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Accessoires

Mardi 21 mai 2013 2 21 /05 /Mai /2013 06:35

Débarrassons-nous d’abord de quelques idées reçues.

Il est impossible à faire. Faux. Il demande de l’entraînement. Le mieux, c’est d’essayer avec un vieux nœud qui ne risque plus rien. Quand le tour de main est pris, il n’est pas plus difficile à réaliser qu’un nœud de cravate. « Le nouage d’un papillon est l’un des grands plaisirs de la vie » a même affirmé François Chaille, auteur d'un ouvrage de référence sur la cravate.

 

nouage-noeud-pap.jpgSource : La Grande histoire de la cravate, François Chaille, Flammarion

 

Il ne fait pas viril. Disons qu’il ne virilise pas un homme efféminé. Mais qui l’a vu au cou de Gary Cooper ou de Humphrey Bogart est définitivement rassuré :


humphrey-bogart.jpgHumphrey Bogart et Lauren Bacall 

 

Il est réservé à certaines professions. Réservé, non. Des professions l’ont adopté : les médecins, les avocats, les journalistes, les architectes… Mais, aujourd’hui, ces professions même s’en sont détourné. Tant mieux ! Vous et moi pouvons maintenant l’adopter.

Il ne remplit pas assez le devant de la chemise. Et si c’était la cravate qui le remplissait trop ? Tout est question d’habitude. Si vous avez un doute, portez-le donc avec une chemise remplie de rayures ou de carreaux ! A moins que le problème ne vienne de votre pantalon qui, ne montant pas assez haut, découvre exagérément votre chemise.

Quelques conseils maintenant :

Restez fidèle à la cravate si votre visage est rond ou si vous avez un gros cou. Le nœud papillon relèvera, en revanche, d’une touche de fantaisie les visages maigres et austères :


noeud-pap.jpg Source : Les 188 façons de nouer sa cravate, Mosconi et Villarosa

 

Cherchez la perle rare, je veux dire le papillon à nouer. Proscrivez le nœud papillon monté cousu. Si vous ne pouvez pas faire autrement, rabattez-vous sur un papillon noué par le fabricant, que vous vous empresserez de défaire.

Ne le choisissez pas trop fin et n’en serrez pas trop la partie centrale. Préférez-le à bouts droits plutôt qu’à bouts pointus. Sa largeur, dit-on, doit être égale à celle qui sépare les extrémités des yeux.

Veillez à ses couleurs. Des motifs joyeux sur un fond sombre seront d’un bel effet.

Ne l'accompagnez pas d'une pochette. Que diable ! Vivez avec votre temps ! Aujourd'hui, pochette + noeud pap = surcharge et préciosité.

Ne le portez pas tous les jours. Vous deviendriez alors L’homme au nœud papillon, un peu comme Christophe Barbier est L'homme à l'écharpe rouge, ce qui n’est pas, j’imagine, le but que vous recherchez.

Par-dessus tout, travaillez-le pour qu’il ait une forme aérienne. Un papillon doit toujours être prêt à prendre son envol ! 

Par Le Chouan - Publié dans : Accessoires
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Lundi 24 décembre 2012 1 24 /12 /Déc /2012 06:42

Voilà quelques saisons déjà que les jeunes ont redécouvert le chapeau. Cette redécouverte s’est faite timidement : leur choix s’est dirigé vers un chapeau tout petit (genre Trilby), qu’ils portent presque toujours sur le sommet de leur crâne, comme s’ils avaient peur de l’enfoncer. Encore quelques années, et peut-être le chapeau retrouvera une taille correcte et recouvrira comme il convient les fronts.


justin-timberlake.jpg Justin Timberlake

 

Un phénomène analogue touche la casquette plate, dont la visière est systématiquement trop courte, et que nos jeunes rejettent en arrière comme le faisait autrefois Bourvil – mais quand lui le faisait, c’était pour camper des benêts…


bourvil.jpgDans Le Rosier de Madame Husson

 

Le petit chapeau ou la petite casquette sont généralement accompagnés d’une petite barbe – dite de trois jours -, d’un petit pantalon – trop court et trop étroit -, d’une petite veste – qui dévoile la moitié du derrière.

Ce goût du chiche doit vouloir dire quelque chose sur l’état de notre société. Pour ma part, je me cantonnerai au seul aspect esthétique et rappellerai ces sages préceptes darweniens : chapeau à petits bords et casquette à petite visière = petit goût !

