous comblera.
Il y a un passage qui peut être éclairant dans l’Evangile (Jean 12), quand Marie de Béthanie verse sur les pieds du Christ un parfum d’une grande valeur. A Juda (comme par hasard) qui se fâche car
on aurait pu secourir des pauvres en vendant ce parfum, Jésus réplique : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais
moi, vous ne m’aurez pas toujours ».
Ici le Christ nous montre le bon rapport que nous devons avoir avec les choses, il doit être orienté vers Dieu lui-même.
Comme nous sommes tous appelés à être des saints, c’est-à-dire à être des amis intimes du Christ, nous devons apprendre à mettre notre amour des belles choses à son service et ne pas en devenir
esclave. Nous devons apprendre à donner notre manteau au pauvre comme saint Martin, à mettre chaque chose à sa place comme saint Thomas, à verser le nard sur les pieds du Christ comme
Marie-Madeleine ou le curé d’Ars pour qui rien n’était assez beau pour le Christ, etc.
Sur ces humbles réflexions, je vous souhaite, cher chouan ainsi qu’à tous vos proches et ceux qui vous lisent, à la communauté des élégants, une belle et sainte année 2015 !

Le Chouan 31/12/2014 21:55



Cher séminariste inconnu,


Merci de ces commentaires qui exposent très clairement l’essentiel. « L’amour des belles choses est une bonne chose quand il est à sa « bonne place ». Il ne doit pas être un
obstacle à ma relation aux autres et à Dieu. » Le chemin proposé est étroit ; pour ma part, j’en cherche encore l’entrée… Le propre de l’amour, c’est de manquer de mesure. Les
choses seraient évidemment plus simples s’il suffisait d’examiner  sa conscience pour connaître le niveau de dépendance atteint. Mais la réalité n’est pas celle-là. Je me crois encore libre
tandis que je suis devenu esclave. Et puis, une conscience, ça se déguise, ça use de faux-fuyants, ça se trouve de bonnes raisons…  L’expérience me fait dire qu’un certain souci de son
apparence a tendance à tenir les autres à distance. On peut humilier sans le vouloir.


Quand mon voisin me voit dans un costume de tailleur flambant neuf (le costume, pas le tailleur...), il pense : « Quel homme superficiel ! » - voire :
« Quel fat ! » et non : « Quel  merveilleux hommage rendu à la noblesse du travail artisanal ! »


L’amour des belles choses est rarement tourné vers Dieu et vers les hommes. La richesse des parures papales était une manière d’honorer la grandeur de Dieu (… François m’oblige à employer le
passé !) ; un peuple peut se sentir honoré que son chef arbore des tenues luxueuses. Mais moi, je ne représente que moi ; rien ne m’oblige à m’habiller comme je le fais, si ce
n’est un puissant goût personnel et un (trop ?) prononcé sens de l’esthétique. Il entre incontestablement une part d’égoïsme dans ma démarche.


Vous citez le jansénisme. Avoir trop de scrupules est certes un vilain défaut. Je regrette toutefois que mes contemporains en aient si peu, surtout quand ils affirment haut et fort leur
appartenance à l’Eglise. Il existe un catholicisme bourgeois, bien dans ses mocassins à pampilles, dans lequel je ne me suis jamais reconnu. J’ai eu à fréquenter quelques catholiques de ce
genre ; leurs préjugés de classe et leurs certitudes arrangeantes me sont toujours apparus comme des offenses à l’Evangile.


Très belle année 2015 !


 


 



Petrus 31/12/2014 10:43

Saint Marc ou Saint Luc? En tout cas bravo de citer Répliques que j'écoute autant que l'Esprit Public entre deux lectures de Commentaire. Bon réveillon.

Jean Jazz 30/12/2014 11:04

N'oublions pas que le Christ portait une tunique d'exception, sans couture, que les soldats romains ont tirée au sort pour ne pas l’abîmer en la partageant...

