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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 07:49

dico-looks.jpeg

Vous voulez rire ?

Achetez donc le Dictionnaire du look de Géraldine de Margerie (photos d’Olivier Marty).

Ce guide présente 39 looks – du look « Arty » au look « Teuffeur ».

Certains articles sont hilarants ; celui consacré à « Marie-Chantal » par exemple : « Mot préféré : sympa. "Très sympa, ton petit polo". Les jours de bricolage ou de déménagement sont les seules occasions où elle concède de porter un " blue jean’s" à taille haute », etc, etc. N’y a-t-il pas, tout de même, abus sur la désignation choisie ? Faire de la catho tradi coincée une nouvelle Marie-Chantal, c’est faire peu de cas de l’originale, créée par Jacques Chazot (le Chouan est heureux de préciser : natif de Locmiquélic) et devenue l’archétype de la snob.

Passons : c'est un détail.

En s’amusant, on apprend : le chapitre sur « La caillera » m’a fait prendre conscience de la profondeur de mes lacunes sur le sujet, comme celui sur « Le punk à chien ». A l’inverse, j’ai pu vérifier, à la présentation de looks qui me sont moins exotiques, le sérieux des informations délivrées. Rien à redire, par exemple, à cette définition du dandysme (look « Néodandy ») : « C’est avant tout une posture intellectuelle reposant sur la création d’un personnage idéal et absolument original, hors des courants et des modes. » La pertinence de cette définition fait pardonner les citations d’Ariel Wizman et de Philippe Katerine en tant que dandies.

Le seul reproche un peu sérieux que je pourrais formuler toucherait à l’absence d’une introduction dans laquelle l’auteur aurait posé les bases de son projet et ébauché une perspective.

Cela dit, cet ouvrage – dans la lignée des Mouvements de mode expliqués aux parents d’Olbak, Soral, Pasche - est un régal. A consommer sans modération à une terrasse de café printanière – en s’amusant, bien sûr, à essayer d’identifier les looks des passants.

Comme le dirait Marie-Chantal, une distraction « très sympa » !

 

Dictionnaire du look, Géraldine de Margerie / photos Olivier Marty, Robert Laffont, 22 euros.

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 07:59

Prenez ce qui suit pour ce que c’est : une récréation !

La haine de Nicolas Sarkozy et de Dominique de Villepin est bien connue : « Je pendrai le coupable à un croc de boucher », avait annoncé, à propos de l’obscure Affaire Clearstream, Nicolas Sarkozy. Dans son esprit, il n’y avait pas l’ombre d’un doute : le coupable s’appelait Dominique de Villepin

On peut difficilement trouver plus dissemblables que ces deux hommes. D’un côté, Dominique Galouzeau de Villepin (« Un nom à courir à Vincennes », avait joliment dit un humoriste), faux noble mais vrai bourgeois ; fils de sénateur ; ancien élève de l’ENA ; homme politique hissé au premier plan sans jamais s’être frotté au suffrage universel. De l’autre côté, Nicolas Sarkozy, « Français, comme il dit, de sang mêlé » ; fils d’un aventurier hongrois ; études plutôt médiocres ; ayant connu plus souvent qu’à son tour la versatilité des urnes.

L’un se tient voûté, à la manière, souvent, des très grands. L’autre – dont la taille exacte demeure secret d’Etat – a utilisé tous les stratagèmes pour paraître moins petit : en haut, cheveux savamment gonflés ; en bas, talonnettes. L’un est mince ; l’autre ne l’est pas.

Les adages sont faits pour être, selon les circonstances, infirmés ou confirmés. Ce qui précède tend à prouver que les extrêmes ne se rejoignent pas. La suite va vous montrer que ceux qui se ressemblent finissent souvent par s'assembler.

Prenez les villepinistes. N’êtes vous pas étonnés, comme moi, de leur ressemblance avec leur chef ? Physique avantageux et plutôt distingué, cheveux argentés, mise classique et de bon ton. Prenez maintenant les sarkozystes. Comme Nicolas, cheveux noirs, teint toujours bronzé, cravate sombre sur un costume raccord...  et formats réduits.

Pour faire image, un style Quai d’Orsay pour les premiers et, disons, « affairiste » pour les seconds.

