Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 07:09

Si j’étais sociologue, j’enquêterais volontiers sur l’infantilisation de notre société. Les marques en sont nombreuses. Je pense au langage régressif qui, étrangement, semble ne gêner ni celui qui en use, ni celui qui le reçoit. Ainsi un homme mûr qui ne fait pas partie de vos intimes ne vous parlera pas de sa mère et de son père, mais de son papa et de sa maman. Les conversations téléphoniques se terminent invariablement par un « bisous » - souvent redoublé – transgénérationnel. Pour désigner les puérilités de langage, les linguistes ont recours à un mot très savant : hypocoristique. La syntaxe aussi retombe en enfance. « Jacques a dit » est devenu « Jacques il a dit » - et si Jacques a parlé trop bas pour être entendu, on ne lui demandera « ce » qu’il a dit mais « qu’est-ce » qu’il a dit…

Otez le savoir-vivre et les relations entre adultes se rapprochent de celles des enfants dans une cour d’école. L’oubli de l’autre est pardonnable quand il est le fait d’un enfant ou, même, d’un ado – l’un et l’autre n’étant pas, par définition, « finis » -, mais pas d’un adulte. Pourtant, combien d’adultes nous imposent de bruyantes communications téléphoniques dans des lieux publics ou nous brûlent la priorité dans des situations qui n’ont pas seulement à voir avec la circulation routière ?

On se salue de moins en moins. Les « bonjour », « bonsoir » ne sont plus suivis d’un « Madame » ou d’un « Monsieur » qui rappellerait un statut de grandes personnes. On se tutoie de plus en plus. Sur les plateaux de télévision, même dans les émissions sérieuses de débats politiques, le prénom a tendance à remplacer le patronyme entier. Dans C’est dans l’air, par exemple, les commentateurs attitrés se donnent du Roland (Cayrol), du Christophe (Barbier), du Dominique (Reynié), du Raphaëlle (Bacqué)…. Les hommes et femmes politiques ne sont pas en reste : Eva (Joly) parle de Cécile (Duflot) ; Martine (Aubry) de Ségolène (Royal)…

Le mauvais exemple vient d'en haut. Dans un récent Parole de candidat (TF1), Nicolas Sarkozy s’évertuait à appeler par leur prénom les Français chargés de lui poser des questions. Et nous gardons tous en mémoire le même nous confiant, comme un ado amoureux pourrait le faire à son meilleur copain, « Avec Carla, c’est du sérieux ». Suave… On n’accepte pas que l’âge soit synonyme de limitation des désirs. Le taux de divorces augmente fortement chez les seniors. Il n’est plus rare que des hommes soient pères à 55 ans passés et des femmes mères à plus de 40 ans. L’exemple, je l’ai dit, vient de haut…

La société materne les grands enfants que nous sommes devenus. « Boire et fumer tuent » ; « Soyez prudents sur les routes » ; « Trop manger, c’est risquer l’obésité » ; « Spectateurs du Tour de France, ne vous approchez pas trop près des coureurs ».

Le vêtement n’est pas épargné par ce phénomène d’infantilisation galopante. Rapide passage de revue. Les retraités se coiffent d’une casquette de joueur de base-ball. Quand il fait froid, les trentenaires – et plus – enfoncent sur leur crâne le bonnet de leur enfance. Le tee-shirt a supplanté la chemise, la "basket", l’ancien soulier de cuir. Il y a longtemps que, l’été, la culotte courte n’est plus réservée aux enfants. Faites l’expérience suivante : repérez dans la rue les hommes de – disons – 27 à 77 ans ; observez leur habillement ; vous constaterez qu’ils sont vêtus comme des gamins de 15-16 ans. Fini, le costume, la cravate, le chapeau… signes autrefois caractéristiques d’une silhouette d’homme. Les fils, alors, étaient fiers quand, dans certaines occasions solennelles, on les habillait comme papa, c’est-à-dire d’un petit costume agrémenté d’une petite cravate ou d’un petit nœud papillon. Les enfants ressemblaient à de petits hommes, et c’était charmant. Les hommes d’aujourd’hui ont l’air de vieux adolescents, et c’est pathétique.


chouan-noeud-pap.jpgLe Chouan et son premier noeud pap...

