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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:24

Année après année, le tatouage gagne du terrain. 10 % des Français auraient déjà succombé à cette vogue - à cette vague. Ce pourcentage est comparable à celui des Français d'origine étrangère. Mon rapprochement est moins gratuit qu'il n'y paraît : les tatoués ne constituent-ils pas, à leur manière, une minorité visible ? de plus en plus visible ? La situation n'est pas prête de s'inverser : préparons-nous à voir des flots de tatoués se déverser sur nos côtes dans les prochaines années !...

Pour un tatoué, la plage est un paradis. Son exhibitionnisme peut s'en donner à coeur - et à corps - joie. Cacher son monumental tattoo, qui a coûté si cher, ce serait aussi absurde que de ne jamais sortir son énorme 4X4 du garage. Parmi les estivants qui se promènent en slips sur les remblais ou dans les rues, la population tatouée est sur-représentée. Et quand le textile s'avère obligatoire, on le choisit en sorte qu'il laisse apparaître des bouts de tattoo : ici, c'est la queue d'un serpent qui dépasse d'une jambe de pantacourt; là, c'est l'aile d'un papillon qui s'échappe d'un décolleté.

Les tatouages se posent d'ailleurs de plus en plus souvent sur des morceaux d'épiderme qui, jusqu'alors, leur étaient interdits pour cause de trop grande visibilité : le dessus des mains, les cous, quand ce n'est pas le visage même...

On s'habille de moins en moins; on se muscle et on se tatoue de plus en plus.

« Sur la plage, la folie des tatouages » et « Tattoo pour être sexy » titrait récemment Paris Match (n° 3297). Isabelle Léouffre, auteur de l’article, écrit ceci : « Hier, c'était le signe de votre appartenance à un groupe : marin, prisonnier, motard.... Aujourd'hui, il reflète votre personnalité.» Le philosophe, Yves Michaud, convoqué par la journaliste, explique avec justesse : « La distinction entre vie publique et vie privée est remise en cause. L'intérieur s'affiche à l'extérieur et c'est une tendance lourde (1).»

Ainsi, le footballeur David Beckham a-t-il fait graver sur son dos les noms de ses enfants...


david-beckham.jpgDavid Beckham. Source : Paris Match   

 

… ou, naguère, Angelina Jolie, celui de son chéri, Billy Bob, histoire de bien montrer qu’elle l’avait dans la peau… Hélas ! L'inimaginable arriva : le couple rompit, et Angelina, par délicatesse envers le chéri suivant, fit effacer au laser l'encombrant tatouage.


angelina-jolie.jpg

 

L'article précise que la folie du tatouage touche tous les milieux. Mon expérience de la rue et de la plage me prouve le contraire. J'ai vu beaucoup de papas et de mamans de Jimmy et de Sandy tatoués - jamais ceux des Paul-Edouard ou des Marie-Victoire.

Quand Isabelle Léouffre affirme que le tatouage reflète la personnalité, elle ne fait que rapporter ce que disent les tatoués eux-mêmes. A lire leurs témoignages, j'ai plutôt le sentiment qu'il reflète un grand vide. Imagine-t-on, du reste, qu'une personnalité riche, étendue, puissante charge un tatouage le soin de la refléter ?

Que peut bien nous apprendre sur la personnalité du nageur Frédérick Bousquet les grandes ailes qui courent sur son bas-ventre ? Entre nous, de bien grandes ailes pour un petit oiseau…


 frederick-bousquet.jpgFrédérick Bousquet. Source : Paris Match

 

Pratique primitive, le tatouage peut aussi se révéler très primaire.

A preuve, les justifications pseudo philosophiques et mystiques avancées par les tatoués de Paris match. Extraits : « Uccio (…), masseur italien, a commencé avec les divinités, Anubis et Iris, car "elles détiennent les clés qui nous mènent vers une autre dimension." Veronica, une hippie espagnole de 33 ans, veut inscrire "la géométrie sacrée" sur son chakra du cœur. Le dos de Dominique, 54 ans, chirurgien esthétique, sert de support à la Madone sacrée. "A 8 ans, j’ai assisté à une procession de la Vierge à Lourdes et j’ai eu l’impression qu’elle me parlait." Morten, un Danois de 39 ans, qui joue au foot dans le sable avec Elvis, son fils de 5 ans, a fait écrire dans son dos un extrait du credo en latin, selon lui, "le plus important message du Christ." »


morten.jpgMorten et son fils Elvis. Source : Paris Match

 

Fasse le ciel que le papa d’Elvis, de confession protestante, n’apprenne jamais que le credo, prière catholique, n’est pas un message du Christ ! Son ange gardien, dont il s’est fait tatouer l’image sur le devant, aurait pu tout de même l’avertir de sa méprise et, ainsi, lui épargner, peut-être, de longues heures de souffrance !

