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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 07:09

Nos forums préférés abondent en demandes du genre : « Qui, chez les personnalités actuelles, pouvons-nous prendre pour modèles ? » Normal qu’on cherche des exemples. Désespérant qu’on n’en trouve pas. Les noms qui reviennent ne suscitent guère l’enthousiasme ; chez nos acteurs : Stéphane Freiss, Lambert Wilson ; chez les journalistes : Michel Denisot, Laurent Delahousse, Nikos Aliagas (journaliste ou bateleur ?), Harry Roselmack. Dans un tel désert, la moindre trace de style ressemble à une oasis. Mais c’est un mirage. Aucune des personnalités précitées ne mérite, à mon sens, l’épithète d’élégant. Tout juste peut-on concéder à Lambert Wilson d’avoir une certaine allure et à Michel Denisot, à Laurent Delahousse et à Harry Roselmack de savoir éliminer le plus mauvais de la production vestimentaire actuelle.

Je consacrerai bientôt un petit article au cas Aliagas – parfait exemple… de ce qu’il ne faut pas faire !

Triste époque ! Nos aînés avaient plus de chance. Farid Chenoune, évoquant les années trente : « (Des) dizaines de millions de spectateurs (…) regardent les acteurs, les jugent, les admirent, comparent, s’identifient, prennent exemple » (Des Modes et des hommes). Et de citer Ronald Colman, Leslie Howard, Herbert Marshall, Charles Boyer, Gary Cooper, Fred Astaire, Cary Grant


Gary-Cooper-2.jpgGary Cooper


Remontons seulement deux ou trois décennies en arrière. Plusieurs figures, chez nous, se montraient dignes de confiance ; chez les journalistes : Philippe Labro – influence Ivy League très marquée -, Jean-Claude Narcy – forte imprégnation  « grantienne » -,  Daniel Bilalian – élégance sobre, classique ; chez nos acteurs, un nom dominait, celui de Philippe Noiret. Certains moquaient pourtant son style gentleman farmer à la française. Le recul du temps accuse l’injustice de leurs critiques.


Jean-claude-narcy.jpgJean-Claude Narcy


article_bilalian.jpgDaniel Bilalian

 

philippe-noiret-elegant.jpg(Une tenue parfaite !) 


D’aucuns me jugeront passéiste et nostalgique. J’essaie d’être honnête et lucide. Ceux qui ont traversé les années soixante-dix étaient encore moins gâtés que nous. Preuve qu’un tri s’impose. Quel acteur de cette époque est resté dans les mémoires pour son élégance ?... Alain Delon portait de magnifiques costumes de beau mec dans Borsalino mais l’action du film se déroule dans les années trente ! Qu’on le veuille ou non, ces années-là marquent l’acmé de l’élégance classique ! Quelle star de cette époque aurait osé se présenter dans une tenue semblable à celle que porte ici Tom Cruise ?


tom-cruise.jpg(Cliquez pour agrandir)


 Mais ne succombons pas au pessimisme ! Des signes sont encourageants. Nos moyens modernes nous donnent accès à une réserve inépuisable et gratuite de portraits d’élégants de toutes les époques : inspirons-nous d’eux ! Le sur mesure refait surface et la demi-mesure a progressé. La mode impose moins ses diktats que naguère et les codes sociaux ont bougé. Des espaces de liberté sont ainsi ouverts : investissons-les ! Mais, avant tout, restons humbles. Apprenons les règles. Imitons, respectons, transmettons. Acquérons peu à peu la culture qui affine le goût et légitime le jugement. 

En un mot, soyons des apprentis modèles !

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Publié par Le Chouan - dans Personnalités
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commentaires

Giorgio Filippo 08/06/2010 22:46


... sans toutefois porter la montre sur la chemise où la cravate hors du pull over !!!!


Giorgio Filippo 08/06/2010 22:44


Peut être parce que je suis turinois, mais mon modèle, depuis plus de vingt ans, est "l'avvocato" Gianni Agnelli !


