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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 06:36

Cette semaine, carte blanche à la jeunesse ! Le discours que vous allez lire a été prononcé par Hippolyte Broud en janvier de cette année dans le cadre d’un concours d’éloquence organisé par le Rotary Club Paris Ouest à destination des classes de 1re. Pour ce discours, Hippolyte, dix-sept ans, a reçu le Premier prix. Merci à lui de nous avoir autorisé à reproduire son texte et merci à François A. de me l’avoir fait découvrir.

 

"Pourquoi sonne le glas….de l’élégance ? ou la mode engendre-t-elle la disparition de l’élégance ?"  

Voilà quelques semaines, la fermeture de la maison Arnys a été annoncée. Elle a été rachetée par le Groupe de Monsieur Bernard Arnault.  

 

arnys-vitrine-def.jpg                                                                        Vitrine d'Arnys

 

La fermeture d’une boutique aussi élitiste et confidentielle qu’Arnys est un événement qui doit vous paraître bien futile et peu digne d’intérêt.

Et vous allez sûrement me trouver bien snob et prétentieux, (ce que naturellement j’assume en tant qu’élève d’une section littéraire participant de surcroît à un concours organisé par le Rotary !) de vouloir en faire une affaire d’Etat.

Pourtant, je ne peux me résoudre à admettre qu’un magasin aussi illustre qu’Arnys, qui fait partie intégrante de notre patrimoine, et qui symbolise le summum de l’élégance parisienne depuis 1933, puisse disparaître aussi facilement à cause des délires d’un monomaniaque qui s’est mis en tête de spolier l’honnête dandy français en rachetant les plus grandes maisons de couture du pays et en les standardisant toutes pour qu’elles répondent aux critères imposés par cette affreuse harpie entravée dans des vêtements trop cintrés qu’est…. la Mode !

Cette Mode, qui remet en cause le principe même de l’utilisation d’un pantalon. 

Car je suis navré ! Messieurs ! mais un pantalon, ça se porte au-dessus du nombril…. Et quand je vois ces jeunes gens qui exposent leur postérieur de gringalets boutonneux, ce n’est pas après eux que j’en ai - Ils ne sont que de pauvres âmes faibles et égarées - : la seule et unique fautive, ai-je besoin de le répéter, c’est… la Mode !

Le rachat d’Arnys est « le coup » le plus symbolique porté à l’élégance française.

En effet, Arnys était plus qu’une simple Maison de couture, Arnys symbolisait tout un idéal de vie : celui du culte de soi, si cher au dandy. 

Les clients recherchaient chez Arnys une façon de se distinguer, d’être uniques et donc intemporels.  Arnys incarnait ce temps béni où le bourgeois intellectuel de la rive gauche achetait une veste pour le simple plaisir de sentir la douceur des étoffes sur ses épaules. Maintenant, quand on passe devant un magasin, c’est pour voir le parvenu inculte de la rive droite affolé à l’idée de ne pas posséder une Rolex à cinquante ans. Comme le disait Solon : « Ne fais pas le prince, si tu n’as pas appris à l’être ».

Les frères Grimbert, les deux derniers directeurs d'Arnys, petits-fils de Léon, avaient réussi, par leur érudition en matière de Style, à créer des vêtements qui prenaient en compte toutes les époques et tous les raffinements possibles. Cela passait aussi bien par des lignes sublimes, un choix de tissus d’une qualité que l’on ne retrouvait pas ailleurs et un sens de la couleur à faire rougir les plus grands peintres.

Maintenant qu’Arnys a été racheté, fini ce raffinement d’un autre temps. Plus de tweed, plus de coupe de costume ample, plus de couleurs aussi osées. Chez LVMH, on veut du « bankable », du noir, du cintré, de la coupe italienne…. enfin tout ce que l’on peut trouver ailleurs à un prix bien plus intéressant.  

Oui, la disparition d’Arnys est l’exemple le plus représentatif des effets de la Mode (…).

L’élégance, elle, n’a pas d’âge, pas de taille et pas de poids. L’élégance, contrairement à la mode, prend une dimension intellectuelle. Comme le dit Balzac dans son Traité de la vie élégante : « La vie élégante n’exclut ni la pensée, ni la science, elle les consacre ».

Je ne dis pas qu’il faille être Einstein pour bien s’habiller - lui-même s’habillait d'ailleurs très mal -, mais l’élégance suppose une certaine culture, une recherche dans sa mise, recherche qui nous est livrée prédigérée par la Mode.  

La Mode, c’est un peu la malbouffe de l’habillement: on achète des vêtements de façon compulsive, et on les consomme avec une rapidité ahurissante.  

