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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 07:42

J’ai entendu parler d’eux pour la première fois avant les vacances d'été : à la vitesse où va la mode, il y a une éternité ! Eux, ce sont les hipsters. Un ami lecteur m’avait conseillé l’achat du numéro de juin de Glamour qui leur consacrait un dossier. J’ai chargé ma femme de la commission. En guise de dossier, quatre pages largement illustrées mais – soyons honnête – plaisantes à parcourir. C’est signé : Augustin et G.de Margerie.

Pour vous convaincre de l’importance de « ce nouveau spécimen galopant de la galaxie des cool » dont « l’influence est exponentielle sur la société », j’ai rédigé la petite synthèse qui suit.

Le hipster n’existe que par le regard d’autrui. Il se montre, s’exhibe même. Attirer l’attention est la grande affaire de sa vie. Son rêve : « (…) qu’un streestyler immortalise sa toilette fabuleuse. » En couple, il conçoit l’autre comme un prolongement de lui-même : « Tenues raccords (…), ils sont un peu les Beckham de la branchitude. » Un autre rêve : qu’on vienne leur demander – à lui et à sa copine – « de poser pour The Kooples ».


les-hipsters-couple.jpg

Le hipster joue à fond le jeu de la société de consommation. « C’est un sur-consommateur », accro des marques. Les siennes ? American Apparel, Ray-ban, Vans, Kitsuné.

Le hipster se veut décalé. Audacieux, il reprend à son compte des symboles de la beaufitude : « Binocles de nerd, tatouages de routier sympa, chemise de bûcheron. (…) Son credo : une ringardise ultra-maîtrisée. Test ultime : si on se pose la question de savoir si un hipster est branché ou complètement plouc, c’est qu’il a réussi son coup et qu’on a affaire à un maître yogi de la hype. »

Le hipster parle un langage hyperbolique. « Il rajoute des préfixes à tous les mots (…). Victime d’une sorte d’hystérie verbale, il dramatise en permanence son quotidien : " Aujourd’hui, j’suis trop en bad mec, en mode jet-lag, quoi ! J’te raconte pas l’état second ambiance zombie like ! J’suis dead…" » Conséquemment, le hipster est jeune. Trop !


les-hipsters-bimbo.jpg

Le hipster se croit supérieur. Une de ses angoisses : « Etre ordinaire ». Il est « persuadé d’être un avant-gardiste chic, un artiste visionnaire, un rebelle en marge du modèle métro-boulot-Top chef (…). Il pense dominer les autres par son raffinement pointu. » « Il pense »...

Le hipster est sensible au jugement d’autrui. Il déteste par-dessus tout « qu’on le traite de « sale hipster » car il n’assume pas d’appartenir à un groupe quelconque ». Paradoxe que les points qui précèdent permettent d’éclaircir.


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On me demande quelquefois ce qu’est un homme élégant. Difficile à dire… J’ai essayé une autre fois de répondre à la question en disant que l’homme élégant était une parisienne comme les autres !... Désormais, je sais que je  peux tenter cette autre réponse : un homme élégant est le contraire d’un hipster. Parfaitement. Inversez toutes les propositions en gras qui précèdent et vous verrez apparaître en négatif (si je puis dire… même si le mot me gène un peu ici !) l’image de l’homme élégant !

Le contraire, oui, mais pas l’anti-. Car figurez-vous que l’anti-hipsters existe et qu’il est, à sa manière, lui aussi un «phénomène » : « Le « hipster basting » (vannage) est le nouveau sport à la mode sur le web. Lancée par des geeks souvent aussi branchés que leur cible préférée, l’idée est de démontrer à quel point le monde des hipsters est vain. » Et ce monde, ce tout petit monde de se lancer des piques via « des blogs de mode pointus. »

Par où je m’aperçois que, définitivement, mon blog n’est ni de mode et ni pointu. Mais réac  - (aïe !) – et poli.

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 07:25

C’est un fait : tout homme politique qui rêve de grimper aux plus hautes dignités est entouré de conseillers en communication chargés de fabriquer, de protéger, de sublimer son image pour l’aider à réaliser ses ambitions. Comment cela se fait-il ? Peu m'importe. Ce qui me trouble, c’est plutôt le crédit qu’on accorde à ces « pros ». Leur campagne d’autopromotion s’est conclue sur une victoire indubitable : admettons qu’ils ont fait, en cette circonstance au moins, la preuve de leur efficacité.

Pour le reste, dans leur domaine d'intervention, combien de défaites ou de semi-défaites ? Je demande seulement qu’on juge l’arbre à ses fruits – s’il en a donné. Et je pose cette question : n’a-t-on pas tendance à surestimer le pouvoir de l’image dans la communication politique ? L’arme du sourire n’a pas suffi à Jean Lecanuet pour terrasser le général de Gaulle en 1965 ; le séduisant Jacques Chirac a été vaincu par un Mitterrand vieillissant et malade en 1988 ; l’éclatante Ségolène Royal, améliorée pour l’occasion par la chirurgie esthétique, s’est tout de même inclinée, en 2007, face à un banal Nicolas Sarkozy.

Et, pour battre Nixon en 1960, le physique avantageux de Kennedy lui fut d’une aide moins efficace que sa fortune et ses accointances avec la mafia.