 

Hélas ! S’habiller jeune, loin d’effacer les ravages du temps, met ceux-ci en relief. Le tee-shirt exhibe les mentons triplés ; la culotte courte dévoile les vieilles jambes aux muscles avachis… Combien d’hommes, passé cinquante ans, peuvent encore se permettre de porter un jean sans craindre le ridicule ?

La mode traduit à sa manière le jeunisme ambiant. Souvenez-vous de Slimane qui, pour citer notre ami Philippe Booch, a transformé les hommes « en bambins asexués condamnés à porter des habits de communiant d’un cousin plus petit » - ou encore de Thom Browne, qui – je cite encore l’ami Booch – « en plus du concept " j’ai dévalisé le rayon 12 ans ", a surenchéri avec " les grandes marées, c’est chouette, allons à la pêche aux moules " ».


slimane.jpgHedi Slimane


slimane3.jpgThom Browne, à gauche

 

« Halte au jeunisme ! » titrait, dans Le Monde du 19 janvier 2012, Joël Morio chargé de rendre compte des défilés Prêt-à-porter hommes automne-hiver 2012-2013. « C’est une salle de classe, écrivait Morio, qui servait de décor au défilé Dsquared. Les mannequins n’ont pas été trop dépaysés en montant sur le podium. Lorsqu’on les voit de près, sans maquillage, on s’aperçoit que la plupart de ces jeunes gens sont encore glabres et ont à peine l’âge de passer le bac (…) Comme dans la mode féminine, où des adolescentes commencent leur carrière à 16 ans, le jeunisme touche aussi les hommes. »


Dsquared2-m-RF12-0013.jpgDéfilé Dsquared, automne-hiver 2012-2013

 

Brouillage des classes, des valeurs, des cultures, des sexes… L’indifférenciation cerne l’homme moderne. D’aucuns s’en accommodent ; certains, même, s’en réjouissent. D’autres s’en inquiètent, qui savent ce qu’on a détruit et cherchent en vain les bienfaits de la situation nouvelle. L’appauvrissement du vestiaire masculin – tiré vers le bas, c’est-à-dire vers l’enfance – peut être lu comme une réduction de l’expérience de la vie. Le vêtement n’accompagne plus le passage d’un âge ou un autre. Il était rite, témoin, gage d’une aventure commune. En cela, il rassurait. Nous avons gagné en illusions ce que nous avons perdu en sagesse.

Quant à la beauté, elle ne reconnaît plus ses petits

Repost 0
Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
commenter cet article
16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 07:15

Françoise Héritier, anthropologue de renom, s’est récemment fait remarquer par sa réaction aux propos polémiques de Claude Guéant sur les civilisations.

Court rappel des faits.

« Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas », avait affirmé le ministre de l’Intérieur. Et Françoise Héritier de répliquer dans Le Monde : « Aussi curieux qu’il y paraisse, Monsieur Guéant est relativiste. Le relativisme consiste (…) à poser en pétition de principe que toutes les cultures sont des blocs autonomes, irréductibles les uns aux autres, si radicalement différents qu’ils ne peuvent pas être comparés entre eux (1) ».

Curieuse, en effet, cette inversion de sens – à moins que ce ne soit une marque d’humour ou une provocation… Mais, ignorant de ces choses, je me garderai bien de conclure.