Car, il faut le rappeler, se faire tatouer, ça fait mal. Curieusement, le tatouage réintroduit la valeur sacrificielle de la souffrance dans une société où tout se doit d’être doux et confortable. « A chaque séance d’environ quatre heures, je pleurais de douleur », dit Chloé, une galeriste belge de 40 ans. « Avoir mal, c’est savoir qu’on est vivant », proclame de son côté Dominique, le chirurgien esthétique précité.


olivier-et-chloe.jpgChloé et son mari. Source : Paris Match

 

Ce sacrifice est toutefois vidé de toute dimension spirituelle : s’il faut souffrir, ce n’est plus pour expier ses péchés (le péché ? Kesako ?) mais, avant tout, pour attirer à soi les regards.

Une autre justification ressort des propos de nos tatoués : l’art. « Ma quête a été longue pour trouver le maître capable de créer une œuvre d’art haute couture, unique », dit Chloé. Sans être spécialiste, je ne peux que m’incliner devant la virtuosité dont témoignent certaines réalisations. Mais la virtuosité ne suffit pas à faire un artiste. Les motifs ressortissent presque toujours à une esthétique BD impersonnelle et froide. Il y a le cas, limite, du tout-tatoué qui, performeur à sa manière, fait en quelque sorte de son corps l’étendard de ses obsessions. Voyez Rick Genest, alias Zombie Boy, dont les tatouages font affleurer le squelette :


zombie-boy.jpgZombie Boy

 

Cas extrême, je le répète, trahissant une personnalité névrotique. Le résultat est troublant, dérangeant, et, je dois le dire, fascinant. Le choc ressenti n’est pas sans m’évoquer celui qu’on éprouve devant certaines productions de l’art dit des fous. Ou devant certaines vanités.

Le principe de l’intérieur affiché à l’extérieur trouve en tout cas ici une déclinaison originale … et ultime !

La mode du tatouage a quelque chose de paradoxal. Tin-tin, un célèbre tatoueur parisien, insiste à juste titre sur « le caractère permanent du tattoo. » « C’est pourquoi, ajoute-t-il, le tatouage est antinomique de la mode, qui est éphémère. » Certes, mais ce discours de bon sens est contredit par la réalité qui se présente tous les jours sous nos yeux. A chaque saison nouvelle ses nouveaux motifs. « Star d’hier, le dauphin est aujourd’hui le comble de la ringardise », dit Isabelle Léouffre. L’exotisme fait actuellement fureur : calligraphie chinoise, symboles maori, tigre du Bengale ou d’ailleurs… On est loin de la fonction originelle du tatouage qui consistait à distinguer les tribus. Si tel était le cas, on pourrait imaginer des motifs locaux : les Bretons se feraient tatouer un chapeau à ruban sur le bras, une bretonne en coiffe de leur pays sur le torse… Jugerait-on, alors, le tattoo aussi sexy ?

Gare aux suggestions de la mode, donc. L’aspirant tatoué doit aussi se souvenir qu’il va vieillir. Qu’il médite l’exemple de Bernadotte qui, devenu roi de Suède, dissimulait le « Mort aux rois ! » qu’il s’était fait tatouer sur le bras du temps que, soldat, il servait la République. A l’heure de la toilette, les grandes ailes façon Bousquet feront bien rire dans les maisons de retraite et les kitschissimes motifs girly auront l’air de quoi sur des peaux de centenaires ?


tatouage-girly.jpgTatouage à motif "girly". Source : Paris Match

 

Mais il y a fort à parier que d’ici là on aura trouvé un moyen moins douloureux et moins onéreux que le laser pour effacer les tatouages devenus indésirables. Le tatouage ne sera plus, alors, qu’une espèce de super décalcomanie…

Alors, Tattoo ou rien ? Pour vous, je ne sais pas, mais pour moi - sans façon -, ce sera rien (2).

