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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 06:47

J’ai toujours pensé que, derrière tout dictateur, il y a un petit garçon qui rêvait de beaux uniformes. « Maman, quand je serai grand, je serai dictateur et je porterai les plus beaux habits du monde ! » Quand le dictateur laisse son uniforme au vestiaire, il revêt généralement de très beaux costumes que, du reste, il porte comme des uniformes.

Saddam Hussein avait son tailleur personnel. Il s’appelait Recep Cesur et il était turc. Hosni Moubarak aimait parader en costumes Smalto. Il est arrivé que ce même tailleur – très prisé des chefs d’états africains et qui a bien mérité de la françafrique – habille Laurent Gbagbo.


saddam-hussein.jpg
  

hosni-moubarak.JPG

 

laurent-gbagbo.jpg 

Les dictateurs ont aussi leurs accessoires fétiches : des couvre-chefs plus ou moins étranges et, surtout, les lunettes de soleil. « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement », disait La Rochefoucauld ; il faut croire que les yeux d’un dictateur non plus.


Jaruzelski.jpgL'aimable général Jaruzelski 

  

pinochet-lunettes-noires.jpgL'auguste général Pinochet

    

Kadhafi-lunettes-noires.jpgLe fantasque colonel Kadhafi

 

La puissance qu’on attribue à l'étoffe qui recouvre le corps du chef tient de la magie. Aux yeux du peuple, un dictateur ne devient inoffensif que défait, au sens propre, des habits du pouvoir.


saddam-hussein-capture.jpg 

hosni-moubarak-proces.JPG

      
laurent-gbagbo-capture.jpg 

Saddam Hussein, tiré du trou à rat qui lui servait de cachette; Hosni Moubarak, malade, traîné devant ses juges sur une civière; Laurent Gbagbo et sa femme, exhibés comme des bêtes curieuses dans une chambre d'hôtel... Nos journaux se sont à juste titre alarmés de ce déferlement d’humiliations inutiles, de ce raz-de-marée de haine brute.

Je me souviens qu’il y a un peu plus de deux siècles, on mena à la guillotine, couvert d’un simple gilet de molleton, un roi peut-être faible, mais sûrement pas cruel.


execution-Louis-XVI.jpg


Cela ne se passait pas en Afrique, mais en France, au siècle des Lumières.
 

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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commentaires

Sylvain 26/01/2012 01:22

Lecteur fidèle de ce blog, j'ai toujours aimé le ton, le style et la qualité de la réflexion qui le caractérisent, alors même que je n'adhère pas, loin de là, à de nombreuses prises de position de
son auteur. Aujourd'hui, cependant, je ressens un malaise. Je trouve maladroite et mal amenée la conclusion de ce billet, intitulé «Les habits des dictateurs»: loin de faire apparaître un contraste
et un paradoxe, l'allusion à la fin tragique de Louis XVI, lui-même dépourvu de ses habits de monarque, tend plutôt à suggérer une analogie avec celle des dictateurs précédemment nommés.
À la rigueur, on peut pardonner à l'auteur de vouloir absolument proclamer ses convictions royalistes. Néanmoins, il serait à tout le moins honnête de rappeler que la mort du Roi a eu lieu dans un
tout autre contexte que celui entourant la fin des sinistres personnages du XXe siècle évoqués dans ce billet. De plus, cette mort n'a donné lieu à une mise en scène médiatique (et pour cause).
Enfin, certains de vos lecteurs sont peut-être «inutilement agressifs» ; ils ne sont «sûrement pas cruels» pour autant. Plus de deux cents ans après le Siècle des Lumières, ils méritent mieux que
de se faire servir un poème violent et de très mauvais goût.

Le Chouan 26/01/2012 11:49



Il y aurait beaucoup à dire...


Par ma conclusion, je voulais simplement signifier que la cruauté gratuite envers les puissants déchus ne date pas d'hier. Point besoin d'être royaliste pour juger que le sort réservé à Louis XVI
fut particulièrement injuste.


Louis XVI ne fut peut-être pas un bon roi, mais il fut un roi bon.


Le 21 janvier 1793, place de la Révolution, son exécution donna lieu à un sinistre spectacle. Voyez comment un témoin a raconté la scène : « (…) est-ce bien le même homme que je
vois bousculé par quatre valets de bourreau, déshabillé de force, dont le tambour étouffe la voix, garrotté à une planche, se débattant encore, et recevant si mal le coup de la guillotine qu’il
n'eut pas le col mais l'occiput et la mâchoire horriblement coupés ? »


Nous donnons volontiers des leçons d’humanité à la terre entière. Certains épisodes de notre histoire devraient nous inciter à plus de modération. C’est aussi à cela que tentait de conduire ma
conclusion.


Quant au poème de L’Anselme, vous y lisez de la « violence » et du « mauvais goût ». Moi je le trouve simplement astucieux et amusant.


Vous n’aimez pas la conclusion de mon billet. Moi, j’aime beaucoup l’introduction de votre commentaire ! Merci !