Cette sortie m’a rappelé un autre texte du Monde dans lequel la même Françoise Héritier faisait l’éloge de Claude Lévi-Strauss, son maître, auquel elle a succédé au Collège de France. J’ai retrouvé l’article dans mes archives. J’en prélève ces lignes où elle parle de l’attention que Claude Lévi-Strauss portait à sa toilette : « Lévi-Strauss était soucieux de son apparence et de sa vêture. Il a longtemps porté, en guise de cravate, un cordon noué autour du col de sa chemise, signe d’une extravagance certes limitée, mais revendiquée.

 

claude-levi-strauss.jpgClaude Lévi-Strauss et sa cravate Bola, Le Magazine littéraire

 

Un jour, lors d’une des assemblées d’enseignants, à la pause, un de nos collègues (…), assis dans le fond de la salle, a la surprise de voir Lévi-Strauss venir directement à lui (…) dans quel but ? A sa grande surprise, il venait tout simplement lui demander l’adresse d’Hollington, le tailleur pour hommes de la rue Racine, dont il aimait lui aussi le style des vêtements, le col rond autour du cou, la coupe ample, les multiples poches. Ainsi donc, Lévi-Strauss se voulait élégant (2) ».

Hollington, gage d’élégance ? Par où l’on voit que l’élégance aussi est une notion relative…

Patrick Hollington se fit connaître, avec son compère Michel Schreiber, dans les années 60. Dans son livre Des modes et des hommes, Farid Chenoune raconte qu’« il y eut, entre 1965 et 1970, un snobisme "Schreiber-Hollington" au vernis d’avant-garde et de gauchisme, recrutant essentiellement parmi la bourgeoisie contestataire, convaincue, à l’instar du Nouvel Observateur, d’avoir trouvé chez eux "le costard le plus intelligent de l’époque" (3). » 
 

hollington-et-schreiber.jpgHollington (à gauche) et Schreiber, début des années 70

 

« Dans mon magasin parisien, explique Patrick Hollington sur la page de présentation de son site, j’accueille des architectes, des designers, des peintres et des acteurs, et même des politiciens. Et bientôt vous je l’espère. »

Moi ? Non merci. Il est vrai que je ne suis ni architecte, ni peintre, ni designer, ni acteur, et encore moins politicien …

Claude Lévi-Strauss était le chantre des particularismes. Voyez comment, dans cette extraordinaire vidéo-témoignage, il justifiait son entrée à l’Académie française par « le besoin des rituels qu’avait  toute société pour subsister et se perpétuer. »

L’habit vert versus le costume Hollington. Avec le recul, la tenue la plus anticonformiste n’est pas celle qu’on aurait cru.

Parce que tout est relatif.

_____________________________________________________________________________________________________________
1. Le Monde, 11 février 2012.

2. Le Monde, 10-11 octobre 2010.
3. Des modes et des hommes, Farid Chenoune, Flammarion, 1993.

Repost 0
Publié par Le Chouan - dans Personnalités
commenter cet article
13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 06:44

errol-flynn.jpgErrol Flynn en 1933 (Advertising Archives)


ralph-lauren--def.jpgRalph Lauren (photo : Bruce Weber)

Repost 0
Publié par Le Chouan
commenter cet article
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 06:09

Récemment, un lecteur m’a contacté pour savoir où l'on pouvait se procurer en PAP des pantalons amples et hauts de taille comme on en portait dans les années 30 à 50. Je lui ai conseillé de se diriger plutôt vers les tailleurs, n’étant tout de même pas bien certain que beaucoup de ces derniers acceptent facilement de satisfaire ce genre de demande…


cary-grant-randolph-scott.jpgCary Grant et Randolph Scott

 

Car l’ampleur a mauvaise presse. « Trop de tissu ! » assènent nos spécialistes sitôt qu’ils croient déceler un peu de vague à un pantalon, un rien de largeur artificielle à une carrure… Par spécialistes, j’entends bien sûr les stylistes et les créateurs, mais aussi mes amis blogueurs qui hésitent de moins en moins à se mettre en scène, comme s’il s’agissait pour eux de prouver que leurs propres pratiques collent à leurs conseils comme leurs vêtements à leur peau…