Prenons l’exemple d’un Américain type que nous prénommerons « Billy ». Ce cher Billy, du haut de ses 1m90 et de ses 300 kg, mange cinq Big-Mac à chaque repas, ce qui lui coûte aussi cher que s’il allait au steakhouse le plus proche déguster un délicieux morceau de bœuf argentin.

Vous vous offusquerez sûrement de tant de violence, et vous aurez raison : dans le fond, qu’est-ce que cela peut bien me faire que quelques hurluberlus fassent, lors de l’ouverture des soldes, une queue d'une dizaine de kilomètres pour le plaisir d’acheter une chemise de qualité infâme, qu’ils n’hésiteront pas à porter hors de leur pantalon ?  

Et pourtant, n’est-ce pas tout un art de vivre qui disparaît ?  

Dire adieu à l’élégance, c’est aussi faire abstraction de tout un pan de notre passé, de notre patrimoine dont nous devrions être si fiers…

Au revoir Brummel, Baudelaire, Wilde, Guitry, Cocteau, Visconti, Gainsbourg, et bien d’autres encore. On ne veut plus de vous. Sans l’élégance, les œuvres de ces artistes ne peuvent être comprises dans leur totalité. Montrer « Mort à Venise » à une personne qui ignore ce qu’est l’élégance, c’est aussi vain que de démontrer la théorie de la relativité à un élève appartenant à la section littéraire. Dans les deux cas, la personne est complètement hermétique.

L’ère de l’élégance a donc bien pris fin…

Qui aujourd’hui songe à remonter ses chaussettes pour être sûr qu’elles ne plissent pas ?

Qui ne supporte pas d’avoir une chemise hors de son pantalon ?

Qui sait encore prendre soin de ses souliers comme s’ils étaient ses propres enfants ?

Le monde évolue et il faut bien l’accepter. Un monde où il faut aller au plus vite, un monde où règne le diktat de la musique sans instruments, un monde dans lequel la FNAC de la rue de Rennes ne vend plus que trois films de Sacha Guitry en période de Noël …

Un monde bien incompréhensible en somme. Mais comme le dandy de Françoise Dolto nous ne devons pas nous avouer vaincus. Nous devons être « la figure de proue insensible aux tempêtes » et tracer notre chemin en tentant d'y laisser l’empreinte de nos souliers vernis !

                                                                                                  Hippolyte Broud

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 06:50

Comme moi, sûrement, vous avez regardé la troisième saison de Downton Abbey le vendredi soir sur TMC. Et, comme moi, vous avez aimé. L’histoire, les acteurs, l’ambiance, la musique, le décor… tout concourt à faire de cette série une œuvre de référence ! Je n’oublie pas, bien sûr, les costumes. Si j’ai feint un instant de le faire, c’est pour mieux leur accorder une attention particulière dans les lignes qui suivent.

Laissez-moi vous raconter une petite expérience personnelle que je trouve pleine de sens. L’autre vendredi, après que j’ai eu fini de regarder les deux épisodes programmés, je me suis mis en quête, sur l’internet, de renseignements sur les acteurs. Ne sont-ils pas tous remarquables, à la réserve, selon moi, du terne Dan Stevens, qui tient le rôle de Matthew Crawley ? J’ai aussi voulu voir des photos. J’ai tapé, alors, dans « Google images », « Downton Abbey ». Soudain, j’ai vu se juxtaposer deux séries de clichés : ceux des comédiens en costumes d’époque et ceux des comédiens en tenues d’aujourd’hui.


downton-abbey.jpg

downton abbey auj    

 

La confrontation m’a troublé. Tout à coup, il m’a semblé que c’était dans leurs tenues d’aujourd’hui que ces comédiens avaient un air déguisé !

Vous me direz que ma réaction n’a rien d’étonnant, mon œil s’étant habitué à eux dans leurs tenues d’époque. C’est exact. Vous pourriez aussi me dire que tout habillement est déguisement. Ce n’est pas faux. Mais, alors, pourquoi se déguiser laid quand on peut se déguiser  beau ?

… J’ai terminé ma soirée en recherchant des images d’un personnage qui traversa la saison 2 et dont je garde un souvenir attendri. Il s’agit de Miss Lavinia Catherine Swire, la fiancée de Matthew Crawley, jouée par Zoe Boyle.

 

zoe-boyle.jpg

 

Adorable ! Pareil miracle rendent bien dérisoires les conjectures sur l’habillement-déguisement ! Quel que soit… disons, son déguisement, Lavinia-Zoe Boyle est à croquer.

… Et, rejoignant mon lit, je me disais que, pas déguisée du tout, elle le serait bien davantage (1).