 



Arnaud 23/01/2012 16:40

Ou est l'élégance dans ce billet, précisément?... Dans une trop longue liste de sombres crétins dont nímporte quel gentleman n'a absolument pas cure de qui est leur tailleur, et dont le seul
vêtement qui devrait leur aller c'est la combinaison de prison orange facon Guantanamo? Non, je ne crois pas...
Ou bien dans un chouan, qui n'est plus vraiment des villes, qui tombe finalement le masque et revéle son visage de nostalgique de la dictature? Non plus... Ou bien la chouanderie est-elle
différente du dandysme, en ce qu'elle n'est pas un phénoméne historique qui n'a de sens que dans son contexte et son temps (la Révolution aussi d'ailleurs).

Monsieur, bornez-vous à ce que vous savez faire, c'est-a-dire critiquer les principes de mode et les tenues des acteurs. Cela, du moins, est divertissant et parfois interessant.

Clovis Sangrail 23/01/2012 14:32

Plaisant article, qui mériterait des petits frères sur les dictateurs plus extravagants(Mobutu, Bokassa surtout en version "1er"), les collectionneurs d'épinglettes (Amin Dada, Brejnev), les moins
imaginatifs (Kim Jong-Il, Loukachenko) et enfin ceux qui n'ont justement pas les habits du pouvoir (Chavez-en-survêt, Evo Morales, Mahmoud Ahmadinejad).

Armand 22/01/2012 17:17

Décidément le niveau semble très élevé ici... Désolé mais je ne m'abaisserai pas à publier des poèmes d'un goût douteux sur vos compagnes. Vous feriez mieux d'ailleurs de les garder pour elles, ou
peut être pour vous...

Veuillez croire en ma considération.

Armand

Nicolas 21/01/2012 23:09


Pour Armand et sa charmante compagne, ce moment d'appaisement :


Corps emmêlés de langes fins
Allongés dans les mailles de lin
Puis  la lumière que l’on éteint
Lorsque débute le jeu de mains

Corps caressés dans le lit blanc
Du bout des doigts très hésitants
Glisse le satin affriolant
Au gré du rythme des amants

Corps dénudés  dessous la toile
Révèlent la chair qui se dévoile
La fine étole couvre les râles
Du ballet tendre et  animal

Corps chahutés et hydrophiles
Dans le confort de l’ouate fragile
S’imbriquent et restent immobiles
A l’acmé d’une extase fertile


Nicolas

Le Chouan 22/01/2012 15:09



La poésie, comme la musique, ça adoucit les moeurs. Mais, après tout, la poésie, c'est aussi de la musique. En avant, donc ! 


Voici, spécialement dédiée à Armand (et à sa possible compagne), cette fantaisie signée Jean l'Anselme :


 


Spéléologie


N'avait pas de la veine, Armand,
car sa femme c'était un gouffre.
Pour pas que souffre son enfant,
fallait bien rogner sur la bouffe.


Un jour, sa croqueuse de diamants,
l'a balancé dans une rivière.
L'avait pourtant d'la peine, Armand,
quand il l'a poussée par derrière.


 



Olivier 21/01/2012 20:58


J'ai oublié d'ajouter le lien illustrant mon propos : 


http://pourceuxquiaimentlenet.be/2011/03/05/des-costumes-signes-hosni-moubarak-25-000/

Olivier 21/01/2012 20:57


Connaissez-vous (cette question est de pure forme), cher Chouan, les fameux costumes "chalk stripe" de Hosni Moubarak ? Vous imaginez l'équivalent avec tissage "Le Chouan des villes" ? Non ? Bon,
vous n'êtes peut-être pas un dictateur alors... J'aurai essayé. Vous ne pouvez pas m'en vouloir de tenter de percer le mystère dont vous aimez vous entourer... :)


Amitiés.

Le Chouan 22/01/2012 10:13



Un costume "chalk stripe" tissé "Le Chouan des villes" et confectionné par Georges de Paris, ce serait trop la classe, non ? 


Je ne connaissais pas.


Mais où va se nicher la vanité ?


Amitiés.



Armand 21/01/2012 11:45


Mohamed VI un semi dictateur ? C'est un raccourci qui n'a pas de sens. On constate ici plus de souci pour
le vêtement que pour l'histoire et la politique, ou de l'art d'être une coquille vide. Essayez autre chose que google images pour vous cultiver.

Le Chouan 21/01/2012 12:05



Inutilement agressif.



Le Paradigme de l'Elegance 21/01/2012 10:07


Bonjour cher Chouan,


Je suppose que vous avez fait en sorte que votre article tombe le jour de l'anniversaire de la mort dudit Roi français !


En tout cas, l'histoire ayant été écrite par les vainqueurs, il se peut qu'il ne correspondait pas au portrait que les Révolutionnaires en ont fait, ce qui comprend également l'adjectif de cruel.


 


Amicalement,


 


LPDE


 

Le Chouan 21/01/2012 12:04



Perspicace !


Amicalement.



Nicolas 21/01/2012 09:25


Je trouve que le semi-dictateur, Mohamed VI,  a des costumes bien coupés, et bien ajustés à sa morphologie.


http://www.google.fr/search?tbm=isch&hl=fr&source=hp&biw=1580&bih=836&q=mohamed+6&gbv=2&oq=mohamed&aq=1&aqi=g10&aql=&gs_sm=c&gs_upl=2424l5730l0l7904l7l7l0l1l1l0l194l889l0.6l6l0


C'est smalto, je crois.


Nicolas

Le Chouan 21/01/2012 12:04



Smalto, oui. Comme son papa Hassan !



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