Aimer le serré, pourquoi pas ? Mais qu'on ne me dise pas que l'élégance oblige à cette solution. Pour tout dire, je ne suis pas loin de voir dans l’unanimité ambiante un simple effet de mode. Certaines propositions actuelles m’évoquent les années 70 : cintrages exagérés ; carrures riquiqui ; manches de veste trop courtes… Elles empruntent aussi à un passé plus lointain, ce qui ne me rassure pas davantage : vestes rase-pet et pantalons feu de plancher… Je laisse au sociologue le soin de dire ce que ce style minimaliste, qui résulte d’un montage d’influences hétéroclites, raconte de notre époque : manque d’inspiration ; fascination du chiche ; rejet d’une virilité assimilée au machisme ; suprématie du modèle teenager…

L’histoire du vêtement nous montre cependant que l’ampleur n’a pas toujours été perçue comme l’ennemie de l’élégance. Au contraire.

Dans les années 30, la silhouette en haricot laisse la place à une silhouette athlétique ; les épaules tombantes, dites en bouteille de Saint-Galmier, s’effacent au profit de carrures élargies, nettes, anguleuses.


maharadjah-d-indore.jpgDeauville, 1920. Le maharadjah d'Indore. Roger-Viollet.


C’est le triomphe du London cut, aussi appelé drape cut, porté à son point de perfection par le tailleur londonien Frederich Scholte. Si la carrure s’élargit, sur le modèle des uniformes militaires, elle excède rarement les limites du raisonnable. Un jour, Frederich Scholte refusa de satisfaire aux exigences de son plus prestigieux client, le prince de Galles, futur Edouard VIII, venu lui commander une veste aux épaules plus larges qu’à l’habitude.


london-cut.jpgLondon cut, James Sherwood

 

Le duc de Windsor aimait l’ampleur, l’opulence du tissu. Ainsi, passant outre le désir de sa femme, il ne  raccourcit jamais un manteau noir doublé de fourrure et à col d’Astrakan datant des années trente qui lui tombait jusqu’aux chevilles. Il disait : « Un pardessus court n’est que la moitié d’un manteau. » A méditer, aujourd’hui que les manteaux ne cachent plus les genoux.


duc-de-w-manteau-long.jpgLe duc de Windsor et son fameux manteau. Rex Features.

 

On sait aussi que cette icône de l’élégance, apôtre du confort, aimait porter de larges pantalons, à la façon américaine. A partir de la Seconde guerre, il fera d’ailleurs faire la plupart de ses pantalons à New York (chez H .Harris), au grand dam de Scholte qui les assimilait à des « sacs »…

Les années 30 imposent donc l’ampleur et cette domination sera durable. Le bold look, né en 1947 sous l’influence du zoo-suit, dessine une silhouette sur-virile que le cinéma – notamment le cinéma noir – des années 50 va populariser aux Etats-Unis et chez nous. Vestes longues ; épaules plus ou moins tombantes (selon les partis pris des faiseurs) ; pantalons juponnants ; costumes majoritairement croisés : tels sont les points forts de cette silhouette qui, dans mon esprit, est indissociable de la figure de Jean Gabin :


jean-gabin-annees-50.jpg

 

Malgré quelques accommodements (la veste droite supplante la veste croisée ; les revers s’étroitisent ; le pantalon rétrécit ; les épaules s’adoucissent…), la ligne des années 60 reste marquée par l’ampleur, comme on a pu récemment s’en rendre compte avec la série Mad Men :


mad-men.jpg

 

Ampleur encore à la fin des années 80 (non sans exagération) et durant une partie de la décennie suivante.

Je ne nie pas que la ligne très près du corps puisse engendrer des réussites. Ce fut le cas au début du XXe siècle. Ca l’est quelquefois aujourd’hui. Je ne crois pas que ce le fut dans les années 70.

