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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 07:02

 

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« - Le match Sarkozy-Hollande a commencé.

- Le match ? Quel match, le Chouan ? Celui de la présidentielle ?

- Trop tôt. Il faudra d'abord que Hollande terrasse Martine à la primaire.

- Le match des coups bas ?

- Ah ! celui-là n'a jamais connu de temps morts...

- Le match du "look" ?

- Vous brûlez. Et "brûler" est le mot...

- Celui de l'amaigrissement ?

- Bien tenté : les calories qu'on brûle. Mais ce match-là est joué : Hollande, vainqueur par KO ! Non, ce n'est pas ça.

- Vraiment, le Chouan, je ne vois pas.

- Je veux parler du match du bronzage. Les images de l'été ne vous ont-elles pas frappé ? C'était à qui des deux serait le plus orange... Une horreur ! Mon téléviseur saturait. Et moi avec.

- Mais, pour avoir l'air en forme, rien de tel que le bronzage, non ?

- C'est la "jurisprudence" Kennedy ! Je reprends votre expression : c'est "avoir l'air" qui compte. On oublie que, son beau teint, Kennedy le devait aux corticoïdes que sa santé délabrée l'obligeait à consommer. Et puis, il faut faire jeune. Alors, on se blanchit les dents, on se teint les cheveux... Mais on a du mal à assumer parce que, tout de même, ça ne fait pas très sérieux. Pensez donc que la compagne de Hollande, la journaliste Valérie Trierweiler, s'est fendue d'un communiqué pour officiellement démentir que son homme se teignait le chef ! Ca me rappelle Le Pen qui, naguère, avait demandé à son coiffeur d’attester par écrit que sa blondeur germanique était naturelle.

- Imaginez un instant Hollande, maigre comme il l'est devenu, blanc comme un suaire... il ferait fuir les électeurs !

- En somme, il se ferait brûler pour ne pas être cuit ! Lui ou ses conseillers pensent comme vous. Quand son bronzage s’atténue, il ravive ses joues creuses d'un coup de blush !

- Non ?...

- Reportez-vous donc à la dernière photo d'images choisies de Hollande. Au résultat, ce sont des êtres de synthèse qui se proposent à nos suffrages. Dans le genre, Hollande a fait très fort. Notez qu'en tant que socialiste, la synthèse, ça le connaît…

- C'est le pouvoir des apparences, le Chouan. Le pouvoir des apparences !

- ... Pour une apparence de pouvoir. Mais c’est un autre sujet.

- … Et qui nous mènerait trop loin. Restons légers... comme le dirait Hollande ! Dites-moi, le Chouan, où êtes-vous parti en vacances ?

- Au pays. Là où il pleut trop souvent pour que le touriste en marcel, bob, pantacourt et tongs ose s’aventurer. Même en K Way. Et là où le soleil ne brille pas assez pour risquer d’y rencontrer Sarkozy ou Hollande !...

- Quand rouvrez-vous la boutique ?

- Le 1er septembre.

- Alors vous continuez ! Vous aviez pourtant laissé entendre l’année dernière que, peut-être, vous abandonneriez.

- Je rempile pour un an.

- C’était donc un caprice ! Une petite crise de croissance comme vous le disait votre confrère PG !

- Pas du tout ! Vous savez, il faut trouver des sujets, les mettre en forme, les illustrer…

- Allons ! Des sujets, il y en a partout ! Tenez, notre conversation de tout à l’heure ne fournirait-elle pas un excellent motif d’article ?

- Pas bête. Vous me donnez peut-être une idée… »

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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 07:13

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FERMETURE POUR CAUSE DE CONGES ANNUELS.

REOUVERTURE LE 1er SEPTEMBRE.

Bonnes vacances !

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 06:51

Ca y est ! Le fauteuil n° 32 est occupé ! Le 16 juin, François Weyergans a fait son entrée sous la Coupole. Enfin ! Elu le 16 mars 2009, il aura donc fallu 27 mois à l’écrivain procrastinateur pour se décider. Parmi les raisons invoquées pour justifier son attitude : le choix de son tailleur, qui le torturait trop (1)... Fidèle à son image, il a trouvé le moyen d’arriver en retard à la cérémonie organisée en son honneur; quinze minutes disent certains, trente minutes disent d’autres… Le retard a paru en tout cas suffisamment long à Eric Orsenna, chargé de souhaiter la bienvenue au récipiendaire, pour qu’il entame son discours en l’absence de ce dernier !