Xavier 28/12/2014 11:28

La quête de l'élégance n'empêche nullement de conserver certaines limites dictées par la raison et la modération. L'élégance suprême consiste, selon moi, à faire beaucoup avec peu. Peut-être qu'une
certaine sagesse consiste aussi à ne pas s'attacher vraiment à toutes ces choses matérielles. Un beau costume reste un beau costume. Cette quête de l'élégance peut vite se transformer en une
vanité.
"Les choses qu'on possède finissent pas nous posséder".

Francis 28/12/2014 00:23

Accepter ce que l'on est ou chercher à devenir ce que l'on n'est pas est un dilemme bien humain, que l'on soit croyant ou pas.

Stéphane P. 27/12/2014 15:28

(Un joyeux noël à vous depuis Paris).

Stéphane P. 27/12/2014 15:26

C'est très juste, et c'est terrible.

J'entrevois peut-être une maigre consolation : les beaux vêtements sont, pour la plupart, appelés à durer, contrairement à ces haillons modernes que déversent à larges flots les grandes enseignes
commerciales. Dès lors, l'élégance nous préserve de la mode, et c'est au moins un mal que nous évitons. Je ne suis pas certain qu'un vestiaire d'homme élégant — et raisonnable — soit plus onéreux
que la somme des vêtements de piètre qualité achetés par la plupart de nos contemporains, et qui sont très vite usés.

Reste le dépouillement total, dans une bure bien solide... Cela mérite plus encore que notre respect, quoique l'habit ne suffise pas encore à faire le moine.

RoSaCe 26/12/2014 00:32

Bonsoir, et Joyeux Noël,

Je profite de ce soir de Noël pour écrire mon premier commentaire sur ce blog que je suis depuis longtemps, en essayant d'apporter ma modeste contribution au débat.
Le peché n'est il pas plus dans le fait d'être possédé par ce que l'on possède que dans le fait de posséder lui meme? Ce que le Christ reproche à l'homme qui avait du bien ce n'est pas d'en avoir,
c'est de ne pas être capable de tout plaquer pour le suivre. Il a placé sa confiance dans ses biens matériels alors que son salut ne viendra pas de la. C'est plus dans cet esprit je pense que Jésus
dit qu'il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au royaume des Cieux. Cela ne signifie pas qu'il faut se désintéresser totalement des
choses de ce monde, pour toutes les raisons brillamment évoquées par les commentateurs précédents. De toute facon, vue du ciel, tout est vain! Jesus lui meme se parfumait, festoyait, etc. Mais ne
pas en être esclave. Finalement, pour rester dans le domaine qui nous intéresse, savoir être avec nos souliers et nos costumes comme nous serions sans. Et c'est peut être le challenge d'une
vie?
Bien à vous,

RoSaCe

Le Chouan 26/12/2014 12:43



Coïncidence : j’ai découvert votre existence il y a quelques semaines grâce au blog des Chaussettes rouges. Et je me suis dit qu’il faudrait que j’écrive un article sur vos
dessins !


Merci de ce commentaire et de ceux qui le précèdent. La question me semble : peut-on posséder sans être possédé par ce que l’on possède ? « Etre possédé » est bien le mot…
Qui, ayant du bien, supporterait légèrement de le perdre ? Il faut être un saint pour renoncer de soi-même à son confort. Enfant, j’avais été marqué par la trajectoire de Charles de Foucauld
(à l’époque, nos prêtres catéchistes nous donnaient encore cette noble figure en exemple !) qui, s’étant converti, renonça à une vie de fête et de luxe. « Les Evangiles disent des
choses, les hommes les interprètent », dit Julien Scavini. Les paroles de l’Evangile ne sont peut-être pas à prendre toutes… pour paroles d’Evangile, mais je crains qu’à force
d’interprétations, on ne finisse par trahir le message initial.  Peut-on faire preuve de pauvreté d’esprit quand on est riche de biens matériels ? Si oui, de quelle pauvreté d’esprit
parle-t-on exactement ? Les scrupules de Charles (commentateur 1), qui cite Saint Luc, sont les miens. « Celui qui amasse des richesses pour lui-même n’est pas riche aux yeux de
Dieu ». Ce verset de Saint Luc me fait penser à Mazarin mourant qui, contemplant une dernière fois la collection d’œuvres d’art qu’il avait amassées, soupira : « Et dire
qu’il va falloir quitter tout cela ! » Ses objets le tenaient autant qu’il tenait à eux.  Ne sommes-nous pas tous de petits Mazarin ? Vous dites : « Il faut
savoir être avec nos souliers et nos costumes comme nous serions sans ». Votre proposition est séduisante mais elle ne réussit pas à me convaincre. Permettez-moi donc de la modifier et
de vous demander si vous sauriez être sans vos souliers et vos costumes comme vous êtes avec…