 

Sarkozystes :


xavier-bertrand-sa-femme-de.jpg Xavier Bertrand.


christian-estrosi.jpgChristian Estrosi.


luc-chatel.jpgLuc Chatel. Ancien DRH chez L’Oréal. Parce qu’il le valait bien.


christophe-bechu.jpgChristophe Béchu. Joli « bébé » Sarkozy. Avocat comme son « papa » en politique.

 

 Villepinistes :


bruno-le-maire.JPGBruno Le Maire.


georges-tron-def.jpgGeorges Tron. L’homme Tron a belle allure.


jean-pierre-grand.jpgJean-Pierre Grand. 

 

Je caricature ? Et alors ! Tenter de distraire n’y oblige-t-il pas ?

Le mimétisme du chef n’est à vrai dire pas nouveau. Les exemples abondent : Christian Fouchet, ministre du général de Gaulle, qui avait fini par mieux l’imiter qu’Henri Tisot ; Pierre Lefranc, clone du même, premier président de la Fondation Charles de Gaulle ;


pierre-lefranc.jpgPierre Lefranc


Jacques Chirac
, jeune Premier ministre de Giscard qui, éperdu d’admiration pour son président, lui avait chipé son tailleur ;

 

giscard-chirac.jpeg
Alain Juppé, « le meilleur d’entre (tous) » pour calquer son phrasé saccadé sur celui du grand Jacques ; Roland Dumas, parlant et s’habillant comme François Mitterrand...

Villepinistes versus sarkozystes, un combat d’idées ? C’est à voir. Une rivalité d’hommes et de styles ? C’est tout vu.

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 07:59

la_main_au_collet-5.jpg

 

F3 a programmé pour le jeudi 29 avril à 20h35 « La Main au collet » d’Alfred Hitchcock. L’histoire ? Un gentleman cambrioleur retiré des affaires est rattrapé par son passé. Film plaisant à regarder (Grace Kelly est au générique), mais si vous voulez voir (ou revoir) un chef-d’œuvre du maître, attendez plutôt la seconde partie de soirée : à 22h50 sur la même chaîne passe « Fenêtre sur cour ». Qui a vu une seule fois ce film n’est pas près d’oublier le regard que lance Thorwald–Raymond Burr en direction de Jeff–James Stewart quand il découvre que celui-ci l’observe de l’immeuble d’en face.

Question vêtements, l’ordre d’intérêt est à inverser. Rien à dire sur la garde-robe très limitée du pauvre James Stewart dans « Fenêtre sur cour », immobilisé par un accident durant tout le film. Certaines des tenues que porte Cary Grant dans « La main au collet » méritent, en revanche, le coup d’œil :

- Un smoking très bien porté, agrémenté d’un nœud papillon aux proportions généreuses ;

- Une tenue dépareillée, celle qu’il porte lors de la célèbre scène de la poursuite en voiture : veste gris clair, pantalon sable, chemise blanc cassé, loafers bordeaux, foulard (trop) sombre noué (trop) haut. Les épaules naturelles de la veste montrent que Cary Grant était en avance sur son temps (ou en retard sur lui… mais, en matière de mode, cela revient au même !) : le film a été tourné en 1954, en pleine vogue des épaules très larges et très rembourrées ;

- Une tenue décontractée peu convaincante, comme souvent les tenues décontractées de cette époque : pull ras de cou gris à fines rayures claires, pantalon gris, chaussettes ivoire, mocassins souples en daim couleur gold.

Il se peut que je me trompe sur certains détails : se fier à sa mémoire est toujours un peu risqué !

Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas à l’occasion du tournage de ce film que Grace Kelly a rencontré le prince Rainier. Il faudra attendre le festival de Cannes de l’année suivante (1955) pour que débute la légendaire histoire entre la sublime star américaine et le très banal prince monégasque.

L’amour a ses raisons… à moins que la raison n’ait ses amours.

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Publié par Le Chouan
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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 08:17

La question est ancienne ! A la fin des années 1870, la mode était aux pantalons de 25cm de large, appelés pour cela à « pieds d’éléphants ». Mais, très vite, ils perdent en largeur, au point qu’en 1885 le Journal des tailleurs note qu’ils sont « exclusivement collants » (Chenoune, Des modes et des hommes).