 

francois-weyergans-habit.jpg


L’addition des retards ne fut pas la seule désinvolture commise par Weyergans envers la prestigieuse compagnie. Il y eut aussi le remplacement des traditionnelles visites aux Académiciens par des lettres flagorneuses. Il y eut encore l’hommage au prédécesseur, le commissaire-priseur et romancier Maurice Rheims, rejeté - et plus ou moins bâclé - en fin de discours…

Si l’on regarde un peu le bonhomme, on est partagé entre l'amusement et l’inquiétude selon qu’on lui trouve une ressemblance avec Woody Allen ou avec… le serial killer Francis Heaulme !


francois-weyergans-heaulme.jpgFrançois Weyergans

 

francis-heaulme.jpg Francis Heaulme

 

Avant lui, Alain-Robbe Grillet, élu le 25 mars 2004 au même fauteuil 32, fit également des caprices. Il refusa obstinément de porter l’habit vert et de prononcer le rituel discours en hommage au disparu. Il porterait son légendaire col roulé sous un smoking - c'était à prendre ou à laisser. Bonne fille, Hélène Carrère d’Encausse, la Secrétaire perpétuelle de l’Académie, chercha une solution. Elle crut la trouver en proposant à Robbe-Grillet d’essayer, pour se faire une idée, l’habit du maréchal Juin. Mais quand Robbe-Grillet se vit ainsi vêtu, il partit, paraît-il, d’un énorme éclat de rire…

La situation se bloqua et Robbe-Grillet mourut sans avoir jamais siégé à l’Académie (2).


alain-robbe-grillet.jpgAlain Robbe-Grillet


Au-delà de l’anecdote, la désinvolture dont témoignent de tels agissements me semble révélatrice d’un état d’esprit propre à notre temps. On retrouve, à l’œuvre, cette manie d’un certain milieu artistico-intellectuel de dissimuler sous le décalage et la dérision des motivations pas très glorieuses... Le matin même de son entrée sous la Coupole, j’ai entendu Weyergans dire à la radio qu’il faisait ça « pour sa petite-fille Chloé », ravie à l’idée de voir son grand-père « déguisé ».

Ce que déguise d’abord ici François Weyergans, ce sont ses intentions !

Bien sûr qu’il faut être vaniteux pour souhaiter entrer à l’Académie ! Mais comment se l’avouer quand on s’appelle Alain Robbe-Grillet ou François Weyergans ? La vanité, c’est bon pour les autres – pas pour eux ! On se moque des honneurs que, cependant, on quémande. Alors, on ne joue pas le jeu, on casse des codes séculaires, on tourne le système en ridicule sous le regard complaisant des médias. Finalement, on ajoute l’orgueil à la vanité. Mais quoi de plus pathétique, au fond, que cette incapacité puérile et cabotine d’assumer ses choix ?

Je me souviens de l’émotion qu’étreignait Jean-Loup Dabadie quand, le 12 mars 2009, il fut intronisé par ses pairs. Son sourire pur, enfantin m’avait touché. On était loin du sourire ironique et désincarné que nous servait Weyergans le 16 juin dernier…

 

jean-loup-dabadie.jpg Jean-Loup Dabadie

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1. Finalement, Weyergans a choisi Agnès B. Tout ça pour ça...
2. A partir de cette histoire d'éloge de Maurice Rheims toujours différé, la fille de celui-ci, Nathalie  Rheims, a récemment publié une farce policière intitulée Le Fantôme du fauteuil 32.

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 06:44

Sarko le minet. Début des années 70. Sarko habite le XVIe mais il se croit un paria. Il s’habille alors chez Réty, le magasin de confection haut de gamme tenu par les parents de son ami Patrick Balkany. Cheveux longs, veste étriquée à revers surdimensionnés, écharpe autour du cou :


sarkozy-minet.jpeg 

Sarko le précieux. Elu à 28 ans maire de Neuilly. Pas du tout l’allure d’un jeune loup du RPR. Un physique suranné de héros proustien. Il lui arrivait alors de porter une bague.


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Sarko le beauf. Certains de ses goûts le rapprochent du Français moyen : le vélo, qu’il pratiquait les fins de semaine avec, notamment, son ami Michel Drucker ; la variété française, tendance Johnny Hallyday et Michel Sardou. Le mariage attendu du Tour de France et de Radio Nostalgie.