 

jacques-chirac-campagne-88.jpgAffiche campagne présidentielle 1988

 

On me rétorquera que les choses ne sont pas si simples ; que les conseillers en communication n’ont jamais promis un succès certain à leurs clients ; que leur rôle se borne à développer au maximum le « potentiel » de ceux-ci. Autrement dit, sans eux, ce serait pire. Le propos est habile car il est improuvable. Certes, ce que j’avance l’est tout autant – mais moi, n’ayant rien à vendre, je n’ai rien à prouver !

Outre l’image, la grande spécialité des conseillers en communication, c’est le slogan et la petite phrase, qui sont un peu aux mots historiques ce que, dans le domaine de l’élégance, Hugo Boss est à Cifonelli. Par exemple, « Vous n’avez pas le monopole du cœur » et « La force tranquille » auraient été, pour Giscard en 1974 et pour Mitterrand en 1981, les « Sésame ouvre-toi » de l’Elysée. L’ennui, c’est que ces formules n’ont été décrétées magiques qu’après que furent acquises les victoires de l’un et de l’autre. Mais, pour l’éternité, il sera dit qu’une expression banale et un oxymore éculé ont été des faiseurs de rois – ou plutôt de présidents. Les conseillers l’ont dit ; les médias l’ont répété, et le peuple, qui aime qu'on lui raconte des histoires, a fini par le croire.

Si les victoires des conseillers en communication sont invérifiables, leurs bourdes, elles, sont bien visibles. Les nombreux communicants de DSK n’avaient pas attendu la pitoyable odyssée new-yorkaise de leur champion pour se prendre plusieurs fois les pieds dans le tapis. Qu’on se souvienne du ridicule documentaire Un an avec DSK diffusé le 13 mars dernier sur Canal +, où, en son domicile américain de milliardaires, le couple Strauss-Kahn, transformé en Monsieur et Madame Tout Le Monde, se livrait, dans sa cuisine, à un numéro suicidaire de haute voltige démagogique; ou bien de la gestion calamiteuse des épisodes Panamera et Georges de Paris… A la manœuvre, pourtant, il y avait le gratin de la communication – c’est-à-dire, l’agence poétiquement baptisée Euro RSCG. Et ça continue. J’ai en tête les récentes photos publiées dans Paris-Match fin août qui montraient DSK et Anne Sinclair se promenant dans New York. Dans son tee-shirt et son bermuda trop grands pour lui, DSK avait l’air d’un Benjamin Button en balade avec maman :

 

DSK-anne-sinclair.jpgParis-Match, n° 3249

 

A propos, quelle image nous donnent d’eux-mêmes nos pontes de la communication politique ? D’un côté Jacques Séguéla ; de l’autre Thierry Saussez. L’un plus âgé que l’autre, et tentant l’impossible pour contrer les ravages du temps ; l’autre : une pub vivante de ce à quoi doit ressembler – j’imagine – une communication moderne réussie : avoir l’air très sûr de soi ; avoir le verbe clair et haut ; avoir le geste précis ; afficher un éternel sourire… communicatif. Tous les deux, bien sûr, bronzés douze mois sur douze.

 

jacques_seguela-deux.jpegJacques Séguéla

 

thierry-saussez.jpgThierry Saussez

 

Bienheureux Jaurès, Clemenceau, de Gaulle, nés avant que ne sévissent nos docteurs Folimage ! Imaginons le carnage : Jaurès sans sa barbe ; Clemenceau sans sa moustache ; de Gaulle le nez refait…

L’image. Encore et toujours l’image… Il serait temps, vraiment, que la conviction reprenne ses droits sur la séduction. L’électeur se sentirait mieux respecté. Mais, à en juger par l’exemple récent de François Hollande, qui s’est préparé à la prochaine présidentielle comme un comédien pour un rôle, on en est encore loin. Philippe Torreton a perdu, dit-on, 27 kilos pour incarner Alain Marécaux dans Présumé coupable; de même, pour entrer dans son costume de président, Hollande en aurait perdu 17…

Je me souviens de Lova Moor qui, en 1988, avait choisi Chirac parce que, disait-elle, « il (était) le plus beau ».

Eh bien ! je n’aime pas beaucoup que les hommes politiques confondent le cerveau des électeurs avec celui de Lova Moor !

« La véritable éloquence se moque de l’éloquence » disait Pascal. Et si la véritable communication se moquait de la communication ? 

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 07:48

Inclassable. Ce mot va bien à Arnaud Montebourg.

 


Inclassable, il l’est à plus d’un titre.

Sa biographie réserve des surprises. Son nom, en forme de toponyme français, cache, du côté de sa mère, des origines arabes. Socialiste, il se marie en 1997 avec une aristocrate, Hortense de Labriffe, petite-fille de l’écrivain Jacques de Lacretelle. Mariage on ne peut plus traditionnel, célébré en l’abbaye cistercienne de Valmagne. Le couple a deux enfants à qui il donne des prénoms « bourgeois », Paul et Adèle. Aujourd’hui, changement de décor : Arnaud Montebourg a pour compagne Audrey Pulvar, héroïne médiatique des minorités visibles.