Matt 08/06/2010 13:59


D'un côté, une abondance d'informations pertinentes et facilement accessibles sur l'élégance vestimentaire; de l'autre, le manque criant de culture sartoriale de certains personnages publics ou
inconnus. Le contraste est saisissant et ne manque pas d'agacer. Pas étonnant que certains aigrefins, "experts" en relooking, sentent le bon filon et exploitent l'ignorance des illettrés du
style... La pédagogie du beau est non seulement anti-démagogique, elle est nécessaire: qui pense par soi-même refuse les diktats de la mode.

A propos, les années 30 sont à l'honneur! Vous êtes-vous donné le mot avec PG?


Le Chouan 08/06/2010 17:45



Chez les amoureux de l'élégance, les années 30 sont à l'honneur depuis... 80 ans ! Cela dit, je m'intéresse de plus en plus aux deux décennies antérieures, injustement négligées.



Olivier 08/06/2010 09:55


ExcluT ! :)


Olivier 08/06/2010 09:51


J'aimais bien Bernard Rapp, qui avait une élégance naturelle.

Maintenant, votre billet confirme ce que je pense depuis longtemps : l'élégance et la distinction ne sont plus des valeurs d'aujourd'hui. Elles ont été remplacées, justement, au mieux par le
"style", au pire par le look et le "sexy". Dans notre société, aux codes de plus en plus flous, il est devenu essentiel de se faire remarquer et de se sentir membre d'un groupe, d'une fratrie,
d'une mouvance. D'où la nécessité d'être "stylé". Sans look, sans style (quel qu'il soit), on passe inaperçu, on n'appartient à rien (si ce ne n'est à soi-même).

Or la discrétion est justement l'un des fondements de l'élégance. (Au XIXe siècle, un dandy comme Brummell affirmait qu'un homme vraiment élégant n'attire jamais l'attention par sa mise. Car ce
faisant, il sombre inéluctablement dans la pire des vulgarités.) L'élégance, la vraie, réside donc, on ne le dira jamais assez, dans la simplicité. (Ce qui n'exclue pas quelques raffinements dans
des détails que seuls les plus avertis, peut-être, noteront - s'ils le souhaitent !)

Il n'est donc pas étonnant qu'on ne trouve plus - ou guère - de modèles d'élégance dans notre société: Ce critère est d'un autre temps. Il appartient à une époque où la discrétion était de mise, où
l'on s'effaçait devant l'autre pour le mettre en valeur. Car l'élégance est respect de soi, mais aussi, et surtout, respect des autres. (Quelle hôtesse, aujourd'hui, sait encore qu'elle doit
modérer ses efforts de toilette lorsqu'elle reçoit chez elle, de manière à ne pas courir le risque de surpasser ses invitées en élégance ?)

Par ailleurs, l'élégance a ceci de paradoxal, de nos jours, que, devenue incongrue, elle finit par se faire remarquer ! La cravate (la régate), dans certains milieux, est désormais de trop. Et je
ne parle pas du noeud papillon ! Le port de la chemise, même !...

On peut regretter que l'élégance ne soit plus considérée comme un vertu. Mais ce phénomène est peut-être passager. Et puis... on peut toujours se consoler en affichant fièrement son altérité et en
jouant les (derniers) Mohicans...


Le Chouan 08/06/2010 18:04



Discrétion et dandysme : il y a tout de même débat - d'un côté, l'invisibilité de Brummell et de Baudelaire, mais, de l'autre, l'exubérance de Barbey (je pense aux  tenues
qu'il osait et non aux principes de discrétion qu'il professait) et de Wilde.


Discrétion et élégance : au milieu de "brutes qui se couvrent", l'homme élégant, qui s'évertue à "s'habiller" (Balzac), passe de moins en moins inaperçu, en effet. Et comme il
n'aime pas attirer l'attention sur lui, il vit de sales moments !



Isaac 08/06/2010 07:32


Heu ... Delahousse ... bôf bôf tout de même.


Le Chouan 08/06/2010 17:49



Il n'y avait aucun enthousiasme de ma part ! J'ai essayé de sauver ce qui était sauvable... Je reconnais avoir fait preuve d'une complaisance coupable envers HR, que j'ai vu portant
d'invraisemblables vestes à effet satinette et/ou à revers minuscules.



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