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Sarko l’américanophile. Une image qu’on aurait préféré ne jamais voir : Sarko jogger en tee-shirt NYPD, des lunettes Ray Ban aviator sur le nez et des Nike aux pieds. Une caricature d’Européen américanisé.

 

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Sarko le complexé. Sa petite taille, son talon d’Achille. Et une clef pour le comprendre. En haut (si l’on peut dire…), une coiffure savamment et discrètement gonflée. En bas, des talonnettes de chanteur de bastringue. Choisit ses femmes grandes et ses collaborateurs petits.


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Sarko bling bling. Image fatale. Il y a du rappeur en lui – voir sa diction heurtée, son goût de l’ostentatoire (mate ma montre et ma meuf !), son langage ordurier (« casse-toi, pôv’con ») ses incivilités (chewing-gum machouillé devant le maire d’Ankara, SMS consultés en présence du pape, semelles de chaussures exhibées face au roi du Maroc…)

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Sarko le Président. La discrétion est de mise. Costume invariablement sombre, chemise blanche ou bleu clair, cravate bleu nuit ou noire, le plus souvent en soie nattée. Au poignet, une discrète Patek Philippe en platine, un cadeau de Carla.

J’ai repéré deux coupes – l’une italianisante : épaules avachies, revers généreux ; l’autre plus structurée, qui lui donne une allure plus athlétique – cette dernière ayant de très loin ma préférence.


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sarkozy-cost-deux.jpg

 

Nicolas Sarkozy, un homme aux multiples visages. On conclura, au choix, à une personnalité désunie ou à une personnalité adaptable. Et un président qui, à plus d’un titre, diffère de ses prédécesseurs : absence d’attaches provinciales héréditaires ou choisies (de Gaulle : Colombey ; Pompidou : Cajarc ; Giscard : Chamalières ; Mitterrand : Latche ; Chirac : la Corrèze) ; absence de culture littéraire ou artistique. Par ailleurs, premier président de la Ve à avoir des origines métissées, un cursus scolaire limité, à être divorcé.

« Je serai le président de la rupture » avait clamé Nicolas Sarkozy. En un sens, il n’avait pas menti. 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 07:29

Jeune loup de la politique, Jacques Chirac faisait tout pour se vieillir. Des films anciens le montrent arpenter en costume trois pièces la Corrèze dont il fit, dans tous les sens du terme, sa terre d’élection. Il s’exerça à tenir sa cigarette au bec comme le faisait Georges Pompidou, son mentor en politique. Les cheveux gominés en arrière lui donnaient des airs de jeune premier des années 30.


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« Mon fils ressemble à Cary Grant ! » s’était exclamée sa mère, vexée que les Chodron de Courcel, dont il fréquentait la fille, aient jugé indigne qu’un Chirac songeât à s'allier à leur très aristocratique famille.

Les choses se gâtèrent plus tard, quand Jacques Chirac se transforma en caricature de technocrate mécanique et pressé. Il s’affubla d’immenses lunettes qui abîmèrent son visage fortement structuré.


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Ses bas de pantalon et ses revers de veston s’élargirent, tandis qu’il continuait de plaquer en arrière des cheveux plus rares. Visiblement, les années 70 n’étaient pas faites pour lui – à supposer qu’elles l’aient été pour quelqu’un. Il fut le premier ministre de plus en plus crispé (et crispant) d’un président qui fit de la « décrispation » son slogan. Visiblement, ces deux-là n’étaient pas faits pour s’entendre. Ce qui devait arriver arriva : le couple se sépara avec fracas.


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Jacques Chirac se raidit encore un peu plus, au point que certains médias tentèrent de lui coller une étiquette de « facho ». Les communicants (dont, à partir de 1989, sa fille Claude) furent appelés à l’aide. Ils s’efforcèrent d’arrondir les angles. Qui ne se souvient de ces images où l’on voit un maire de Paris débonnaire lancer à la pop star Madonna qu’elle est « vraiment sympa » ?


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Plus tard, il se laissera photographier en jean, un walkman sur les oreilles. Ce travail au long cours finit par être payant, les maladresses même de Chirac contribuant, dans l’esprit des gens, à le rendre aussi « sympa » que, prétendument, la madone !

