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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 06:18

Des gens amoureux de leur image et qui le montrent, on en rencontre dans la rue. On en côtoie dans sa vie professionnelle. On en subit dans sa famille. Les médias, logiquement, en offrent une concentration sans équivalent. J’ai toujours pensé qu’il fallait être fou – et d’abord fou de soi ! – pour choisir une profession qui oblige à s’exhiber devant des millions de gens. L’homme n’est naturellement pas fait pour cela. Acteurs, journalistes, hommes politiques… se serrent dans la boîte à images, et quand il arrive que, pour une raison ou pour une autre, on les en sorte, c’est fréquemment qu’ils s’étiolent, comme si les sunlights leur étaient devenus plus nécessaires que notre bon vieux soleil.

Affiché, le contentement de soi, poussé à un certain degré, est fascinant. Des exemples ? Patrick Poivre d’Arvor, Stéphane Guillon, Laurent Delahousse, Bernard Kouchner, Francis Huster…


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Patrick Poivre d'Arvor

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Laurent Delahousse

 

Surprendre une personne en plein amour d’elle-même n’est pas une situation moins gênante que de surprendre un couple en pleine intimité… Les Narcisses médiatiques me mettent malgré moi en position de voyeur. Les regards par lesquels Patrick Poivre d’Arvor finissait ses JT témoignaient d’une autosatisfaction – au sens littéral et masturbatoire du terme - obscène.

L’amour de soi n’est certes pas condamnable. Si l’on en croit l’Evangile, il serait même recommandé : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » a dit le Christ. L’amour de soi serait un préalable à l’amour d’autrui. On pourrait même aller plus loin et établir une relation d’équivalence (« comme ») entre les deux propositions : « Tu aimeras ton prochain à proportion que tu t’aimes ». Dès lors, il conviendrait de souhaiter pour les autres qu’on s’aime toujours plus soi-même ! Mais la théologie récuse ce que la langue autorise, et le commerce décevant de nos semblables narcissiques est là pour nous ramener au bon sens !…

A toutes ces « stars » imbues d’elles-mêmes, j’aurais envie de dire ceci : Levez les yeux au ciel plutôt que de les garder fixés sur votre nombril ! Regardez les étoiles - ces vraies stars - et pénétrez-vous de l’insignifiance des choses et de votre propre insignifiance. Vus du ciel, les plus grands chênes sont des nains. Alors vous…

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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Muskar 08/04/2014 22:07

Le "comme" compris en tant que relation d'équivalence me parait juste. Il nous fait partie d'un tout, et s'apparente ainsi au "règne des fins", cher à M. Kant.

un chouan dauphinois 03/04/2014 14:02

"tu aimeras ton prochain comme toi même", proposition qui comporte deux difficultés :
"aimer" et "comme"

Ainsi que vous l'indiquez le "comme" ne porte pas une régle tirée de la mesure, de la façon, de la manière dont on s'aime soi même : quantitative (pas plus) ou qualitative (de la même manière).
Auquel cas par exemple les depressifs, masochistes, qui se veulent du mal seraient fondés à persecuter autrui. Ce serait justifier tous les défauts : si je suis paresseux ou négligeant à mon égard
je puis l'être à l'égard d'autrui.

"Comme" vise l'identité de l'amour lui même. Aimer les autres du même amour avec lequel vous devez vous aimer vous même (que concrétement cela soit plus ou moins bien réalisé).

Il faut ainsi définir l'amour.

Qui est ici chercher, vouloir, le bien d'une personne qui est dite ainsi aimée.
S'aimer soi même signifie ainsi chercher son bien, i.e. ce qui nous conduit à notre fin, lesquels fin et bien, sont Dieu.

De fait la manière dont nous nous aimons est défaillante : Dieu nous aime plus, que nous nous même, il a un plus grand désir de notre salut que nous l'avons nous même.

Ainsi le "comme" n'est pas une limite : il est requis d'aimer son prochain à la mesure de l'amour lui même, quelque soit notre mesure personnelle.

Le commandement signifie ainsi, dans sa compréhension la plus classique deux choses selon qu'on le prend de notre côté (devoir) ou du côté du prochain (droit) :

* de même que vous cherchez votre fin, vous devez inclure la fin d'autrui, le fait de chercher son bien dans cette tension vers votre fin. On ne fait pas son salut seul. On ne peut se désinteresser
du sort du prochain. Et non d'une façon accessoire, mais c'est ce même amour qui le demande.

* la justice est de rendre à chacun selon ce qu'il lui est dû, or ce que nous devons aux autres, c'est le Christ. Et concrétement son exemple : mansuétude, sacrifice, il n'est pas de plus grand
amour que de donner sa vie, etc. Le prochain a donc, d'une certaine façon, une demande à ce que nous soyons à son égard le christ.

Aucune des choses, s'aimer soi même, aimer son prochain, n'est facile, mais toutes deux sont l'énnoncé de vérités naturelles, que la religion vient rappeler mais qui sont atteignable par la raison.
Le Zoon politikon est l'expression d'une dimension de cette vérité : on n'est pas homme seul.

Le Chouan 04/04/2014 17:28



Merci de ce commentaire riche et lumineux.



ad 03/04/2014 11:24

De toute manière, ces narcissiques sont d'une médiocrité affligeante.

philippe booch 02/04/2014 19:54

Hahahaha, j'approuve !

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