________________________________________________________________________________
1. Lourde, en effet, et à l’œuvre partout. Voir, par exemple, les médecins, les avocats, les notaires… qui ornent de photographies de leurs proches leurs cabinets et études.
2. A voir...

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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commentaires

Julien 16/03/2014 22:37

Forme aboutie pour un fond bien pauvre : votre avis...

Discours faussement documenté et structuré qui peut convaincre les moins avertis.

Dommage de réduire votre style à de si petites idées !

Le mime 11/05/2013 09:23

Jacques de Bascher avait une fleur de lys tatouée sur la fesse. Quand on connait un peu sa vie, ca peut être anecdotique ! Un bien bel hommage

Pierre 05/01/2013 20:12

Bonjour,

Je suis tombé par hasard sur votre article et je dois vous avouer qu'il me gêne parce qu'il me paraît amputer une bonne partie de la réalité.

Il me semble que vous oubliez les personnes qui ont une sensibilité à fleur de peau et pour qui le tatouage constitue d'avantage une protection par diversion vis-à-vis du regard des autres qu'une
personnalité profondément névrotique.

Vous oubliez également il me semble la démarche intime de personnes ayant voulu signifier un engagement pris avec eux-même à un moment important de leur vie, n'ayant pour but que de le leur en
rappeler les termes contractuels.

Vous oubliez également le tatouage temporaire et la démarche assumée du pure esthétisme (subjectif évidemment).

Vous oubliez enfin toutes personnes dont vous ne pouvez voir les tatouages.

Alors oui vous avez raison, il y a aussi ceux que vous définissez...mais pas que, il me semble. Je ferais par exemple le même type d'amalgame que vous en concluant que parce que votre analyse est
étriquée vous l'êtes tout autant.

Enfin, je ne puis m'empêcher d'être amusé du parallèle évident entre l'exhibition des mêmes vides intérieurs par un tatouage, par un blog, ou même par un commentaire sur un blog... Oui, il me
semble que nous sommes tous aussi "vides" les uns que les autres...En fait de vide j'aurais choisi "intéressants" ; que ce soit par l'écriture ou tout autre forme d'expression puisque vous savez
qu'il est possible d'exprimer les mêmes choses de plusieurs manières différentes...

Je signe un jeune non tatoué, au prénom composé, de "bonne famille" qui a eu la chance de voyager un peu et qui a vu quelque fois (souvent en fait) des tatoués capables de beaucoup plus d'humanité
que mes collègues de mon petit milieu élitiste parisien. Ils étaient juste moins à l'aise pour la comm' & le market'....et je préfère de loin leur humilité.

Le Chouan 05/01/2013 21:11



... Mais je ne prétends pas avoir écrit un article de fond sur le tatouage ni avoir présenté un tableau exhaustif des catégories de tatoués ! Je parle d'un phénomène de mode en mettant l'accent
sur ses aspects ridicules (du moins à mes yeux). Je ne doute pas un instant qu'on puisse être tatoué et avoir une personnalité intéressante. Non plus qu'on puisse s'affubler d'un pantacourt (mes
lecteurs habituels comprendront) et avoir une vie intérieure passionnante. Et puis, à chacun ses ridicules.


Je ne sais trop comment vous glissez de "vide(s)" à "intéressant(s)". Sans doute vous ai-je mal lu, mais j'ai cru discerner là comme une contradiction. Le nihilisme est un défaut qui disparaît -
ou en tout cas s'atténue - avec l'âge.


Bon courage !


Le Chouan. Non tatoué, au prénom simple et provincial.



