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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 06:34

schnock-couv.jpg

 

Je vous ai conté une autre fois mes déboires avec Schnock.

Pour aller vite, un journaliste de cette revue m’a un jour contacté pour me demander des renseignements sur le sujet qu’il avait choisi de traiter. Je lui ai répondu du mieux que j’ai pu. L’article publié, je découvris non sans agacement qu’il était essentiellement composé d’extraits de ma réponse et d’articles de mon blog, le nom de celui-ci n’étant pas même cité, contrairement à la promesse qui m’avait été faite.

Mon billet de dépit n’est pas resté sans suite.

Très vite après sa publication, la rédactrice en chef de Schnock m’envoya un mail pour me présenter ses excuses et pour m’assurer que mon nom serait ajouté aux remerciements du prochain numéro. Elle me confie bientôt qu’elle aimerait me rencontrer et me propose dans la foulée d’écrire pour sa revue. Je ne dis pas oui, je ne dis pas non ; je dis que ma situation de provincial risque de compliquer les choses.

Deux semaines plus tard, je lui soumets à tout hasard une idée d’article. J'attends trois semaines sa réponse. Mon idée l’intéresse à condition que j’y apporte des modifications. Je lui dis que je n’ai pas attendu son avis pour écrire mon article (… trois semaines tout de même !) et qu’elle le trouvera en PJ.

Une semaine s’écoule. Elle finit par m’écrire et me promet de me contacter « d’ici vendredi ».

Vendredi arrive. Rien. Puis un autre vendredi, puis un troisième vendredi… Ce silence est lassant. Je décide de le rompre ; j’envoie à la rédactrice en chef oublieuse un message dans lequel j’essaie à peine de dissimuler mon impatience sous un peu d’humour : « Vous m’aviez promis une réponse " d’ici vendredi "… mais, prudemment, vous ne m’aviez précisé ni la semaine ni le mois ! »

La réponse, cette fois, ne se fait pas attendre. Il faudrait que j’allonge et que j’élargisse. Bien !

Quelques jours plus tard, je lui envoie une nouvelle version de mon texte dûment « élargie et allongée ».

Depuis – c’était il y a sept mois -, silence radio...

... Vous auriez raison de condamner mon attitude accommodante. Je confesse, dans cette histoire, m’être laissé aveugler par la vanité : la perspective de collaborer épisodiquement à Schnock n’était pas faite pour me déplaire. Pour cela, j’ai trop rapidement chassé de mon esprit une première indélicatesse. Me voilà doublement puni : le nom de mon blog n’a jamais été ajouté aux remerciements de la revue ; par ses négligences et son silence final, la rédactrice en chef m’a joliment humilié !

Mon article ne méritait peut-être pas d’être publié. Mais, au moins, j'aurais aimé qu’on me le dise.

Cette leçon valait bien que j’en fasse tout un fromage, non ?

Dans ses Mémoires, le chef chouan Jean Rohu raconte comment les nobles regardaient de haut les Chouans qui, comme lui, étaient d’extraction roturière. Un jour, Georges Cadoudal l’envoya porter une lettre au général d’Hervilly. « Je fus bien accueilli par ce général, écrit Rohu, qui me fit passer au salon, où l’on me servit à boire et à manger. (…) Deux messieurs entrèrent dans le salon et (…) l’un d’eux dit à l’autre : " - Qu’est-ce que cela ? – Un Chouan sans doute, répondit l’autre ; on ne voit que cela ici. " »

Les grands d’aujourd’hui ont changé d’état et de figure. Il en est qui hantent les salles de rédaction et les salons de mode... Ceux-là sont cool, mal rasés, mal coiffés, vous tutoient, vous appellent tout de suite par votre prénom… Mais leur mépris est sans mélange.

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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commentaires

Philippe Muller 19/10/2014 15:40

... Le journaliste, élevé au lait de balance, formé par le trou de la serrure, est par construction un malotru. C'est vieux comme le journalisme, il faut hélas en prendre son parti, et je crains
que votre expérience ne fournisse qu'un exemple de plus de cette théorie personnelle. Disons, pour finir sur une note optimiste, qu'il vaut sans doute mieux des journalistes mal élevés que pas de
journalistes du tout.

Le Chouan 21/10/2014 18:43



Cher Philippe,


Une mésaventure très voisine de celle que j'ai racontée m'est arrivée avec un journaliste en vue, expert en élégance. Même désinvolture et absence d'usages.


Les moeurs journalistiques ne sont décidément pas faites pour moi !


Amitiés.


 



Taho 18/10/2014 18:23

Probablement que ce monsieur, après vous avoir contacté, a commencé à lire votre blog. Et là, l'Horreur !

Le Chouan 19/10/2014 10:12



Figurez-vous, cher (chère ?) Taho, que j'ai eu la même idée ! Le Chouan est nauséabond. Et le Schnock, ainsi mis au parfum, ne l'aurait pas supporté.


Schnock, c'est le passé revisité par - et pour - les bobos.


 



jamesbond005 15/10/2014 15:51

Les schnocks, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.

(Copyright M.Audiard)

philippe booch 14/10/2014 20:20

L'autre jour, j'écoutais France Musique, il y avait une émission sur Brigitte Bardot et la musique.
Le présentateur était très embêté, il devait être accompagné par le rédacteur en chef de Schnock... mais celui-ci n'est pas venu.
Vous voyez, il y a récidive dans l'élégance on dirait.

Mx 14/10/2014 13:54

Cher chouan,
si c'est de Laurence R. dont il s'agit lorsque vous parlez de "la rédactrice en chef de Schnock", figurez vous qu'il s'agit en fait... D'un homme !
Je ne pense cependant pas que cette méprise puisse expliquer le comportement du malotru.
Bien cordialement.

Le Chouan 14/10/2014 17:51



Mince alors !



Julien 13/10/2014 22:25

Des machines à frique ces journaux, vaguement remplis par des journalistes très vaguement intéressés par le sujet... Et ça fonctionne, sous perfusion de l’État à la presse écrite.
Quel est le groupe de presse derrière ?

belisaire 13/10/2014 16:16

Cher Chouan,

Mais qu'alliez-vous faire dans cette galère ? Qu'avez-vous de commun avec des gens qui prétendent s'adresser à des schnocks ? L'apostolat dans votre domaine doit tout de même avoir des limites.
Amitiés,

Le Chouan 13/10/2014 17:47



La vanité, je vous dis, la vanité !


Le fait aussi que cette revue soit tournée vers le passé...


Amitiés.



franck 12/10/2014 21:46

Chouan,

Parfois cotoyer de trop près ce que nous aimons apporte plus de déception que de satisfaction.
J'espère que fred astaire saura vous consoler ce soir.

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