Je dis seulement que, n’en déplaise à certains de nos donneurs de leçons actuels, l’ultra-cintré, l’étriqué, le trop court ne sont pas des principes intangibles d’élégance. Oui, un manteau droit peut valoir – et largement ! - un manteau cintré. Oui, un pantalon légèrement flottant peut contribuer à donner de l’allure. Oui, une carrure un rien appuyée peut corriger un déséquilibre naturel. L’ampleur en soi n’a rien de condamnable. Tout dépend de l’usage qu’on en fait. Tout est question de dosage et de doigté. Et puis, il y a ampleur et ampleur. Qui ne voit la différence entre les affreux costumes Boss des années 80 et les tenues que porte Ralph Lauren à la ville, subtils mix d’influences assimilées ?


hogo-boss-pub-80.jpgPublicité Hugo Boss, fin des années 80


ralph-lauren-prince-de-gall.jpgRalph Lauren. Source : Monsieur, n° 51.

 

Fred Astaire, Cary Grant, Gianni Agnelli… étaient du côté de l’ample. On peut trouver compagnonnage moins élégant.

Repost 0
Publié par Le Chouan - dans Coupe
commenter cet article
8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 06:54

gerard-depardieu-copie-2.jpgGérard Depardieu

Repost 0
Publié par Le Chouan
commenter cet article
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 06:05

Une chose m’étonne – c’est la façon dont les vêtements sont mis en valeur dans les vitrines, les magazines, les pubs… Ou plutôt : ne sont pas mis en valeur. Rares sont les vitrines qui remplissent leur fonction : attirer le client, le faire rêver et susciter en lui un désir d’achat. Le métier d’étalagiste a à voir avec celui de peintre ou de plasticien ; il oblige à jouer avec les lignes, à rechercher l’harmonie des couleurs, à réfléchir à la répartition des masses. Il oblige… Vœu pieux ! Pour une vitrine réussie, combien de vitrines bâclées, identiques dans leur banalité d’un magasin franchisé à l’autre ?

arnys-vitrine-def.jpgArnys : l'exception qui confirme la règle

Les photos des magazines et des pubs sont soumises à la chirurgie rarement esthétique de photoshop : étirement des silhouettes, saturation des couleurs, disparition des imperfections… Mais ça se voit ! Dans les magazines, on cherche souvent en vain ce à quoi renvoient les légendes : la montre se réduit à un bout de bracelet dépassant de la chemise ; un malencontreux cadrage escamote la moitié des souliers ; on ne distingue pas, dans l’ombre, la cravate…

Au contraire, les illustrations d’autrefois exaltaient l’élégance. Elles n’étaient pas mensongères puisque – à l’inverse de ce que fait l’infographiste aujourd’hui – l’artiste qui les composait ne transformait pas la réalité. Ce qu’il retouchait, c’était sa propre création, jusqu'à ce qu'elle soit fidèle à son rêve de perfection. Les amoureux de l’élégance aiment contempler ces illustrations anciennes qui ont gardé intact leur pouvoir de fascination. Lignes idéales, poses distinguées, équilibres recherchés : la beauté est éternelle.

Tom Purvis est un artiste anglais né en 1888 et mort en 1959. Les dessins et affiches qu’il a conçus dans les années 20 et 30 pour le célèbre magasin londonien Austin Reed méritent notre admiration. Il a su comme personne mettre en relief la magie d’un revers roulant. Le clair-obscur sied à l’élégance :


tom-purvis-smok.jpg

 

tom-purvis-dessin-chapeau.jpgSource : 100 ans de mode masculine, C. Blackman, Eyrolles


Ses affiches – de facture plus moderne – valent ses dessins. L’influence de l’Art déco y est visible, notamment dans les a-plats de couleurs vives, la stylisation des formes :


tom-purvis-austin-reed-s.jpg

 

tom-purvis-austin-reed-s-smok.jpg

 

tom-purvis-austin-rees-s-deux-tennis-copie-1.jpg


Tom Purvis était-il lui-même un homme élégant ? Je l’ignore. Son œuvre a-t-elle fait l’objet d’un catalogue raisonné ? Je l’ignore aussi. Ma connaissance de cet artiste se limite malheureusement à ce que j’ai pu trouver sur l’internet et dans quelques livres. C’est bien peu, je vous l’accorde, mais c’est assez pour avoir eu l’envie de lui rendre hommage.