Oublié, donc, le Chirac facho. Place au Chirac tellement plus naturel en privé qu’à la télé, amateur de pommes… et de tête de veau ! A-t-on sérieusement étudié le rôle que jouèrent les médias dans son élection en 1995 ? Je l’ignore. Il est certain, en tout cas, qu’entre Jospin l’austère, Balladur le coincé et Jacquot le rigolard, ils avaient fait leur choix.

Devenu – enfin ! – président, Chirac se laissa aller. Il prit du ventre (croyant naïvement le cacher en remontant de plus en plus haut son pantalon), son visage s’empâta. Pour habiter la fonction, il se fit faire des costumes à la carrure gaullienne.


jacques-chirac-carrure.jpgPhoto : Eric Lefeuvre

 

Imperceptiblement, le regard se lassa, mais les Français pouvaient se rassurer en constatant que, malgré ses écrasantes responsabilités, leur président ne se fit jamais - ô miracle ! - de cheveux blancs…

Jacques Chirac put assez longtemps jouir d’un beau physique mais il n’eut jamais d’allure : la grâce toujours lui manqua.

Manches de veste trop longues, pantalons idem, mocassins noirs portés avec un costume, 3/4 en loden sans forme, épaules de veste écroulées, bermuda porté avec des mocassins rigides et des socquettes noires... on ne compte plus les péchés que Jacques Chirac commit contre l'élégance.


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Détail révélateur : sur son portrait officiel (signé Bettina Rheims), la veste de costume... bâille au col ! Ca, un président soucieux d'élégance ne l'aurait jamais laissé passer !


jacques-chirac-photo-officielle-copie-2.jpg

      
Lionel Jospin aura beau dire : « Mais non, Chirac n’est pas sympathique ! » Nicolas Sarkozy aura beau confier : « On croit que Jacques Chirac est très con et très gentil. En fait, il est très intelligent et très méchant », on ne les entendra pas. Et qui aujourd’hui se hasarderait à écorner la légende dorée du président bon enfant serait taxé d’être sans cœur. Comment la vision d’un vieux monsieur au pas mal assuré, au regard perdu et au visage de plus en plus souvent barré d'une étrange moue n’inclinerait-elle pas à l'indulgence ?

 

jacques-chirac-age-copie-1.jpg 

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 07:13

François Mitterrand n’avait pas le sens du vêtement. Ministre de la IVe (et combien de fois !), il portait d’épais et lourds costumes croisés. Aux pieds, de grosses chaussures dont les semelles étaient souvent de crêpe.


mitterrand-ministre.jpg 

 

Il conserva, à quelques minimes évolutions près, cette  apparence peu réjouissante durant les années 60. La décennie suivante le vit suivre la mode. Costumes droits mal coupés aux inévitables vestons à revers trop larges et pantalons à pattes d’éléphant.

En 1974, lors du fameux débat de l’entre-deux-tours qui l’opposa à Valéry Giscard d’Estaing, la supériorité de celui-ci fut aussi vestimentaire : je ne sais qui des deux avait « le monopole du cœur », mais celui de la classe, c’était Giscard !


mitterrand-1974-copie-1.jpg Lors du débat de 1974. A noter, la largeur des revers.

 

Mitterrand passait mal à la télévision et il refusa longtemps l’aide de professionnels. Conscient néanmoins de ses insuffisances, il finit par solliciter les services d’un conseiller en communication, Jacques Séguéla. Celui-ci chargea le tailleur Marcel Lassance de moderniser la garde-robe de l’éternel candidat. Cifonelli prit la suite, quand Mitterrand accéda enfin à la magistrature suprême.

Mitterrand n’était pas facile à habiller : petit, épais – l’apparence d’un pot à tabac… Cifonelli fit le nécessaire pour allonger, autant que faire se pouvait, la silhouette. Il eut recours au costume droit deux boutons largement échancré sur le devant. A l’arrière, deux généreuses fentes étaient chargées de faire oublier la générosité du fessier.


mitterrand-cifonelli.jpgLa coupe Cifonelli, reconnaissable entre toutes.

 

Malheureusement, François Mitterrand cassait la ligne de ses vestons en chargeant les poches poitrine intérieures d’objets divers. De même, s’ingéniait-il à nouer ses belles cravates Marinella de telle manière qu’elles apparaissaient  toujours trop longues.

Certains codes lui étaient inconnus. Ainsi se plaisait-il à accompagner un chesterfield marron ou beige d’un feutre noir ou d’une casquette – l’un et l’autre posés trop haut sur le front.


francois-de-grossouvre-et-mitterrand-copie-1.jpgAvec François de Grossouvre, un courtisan.    