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1. Sur le sujet, lisez ce billet du Paradigme de l'élégance

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 07:14

Enfin ! François Hollande s’est décidé à recourir aux services d’un tailleur ! Le 15 septembre, face à Claire Chazal, il arborait, pour citer le journaliste Dominique Jamet, « sa veste de président, celle qui ne fait pas de plis, sa cravate de président, celle qui tombe droit, sa chemise de président, immaculée, ses souliers vernis de président, ses ongles manucurés et ses cheveux aile de corbeau présidentiels. »

Ca ne pouvait plus durer. Sous la pression des kilos surnuméraires, les coutures des vestes criaient grâce, les fentes arrière bâillaient large et de méchants plis cisaillaient la taille.

Par la magie du coup de ciseau d’un tailleur, tout cela – pfuit ! – a disparu. Tout, non, pas les kilos surnuméraires, mais, au moins, ne poussent-ils plus partout sous l'étoffe; ils sont maintenant dissimulés sous elle – un peu comme la poussière peut l'être sous le tapis.

Sans doute faut-il voir dans cet appréciable changement vestimentaire l’influence de Claude Sérillon, le conseiller en communication élyséen, dont on se souvient des mises soignées quand il présentait, dans les années 80, le journal télévisé de la 2 : costumes bien coupés, chemises à col anglais, pochettes chamarrées.

Avant-hier, à l’Onu, François Hollande avait revêtu son même beau costume. Un an plus tôt, presque jour pour jour, il était monté à la même tribune dans sa tenue première manière, celle de président « normal » ; la comparaison des clichés se passe de commentaire.

 

hollande-onu-un.jpg                                                                        Onu, septembre 2012  

hollande-onu-deux-def.jpg

Onu, septembre 2013

 

Ainsi donc, il aura fallu attendre plus d’un an pour que François Hollande consente à revêtir un costume digne de sa fonction. Jusqu’alors, il pensait pouvoir s’en passer. Ses efforts pour paraître président, il les avait mis dans son phrasé et sa gestuelle : des phrases bizarrement segmentées, heurtées, hachées, accompagnées de non moins bizarres micro branlements de tête – interprétation personnelle d’une influence mitterrandienne plus ou moins bien digérée.

Maintenant à l’aise dans son costume, François Hollande va pouvoir se décontracter. On le lui souhaite et on nous le souhaite : à la longue, le spectacle de son self-control présidentiel – artificiel et mécanique – est bien pénible à supporter. Un progrès en entraîne souvent d’autres. Après le changement de costume, nous assisterons peut-être à l’abandon des lunettes de chef de rayon de supermarché et de la teinture noir de jais de dirigeant coréen. Quant aux kilos surnuméraires, ils doivent nous inquiéter davantage. François Hollande n’avait-il pas confié en octobre 2010 que, s’il avait fondu, « ce n’était pas par coquetterie ou souci d’apparence » mais « pour être en harmonie avec (lui)-même »  (Gala) ?

 

francois-hollande-amaigri.jpg                                                                       En 2010 

S’il disait vrai alors (ce que nous ne sommes pas du tout obligés de croire), il nous faudrait hélas conclure que François Hollande va mal. Très mal.

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 07:11

Se méfier des tenues bâtardes – pas franches. Des tenues qui hésitent entre l’« habillé » et le loisir, le formel et l’informel.

J’ai parlé une autre fois du blazer – un vêtement qu’on a tort, à mon sens, de tirer vers l’ « habillé ». Je voudrais dire aujourd’hui quelques mots d’une autre pièce du vestiaire entrant dans la catégorie des tenues de compromis : la veste de sport grise, qu’elle soit  unie, pied-de-poule, à chevrons… Sur le chemin qui conduit du costume à la veste de sport véritable, donc aux tons automnaux, on la situera après le blazer. Ses partisans, en quête d’un « décontracté chic », réservent son usage à la ville, ce qui explique qu’ils l’accompagnent généralement d’une chemise blanche, d’un pantalon de flanelle anthracite et de chaussures noires. Parfois, le pantalon est en velours. Souvent, les chaussures sont des mocassins ou, plus rarement, des chaussures à boucle(s). Une première aberration (veste de sport grise, ça ressemble à un oxymore) en entraîne, pour ainsi dire… logiquement, d’autres : le velours anthracite, le mocassin ou la chaussure à boucle(s) noire…

Yves Montand affectionnait ce genre de tenue. Son recours à une casquette grise et à des chemises à poignets mousquetaire achevait de brouiller les pistes…


yves-montand.jpgYves Montand

 

Procéder de la sorte, c’est prendre le problème à l’envers. Car la veste de sport grise n’est acceptable que si on la décontracte à l’aide, par exemple, d’une chemise bleue ou rose (buttown down conseillé), d’une cravate de tricot, de chaussures en veau velours brunes…