Renault Alexandre 27/09/2012 07:15

Cher chouan,

Je suis vos billets avec une immanquable régularité depuis maintenant un bon moment, je salue vos connaissances sartoriales et votre bon goût que n'ont jamais démentis un seul de vos billets.
Aujourd'hui cependant je suis extrêmement déçu par vos jugements à l'emporte pièce et par ces vérités que vous pensez détenir sur cet art qu'est le tatouage.
Que d'amalgames, que de raccourcis, que de lieux communs...un peu comme si un blog sur le tatouage se mettait à vouloir railler les souliers glacés, la grande mesure et la quête du beau et du bien
vivre. Je m'insurgerai et les inviterai à rester sur des sujets qu'ils maîtrisent plutôt que de lire des aberrations sur un sujet qu'ils ne connaissent ni ne maîtrisent. Que pensent les gens
d'hommes qui collectionnent les souliers et passent plus d'une demi heure par chaussures pour les faire briller tel un miroir de bordel?? Assurément pas du bien.
Vous assimilez le tatouage comme étant l'apanage du beauf absolu, comme étant une ringardise sans nom, sans doute d'autre pensent ils la même chose des breeks de velour côtelés et des hacking
jackets en tweed.
De grâce, ne faites pas de généralités, ce phénomène millénaire ne se réduit pas au bête tatouage de plage dénué de sens et d'intérêt...c'est un phénomène social qui mérite plus qu'un billet
assassin et tranchant, le tatouage existait avant que ne fut assemblée la première chemise.
Des têtes couronnés à certains membres des plus grandes familles aristocratiques beaucoup vous surprendraient par les décorations corporelle qu'ils arborent.
On ne peut être ainsi catégorique dans un domaine que l'on ne maîtrise visiblement pas et des copiés collés maladroits ne font pas un bon billet.
Dans le monde des tatoués il y a de tout, du bon grain et de l'ivraie, des gens sensés et des imbéciles, des gens ouvert et des sectaires...
Comparer le tunning et l'amour des vieux roadsters anglais ferait à peu près le même effet au fan d'anglaises élégantes que votre billet en ferai a un amoureux d'art corporel.
Je me répète, je vous adore et respecte votre travail eu plus haut point, mais je me devais aujourd'hui de m'insurger contre cet article qui ne reflète qu'un point de vue subjectif et tronqué d'une
réalité qui est bien plus complexe et riche qu'elle n'en a l'air.
Bien à vous et au plaisir de vous lire encore...

Le Chouan 27/09/2012 20:26



Cher Alexandre,


Un tel sujet expose à des réactions épidermiques…


Vous prêtez à mon billet une ambition qu’il n’a pas.


Je comprendrais vos critiques si j’avais pris la posture du spécialiste es tatouage. Mais, spécialiste, je ne le suis de rien – ni du tatouage, évidemment, ni, même, du vêtement.


Je croyais mon introduction assez claire : cet été, j’ai fréquenté quelques plages et j’y ai vu un nombre incroyable de tatoués. Et les tatoués que j’ai vus étaient, oui, du genre que j’ai
dit : des beaufs, des exhibitionnistes, des moutons de panurge…


Qu’il y ait des tatoués d’autres sortes, je ne l’ignore évidemment pas – mais ce n’était pas mon sujet !


J’ai aussi essayé de faire sourire. Raté. Du moins auprès de vous.


Bien à vous.



Julien 25/09/2012 19:56

Je trouve votre analyse très pertinente.
Permettez cependant que je vous propose ma propre motivation en matière de tatouage, ceci afin d'ouvrir, peut être, une autre facette à votre réflexion.

J'ai quelques tatouages et je compte en avoir d'autres. Je ne cherche pas à les montrer, ils ne sont visibles que lorsque je suis torse-nu, c'est-à dire dans l'intimité ou dans de très rares cas de
baignades. Chacun d'eux a été choisi avec une grande attention, fruit de l'envie de graver pour longtemps une réflexion propre. Ce n'est pas le regard des autres qui compte ici, mais plutôt celui
que je porte sur ma propre image.

D'ailleurs, je l'avoue, c'est sans doute parce-que ma propre nudité me pose un problème. Non pas que je n'apprécie mon physique, celui-ci étant d'un genre qui s’accepte facilement. Non, c'est
simplement que je n'aime pas me sentir nu et que le tatouage, quelque part, est un habillement, une mise, un dernier rempart face à ma plus stricte intimité.

J'aime travailler mon image, pour moi même, et si le vêtement est le média que je trouve le plus efficace en la matière, mon désarroi face à l'absence de celui-ci me pousse vers le tatouage.

Je ne sais pas si cela dessert une quelconque noblesse d’esprit, mais je m'en accommode plutôt bien.

Le Chouan 27/09/2012 19:38



Se tatouer pour supporter sa nudité. 


Merci, Julien, pour cet éclairage singulier.


 



Sophie 17/09/2012 21:13

Bravo, il s'agit bien de la ville où l'eau des fontaines est toujours Frèche.

Sophie 16/09/2012 19:47

Très belle conclusion pour parler sans doute de votre première lectrice.