 

Son absence de goût personnel se manifestait surtout dans le choix de ses tenues de loisirs. Il faut voir comment (merci l’Internet ! merci l’INA !) il osa s’attifer certaines années pour grimper la roche de Solutré !


 mitterrand-solutre-pull.jpgAvec Jack Lang, un autre courtisan.

 

Et que dire de cette casquette de marin breton chipée à son ami l’écrivain Paul Guimard, qu’il lui arrivait de mettre avec des tenues de campagne ? Son goût pour le beige et le marron le faisait ressembler à n’importe quel Français très moyen en retraite.

Il y avait encore ces étranges tenues signées Michel Schreiber, inspirées de tenues de travail, qui lui donnaient des airs de Grand Timonier.


mitterrand-hucleux.jpgMitterrand par le peintre hyperréaliste Hucleux.

 

S’il n’avait pas le sens du vêtement, François Mitterrand avait, en revanche, celui du symbole. Sens qu'il appliqua logiquement à sa mise. L’écharpe rouge évoquait la révolution et le feutre noir la figure de Léon Blum. Efficace pour marquer visuellement un ancrage à gauche que d’aucuns jugeaient de circonstance.


mitterrand--chapeau-noir.jpgAvec Jacques Attali, encore un  courtisan.    

 

Fait remarquable : la physionomie de François Mitterrand se transforma durant ses deux septennats. Le visage qu’il affichait dans les années 70 n’était guère rassurant.


francois-mitterrand-copie-1.png

 

« Lui achèteriez-vous une voiture d’occasion ? » avait lancé Kennedy à propos de Nixon. La même question aurait pu valoir pour Mitterrand. Les paupières papillonnantes, le regard torve, il avait toujours l’air de préparer un mauvais coup, de sortir d’un mauvais lieu… Avec ça, quelque chose de sale – le menton bleu, le cheveu gras, la rouflaquette populaire… La fonction exhaussa l’homme. Il acquit de la dignité et, même, de la noblesse.


mitterrand-fin.jpg

 

Dans cette métamorphose, la vieillesse joua sûrement un rôle. Et la maladie, contre laquelle il lutta avec courage. Il se raidit. Ses traits s’affinèrent. Le visage se fit masque - un masque parcheminé qu’animait un regard fiévreux, à l’intensité inquiète et profondément humaine. L’ultime échéance se rapprochait, auprès de laquelle la plus importante des échéances électorales a des allures d’aimable partie de campagne.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 06:41

Valéry Giscard d’Estaing se fit élire sur un mensonge : il se prétendit simple et fit tout pour le faire croire. On le vit jouer au foot et de l’accordéon, le piano du pauvre. Il osa se montrer torse nu ; à cette occasion, les Français (et les Françaises…) découvrirent que c’était un faux maigre. Durant la campagne présidentielle de 1974, sa femme, Anne-Aymone, fut mise à contribution : elle accepta, pour Paris Match, de poser dans sa cuisine, une poêle à la main. Nul ne sembla remarquer alors que la poêle était neuve et que Madame Giscard d’Estaing la tenait du bout des doigts. Cécité collective qui, avec le recul du temps, paraît incroyable.

A cette simplicité fabriquée par Giscard, les communicants ajoutèrent une bonne dose de modernité. Le résultat fut conforme à leurs espérances : ils réussirent à faire passer VGE pour une sorte de JFK à la française – bien que Chamalières ne soit pas Hyannis Port et que les moyens physiques de leur client soient loin de valoir ceux du modèle américain.


giscard-portrait-lartigue.jpgPortrait officiel signé Lartigue

 

L’élection assurée, patatras… Le naturel de Giscard revint au galop. Le naturel ?... Je mesure ce que ce mot, appliqué à lui, peut avoir d’incongru ! Très vite, il se comporta en monarque et ses tentatives « pour faire simple » ne firent que mieux ressortir son insupportable snobisme (voir ses inénarrables dîners chez les Français, ses causeries au coin du feu, ses surréalistes vœux pour le nouvel an 1976, accompagné d’une Anne-Aymone aussi raide… qu’une queue de poêle !)