Lino Ventura, un autre de ses adeptes célèbres, l’avait en partie compris. Ainsi, dans Garde à vue, cet acteur qui s’habillait à l’écran comme à la ville (il ne tourna qu’un film en costume d'époque, Les Misérables) fait aller une veste de sport grise (1) avec une chemise bleue et une cravate tricotée de même couleur. Mais – aïe ! -, les chaussures sont noires !


lino-ventura-garde-a-vue.jpgLino Ventura, Garde à vue

 

Je l’ai dit : la veste de sport grise peut, sous certaines conditions, être acceptable. Mais je n’irai sûrement pas jusqu’à en recommander l’usage. Vous devez porter une tenue « formelle » ? Optez pour un costume sombre, gris ou bleu. Vous pouvez vous permettre d’être décontracté ? Adoptez une veste de sport,  marron ou rouille…  Même en ville. Mais pourquoi, me direz-vous, pas de solution intermédiaire ou de demi-mesure ?

Parce que, comme le rappelait Musset, « il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ».

CQFD.

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1. Les amateurs reconnaîtront aux épaules la « patte » Cifonelli. Une veste Cifonelli quand on est censé incarner un simple inspecteur de police, est-ce bien vraisemblable ?

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 06:26

Pendant un mois, je me suis entièrement déconnecté. La chose ne m’a pas été difficile puisque, connecté, je ne le suis que très peu le restant de l’année. Pas de téléphone portable, une connaissance limitée de l’outil informatique (pour la marche de mon blog, je me contente de suivre les indications de mon fils, soigneusement notées, à mesure qu’il me les a délivrées, dans un petit carnet), pas d’iPad et ne connaissant cet objet que de nom. 

L’homme des bois qu’est le Chouan possède tout de même une télévision. Entre autres rôles essentiels, celle-ci me permet de me tenir au courant de la mode.

A ce propos, quand, à mon retour de vacances, j’ai rallumé mon poste, une chose m’a frappé – c’est le nombre de journalistes arborant des cravates ultra-étroites. Elles sont le plus souvent sombres, comme les costumes qui les accompagnent. J’ai noté encore une bizarrerie que mes lecteurs parisiens les plus pointus m’expliqueront peut-être : la double boutonnière, percée dans un minuscule revers.

 

dior-homme.jpg 

La cravate ruban n’est pas une nouveauté. Dans les années 6O, elle était déjà à la mode, contrastant avec les larges carrures des vestes. Dans les années 70, on fit le contraire : carrure étriquée, cravate « pelle à tarte » (… et revers de veste à l’avenant !) Dans les années 80, une certaine cohérence s’introduisit, en ce sens que cravate et veste étaient raccord : larges toutes deux. Et puis vint Slimane qui, chez Dior, imposa une cohérence inverse de la précédente – le total look étriqué.

Chaque nouvelle mode s’impose en s’opposant. Elle emprunte au passé des éléments qu’elle transforme plus ou moins et qu’elle replace dans un environnement différent.

Comment expliquer le succès durable de la peu seyante ligne Slimane qui semble avoir été inspirée par Bourvil du temps de sa période « paysan niais » ?

 

bourvil-copie-1.jpg  L'inspirateur (1)

 

 

slimane.jpg

     L'imitateur

 

Ce triomphe vestimentaire du mini peut étonner au moment où, partout ailleurs, la tendance serait plutôt au XXL. Voyez, par exemple, le nombre d’émissions TV et radios (… oui, je possède un transistor !) qui utilisent l’adjectif « grand » dans leurs titres : « Le Grand journal » (Canal plus), « Le Grand Jury » (RTL), « Le Grand décryptage » (i-Télé), « Les Grandes voix » (Europe 1), etc ; les architectes d’intérieur n’ont que le mot « espace » à la bouche ; les jeunes gens ne sont pas en reste qui ponctuent toutes leurs phrases de « trop »…  

Mais mon étonnement ne résiste pas trente secondes à un examen critique : les médias jouent leur rôle en nous faisant prendre les vessies pour des lanternes ; les architectes d’intérieur font leur métier en nous laissant croire que l’Amérique loge dans notre living-room ; l’on ne saurait reprocher aux jeunes de remuer dans leur petit verre l’eau plate de leur petite vie dans l’espoir qu’elle fasse des bulles.

En vérité, la ligne Slimane colle parfaitement à un certain type d’homme de notre temps – dévirilisé, infantile, étriqué… et aussi triste qu’une télé en noir et blanc.

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1. Une photo en pied serait plus parlante, mais je n'en ai pas trouvé. 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 06:45

J’aime beaucoup, dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles, les chroniques de Camille Pascal. Elles sont toujours bien écrites, pleines de curiosité, d’aperçus originaux et de culture. Voici deux semaines, il nous conviait, en terres normandes, à un « pèlerinage aurevillien ». Une autre fois, il nous confia son peu de goût pour le voyage – ce rite du « grand déplacement » auquel se croient obligés de succomber nos contemporains. Camille Pascal est, on le voit, un esprit libre.