Son itinéraire politique au sein du PS suit une trajectoire que, contre l’avis de tous les observateurs, il s’évertue à prétendre rectiligne. Adversaire du projet de constitution européenne soumis à un référendum en 2005, il refuse pourtant de faire campagne pour le « non » ; chantre intransigeant du mandat unique, il finit par céder, en 2008, à la pratique du cumul de député et de conseiller général ; soutien lyrique de Ségolène Royal à la primaire socialiste de 2006, il décide, cette fois, de tenter sa chance en solitaire…

Autre volte-face : le 12 février 2006, il déclara solennellement sur le plateau d’Arrêt sur images qu’on ne le verrait plus chez Laurent Ruquier parce qu’il ne supportait plus ces émissions qui mélangeaient politique et variétés. « Toute une génération politique s’est vendue à la télé ! » confiait-il à Daniel Schneidermann. Que pensez-vous qu’il advint ? On le revit, tout sourire, invité d’On n’est pas couché le 19 décembre 2009 entouré de miss France et de Julien Clerc ! Y retournera-t-il encore maintenant que sa compagne y joue les chroniqueuses ? La situation ne manquerait pas de sel…

« Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent », disait Edgar Faure.

Physiquement, Arnaud Montebourg dénote parmi les hommes politiques de sa génération. On est loin des physiques populaires d’un Benoît Hamon ou d’un Manuel Valls ! Son visage d’ange, un peu vieilli, un peu bouffi, a récemment vu tomber sa couronne de boucles. L’aspirant à la présidence y a gagné en sérieux ce que l’homme a perdu en séduction.

 

 

Arnaud-Montebourg-jeune.jpg

 

Arnaud Montebourg jeune. Source : Paris-Match

 

« Un visage sans os ne dure pas », disait José Maria Sert. Je crains, pour cette raison, qu’Arnaud Montebourg vieillisse mal.

« Il a un physique de droite »,tranche l’humoriste Nicolas Bedos. La formule fait mouche – encore faudrait-il s’entendre sur ce qu’est un physique de droite : entre la distinction d’un Bruno Le Maire et la banalité d’un Benoist Apparu, c’est le grand écart !

 

 

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Bruno Le Maire

 

 

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Benoist Apparu

 

Arnaud Montebourg prend soin de son apparence. Il n’est certes pas un parangon d’élégance, mais il fait des efforts. Dans un dossier daté du 6 novembre 2010, Le Figaro Magazine le classait dans la catégorie des « esthètes », ce qui manquait de mesure. Tout de même, ils ne sont pas si nombreux les hommes politiques à oser les chemises à rayures pyjama, les vestes de velours, les cravates de tricot ! La maîtrise manque parfois, mais il est sur la bonne voie.

Je l’ai vu porter quelquefois des costumes de bonne facture (Hartwood, je crois) et tenter d’intéressants camaïeux.

 

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Inclassable, je vous dis…

La seule certitude que j’ai sur Arnaud Montebourg, c’est qu'il est très satisfait d'être lui. L’expression « s’enivrer de la bonne opinion de soi-même » semble avoir été inventée pour lui. A ce point, je ne vois à lui opposer, dans l’autre camp, qu’un concurrent – ou plutôt une concurrente : Nathalie Kosciusko-Morizet. Sa façon d’être, de parler, de bouger… explique sans doute qu’on adjoigne fréquemment – et quasi naturellement – une particule à son patronyme. La haute conscience qu’il a de lui le conduit à vouloir constamment se distinguer – au risque de brouiller les pistes. Cet homme-là n’est pas né pour être un second. « Fini le temps des éléphants et place aux jeunes lions ! » proclamait-il avec une emphase d’un autre temps en juin 2010. Parlant de « jeunes lions », il ne pensait sûrement pas aux jeunes élégants que, sous Louis-Philippe, on désignait par ce vocable.

Lion, Arnaud Montebourg ? Moi, je veux bien. Mais alors Lion ascendant Paon.  

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Publié par Le Chouan - dans Personnalités
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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 00:00

Je manque rarement un numéro d’Empreintes. Empreintes, c’est ce programme du vendredi soir sur la 5 qui propose le portrait d’une personnalité ayant, à sa manière, marqué son temps.

L’avant-dernier numéro était consacré à Philippe Labro. Il repasse ce soir à 23h45. Je vous le recommande.

Philippe Labro  était dans les années 80 l’un de nos journalistes TV (il présentait le journal de midi sur la 2e chaîne) les plus élégants. Un  peu poseur, certes, mais élégant.


philippe-labro.jpg

 

Philippe Labro a bien vieilli. Il a gagné en simplicité et, pour ainsi dire, en humanité. Et il n’a rien perdu de son élégance. Une élégance faite de justesse. Justesse de la mise, du geste, du verbe, du ton.

A un moment du documentaire, signé Stéphanie Valloatto, cet amoureux de l’Amérique réussit le prodige de ne pas être ridicule en chemise à carreaux, jean et santiags !

A voir, je vous dis !

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Publié par Le Chouan
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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 07:03

Dans ce billet, Jean-Philippe Peltier (avocat de son état) tente de cerner l'essence très particulière du costume croisé. Merci à cet ami lecteur de nous livrer cette analyse originale.


Ce qui est rare est précieux.