Repost 0
Publié par Le Chouan - dans Personnalités
commenter cet article
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 07:05

ils-le-font-tous.jpgLe Chouan se dévoile


Repost 0
Publié par Le Chouan
commenter cet article
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 07:04

Les marques se servent souvent de célébrités pour faire vendre leurs produits. Et lesdites célébrités se laissent volontiers acheter. Qui ne connaît les spots LCL signés Jean-Michel Ribes ? François Morel, François Berléand, Lambert Wilson, Jean-Pierre Darroussin, Pierre Arditi, entre autres, leur ont prêté leur talent. Prêté, façon de parler… Ces spots ne manquent pas de cachet(s). Un réalisateur résolument à gauche et des artistes du même bord au service du grand capital : la contradiction est trop belle ! Pourtant, hormis Géraldine Muhlmann et Laurent Ruquier, qui, sur le sujet, ont osé demander à Pierre Arditi de se justifier, personne, dans les médias, ne l’a relevée. Le spectacle du pauvre Arditi incapable, en réponse, d’articuler un début de défense convaincante, mais se retranchant naïvement derrière le côté « décalé » de la pub, était réjouissant ! L’humour (si, en l’espèce, l’usage de ce mot est justifié) a-t-il jamais été une excuse à l’hypocrisie ? Encore ses contradicteurs se sont-ils bien gardés de profiter de leur allonge pour l’acculer au KO : leurs sourires et leurs compliments disaient assez la connivence.

Quand la caravane publicitaire passe, le cabot se lèche les babines…

Le comble fut atteint quand Arditi lança qu’il lui fallait bien « gagner (sa) vie ». Le smicard, dont il croit – ou il feint de croire – que son engagement politique suffit à le rendre proche, appréciera. Comme il appréciera ces morceaux choisis d’un reportage qu’en décembre 2000 la revue Monsieur consacra au même Arditi après que celui-ci eut reçu le prix Monsieur-Longines de « l’homme le plus élégant (sic) de l’année ». Pierre Arditi : « Je n’aurais pas assez d’une vie pour mettre tous mes vêtements, pas assez d’une vie pour porter toutes mes chaussures… boire tous mes vins… vivre dans toutes mes maisons. » Et François-Jean Daehn, l’auteur du reportage, de préciser : « Pierre Arditi n’a pas à proprement parler de dressing, ou alors il habite un gigantesque dressing dans (son) grand appartement parisien (…) Les montres occupent les trois tiroirs d’une commode dans le salon (…) l’espace occupé par les vêtements et leur agencement (…) pourrait rendre jaloux le propriétaire d’un honnête magasin parisien. La collection de chaussures est impressionnante. Impossible de compter. »


pierre-arditi-dressing.jpgPierre Arditi chez lui. Monsieur, n°26. (Photo : Guillaume de Laubier)


On comprend mieux, dès lors, que l’association caritative ATD Quart Monde ait demandé à cette belle âme d’être la voix de sa nouvelle campagne médiatique. Qui mieux que lui, en effet, était habilité à prononcer ce slogan : « Agissons durablement contre la misère » ?

Trève d'ironie. Les vedettes nanties, françaises et étrangères, qui affichent leur goût du lucre, ça me met en colère (1).

Quelques exemples d'hommes-sandwichs aidant à vendre du chiffon.