On ne réapprend pas en quelques semaines ce qu’on a mis des décennies à désapprendre. Les chapeaux à larges bords et les casquettes à visière généreuse mettront du temps à revenir – s’ils reviennent ! Encore faudrait-il que le reste de la tenue suive…

Il ne m’étonnerait pas qu’un autre couvre-chef, très oublié celui-là, soit bientôt réhabilité. Je veux parler du béret. Je verrais bien que les jeunes gens issus de l’immigration s’approprient quelque jour ce symbole vestimentaire on ne peut plus « souchien ». Gageons qu’ils le feraient avec cette ironie dont les chroniqueurs de mode à la mode raffolent !

Il fut un temps où le béret coiffait des hommes élégants et raffinés. Il y eut le poète béarnais Paul-Jean Toulet, qui ne le quittait pas - même à Paris :


paul-jean-toulet.jpg 

 

Il y eut André Gide, grand amateur d’originalités chapelières :


andre-gide-167.jpg

 

Il y eut André Malraux :


andre-malraux-beret.jpg 

 

... et Pierre Drieu La Rochelle :


drieu-la-rochelle-beret.jpg 

 

Il y eut même le prince de Galles, futur Edouard VIII :


duc-de-windsor-beret.jpg 

 

Entre les deux guerres, le béret fut à la mode. « La casquette, c’est bon pour les ouvriers, le chapeau, c’est pas pratique, tandis que le béret (prononcez : bairait !), c’est simple, c’est chic, c’est coquet », faisait dire, en 1932, Jacques Prévert à Carette dans L’Affaire est dans le sac, un film réalisé par son frère Pierre.

La mode du béret témoigne de l’évolution au XXe siècle du vestiaire masculin vers la décontraction. Cette évolution n’alla pas sans errements. Doit-on placer l’adoption de cette coiffure venue du sport au nombre de celles-ci ? A mon sens, si maladresse il y eut, elle tenait moins au béret en tant que tel qu’à sa forme (souvent trop étriquée) et qu’aux tenues avec lesquelles on le portait.

Le béret mériterait qu’on s’y intéresse à nouveau. Je me souviens qu’Arnys en proposa quelques-uns dans les années 2000 dans de jolies couleurs, mais j’ignore ce qu’ils donnaient sur une tête :

 


arnys-beret.jpg

Qu’un chapelier de talent m’en confectionne un de forme ample, j’en serais ravi ! Je l’adopterais tout de suite. Je le porterais sans ironie. Et pas seulement pour aller acheter ma baguette de pain. 


monet-beret-def.jpgMonet, Aupoportrait au béret, 1886.

Par Le Chouan - Publié dans : Accessoires
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Mardi 20 novembre 2012 2 20 /11 /Nov /2012 07:04

Le diable, dit-on, se niche dans les détails. L’élégance (… diabolique à sa façon !) aussi. Le détail est un peu à l’élégance ce que l’accessoire est au vêtement : quelque chose d’essentiel.

Illustrons. La pochette est un accessoire. Pour beaucoup, elle est signe d’affectation déplacée. Il n’empêche qu’à lui tout seul, ce petit carré de tissu peut relever une tenue. Cela dit, la pochette n’est pas à elle seule une garantie d’élégance : il faut savoir la glisser dans la poche poitrine et trouver, parmi toutes les façons possibles, celle qui conviendra le mieux… Des détails qui font la différence !

« Quelle que soit la chose qu’on veut dire, il n’y a qu’un mot pour l’exprimer, qu’un verbe pour l’animer et qu’un adjectif pour la qualifier. Il faut donc chercher, jusqu’à ce qu’on les ait découverts, ce mot, ce verbe et cet adjectif, et ne jamais se contenter de l’à peu près, ne jamais avoir recours à des supercheries, même heureuses, à des clowneries de langage pour éviter la difficulté. » Je ne suis pas loin de penser que ces remarques de Maupassant sur le style littéraire sont transposables au vêtement. Quand, après de multiples essais, un homme élégant a trouvé pour lui-même un trait de style, il n’en change plus. C’est évident.

Prenons un autre exemple : la cravate (… de plus en plus « accessoire » pour nos contemporains). Beaucoup pensent qu’il suffit d’en nouer une pour « être bien habillé » (« Regardez ! Il est pas beau, mon fils, avec sa cravate ! ») Erreur ! Parce qu’elle est surconnotée, la cravate nous oblige à redoubler d’attention. Ici encore, ce sont les détails qui feront la différence : dimensions, qualité, et, bien sûr, nouage. Le connaisseur appréciera comme il convient la fronce (ou, mieux, les deux fronces) juste sous le nœud, légèrement excentrée, qui ponctuera la cravate d’une virgule idéalement placée.


prince-charles-details.jpgLe prince Charles

 

Un dernier exemple ? Celui auquel je pense ne concerne pas un accessoire – puisqu’il s’agit des souliers. Mais le souci du détail vaut pour tous les éléments d’une tenue. L’homme élégant aura à cœur d’entretenir parfaitement ses souliers. Cela va de soi et ne relève certes pas du détail. Mais il ne s’arrêtera pas là : il cherchera à les faire « vibrer » en leur faisant acquérir – lentement et naturellement – une belle patine profonde, qu’il relèvera, ici et là - sur le bout et sur les quartiers – d’un subtil et discret glaçage.