Cependant cette énigme de remparts m'intrigue, serait-ce les remparts d'un arrondissement parisien de 150.000 âmes avec une Mme Fr. de P. à sa tête ?

Quant à ma ville chargée d'histoire, elle n'a pas de remparts mais un bel aqueduc (époque Louis XV), elle a était dotée d'un jardin des plantes selon la volonté d'Henri IV, sa faculté de droit a vu
passer des enseignants illustres (Guillaume de Nogaret, Pétrarque), il y a également une très vieille faculté de médecine qui fut fort réputée mais surtout d'innombrables hirondelles une bonne
partie de l'année.

Le Chouan 16/09/2012 20:11



Fr. de P ? Je croyais que c’était M. J. R ! Il est vrai que la première est plus frêche… pardon, fraîche que l’autre.



Sophie 16/09/2012 11:43

Cher Chouan,
Je suis restée discrète sur mes motivations de l'époque car elles sont complètement dépassées et plus du tout adaptées à ma vie de maman rangée. En revanche, je peux vous en dire un peu plus sur
l'environnement de ce temps révolu(1.connaissance de nombreux tatoueurs, 2. milieu musical très tatoué et 3. comme le souligne le commentaire suivant de mlle Anne il s'agit bien évidemment
d'identité voire de carapace). Je m'explique ; j'habitais une des plus belles villes de France chargée d'histoire mais soumise aux mentalités les plus machistes et stupides. Impossible de rentrer
chez soit sans être insultée voire agressée physiquement (pour le simple fait d'être une jeune femme vous voyez le crime !) Donc lassée et ne pouvant compter que sur moi même, j'ai commencé à me
protéger (apparence martiale, cours de boxe française...) Maintemant autant vous dire que je préfère une bonne veste en tweed pour affronter la société et les intempéries parisiennes. Voilà, je
pense que j'en ai trop dit mais heureusement qu'il y a le voile pudique de l'écran.

Le Chouan 16/09/2012 15:11



Merci de ces explications.


« Une des plus belles villes de France chargée d’histoire mais soumise aux mentalités les plus machistes et stupides. » Ah ! L’énigme vaut bien celle de « Mme de P.
maire d’une ville de 150 000 habitants aux magnifiques remparts » dans « Le Monarque » de Marie-Célie Guillaume !


J’ai connu une jeune femme qui portait des jeans troués sur lesquels elle peignait des fleurs genre peace and love. Elle bombait ses cheveux en rouge et se fardait façon punk. Elle
n’était pas tatouée, mais elle l’aurait été que cela ne m’aurait tout de même pas empêché de l’épouser.



Anne 15/09/2012 21:04

Je confirme que vous avez de jeunes lectrices cher Chouan.

Cela me rappelle un défilé Chanel il y a deux, trois ans où les mannequins, toutes de tweed vêtues, arboraient des tatouages (éphémères) de la griffe. Et comble du chic! Chacune (ou chacun) pouvait
aller rue Cambon afin de se faire poser le ou les décalcomanies ne restant que quelques jours sur la peau. Bon coup marketing qui avait, à mes souvenirs, bien fonctionné.

Sinon, très bon article, je pense qu'une grande partie des tatoués marquent leur corps pour une question d'identité.

Tout d'abord se distinguer (ou tenter de se distinguer) du groupe, des autres classes sociales, des autres générations, ...
Il est vrai que les CSP les plus populaires seront plus enclin à se distinguer de cette façon, car ce mode de distinction demande moins de codes, de savoir que
celle choisie des CSP les plus aisés qui passera davantage par la culture, l'élégance. Mais finalement, la finalité n'est-elle pas la même ? Peut-être, avez-vous plus en commun avec ces fameux
tatoués qu'il ne vous semble. Après tout, ne cherchez vous pas, par des moyens différents, la même chose. Se distinguer, tout en essayant d'y apporter un peu d'esthétique.

Et, chez les tatoués, il y a également un désir de s'affirmer en tant qu'identité propre. Montrer qu'on est maître de son corps, le fameux "être soi-même". Une amie m'expliquait qu'elle s'était
faite tatouée, suite à une prise de poids à l'adolescence, pour disait-elle "reprendre le contrôle".

Le Chouan 18/09/2012 20:09



Merci Anne !