Tony Parker pour Monsieur de Fursac :


tony-parker.jpg

 

Jude Law pour Dunhill :


jude-law.jpg

 

Jonny Wilkinson pour Hackett :


jonny-wilkinson.jpg

 

Brian ferry pour H et M :


 
      brian-ferry.jpg

 

Adrian Brody pour Zegna :


adrian-brody.jpg

 

Quand, par ailleurs, certaines de ces vedettes sont promptes à nous donner des leçons de morale ou à nous solliciter pour des oeuvres caritatives, ma colère redouble… « Merde à l'or ! » comme le disait Prévert. Et un peu de dignité.

Zinedine Zidane pour Yamamoto :


zinedine-zidane.jpg

 

David Douillet pour Club Interchasse :

 

david-douillet-copie-1.jpg      

Yannick Noah pour Sloggi :

 

yannick-noah.jpg

 

Eric Cantona et Madame pour Kooples :

 

eric-cantona.jpg

 

Ah ! j’allais oublier… Parce qu'il lui faut bien arrondir ses fins de mois : Pierre Arditi pour Hartwood. 


pierre-arditi-hartwood.jpg

__________________________________________________________________________________
1. Ma déception la plus récente : voir le grand Jean Rochefort s'agiter dans une pub pour un assureur...

Repost 0
Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
commenter cet article
27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 06:47

Difficile de rester à l’écart quand tous les autres le font…

Tous mes amis blogueurs se « mettent en scène », proposent leurs « inspirations » en jouant eux-mêmes les mannequins. En agissant ainsi, ils prennent le risque de décevoir des lecteurs curieux de voir à quoi ressemblent ces donneurs de leçons d’élégance … et prêts à en découdre. Certains commentaires ont été des coups de poing. Ils auraient dû me dissuader de monter à mon tour sur le ring. J’ai pourtant décidé de relever le gant. Rendez-vous, donc, dans quelques jours.

… Qui l’eût cru – le Chouan faisant du teasing (en bon français « aguichant ») et succombant à l’impudeur ?

Repost 0
Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
commenter cet article
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 07:16

« Une voiture est belle si on peut la définir et la reconnaître en ne se servant que de trois lignes », a affirmé Wolfgang Egger, responsable du design chez Audi. Ces trois lignes étant : la ligne basse, la ligne médiane et la ligne haute.

Cette citation a l’avantage de le dire clairement : la ligne est un critère fondamental dans l’appréciation de l’esthétique d’une voiture. La Jaguar type E, la Maserati Ghibli, la Ferrari Daytona… sont d’abord, chacune, une ligne. « Une ligne à couper le souffle », pour parler le langage des journalistes spécialisés.

 

jaguar-type-e-grise-copie-2.jpgJaguar type E
 

 maserati-ghibli.jpg Maserati Ghibli

 

ferrari-daytona.jpegFerrari Daytona

 

Les années 70 furent une époque bénie pour les grands carrossiers. Leurs concepts rivalisaient de créativité. Ils nourrissaient à leur manière le mythe d’un an 2000 voué au triomphe de la modernité. Bertone et Guigiaro, notamment, multiplièrent les projets futuristes. Ils inspirèrent une ligne promise à un grand avenir : la ligne en coin.

Un modèle symbolise à lui seul cette ligne : le concept, signé Bertone et dessiné par Marcello Gandini, Lancia Stratos HF Zéro, présenté à Turin en 1970 :

 

lancia-stratos--hf-0.jpeg 

 

Appliqué à la série, le principe de la ligne en coin fut loin de n’engendrer que des réussites. Les lignes se tendirent de plus en plus. Fini, les courbes sensuelles et élégantes : la règle (entendez : l’instrument du dessinateur) imposa vite sa règle. La simplicité vira souvent à l’austérité et le minimalisme tomba non moins souvent dans la sécheresse.