La chronique de cette semaine a pour thème un sujet qui justifie que j’en parle ici, puisqu’il s’agit de la mode du « pantalon rouge ».

 

pantalon-rouge-wicket.jpgPantalon rouge Wicket

 

Camille Pascal écrit : « L’élégance masculine est en train d’échapper au diktat du costume gris toujours recommencé qu’imposaient depuis bientôt trente ans une poignée d’anciens trotskystes reconvertis dans la pub et la télé. » Il remarque que « le pantalon de couleur s’est beaucoup porté dans les interminables défilés des manifestations du printemps (…) Les couleurs éclatantes arborées par de jeunes pères de famille tranchaient avec l’uniforme obscur de ces nouveaux dévots qui prêchaient le dogme et les vertus de l’obéissance sur tous les plateaux de télévision. »

La France bien élevée ne s’habille pas en noir !  

La police s’est passablement ridiculisée en verbalisant des porteurs du sweat LMPT. Que pouvait-elle contre des porteurs de pantalons rouges ?

Mais ne rouvrons pas le débat : le rouge des pantalons était assez éclatant pour qu’on n’ait pas besoin d’en remettre une couche !

 

Valeurs actuelles, n° 4006.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 06:59

Le 13 octobre 1963 disparaissait - ou feignait de disparaître - Jean Cocteau: "Mes amis, faites semblant de pleurer car je fais semblant de mourir". Jean Cocteau n'est donc pas mort ! Espérons qu'à l'occasion de cette date anniversaire les médias nous le rappellent de toutes les manières possibles.


       jean-cocteau-habille-nu.jpgLe poète habillé et nu. "La Vie est une", vers 1926

 

La mise de Cocteau a-t-elle fait l’objet d’une étude ? Je l'ignore. Si tel n'était pas le cas, il serait souhaitable qu'un étudiant en stylisme ou qu'un historien de la mode répare l'oubli. Car le sujet le mérite.

Cocteau n'aimait pas son physique : « Je n'ai jamais eu un beau visage. La jeunesse me tenait lieu de beauté. L'ossature est bonne. Les chairs s'organisent mal dessus (1). » Un visage grand et maigre ; un profil de chapeau chinois ; des dents mal plantées ; pas de lèvres : Cocteau, c'est vrai, n'était pas beau.


jean-cocteau-profil-anguleu.jpgJean Cocteau. Martinié    

 

Mais il n'était pas laid. Plutôt ingrat. Il n'eut de cesse en tout cas de tenter de s'améliorer. Tous les moyens lui furent bons - naturels et artificiels. L'été, c'est le bronzage. Il veut ressembler à « un peau rouge ». En 1919, il écrit dans Carte blanche : « Connaissez-vous les bains de soleil ? Le soleil est un charlatan sur un carrosse d'or. » Un charlatan responsable des maladies de peau qui, bien des années plus tard, le feront affreusement souffrir.


jean-cocteau-soleil.jpgAu Piquey (Arcachon) vers 1917. Anonyme    

 

Autre moyen : le maquillage. Le jeune Cocteau croit s'embellir en se fardant comme une jeune fille. Un jour, Robert de Montesquiou, auquel il tente de se faire présenter, décoche cette pique : « Mais je la connais, c'est la Pavlova ! » La soeur de Nijinski raconte que son frère « était presque toujours accompagné d'un jeune homme de son âge et de sa taille, très mince, avec des joues creuses et fardées. » Elle ajoute : « (...) il rehaussait son teint par du rouge à lèvres. Je trouvais une minute pour demander à Vaslav qui c'était.
- C'est un jeune poète plein de talent.
- Pourquoi se maquille-t-il ?
- C'est parisien. Il me conseille de faire pareil..., de me farder les joues et les lèvres. C'est le poète Jean Cocteau. »

Jean Cocteau fréquenta toute sa vie les meilleures maisons. Question d'éducation. Enfant, sa mère l'habillait chez Old England. Plus tard, elle lui commanda ses costumes chez Charvet et quand, en 1915, il gagne le front à titre d'ambulancier civil, son uniforme était signé Paul Poiret !


jean-cocteau-fusillier-mari.jpg

 

Beaucoup plus tard, il fut client d'André Bardot, l'un des tailleurs du fameux groupe des Cinq. Quand on cherche à tirer parti d'un physique qu'on supporte mal, la solution la plus sage et la plus efficace consiste, en effet, à s'offrir les services d'un très bon tailleur. Et puis, c'est moins dangereux que le bronzage et de bien meilleur goût que le maquillage !