Vous semblez dire que l’élégance est l’apanage des classes sociales aisées. Est-ce si sûr ? La distinction par la discrétion (ce pourrait être une définition de l’élégance) est
indépendante du compte en banque. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui que, chez les héritiers traditionnels, la transmission des codes et des règles s’est interrompue.


Se tatouer pour être soi-même; se sentir soi parce qu'on exhibe son corps encré devant des inconnus : voilà ce que j’ai du mal à comprendre. 



Sophie 14/09/2012 21:29

Tattoo dit !

J’attendais votre billet avec impatience, eh bien, je trouve votre analyse brillante et quel style !
Pour ma part, je déplore cette consommation industrielle du tatouage, tout comme moi vous avez remarqué que les tatoués n'ont jamais froid, comme s'il y avait moins de frileux dans cette population
qui exhibe à tout va et surtout à ceux qui n'ont pas envie de voir leurs peaux sur les plages, dans les hypermarchés (!), dans les rues. Je trouve cela d’une misère visuelle affligeante. Et
pourtant je suis tatouée et même beaucoup mais j’ai toujours caché mes tatouages qui ne concernent que moi, je n’ai jamais inventé de justifications artistiques ou pseudo philosophiques bien que je
trouvais cela “Baroque” à une certaine époque mais le temps a passé. J’avais projeté plusieurs hypothèses pour tenter de deviner l’évolution de mes tatouages (vieillissement de la peau, évolution
des mentalités...) mais je n’avais pas du tout imaginé que 10 % (!!!!) de la population se ferait tatouer ! Cela même à qui je ne voulais pas ressembler ! Des hordes de tatoués se déversent un peu
plus chaque année sur nos plages. C’est l’overdose visuelle. Mais il y a pire ; Je bondis lorsque je vois les autres mamans venir chercher leurs enfants à l’école maternelle arborant leurs
tatouages avec des vêtements échancrés, des manches savamment relevées... Selon moi la vraie originalité désormais c’est de ne pas être tatoué.
Cette “démocratisation” du tatouage me fait presque regretter le temps où les tatoués étaient pris pour des bagnards échappés de Cayenne.

Le Chouan 15/09/2012 13:17




Tattoo compris !


Je suis à chaque fois très flatté de constater que mon lectorat se compose aussi de femmes.


10 %, oui, et bientôt beaucoup plus puisqu’aux Etats-Unis – dont nous suivons les errements avec quelques années de décalage (je préfère ce mot à celui de
« retard » qui laisserait accroire qu’ils sont « à la pointe » et nous « à la traîne »)  -, les tatoués avoisinent en ce moment les 25 % ! Je tiens cette précision d’un récent article du Monde consacré au sujet. J’y ai aussi trouvé la confirmation chiffrée que le phénomène touche majoritairement les couches populaires : 19 % chez les ouvriers, 14 % chez les
professions intermédiaires et 7 % chez les cadres. Et cette autre information, pour mettre en garde mes plus jeunes lectrices (il y en a ! Il y en a !) : les anesthésistes sont
réticents à pratiquer une péridurale quand la région lombaire est décorée.


Je remarque, chère Sophie, que vous êtes très discrète sur vos motivations – rien sauf le « côté baroque » qui, à une certaine époque, vous avait plu.
Serait-ce être indiscret de vous les demander ?



Dan 14/09/2012 11:33

Tatouage Bousquet : « de bien grandes ailes pour un petit oiseau. »
Je reconnais bien là votre esprit, mordant et drôle !
Et de l’esprit, il y en a si peu sur la blogosphère…

architecte 13/09/2012 22:12

signe extérieurs... de manque de richesse intérieur :)

Mx 13/09/2012 15:33

En effet, le phénomène des tatouages s'apparente à celui du port de vêtements extravagants. Tout cela ressemble plus à du cabotinage qu'à une réelle démarche stylistique.
Twitter, Facebook, blogs, Internet sature et l'Homme cherche à s'exprimer sur le seul espace jusque là vierge : sa peau ! Le tatouage, c'est un peu la parole de ceux qui n'ont rien à dire...
Tout le monde ne peut être aussi éloquent qu'un Chouan, après tout !

architecte 13/09/2012 13:07

le problème des tatouages c'est un peu comme les vêtements extravagants.. très peu de gens savent les porter...si le monde était pleins de personnes très extravagante et également élégante à la
oscars Wilde le monde serait merveilleux, malheureusement ce n'est pas le cas ...

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