« Un homme du monde à l’Elysée, se réjouit le très snob Paul Morand. Le premier depuis Napoléon III, car Deschanel et Félix Faure n’étaient que des mannequins. Aisance, marche assurée, haute taille, brièveté de la parole, salut au bon angle, etc.(1) » Les Français, pour leur part, conclurent à l’imposture. On ne les y reprendrait plus.

Valéry Giscard d’Estaing ne manquait pas d’une certaine allure, malgré une démarche un peu lourde et une silhouette que déséquilibrait une tête trop grande. Ce dernier défaut étant accentué par une calvitie mal vécue (ah ! les trois cheveux rabattus sur le sommet du crâne !) Sa gestuelle, précise, contrôlée, était empreinte de préciosité. Lorsqu’il était assis, il avait, notamment, une manière très particulière – presque féminine - de croiser les jambes, puis de poser l’une sur l’autre ses mains sur son genou.  Sa mise  était sobre, sans génie personnel, certes, mais d’un classicisme de bon ton : costume droit à trois boutons ; veste assez souvent rehaussée d’une pochette blanche rectangulaire ou à pointes ; cravates unies ou à petits motifs. Il traversa les années 70 sans trop de dommages, cas trop rare pour ne pas être salué.


giscard-costume-def.jpg

 

Aujourd’hui, Valéry Giscard d’Estaing est un très vieux monsieur. Son obsession de « rester dans le coup » lui fait commettre des erreurs. Ainsi, récemment reçu par Michel Denisot dans son Grand Journal, il portait un pull noir en V sur une chemise bleue sans cravate. Avec le temps, son visage a gagné en étrangeté. On dirait le masque d’un vieux bonze. Il continue de mal vivre sa calvitie : il n’est qu’à voir ces pauvres cheveux trop longs qui pendouillent dans le cou. Encore a-t-il renoncé à la teinture bleue ! Il devrait se raser la tête. Son visage, alors, ne manquerait pas de noblesse.


giscard--age.jpg

 « Noblesse » : un mot qui, dans l’imaginaire giscardien, brille de mille feux.

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1. Paul Morand, Journal inutile, Tome II, Gallimard.   

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 06:32

Georges Pompidou avait deux visages. Il y avait le Pompidou des villes et le Pompidou des champs. Le Pompidou des villes avait fait Normale sup’, été reçu premier à l’agrégation de lettres, cultivé un certain dandysme, collectionné très jeune des œuvres d’art moderne, écrit une remarquable anthologie de la poésie française, consacrant plusieurs pages à Paul-Jean Toulet, ce subtil et fantaisiste poète béarnais qui, même à Paris, ne quittait jamais son béret basque :


paul-jean-toulet.jpg     Paul-Jean Toulet

 

Et puis, il y avait le Pompidou des champs, issu de vieilles familles paysannes du Cantal, aimant les bêtes et la campagne, citant volontiers cette phrase de Montesquieu : « J’aime les paysans. Ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers. »

Le Pompidou des villes savait s’habiller : costumes gris bien coupés, vestes droites à trois boutons, chemises blanches ou bleu clair, étroites cravates sombres et, parfois, pochette blanche rectangulaire. Une élégance Mad men – typée années 60.


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Le Pompidou des champs se reconnaissait à sa voix rocailleuse, à ses sourcils broussailleux, à son éternelle cigarette plantée au coin des lèvres. Il y avait aussi ce nom qui fleure bon le terroir, la France profonde. En ce temps-là, le cyclisme avait Poulidor – dit Poupou – et la politique avait Pompidou – dit Pompon. A Colombey-les-deux-églises, Charles de Gaulle restait sanglé dans d’austères costumes sombres. A Cajarc – son fief -, Georges Pompidou revêtait de confortables tenues aux tons automnaux : gilet de laine sur pull à col roulé ; pantalon feu de plancher laissant apparaître – heureuse touche de fantaisie – des chaussettes jaunes. A Colombey, la caméra était interdite. Elle entre dans la maison de Cajarc sur les conseils, sans doute, du publicitaire Michel Bongrand. Cela dit, Pompidou en paysan (1) – l’image ne fait pas fabriquée et une grande partie de la France d’alors pouvait s’y reconnaître.