Si l’adage n’est pas toujours vrai en matière vestimentaire, les innovations des uns pouvant parfois provoquer l’effroi des autres, il n’en demeure pas moins qu’il s’applique parfaitement au costume croisé.

Combien peut-on croiser de costume du même nom dans une journée ?

Parfois aucun.

On peut déplorer cette raréfaction et constater, parallèlement, que ceux qui passent pour être (réellement) les hommes les mieux habillés se montrent très régulièrement avec ce type de costume.

Ainsi en est-il, par exemple, d’Edouard Balladur, du prince Charles et, il y a quelques années, d'Yves Saint Laurent ou de Pierre Cardin…


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Quelle est la raison de cette disparition ?

Elle découle d’un constat simple : la virilité n’est plus à la mode. La sagesse non plus.

Car le costume croisé est, à n’en pas douter, un vêtement d’homme mûr qui a connu son heure de gloire à une période où les icônes s’appelaient Gabin, Ventura ou Cary Grant.


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Aujourd’hui, en revanche, le mâle se doit d’être jeune et métrosexuel, quand il n’est pas clairement efféminé (cf. les jeunes éphèbes imberbes qui défilent à longueur de podiums) pour susciter l’enthousiasme….

Et pour le cas où l’homme viril reste « dans le coup », il se doit de n’arborer aucun signe d’élégance  afin de cultiver, de façon tristement binaire, un côté brute épaisse ne portant aucune considération à sa mise… 

Ainsi, et à mesure que le temps passe, le costume et les personnalités s’effacent…

Mais revenons à nos vigognes…

Cette normalisation des élites (politiques, culturelles, etc.) se retrouve indéniablement dans la mode de sorte que, les uns voulant ressembler aux autres et inversement, nous assistons à un jeu de miroirs, le résultat ayant fatalement tendance à l’effacement des codes et à l’appauvrissement du style. 

Concrètement, le costume croisé a ainsi laissé la place au costume droit, qui était encore très large dans les années 80 avant d’être plus cintré et plus étroit, de passer de 3 à 2 boutons (ce qui n’est pas un mal), les pinces du pantalon passant quant à elles de deux à une, pour être aujourd’hui inexistantes dans la plupart des cas…

Mais alors comment se fait-il qu’aujourd’hui le costume croisé reste toujours, et malgré tout, un modèle d’élégance ?

En réalité, c’est moins le costume que la personnalité de celui qui le porte qui révèle l’élégance de cette tenue.

Et lorsqu’on parle de personnalité, il ne s’agit pas ici de l’illusion que tentent d’instiller quelques « stars » éphémères ou Apollon du moment, mais bien de la densité d’âme de celui qui porte le costume croisé.

Force est d’admettre que l’âge de l’impétrant est une clef fondamentale de la réussite de l’ensemble. En effet, la forge d’une véritable personnalité est le plus souvent liée au passage que le temps laisse dans le regard et les gestes de ceux dont on constate qu’ils ont ce don du ciel qu’on appelle le charisme.

Il suffit de comparer des jeunes gens, connus ou non, portant le costume croisé (même de bonne coupe) …


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12.jpgL’œil de Johnny Depp est aussi perdu que son style (mention spéciale pour les chaussures qui feraient presque oublier le chapeau…)


… et des inconnus ayant en commun cette prestance que confère un certain recul sur les choses de la vie…


13.jpg The Sartorialist


16.jpgThe Sartorialist


… pour se rendre compte que certains ont ce « quelque chose » que les autres n’ont pas…

Dès lors, le costume croisé n’est qu’un révélateur !

Les uns paraissent apprêtés, déguisés, voire ridicules (Merci Johnny pour ce moment de rigolade), alors que les autres sont indéniablement élégants.

Ne serions-nous donc pas tous égaux devant (et surtout dans) le costume croisé ?

Il est intéressant de remarquer qu’il n’existe rien de tel avec le costume droit qui peut sans difficulté notable être porté par n’importe qui, un modèle de bonne coupe suffisant alors à conférer à son propriétaire une certaine élégance.

Le costume croisé  exigerait-il donc une certaine dose de sagesse, d’expérience, de maturité pour être porté ?

Bien sûr, il y a là quelque chose qui est très peu dans l’air du temps, la masse devant avoir accès à tout et tout de suite sans quoi le malheureux qui viendrait à émettre une réserve se verrait traiter de réactionnaire.

C’est probablement la raison pour laquelle les « modeux » ont ringardisé le costume croisé, ce qui est aujourd’hui « in » étant à la portée du plus petit commun dénominateur…

Malgré  tout, et la nature étant bien faite, il est indéniable que les membres du « club de ceux qui savent porter le costume croisé » se détachent de la mêlée rassurante… et ennuyeuse.

« Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent vers les étoiles » disait Wilde…

On peut dire, en prenant la citation à l’envers, que tant que des étoiles subsisteront, certains d’entre nous auront des raisons de lever la tête.

Reste à  savoir de quelles étoiles nous parlerons demain. 

 

                                                                                     Jean-Philippe Peltier

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 07:11

Le journal suisse Le Temps a publié dans son supplément mode du 14 septembre 2011 un remarquable dossier consacré à "l'élégance à la française". L'auteur de ce dossier, Pierre Chambonnet, m'a très aimablement contacté pour répondre à quelques questions. Parce que tous mes lecteurs n'habitent pas la Suisse et ne sont pas abonnés au Temps, je me permets de reproduire ici ses questions et mes réponses.