Alfa Roméo est sans doute la marque qui illustre le mieux l’influence qu’eut la ligne cunéiforme sur la production automobile des années 70, 80 et, même, 90. Qu’on songe à la Giulietta (1977), à l’Alfa 75 (1985) ou encore à l’Alfa 155 (1992). Toutes taillées "à coups de serpe", comme aiment à le dire les journalistes spécialisés, décidément peu avares d’expressions imagées.

 

alfa-giulietta-77.jpgAlfa Roméo Giulietta

 

alfa-75-copie-1.jpg
Alfa 75

 

alfa-155.jpegAlfa Roméo 155

 

La ligne en coin continue d’imprégner le style de nos automobiles. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder, par exemple, les Honda Insight ou CR-Z.

 

honda-insight.jpg Honda Insight

 

Honda-CR-Z.jpgHonda CR-Z

 

Pour le rêve, citons aussi la Lamborghini Aventador, qui ne saurait renier sa filiation avec la Countach, une autre réalisation due au crayon inspiré de Gandini.

 

lamborghini-countach.jpg Lamborghini Countach

 

lamborghini-aventador.jpg
Lamborghini Aventador

 

Les voitures actuelles ont hérité de deux caractéristiques de la ligne en coin : la ligne de caisse remontant vers l’arrière et l’inclinaison très marquée du pare-brise.

Vues de profil, presque toutes nos voitures ont l’air de piler. Ou, si vous préférez, ressemblent à des mocassins Gucci !

 

mocassin-gucci.jpgMocassin Gucci

 

Quelles justifications peut-on trouver à cette quasi unanimité ? L’aérodynamisme ? Sans doute. Mais, ignorant dans ce domaine, je n’en dirai pas davantage. Ce que je vois, en revanche, c’est que la ligne de caisse grimpant vers le coffre permet d’améliorer le volume de celui-ci. Or, on sait que la capacité de chargement est un critère déterminant pour la clientèle actuelle. Et, notamment, pour la clientèle chinoise, ce qui n'est pas anodin.

 

renault-latitude.jpgRenault Latitude. Quel coffre ! 

 

Une ligne de caisse ainsi basculée est un défi pour le designer car elle déséquilibre le rapport surfaces vitrées/tôles au profit de ces dernières. Comment habiller des flancs aussi généreux et d'aussi gros popotins ? On allége comme on peut : on abaisse, quand c’est possible, la ligne du toit ; on multiplie les nervures sur les côtés et sur la partie arrière ; on agrandit démesurément les feux ; on ajoute un jonc chromé, une jupe couleur nuit… On remplit, quoi… Et les voitures perdent en esthétique ce qu’elles gagnent en « praticité ».

 

 alfa-mito.jpg
L'arrière affreusement lourd de l'Alfa Mito

 

Selon le principe de Egger rapporté plus haut, ces voitures ne sont évidemment pas belles.

Que les CC aient un gros derrière, passe encore : il faut bien que le toit articulé trouve en position cabriolet la place de se loger. Mais que toutes nos voitures soient callipyges, là, je ne marche plus.

 

mercedes-sl.jpgMercedes SL. Modèle après modèle (1954-2002), constatez la montée de la ligne de caisse !    

 

De nombreux modèles anciens nous montrent combien une ligne de caisse basculée dans l'autre sens sert l’esthétique. Voyez la DS cabriolet Chapron, dont la ligne évoquait un fin vaisseau, ou l'Alfa spider et son célèbre arrière en os de seiche…

 

ds-cabriolet-chapron.jpgDS cabriolet Chapron. Un modèle à juste titre très prisé des collectionneurs 

 

alfa-spider.jpgL'Alfa spider 

 

De la beauté, sur toute la ligne…

Repost 0
Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
commenter cet article

Présentation

  • : Le chouan des villes
  • : L'élégance au masculin : réflexion(s) - conseils - partis pris.
  • Contact

Recherche

Me contacter

lechouandesvilles{at}gmail.com

Liens Amis

Catégories