georges-pompidou-loisirs.jpg


J’ai écrit que Georges Pompidou avait deux visages. C’est trois que j’aurais dû dire. Il y eut encore le Pompidou de Saint-Tropez. Le banquier Guy de Rothschild, qui avait fait de Pompidou le directeur général de sa banque, l’introduisit dans le petit milieu de la jet-set. Il se lia d’amitié avec Françoise Sagan, Jacques Chazot, Annabelle et Bernard Buffet… Il roula en Porsche (certes d’occasion), apprit à nager, sa femme devint une habituée des grands couturiers, elle osa la minijupe (au grand dam de tante Yvonne), lui s’habilla de blanc.


georges-pompidou-porsche.jpg

 

georges-pompidou-blanc.gif

 

Ses fréquentations people faillirent lui coûter très cher. A l’aide de rumeurs et de grossiers montages photographiques, on tenta de l’impliquer dans l’affaire Markovic. De Gaulle ne leva pas le petit doigt pour défendre son ancien premier ministre, qui lui avait fait de l’ombre lors des événements de mai 68. Pompidou garda de cet épisode une inextinguible rancœur à laquelle il donna libre cours dans ses mémoires posthumes (2). Il retint la leçon, renonça à passer ses vacances sur la Côte d’Azur et choisit la Bretagne.

Homme de la terre et intellectuel, banquier et amateur de poésie, attaché aux traditions et chantre de l’industrialisation, mondain et simple, Georges Pompidou avait une personnalité riche, complexe. Il mourut en stoïcien, cachant le mal qui le rongeait aux Français et à sa femme même, qu’il aima au-delà de tout. 

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1. Visionner surtout de la 5e à la 12e minute.
2. Pour rétablir une vérité, Georges Pompidou, Flammarion.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 07:10

La Ve République a vu se succéder six présidents. Alors, me direz-vous, pourquoi parler de « club des cinq », sinon pour justifier un titre qu’on jugera, au choix, facile ou astucieux ? Ma réponse est prête : le sixième président étant encore en exercice, j’ai pensé qu’il était logique de lui réserver un traitement particulier : faites-moi confiance, le « petit dernier » sera, comme il se doit, choyé. 

 

Il y a ceux chez qui l’action déborde l’être et d’autres chez qui c’est le contraire. Chez de Gaulle, l’être et le faire étaient au même niveau – au plus haut. Son physique même contribuait à en faire un personnage hors du commun. Un physique étrange, qui défie les catégories généralement admises : ni beau ni laid, il était autre – unique.

La première image publique que nous gardons de lui est celle de « l’homme du 18 juin », un homme déjà mûr, portant l’uniforme. Taille, oreilles, nez… tout est trop grand. L’air est martial. Les gestes sont saccadés, gauches. Les mains surprennent par leur finesse. L’épaulage ajusté de la veste ne permet pas d’équilibrer, au moins un peu, la verticalité des lignes.


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La deuxième image est celle du héros rendu à la vie civile, quotidienne, prosaïque – d’abord éloigné des affaires, traversant, selon la métaphore consacrée, son désert, et puis, d’un coup, propulsé à la tête de l’Etat. Le costume a remplacé l’uniforme. Président de la république, il charge le président de la chambre des tailleurs de l’habiller. La croisure de la veste atténue l’embonpoint. La générosité de l’épaulage pose la silhouette. Quelquefois, quand les circonstances sont dramatiques, il ressort l’uniforme dont il a fait enlever une martingale qui ne sied plus à sa corpulence.


de-gaulle-civil.jpg

 

A dire vrai, le costume fut pour lui un autre uniforme. Toute fantaisie est bannie. Où qu’il fût – à la campagne comme à la ville -,  sa mise était la même : costume sombre, chemise blanche, cravate sobre. Une fois pour toutes, Charles de Gaulle s’était fait une certaine image de lui-même dont son apparence vestimentaire était chargée, à sa manière, de témoigner. Il fut l’exact opposé du chef d’Etat en qui l’homme de la rue pouvait se reconnaître. Il disait que l’autorité naissait de la distance. Il disait encore : « Quand tout va mal et que vous cherchez votre décision, regardez vers les sommets ; il n’y a pas d’encombrements (1). » C’était au peuple de monter – de s’élever -, et non à lui de descendre – de s’abaisser. La démagogie n’était pas son fort. Jamais il n’aurait accepté qu’un quelconque conseiller en communication lui dicte sa manière de s’habiller, de parler ou d’écrire. Orgueilleux, il le fut sans doute au-delà de tout. De quel prix de solitude paya-t-il son orgueil ?