Illustration : Julien Scavini


La tendance est à l’étroitesse. Un certain tailleur à la mode s’est fixé un 17,5 cm qu’on est en droit de trouver insuffisant (voir Des grands tailleurs). L’école anglaise prône, à en croire James Darwen (Le Chic anglais), un 20 cm. Mes tailleurs successifs ont tranché, sans se donner le mot, pour un 22 cm. Une règle veut que le pantalon couvre, quelle que soit la pointure, les 2/3 (ou les 3/4, c’est selon) de la longueur de la chaussure. Mais, comme le dit Bernhard Roetzel (L’Eternel masculin), « dans le cas de grands pieds, la largeur serait exagérée ».

Avant de décider, plusieurs facteurs sont à prendre en considération.

Sa taille. 17,5 cm quand on mesure 1,90 m, est-ce bien raisonnable ? L’effet slim est à craindre. Je trouve aussi qu’une telle largeur est insuffisante pour donner au pantalon son mouvement et son aisance. A l’inverse, les hommes petits auront avantage à opter pour une largeur limitée, proportionnée à leur taille.

Sa pointure. Pas de pantalon trop étroit avec de grands pieds. Au passage, si vous êtes dans ce cas, évitez les chaussures fines, qui font gagner plusieurs pointures. Très recommandées, en revanche, pour allonger un pied petit.

La forme de ses chaussures. Un pantalon étroit avec des chaussures pataudes, c’est affreux Voir les Teddy boys des années 50, avec leurs pantalons tuyau de poêle et leurs énormes chaussures :


Un nostalgique égaré...


Les mêmes chaussures avec un pantalon large, c’est affreux aussi. Moralité : n’achetez jamais de grosses chaussures. Le bout patate revient à la mode : fuyez ! Une chaussure fine, au contraire, sera mise en valeur par un pantalon assez étroit du bas. L’ensemble donnera de l’allure. Proscrivez, ici encore, le trop : pas de chaussure trop pointues avec des pantalons trop étroits. L’horreur : la chaussure à bout sucette ou à bout canard à forme basculée sous un pantalon très resserré du bas. Ca se voit encore…

Sa corpulence. Un homme ventru aura intérêt à porter un pantalon qui ne sera pas trop large du bas. Pas trop étroit non plus, de crainte de ressembler à un personnage à la Dubout:


dubout--satirix-n--_-mars-73.jpg
Dubout, satirix, mars 1973


Si son pantalon est à pli ou non. Sans pli, donc de style décontracté, le pantalon gagne à ne pas être large en bas. J’ai fait rétrécir tous mes chinos à 19 cm. C’est parfait ! Avec un pli, un bas trop étroit fera mesquin :

 

Source : The Sartorialist

 

Les matières. Les tissus légers appellent une certaine étroitesse. Les tissus plus lourds ont besoin de plus d’ampleur pour révéler leur personnalité (tweed et velours notamment). 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 08:38
Les années 80 virent fleurir toutes sortes de guides chargés d'apprendre aux hommes - et notamment aux hommes d'affaires - comment bien se vêtir. Citons, entre autres, Le Guide de l'élégance au  masculin de Bernard Lanvin (1987), ouvrage destiné aux cadres et aux patrons, à ceux pour qui le costume est, je cite l’auteur, un « bleu de travail ». Un historien de la mode apprécierait mieux que moi l'influence qu'eut Wall Street (1987) sur le retour en majesté du costume. Ce film, qui posait le problème de la relation entre le pouvoir de l'argent et celui de l'habit, reste emblématique de ces années qu’on appela chez nous "années fric" ou "années Tapie", les deux expressions étant équivalentes.


Bernard-lanvin-le-guide-de-jpg


A certains égards, aujourd'hui peut rappeler hier. Dit sans nuances : les années bling-bling ont remplacé les "années fric", la figure du trader celle du yuppie et Jérôme Kerviel Bernard Tapie. La nippe luxueuse du bobo faussement cool  remisée, le costume est - dans les milieux que j'évoque ici - redevenu la pièce maîtresse du vestiaire masculin. Nombreux furent les traders qui - au moins jusqu'à la crise - hantèrent Savile Row et goûtèrent au charme incomparable d'une élégance intemporelle, flatteuse pour leur ligne... et pour leur ego social. L'exclusivité de la mesure, redécouverte sous toutes ses formes, assouvit idéalement la soif d'égotisme d'un certain type d'homme aisé de notre temps. Les sites et blogs traitant de l'élégance  se sont multipliés, jouant le rôle naguère dévolu aux guides du bien-vêtir.