Cocteau était irrésistiblement attiré par les noms qui brillent. Il recherchait la compagnie des comtesses et des duchesses, des comédiennes et des chanteuses. Son snobisme se manifestait aussi dans sa fascination pour les enseignes de luxe. Bien avant Serge Gainsbourg ou Alain Souchon, il usa du « name dropping » en vers :

« Voici Guerlain, ce détrousseur de plates-bandes,
Cartier qui fait venir, magicien subtil,
De la lune en morceaux sur du soleil en fil,
Et puis Charvet où l'arc-en-ciel prend ses idées ! »,

écrivit-il, à l'âge de 21 ans, dans Le Prince frivole.

Snob, Cocteau suivit, bien sûr, des modes. S’il se farda, c’était – on l’a dit : il l’a confié à Nijinski qui l’a répété à sa soeur – parce que ça se faisait à Paris. Lui-même ne fut à l’origine d’aucune mode. On ne l’imita guère. Pour cela, on ne saurait comparer son influence avec celle d’un duc de Windsor, d’un Fred Astaire ou d’un Gianni Agnelli, dont certaines trouvailles de style ont encore cours aujourd’hui – voir le nœud Windsor (2), la cravate en guise de ceinture d’Astaire, la montre fixée sur la manchette d’Agnelli. Mettons tout de même au crédit de Cocteau les manches retroussées – dont Arnys s’inspira pour sa Forestière – et la bague Trinity, qu’il conçut et dessina et dont il passa commande à Cartier (3).


jean-cocteau-trinity.jpgAvec deux Trinity glissées à l'auriculaire

 

S’il inventa peu, Cocteau sut, en revanche, formidablement s’approprier et adapter. Sa machine à capter l’air du temps était d’une précision diabolique. Du temps qu'il habitait la rue d’Anjou, ses cravates Baudelaire en satin blanc étaient la copie de celles de son ami Reginald Bridgeman, qui travaillait à l’ambassade d’Angleterre située à cent mètres de chez lui, mais il les portait avec des chemises dont il dessinait lui-même les cols. Farid Chenoune nous apprend qu’ « il emprunta (le Duffle coat) aux étudiants des cafés enfumés du Quartier latin pour l’introduire, en laine blanche, jusque dans les premières de l’opéra (4). » De même, il combina costume et canadienne, ce vêtement emblématique des années 40-50, adopté par les ouvriers et par les intellectuels – Jean-Paul Sartre en tête –, ceux-ci soucieux de prouver leur solidarité avec ceux-là.


jean-cocteau-canadienne.jpgAvec le poète Pierre Reverdy et Picasso en 1944. Anonyme

 

Le blouson de daim est à la mode ? Lui va plus loin en accompagnant le sien d’un pantalon coupé dans la même peau.


jean-cocteau-daim.jpg

 

Le mocassin envahit les rues ? Il en acquiert plusieurs paires chez Franceschini, le bottier des rois et des reines (on est snob ou on ne l'est pas !), qu'il met avec des tenues habillées… L'été, il enfile des sandales tropéziennes K.Jacques, passées dès les années 30 des pieds des pêcheurs du port à ceux des artistes habitués du lieu, avec sa fameuse veste chemise et un pantalon de toile ou – tentative plus audacieuse – de cuir.


jean-cocteau-cuir-sandales.jpg

 

Le chandail fut une découverte des années 30. « Aujourd'hui, les vrais snobs sont en chandail », s'exclama Morand. Cocteau en fit très vite une des pièces maîtresses de sa garde-robe. Ici, un gilet se superpose au pull-over…


jean-cocteau-gilet-pull-copie-1.jpgSur le tournage de L'Eternel retour, en 1944, G.R.Aldo

 

Là, un pull Jacquard est glissé sous le veston.


jean-cocteau-pull-jacquard-.jpg

 

Le pull Jacquard nous amène à dire un mot des motifs dont l’utilisation délicate agita le petit monde des élégants dès les années 20, le prince de Galles en tête. Dans ce domaine, Cocteau osa beaucoup. Ses dons graphiques pouvaient s’exprimer à plein.


jean-cocteau-gants-de-laine.jpgPar Man Ray, 1924


jean-cocteau-bottes-de-lain.jpgVers 1930. Cliché Jean Roubier. Coll. J.C Planchet


jean-cocteau-motifs.jpgPar Irving Penn, 1950    

 

Son snobisme empêche qu'on le classe dans la catégorie des dandies. Le dandy méprise le snob. Il ne suit pas la mode, il la crée. Il ne se laisse pas intimider par les grands; il les mène à la baguette, ou à la badine, comme Brummell avec George IV. L'ironie rapproche Cocteau du dandy. Mais l'ironie de Cocteau était souvent cruelle - sinon méchante - quand celle du dandy n'est jamais qu'orgueilleuse. Cocteau récusa du reste pour lui-même le vocable. Mais s’il se méfiait de l’image du dandy, c’était pour une autre raison : « (…) tête froide et main froide. Je conseille aux navires d’éviter cet insolent iceberg. » Le nil mirari n’était pas fait pour lui.