La troisième image – et, dans mon esprit, la dernière -, c’est celle d’un de Gaulle arpentant la lande irlandaise en compagnie de sa femme et de son aide de camp. La scène se déroule peu après sa défaite au référendum. Fidèle à sa promesse, il a renoncé au pouvoir. Plus seul et  plus orgueilleux que jamais. Enveloppé d’un loden sombre, une canne à la main, il marche d’un pas vigoureux, alerte. Allure, prestance et élégance se confondent. C’est l’image  d’un roi en exil. La France, lassée de sa légende, peut commencer à mourir de froid.


de-gaulle-irlande.jpg

 

Ses successeurs se réclameront souvent de lui. Ils imiteront certaines de ses poses. Mais, comparés au modèle, ce seront des nains.

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1. André Malraux, Les Chênes qu'on abat, Gallimard.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 06:42


Le rapport de Madame Pappalardo, présidente du jury du concours 2010 de l’ENA, a été remarqué. Un de mes amis lecteurs a eu la gentillesse de m’envoyer un article que Libération a consacré au sujet. Ces quelques extraits dudit rapport ont particulièrement retenu mon attention : « Nous n’avons pas été éblouis par l’originalité des candidats, à commencer par leur apparence vestimentaire : à part un corsage, deux vestes et une cravate colorées et un seul pantalon de velours… tous les autres candidats étaient en costume-cravate et tailleur noir ou anthracite, voire bleu marine; en outre certains étaient visiblement mal à l’aise dans ces tenues qui n’étaient pas à leur taille. Cela donne le sentiment que les candidats ont une image de l’Ecole et de la fonction publique très conformiste, à l’image de cet «uniforme» qu’ils se sont efforcés d’endosser ». Et Madame Pappalardo d’ ajouter que les "originaux" venus avec un peu de couleur sur le dos ont presque tous été admis « pas tant pour leur tenue que parce qu’elle était en phase avec un certain tempérament, une capacité à s’affirmer dans l’échange avec le jury. »

Ces propos m’ont tout d’abord enchanté, sinon dans la forme du moins dans le fond : comment n’aurais-je pas été sensible au lien ainsi noué entre la singularité de la mise et l’affirmation de la personnalité ? Et puis je suis tombé sur un communiqué que le parti de l’In-nocence, sous la signature de son président Renaud Camus, a consacré audit rapport : « On a peine à croire que Mme le président du jury puisse sérieusement faire reproche aux candidats du prétendu "conformisme" de leur tenue et féliciter au contraire ceux d'entre eux, trop peu nombreux à son gré, qui sont vêtus avec fantaisie, alors qu'un certain degré de neutralité et d'abstraction, de discrétion, de gommage calculé des aspects les plus saillants de la personnalité individuelle semble au contraire éminemment souhaitable chez de futurs représentants de l'État, auxquels on ne demande pas au premier chef d'être "eux-mêmes", comme à des animateurs de clubs de vacances. »


renaud-camus-copie-1.jpgRenaud Camus

 

Cette opinion, formulée par l’un de nos plus brillants prosateurs, m’a ébranlé. Et puis, mon trouble passé, j’ai retourné ma réflexion dans le bon sens.

Je m’étonne que Renaud Camus, candidat déclaré à la prochaine présidentielle, qui cultive pour lui-même une mise surannée assortie à ses idées politiques, s’alarme que des candidats à la plus emblématique de nos pépinières d’élites laissent à leurs vêtements le soin de dire un peu qui ils sont.

Je m’étonne qu’il en vienne à souhaiter (au moins implicitement) que le recrutement à l’Ena se fasse sur un modèle quasi militaire.

Je m’étonne qu’il assimile à de vulgaires animateurs de clubs de vacances ceux des candidats qui ont cherché à se soustraire à l’uniformité ambiante par des audaces vestimentaires au demeurant fort limitées.

La grisaille énarchique m’inquiète. C’est sous elle qu’on fabrique de futurs monstres froids.

Au vrai, dans quelle mesure Renaud Camus, esprit original et volontiers provocateur, croit-il ce qu’il dit ? Les nombreuses nuances qui émaillent son propos permettent de s’interroger : « un certain degré… gommage calculé… aspects les plus saillants… semble ».

Ah ! Si le monde était bien fait, il aurait permis que Madame Pappalardo écrivît aussi bien que Renaud Camus et que Renaud Camus pensât aussi juste que Madame Pappalardo ! 

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Publié par Le Chouan - dans Billets d'humeur
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