 

- Qu'est-ce que l'élégance française masculine pour vous ? Comment la définiriez-vous en quelques mots ?

Définir l’élégance masculine en général est difficile. Alors, l’élégance masculine française… L’élégance, comme la beauté, se constate plus qu’elle ne s’analyse. Il existe un style anglais, un style italien, américain… mais il n’existe pas de style français. Partant de là, le Français soucieux d’élégance a le choix entre de multiples influences. Cette liberté peut se révéler embarrassante ! Son style sera forcément moins typique et typé que celui de son alter ego britannique ou transalpin. Mais, affranchi de la conformité à un modèle national, il sera sans doute plus personnel. L’invention prend le pas sur l’imitation.

 

- Qui est pour vous l’icône, la personne qui incarne le mieux cette élégance? Pourquoi ?

Philippe Noiret, pour la raison que je viens d’avancer. On l’a injustement réduit, à mon sens, à l’image du gentleman-farmer à la française. J’admets toutefois qu’il lui est arrivé de s’y complaire. Mais il valait beaucoup mieux ! Son style puisait à de nombreuses sources. Ses costumes venaient de Rome, mais son style n’était pas italien. Ses chemises venaient de chez Charvet, ses chaussures de chez Lobb… Il mélangeait, cherchait des accords personnels avec goût et fantaisie.


philippe-noiret-le-temps.jpg

 

- Quel(s) détail(s) vestimentaire(s) est (sont) caractéristique(s) de l'élégance française?

Le Français est très sensible à la qualité des matières et de la fabrication. Une belle coupe ne lui suffit pas. Il faut encore que le vêtement soit fait pour durer !

Quels détails ?... Je ne sais pas. L’élégance est une addition de détails ! Ce dont je suis certain, en revanche, c’est que, pour un Français, il ne saurait y avoir d’élégance sans sens de la mesure. Il fuira le « trop » ou l’effet déguisement.

 

- Est-ce une prédisposition à anticiper les modes ou au contraire quelque chose d'intemporel ?

Classique, l’élégance française tend bien sûr à l’intemporalité. Un Français est moins sensible qu’un Italien, je crois, aux mouvements de la mode. Il peut s’y intéresser, bien sûr, mais avec un regard distancié, amusé. Sa préoccupation est ailleurs. Elle réside dans l’approfondissement d’un style personnel.


- L'élégance française est-elle basée sur l'apparence vestimentaire uniquement ?

Non, cela va de soi. Notre XVIIe siècle a inventé un noble idéal, celui de l’honnête homme. L’honnête homme se devait d’être poli, courageux, cultivé, modeste. Il devait aussi savoir s’habiller. Selon cet idéal, donc, l’élégance était une manière de se comporter – de se montrer et d’agir. On ferait bien de s’en inspirer aujourd’hui. L’élégance peut aussi être une forme de résistance !

 

- Quels peuvent être les détails autres que vestimentaires qui caractérisent l'élégance française ?

Le savoir-vivre, la galanterie. Mais ce ne sont pas des détails ! La tradition française a placé la femme au centre de la vie mondaine. Ce particularisme culturel explique peut-être que nous ayons abandonné à la très masculine société anglaise et à la machiste société italienne notre ancienne suprématie en matière de mode masculine. En revanche, la mode féminine qui, à sa manière, glorifie la femme, reste notre spécialité !

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 07:16

La sortie prochaine du film de Spielberg inspiré des aventures de Tintin m'offre l'occasion de parler un peu des relations qu’Hergé entretenait avec l'élégance. Le vêtement masculin tel qu'il apparaît dans les aventures elles-mêmes fera l'objet (peut-être...) d'un autre billet.

Hergé n'était pas beau. Son nez était trop grand, son visage trop allongé. Il avait quelque chose d’ingrat qui, jeune, le faisait ressembler à un coureur (belge, bien sûr...) du tour de France ! Ce qu'il avait de mieux, c'était ses yeux gris, aux reflets tantôt verts, tantôt bleus. Il y avait aussi sa silhouette longiligne, qui lui donnait une certaine allure. Toute sa vie, il fit attention à sa ligne. A la fin, sous l'effet de la maladie, la minceur devint maigreur. Les portraits d'alors provoquent un malaise : l'inéluctable est là, que des vêtements trop larges révèlent d'autant mieux qu'ils voudraient le dissimuler.

Hergé prêta, nous dit son biographe Benoît Peeters, « une éternelle attention aux vêtements (1). » L'origine de cette préoccupation remonte à son enfance : son père était l'employé d'un atelier de confection spécialisé dans les vêtements pour garçonnets et jeunes gens ; sa mère exerça jusqu'à son mariage la profession d'ouvrière tailleuse. C'est elle qui lui confectionna ses premiers costumes. Grâce à elle, il pouvait porter beau. Son élégance frappa dès leur première rencontre Germaine Kieckens, sa future femme, ou Paul Jamin, son assistant au Petit vingtième, le journal qui allait permettre à Hergé de se faire un nom... ou plutôt un pseudonyme.