Les choses sont toujours plus complexes qu’elles ne semblent. Le même Cocteau qui conseillait de ne pas succomber à la tentation du dandysme cisela des maximes qu’on dirait inspirées de Beau Brummell. Par exemple : « L’invisibilité me semble être la condition de l’élégance. L’élégance cesse si on la remarque. » Ou encore : « Tout effort visible manque de style. Notre travail (doit) toujours effacer notre travail et n’afficher jamais la grimace dénonciatrice des efforts qu’il nous coûte. »

Cocteau eut une manière bien à lui de soumettre son apparence à ses désirs, fantaisies et caprices. Puisque le physique dont la nature l’avait doté ne lui plaisait pas, il feignit d’en être le maître. Il mit en avant ses atouts ou ses singularités. Ainsi fit-il de ses très longues mains ou de son profil aiguisé matière à clichés.


jean-cocteau-mains.jpg

 

Il imposa à ses cheveux rebelles un brushing ravageur qui finit par le faire ressembler à son amie Colette, sa voisine du Palais-Royal, l’un et l’autre recourant aux services du même coiffeur. On eût aimé qu’en la circonstance Cocteau se conformât à sa définition du tact : savoir jusqu’où aller trop loin


cocteau-colette.jpg

 

Par parenthèse, il y aurait beaucoup à dire sur la relation contrariée qu’il entretint avec ses cheveux. Ceux-ci, d’abord sagement plaqués et ordonnés par une raie sur le côté.


jean-cocteau-1911-copie-1.jpgVers 1911 Anonyme

 

Puis l’essai d’une mèche.


jean-cocteau-meche.jpg


Puis la raie au milieu.


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Puis les cheveux bouffants, et finissant par atteindre une hauteur record.


jean-cocteau-cheveux.jpgVers 1937

 

Puis les cheveux teints. Puis, dans Le Testament d'Orphée, l’utilisation d’un postiche qui déséquilibrait le visage :


jean-cocteau-orphe.jpg

 

Ajoutons le recours à de multiples lotions, parmi lesquelles une eau miracle dont la recette avait été l’un des secrets de l’impératrice Eugénie : on ne se refait pas…

Du jeune homme précieux peint par Jacques Emile Blanche et qui semble tout droit sorti de l’univers de Proust...


jean-cocteau-je-blanche.jpgEn 1913

 

… à, par exemple, ce monsieur arborant cuir et sandales représenté plus haut et que flasherait, à coup sûr, s’il le rencontrait dans la rue aujourd’hui, The Sartorialist, quel chemin parcouru ! On peut certes trouver des images montrant un Cocteau classiquement mis, la perfection des coupes suffisant, pour l’œil averti, à faire la différence.


jean-cocteau-classique.jpgSource : l'INA


Mais le plus intéressant est ailleurs. Il est dans cette recherche constante de la décontraction. En cela, son exemple est emblématique d’une des quêtes essentielles du costume masculin au XXe siècle. Sa pratique quasi systématique du décalage et du détournement en font même notre contemporain. Lui-même disait : « Lorsqu'une oeuvre semble en avance sur son époque, c'est simplement que son époque est en retard sur elle.»

Notons toutefois que sa décontraction n’oubliait jamais (ou presque jamais…) d’être chic - ce dont témoigne sa fidélité à la cravate - et qu’il prit toujours soin (enfin, presque toujours…) de soumettre ses audaces aux exigences supérieures de l’esthétisme.


jean-cocteau-salopette.jpgSalopette... et cravate ! 1952. Photo P.A Constantin

 

Un jour, Cocteau décida de désigner toutes ses activités du seul nom de poésie. « Poésie-poésie ; critique-poésie ; poésie de théâtre ; poésie cinématographique »… Cette façon de faire avait un avantage : elle donnait une cohérence à une œuvre passablement disparate. Cocteau – virtuose du violon d’Ingres – avait peut-être trop de dons pour avoir du génie. Appliquée à notre sujet, cette désignation générique garde-t-elle quelque pertinence ? Je crois que oui : à sa manière, Cocteau fut un poète de l’apparence. Sa poésie en ce domaine eut les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans tous les autres : brillante et souvent séduisante, mais aussi artificielle et, à mon goût, trop soucieuse d’effet (5).