« Très bien, me direz-vous, mais pourquoi consacrer tant de temps à ces détails que, de toute manière, personne ne remarquera ? » Si vous pensez vraiment cela, je m’étonne que vous ayez eu la patience de lire ce billet jusqu’ici ! Sérieusement, je vous répondrai ceci : l’élégance est d’abord une question d’exigence personnelle. Et puis, les connaisseurs, eux, remarquent ces détails que vous prétendez invisibles. Ces mêmes détails, enfin, agissent sur les hommes prêts pour l’élégance, mais qui ne le savent pas encore, et, en impressionnant pour ainsi dire leur rétine à leur insu, les aident à se révéler à eux-mêmes.

« Les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail », disait Léonard de Vinci.

Par Le Chouan - Publié dans : Accessoires
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Mardi 9 octobre 2012 2 09 /10 /Oct /2012 06:55

theo-v-rysselberghe-auto-gi.jpg

 

Cet autoportrait de Théo van Rysselberghe me plaît bien. Et à plus d'un titre : pour des raisons picturales, qui n'ont pas lieu d'être évoquées ici, et aussi pour des raisons vestimentaires.

Ce qui me retient, c'est ce gilet vert (le titre le mentionne : « Autoportrait au gilet vert ») qui se marie harmonieusement avec l'aubergine de la veste. Prenons garde toutefois à la transformation que le scanner fait subir aux couleurs : l'aubergine est peut-être un marron, ce qui, d'ailleurs. serait encore plus heureux.

Le gilet de couleur : voilà une pièce qui mériterait d'être redécouverte. Encore faut-il que la texture du gilet soit compatible avec celle de la veste. Le tissu de celle-ci ne devra jamais être plus fin que celui du gilet. La combinaison la plus réussie consiste à additionner des matières assez épaisses : veste coupée dans un tweed opulent + gilet de velours par exemple.

Tel est le cas sur ce cliché représentant Tolkien et paru dans un récent Monde des livres.


tolkien-rouge.jpg

 

Il faut aussi faire très attention au choix de la couleur : pas de couleurs trop vives - mais des couleurs riches et comme amorties.

Bizarrement, sur d'autres reproductions de ce cliché, le gilet de Tolkien est... vert.
 

 tolkien-vert-copie-1.jpg

 

Ce n'est pas la seule étrangeté concernant cette photo : pour Le Monde, elle daterait des années soixante mais pour Wikipédia, elle aurait été prise en 1973, peu avant le décès de Tolkien. Celui-ci serait appuyé contre « le tronc d'un pin noir du jardin botanique de l'université d'Oxford qu'il aimait particulièrement » (Quoi ? l'université d'Oxford ? son jardin botanique ? le pin noir ?...)

Je reviens à mon gilet de couleur. Si vous voulez vous en procurer un, il vous faudra recourir aux services d'un tailleur. Ce genre de produit absolument démodé est introuvable en PAP; et si, par miracle, vous en dénichiez un qui vous plaise, il risquerait tout de même de ne pas vous aller. Tous les tailleurs vous le diront, le gilet est un vêtement beaucoup plus complexe à réaliser qu'il n'y paraît. Touchant au corps, il ne souffre aucune approximation. Le sur mesure est une quasi nécessité.

Le cardigan peut toutefois offrir une alternative pratique et moins onéreuse. On en trouve de toutes les couleurs. Lors de l’achat, privilégier un boutonnage haut ; veiller à ce que le col ne baille pas ; choisir un modèle assez court, à porter, le dernier bouton ouvert, sur un pantalon à taille haute afin de ne rien laisser apparaître de la chemise.

… Je regarde mon article : Théo van Rysselberghe, Tolkien… Pour sûr, mes modèles sont moins rock and roll qu'Iggy Pop et Mick Jagger, ou moins sexy qu'un David Beckam tatouéMais qui cela peut-il bien gêner sinon ceux qui confondent élégance et mode ? Soit aucun d’entre vous.

Et puis, n'est-ce pas aussi pour mon côté suranné que vous m'aimez ? Hein ? Hein ?

Par Le Chouan - Publié dans : Accessoires
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