Sur les photos de sa jeunesse, on le voit prendre des poses avantageuses, qui ont l'air empruntées à des vedettes de cinéma, succomber à des naïvetés de débutant.

 

herge-et-son-frere.jpgHergé et son frère (Phot. Denise et Georges Remi)

 

herge-et-sa-femme.jpgHergé et sa femme Germaine au milieu des années 30 (coll. part.)

 

Mais, très vite, il adopte un style discret, classique, reflet fidèle de ses idées conservatrices. Pierre Assouline, un autre de ses biographes, précise : « Pour ce qui est de l'élégance, ses collaboratrices évoquent sa netteté, son chic et son allure sportive (2). »

 

herge-et-raymond-leblanc.jpgHergé et Raymond Leblanc. Photo Kayaert

 

herge-et-sa-femme-nov-1959.jpgHergé et sa femme, novembre 59 (Phot. Denise et Georges Remi)

 

Il ne fut cependant pas toujours indifférent à la mode. Il arbore dans les années 7O une coiffure dans le vent - cheveux plus longs recouvrant le haut des oreilles, mèche tombant artistiquement sur le front. La mise se décontracte, à l'image de celle de son héros qui, en 1977, dans Tintin et les Picaros, troque son célèbre pantalon de golf contre un vulgaire jean marron.

 

herge-juin-82-def.jpgHergé, juin 82 (Bernard Charlun, Gamma)

 

Hergé est arrivé alors au terme d'une lente et douloureuse évolution qui l'a amené à se détacher de tout ce qui n'était pas lui. Il a pris ses distances avec le catholicisme de sa jeunesse. Sa quête l'a conduit à s'intéresser, à partir de 1958, au taoïsme. Après bien des hésitations et des scrupules, il a quitté Germaine pour Fanny Vlamynck, de vingt-sept ans sa cadette, qu'il va finir par épouser en 1977. La palette de ses goûts s'est élargie. Il s'est initié à l'art contemporain sous l'influence de son tailleur, M. Van Geluwe, collectionneur d'oeuvres de ce genre. Les audaces de style du Hergé dernière manière témoignent de cette évolution. Audaces somme toute très limitées et parfaitement maîtrisées. Quand, en 1977, le festival d'Angoulême lui rend hommage, il ne renonce pas au costume-cravate. Au milieu des « bullistes »chevelus et mal nippés, sûr qu'il devait heureusement détonner !

S’il évolua, il ne se renia jamais. Ainsi aida-t-il du mieux qu’il le put ses amis journalistes qui, pour avoir « collaboré » avec lui au Soir de Bruxelles pendant la guerre, eurent maille à partir avec la justice.

Le goût d'Hergé pour les belles choses ne se limitait pas aux vêtements. Il aimait aussi, et notamment, les belles voitures. Il adorait la vitesse. « Ses voitures avaient longtemps été des sportives, nous dit Peeters, à la limite de la catégorie bolides. Il aimait conduire très vite, parfois sur des anneaux ou des pistes de performance. » Il a dessiné dans Tintin au pays de l'or noir la Lancia Aprilia à bord de laquelle il aurait quelques années plus tard un grave accident qui laisserait Germaine boiteuse à vie.

 

LanciaAprilia.jpgLancia Aprilia ( Source : La voiture dans le monde de Tintin)

 

Il roule en Porsche, en Mercedes...

 

porsche-1600.jpgUne Porsche 1600, telle celle possédée par Hergé  à la fin des années 50 (Lux Carsch)

 

Homme mûr, il se voit bien mener, dans sa vaste propriété de Céroux-Mousty, la vie d'un gentleman-farmer. Le Hergé d'alors, c'est un peu le Haddock qui, au début de L'affaire Tournesol, se promène, élégamment vêtu, dans la campagne entourant Moulinsart. Rêve de beauté et d'art de vivre...

Toute sa vie, Hergé eut le souci de la tenue, ce mot compris dans tous les sens. Souci né de la rencontre d’une éducation et d’un tempérament. « On ne naît pas impunément dans une famille liée au vêtement », écrit Peeters. J’ajoute qu’on ne naît pas non plus impunément dans une famille catholique ! « Rien ne le met en rage comme la désinvolture, dit Assouline. Plus qu’un crime contre l’esprit, elle est une faute de goût. Elle ne révèle pas seulement l’absence d’éducation, mais surtout le mépris des autres. » Difficile de distinguer ce qui, dans cette haine de la désinvolture et du laisser-aller, revient à l’éducation ou à la personnalité. La vulgarité sous toutes ses formes lui répugne. En 1932, un rappel militaire le sépare deux semaines de sa femme. Dans une lettre qu’il lui adresse, on peut lire ceci à propos des officiers : « La vie qu’ils mènent en commun leur enlève toute délicatesse, tout vernis. » Horreurs de la promiscuité…

Au sens le plus profond, Hergé était un homme d’ordre. Il lui fallait en toute chose – de la plus importante jusqu’à, apparemment, la plus dérisoire – introduire de la cohérence. Ses choix politiques, artistiques et, même, vestimentaires en portent témoignage. Son itinéraire spirituel aussi : découvrant qu’il n’avait jamais eu la foi, il se tourna vers d’autres formes de spiritualité, ne se résolvant pas à l’idée – moderne – d’un monde absurde. Dans l'œuvre univers d'Hergé (le concept est de Nimier), tout tourne rond, tout a du sens.