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1. La Difficulté d'être.
2. Il n'y eut pas - si j'ose dire - de noeud Cocteau ...
3. Cocteau offrira une Trinity à son ami Raymond Radiguet.
4. Des modes et des hommes, Farid Chenoune, Flammarion.
5. Parmi mes sources, le Cocteau de Monique Lange, J.C. Lattès, et le superbe catalogue de l'exposition "Jean Cocteau, sur le fil du siècle", Centre Pompidou.

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 06:48

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FERMETURE POUR CAUSE DE CONGES ANNUELS.

REOUVERTURE DEBUT SEPTEMBRE.

Bonnes vacances !

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13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 06:56

 

Dimanche 14 juillet passe à 22 h 45 sur la 8e chaîne Meurtre au soleil de Guy Hamilton.


meurtre-au-soleil.jpg

 

Cette transposition cinématographique du livre d’Agatha Christie (Les Vacances d'Hercule Poirot) n’est pas un chef-d’œuvre. Au moins vaut-elle pour les costumes, signés Anthony Powell. Costumes des hommes et des femmes. Un festival années 30 ! Je vous laisse apprécier.

Le personnage du capitaine Kenneth Marshall, joué par Denis Quilley, mérite une attention particulière. Chacune de ses tenues (et elles sont nombreuses !) semble tout droit sortie du magazine Apparel Arts ! A le voir, l’expression « gravure de mode » prend tout son sens.

C’est Peter Ustinov qui incarne Poirot. Ses tenues et son jeu sont à mon avis moins intéressants que ceux de David Suchet dans les transpositions plus récentes de la BBC. Julien Scavini avait écrit un billet sur cette série de qualité.

Diana Rigg est, en revanche, remarquable dans son rôle D’Arlena Stuart Marshall. Une peste qui a du chien !

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 06:38

Je vous l’avais promise – la voici : ma galerie des « barbus magnifiques ». Une galerie anachronique. La barbe s’accommode mal de nos tenues actuelles : tee shirt, jean, sneakers, parka… Elle aime les tweeds épais, les feutres à larges bords, les foulards et les lavallières…

Quand fleurissaient les barbus, il importait peu aux hommes de paraître plus jeunes.

Paraître plus jeune : une obsession contemporaine à laquelle les « progrès » de la cosmétique, les « avancées » de la médecine esthétique, les « miracles » de la chirurgie du même nom ont donné du crédit.

« Vous ne faites pas votre âge ! »  Tout homme de plus de cinquante ans prend cette remarque pour un compliment auquel il se croit obligé de répondre par un stupide « Merci ».

Ceux qui osent aujourd’hui la barbe  - la vraie ! - me plaisent car ils sont des signes de contradiction. Ils passent outre un des plus insupportables diktats du temps. Ils puisent leurs raisons ailleurs – et avant – et gardent ces raisons dans le secret d’eux-mêmes.

La vie n’est pas bien faite. Regardez-moi. Bien que chauve, je parais moins que mon âge. C’est un comble. Mais, grâce à ma barbe, mon âge apparent a fini par coïncider avec mon âge réel. Que le premier vienne à dépasser le second et j’en serais ravi. Vous pensez que je provoque ? Vous avez raison. Par temps plat(s), l'anticonformisme relève, pour les âmes généreuses, de l’exercice de survie.

 

"La barbe ça garde l’influx, le jus créateur ; tous les sportifs, tous les artistes vous le diront.
Et, plus on est mal rasé, plus on fait dégueulasse à la Gainsbourg, plus c’est le pied pour jouer au ballon ou pour tenir un pinceau.
J’ai des amis peintres qui, à force de se la laisser pousser, se sentent du génie comme Victor Hugo !
Et si on la leur coupait c’est comme si on les châtrait, comme si on les leur coupait
les poils de leur pinceau !
Moi, si je suis un mauvais poète, c’est parce que j’ai les joues toujours rasées comme un cul de bébé."

                                                                                                        Jean l'Anselme

 

Victor Hugo (1802 - 1885)

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Giuseppe Verdi (1813 - 1901)

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Gustave Courbet (1819 - 1877)

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Herman Melville (1819 - 1891)

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Jules Verne (1828 - 1905)

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Elisée Reclus (1830 - 1905)

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Léon Gambetta (1838 - 1882)

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Piotr LLitch Tchaïkovsky (1840 - 1893)

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Sigmund Freud (1856 - 1939)

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George V (1865 - 1936)

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Jean-Baptiste Charcot (1867 - 1936)

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Nicolas II de Russie (1868 - 1918)

nicolas-II-de-Russie-copie-1.jpg

 

Kees Van Dongen (1877 - 1968)

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Ernest Hemingway (1899 - 1961)

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Prince de Kent (né en 1942)

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