… La météo annonce le retour du froid pour la semaine prochaine. Je vais pouvoir mettre le beau manteau que j’ai reçu hier. Chic !



jem 25/12/2014 13:03

Vouloir le Beau, même pour son apparence, en portant des vêtements raffinés, est une glorification de l'être - une glorification de l'homme créé par Dieu. Dans un autre domaine, un grand peintre ne
s'excuse pas d'avoir fait un beau tableau ! C'est pareil. Par contre, oui, faites l'aumône, pratiquez la charité et d'autres vertus morales... Mais cela ne va-t-il pas souvent avec un souci de
l'élégance qui se transmet par tradition ? Bonne fête de Noël, cher Chouan !

Julien Scavini 24/12/2014 16:08

Amusante chronique que j'ai développé dans ma tête hier, en sortant d'une prise de mesure avec un jeune séminariste...

Il faut vivre avec grâce. Ce terme est plein de sens. Il y a la grâce de la vie spirituelle. Il y a aussi les grâces de la vie terrestre. L'art et la beauté en sont! A nous d'en user sans en
abuser. Vouloir vivre et faire vivre le génie humain, celui-là même dont Dieu nous a fait don ne saurait être un péché. Les évangiles disent des choses, les hommes les interprètent.

Ainsi je crois que se vêtir avec goût, peut-être avec une certaine préciosité ne fait de personne un esprit malin. Les Hommes créaient de belles choses, par le fruit du travail et du labeur. Les
belles choses naissent avec une conscience haute. L’art est la difficulté. Se vêtir avec art est une difficulté, pour le tailleur et pour celui qui s’habille. C’est aussi un don fait au regard des
autres, un présent fait à la courtoisie et aux rapports humains.

Quelle conscience négative pourrions-nous tirer de cela ?

Les catholiques romains auraient tord de réprouver le luxe. Il est l'expression d’un art de la façon et d’un art du quotidien. Pour rendre l’existence terrestre gracieuse, pour la sublimer.

Et en particulier à Noël où tout doit être beau !

Jean Jazz 24/12/2014 14:54

Dites bien votre acte de contrition, et je vous donnerai l'absolution...

Charles 24/12/2014 12:04

Cher chouan,

Je vous remercie pour cette réflexion qui est aussi la mienne depuis longtemps, et à laquelle je ne trouve pas de réponse susceptible de me satisfaire en vérité.

Le message de l’Évangile est à la fois simple et terriblement exigeant.

En ce qui me concerne, c'est ce superbe passage de St Marc (12-41) qui m'émeut et me tourmente depuis des années, comme un refrain mélancolique : "41 Jésus, s'étant assis vis-à-vis du tronc,
regardait comment la foule y mettait de l'argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. 42 Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. 43 Alors Jésus,
ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu'aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; 44 car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de
son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre."

... Alors que j'espère voir au pied du sapin une paire de soulier qui me fait rêver...

Joyeux Noël, pauvre pécheur !

Renaud VK 24/12/2014 09:49

Merci cher Chouan pour cette réflexion de circonstance.
Je vous souhaite également un très joyeux Noël !

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