Les fragilités psychologiques et nerveuses d'Hergé sont connues. Sa rigueur, son exigence, son perfectionnisme le protégeaient de la menace, constante, du chaos. « Il n’avait pas la vocation du bonheur… Il y avait toujours quelque chose qui s’y mêlait… l’inquiétude… l’inquiétude… », écrit Peeters. L’effort créateur a sauvé Hergé du néant – de ce « rêve de blanc » qui, au moment de Tintin au Tibet, faillit venir à bout des défenses que, patiemment, il avait érigées pour contenir ses démons intérieurs. Le bonheur ? Un idéal pour Séraphin Lampion ! Hergé, c’était Sisyphe créateur. Un Sisyphe qu’il ne faut surtout pas imaginer heureux.

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1. Benoît Peeters, Hergé, fils de Tintin, Flammarion, 2002. 

2. Pierre Assouline, Hergé, biographie, Plon, 1996.

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 00:00

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Cet été, j'ai vu Pater. Une sorte d'ovni cinématographique : un réalisateur, Alain Cavalier, et un acteur, Vincent Lindon, jouent au président et au premier ministre. Un jeu d'enfant(s) ! Une telle fraîcheur est touchante de la part d'un réalisateur de 80 ans. Le contraste entre son visage sérieux, éclairé par un regard profond, et la facétie à laquelle il se livre est réjouissant. Tout de même, le film n'est pas une totale réussite. De deux choses l'une : ou l'on tirait l'argument vers la gravité, ou l'on allait vers la farce. Dans le premier cas, des acteurs comme Arditti et Bruel, avec la lourdeur qu’on leur connaît, auraient très bien fait l'affaire : inutile de les pousser beaucoup pour qu’ils se prennent au jeu. Dans l'autre cas - qui, de loin, aurait eu ma préférence -, il aurait fallu des génies de l'improvisation, dans le genre des regrettés Poiret et Serrault. A mon sens, pour "emballer", Cavalier et Lindon manquent d'inspiration, de folie.

Vous n'attendez cependant pas de moi que je vous entretienne de cinéma. Comme je vous comprends ! Si j'évoque ce film aujourd'hui, c'est parce que le vêtement y joue un rôle. On y voit Cavalier parler de sa panoplie de président acquise pour seulement 800 euros (costume, chemise, chaussures) et se rappeler avec nostalgie un petit tailleur qui lui fabriquait des costumes sur mesure pour le prix de la confection. 800 euros : on n’est pas dans la vraisemblance naturaliste, mais il faut préciser que Cavalier campe un président qui ne veut pas faire riche. Un autre bon moment nous est offert par la visite du dressing de Vincent Lindon : une boutique à lui tout seul ! "Je garde tout !" dit Lindon, comme pour s'excuser. Je ne suis pas sûr que l'excuse soit convaincante, mais j'ai apprécié cette remarque fidèle à l'une des grandes lois du Darwenisme (1) : "Rien n'est jamais jeté" ! De même, le moment où il s'extasie sur les chaussures de son grand-père - "des souliers, pas des chaussures !" - à la "semelle monocoque" m'a comblé. Le choix d'une cravate par Cavalier, conseillé par Lindon, est l'occasion d'un échange cocasse. Cavalier opte finalement pour la cravate la moins jolie, qui ne quittera plus son cou jusqu'à la fin du film. Mais cette cravate a un secret : elle est griffée "Inès de la Fressange". Et Cavalier admire Inès, la plus belle femme, dit-il, qu'il a jamais rencontrée. "Cette cravate est douce comme la peau d'Inès", soupire Cavalier, tandis que ses grands yeux s'étoilent de points d'or.

J'aime bien Vincent Lindon. J'admire l'acteur, capable de convaincre dans des rôles très différents. Et j'aime bien ce que je devine de l'homme : son éternelle insatisfaction, sa fidélité et son ouverture, son esprit d'enfance et son indépendance. Dans le petit monde doré sur tranche du cinéma, où chacun pense comme son voisin, il fait figure d'exception - d'électron libre. Et puis je partage son goût des belles choses. Son style ? Des choses chères, fatiguées, chiffonnées, portées avec désinvolture. Le sens de l’understatement. Des détails à l’attention des happy few : les boutonnières sont ouvertes; le tissu gonfle entre les points irréguliers des revers; il fait une fronce, façon napolitaine, au sommet de l'emmanchure. On voit d'ailleurs que l'Italie l'inspire : dans une scène, il a enfilé un trois-quarts en peau lainée sur son costume; à un autre moment, il est pieds nus dans des chaussures de ville... Il sait aussi faire preuve de fantaisie : je me souviens de l'avoir vu arborer, dans l'émission En aparté de Pascale Clark, des chaussettes Paul Smith à rayures horizontales multicolores, au grand dam de son hôte manifestement peu au fait des arcanes de l'élégance masculine.

Oui, j'aime bien Vincent Lindon. Mais, dans Pater, il m'a déçu. Quand, dans une scène où il évoque confusément ses démêlés avec son propriétaire "versaillais" au sujet de travaux d'ascenseur, il se range du côté des petits, des pauvres, contre les riches et les puissants, j'ai envie de sourire. Je me serais attendu de sa part à plus de discernement. Pour avoir une chance de me convaincre, il n'aurait pas dû me montrer son dressing, son chrono, sa cuisine...

A la fin du film, sur le générique, on entend, en off, un dialogue entre les protagonistes. Cavalier dit à Lindon que, grâce à ce que celui-ci lui a appris sur le vêtement, il a pu briller auprès de « snobs ». Et Lindon de s’exclamer qu’il ne fallait pas que cela soit dans le film. Les comédiens, comme les hommes politiques, doivent faire avec leurs contradictions !...

... A propos, savez-vous où l'on peut se procurer des cravates "Inès de la Fressange" ? Histoire d’éprouver à mon tour l’émoi de Cavalier... 

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1. Du nom, bien sûr, du fondateur de la célèbre théorie, James Darwen.

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 06:42

 

benjamin-brafman.JPG

 

Jusqu'aux tribulations de DSK à New York, Benjamin Brafman était pour moi un parfait inconnu. Les chaînes d'info en continu nous ont rendu familiers sa silhouette trapue et son visage fermé. Déformation d'amateur, j'ai bien sûr remarqué le soin qu'il prêtait à sa mise. Un détail, surtout, a retenu mon attention : cette épingle fixée entre les tombants de son col de chemise, à la façon d'un Fred Astaire. Pas banal de nos jours - pas plus aux Etats-Unis qu'ici.

Un article du Monde signé Marion Van Renterghem (édition du 5-6 juin) m'en a un peu plus appris sur les goûts vestimentaires de Brafman : "Il aime mélanger les cravates "flashy" de chez Talbott et les costumes classiques de Paul Stuart ou de Ralph Lauren". Et cette anecdote, impossible à transposer en France avec un avocat comme héros : "Les lecteurs du New York Times ont même eu la surprise, il y a quelques années, de découvrir parmi d'autres clients sa photo sur une publicité de Paul Stuart, son tailleur préféré de Madison Avenue : Benjamin Brafman en mannequin vedette, sur un quart de page."

Avoir de bons fournisseurs ne suffit pas à rendre quelqu'un élégant : le "cas" Brafman m'offre l'occasion de le répéter. Sa petite taille (1,68 m) est moins en cause que son absence de cou, la grosseur de sa tête et la longueur de son buste. Et puis, certains choix sont peu judicieux, qui feraient presque douter de la qualité des fournisseurs en question ; je songe à la longueur exagérée des manches de veste et à la hauteur des cols de chemise qui, sur un cou très court, produit inévitablement un effet minerve.

Le costume ne sied pas à toutes les complexions. Je me rappelle m’être déjà fait la remarque en voyant Lino Ventura. Il avait beau être habillé par Cifonelli et appliquer les usages du bien-vêtir, ce n’était pas, à proprement parler, un homme élégant. Sur lui, la cravate ressemblait à une erreur. Difficile – même pour un grand acteur – de jouer les bourgeois avec un physique de déménageur.


lino-ventura.jpg

Prenez Amicalement vôtre. Imagine-t-on Dany Wilde dans les costumes de Brett Sinclair ?


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Il faut faire avec ce que la nature nous a donné. Un pitbull (auquel Brafman me fait penser) n’aura jamais l’allure d’un lévrier ! Il vous est sûrement arrivé, comme à moi, de renoncer à acheter un vêtement qui vous faisait envie en vitrine parce que, une fois sur vous, vous avez constaté que, tout simplement, il n’était pas fait pour vous.

De même, certaines modes vont mieux aux uns qu'aux autres. Le costume des années 60 allait mal au chanteur Claude François. Le mauvais goût des années 70 semblait, en revanche, avoir été fait pour lui !


claude-francois-copie-1.jpg

 

Très bien, me direz-vous, mais Brafman est un avocat et, pour un avocat, le port du costume est une obligation.

Vous avez raison. La combinaison de garagiste lui irait sûrement beaucoup mieux, mais je doute qu’une reconversion de ce genre le tente. Tant pis pour les esthètes. Et pour Nafissatou Diallo.

Benjamin Brafman, un avocat élégant ? La cause n'est pas gagnée.

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 06:21

Nouveau site sur le thème de l’élégance masculine : Le paradigme de l’élégance. Bienvenue à lui ! Les textes sont clairs, construits, rédigés dans un style correct et efficace. Le rédacteur – Maxime Pilard – n’hésite pas à donner son avis, ce qui est un bon point. La fréquence des articles est soutenue : déjà une quinzaine au compteur depuis la date de création, le 18 juillet dernier… Gare à l’épuisement !

J’ajoute : un site au nom français (« paradigme »… il fallait oser !) et sans publicité : deux autres bons points !

La publicité… Il suffit qu’il en clignote quelques-unes sur la page d’accueil d’un site pour que je me sente en pays ennemi. Cette seule raison explique que certains sites soient absents de ma liste de « liens ». On saura bien me dire qu’ils n’ont pas besoin de moi pour se faire connaître. Très juste. Et c’est ainsi que tout est pour le mieux dans le meilleur des petits mondes de l’élégance possibles.

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