D'aucuns jugèrent sévèrement la vague néo-classique des années 80. Farid Chenoune l'aborde ainsi dans Des modes et des hommes : "La célébration de l'élégance s'accompagnera de l'exhumation de pièces de la garde-robe délaissées durant des années et désormais hissées au rang de "classiques", redonnant au mot, au-delà de son apparente aura consensuelle, son pouvoir de ségrégation sociale." Devrait-on, dès lors, condamner pour les mêmes raisons le regain d'intérêt actuel pour les signes distinctifs de l'élégance classique ?

En tant que modeste rédacteur d'un blog que son positionnement expose à la critique, je me permets une question : en quoi la diffusion des règles du bien-vêtir - qui fondent l'élégance classique - peut-elle être assimilée à une œuvre de ségrégation sociale ? Ne renforcerait-on pas plus sûrement celle-ci en cantonnant l'application de ces règles dans un entre-soi clivant ? Leur connaissance ne doit-elle pas être proposée au plus grand nombre - en dehors de toute considération de fortune ou de naissance ? Le mépris de classe se joue d’ailleurs des apparences : il peut se déguiser en bobo ou se parer des plumes des créateurs - il n'a que faire des règles et des codes car  il se juge au-dessus d'eux.

Cela dit, l'honnêteté m'oblige à reconnaître que les "maîtres en élégance", tenants de l"'école classique", ont tôt fait d'user d'un ton doctoral assez désagréable. Du haut de leur chaire, on les voit distribuer bons points et mauvais points avec une assurance  qui les rend agaçants. Passé un certain âge, la posture humiliante de l'élève n'est pas supportable. Sur ce chapitre, suis-je moi-même exempt de tout reproche ? Un commentaire de Philippe Booch à mon article Du luxe caché ou montré m'a donné à réfléchir. Je concluais mon propos sur ce trait : "Donnez de l'argent aux pauvres et vous en ferez presque tous des bourgeois mal nippés." Philippe Booch me tança avec une ironie consommée : "Cette dernière phrase est toute en nuance, aucun mépris, légère et subtile comme les étoffes de vigogne que vous devez adorer..." Je lui répondis que "je n'(étais) pas né avec une petite cuillère d'argent dans la bouche ni avec une couverture de vigogne dans le berceau." Il commenta derechef : " J'ai trouvé votre article conforme à ce que je pense... à la réserve de cette dernière phrase que j'ai trouvée un poil condescendante. Mais c'est un peu la figure imposée de ce genre d'exercice." Ainsi donc, il serait acquis que les défenseurs d'une certaine conception de l'élégance fussent hautains et cassants. Ma phrase était-elle "un poil condescendante" ? J'ai en tout cas retenu la leçon et, depuis, avant leur publication, je prends soin de soumettre mes articles... à une épilation totale.

La simplicité et le respect de l'autre sont des indicateurs d'élégance. Car l’élégance est aussi une affaire de manières. S'il m'est arrivé de l'oublier, je le regrette sincèrement. Mais qu'on ne confonde pas tout : juger les apparences ne signifie pas juger sur les apparences. Si, par exemple, j'ai moqué dans mon billet Au revoir la mise du Français moyen en vacances, c'était à raison : je me sens offensé par l'irrespect dont son laisser-aller témoigne. De même, les sots qui se parent méritent mon blâme. Je pardonne, en revanche, aux fautes de goût et j'admire les trouvailles qui attestent un don. Mais le don restant l'exception, je crois très utile la diffusion des règles du bien-vêtir. S'habiller est un acte culturel et, par là, il s'apprend. On apprend à conduire; pourquoi n'apprendrait-on pas à s'habiller ? Il existe un code de la route et il existe un dress code. De même que la connaissance du premier ne garantit pas qu'on soit un bon conducteur, de même celle du second ne signifie pas qu'on s'habille bien. Mais au moins permet-elle qu'on le fasse moins mal. Et c’est déjà une sacrée victoire.

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 07:32

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Le Chouan des villes est heureux de planter sa première bougie dans son gâteau breton !

Il encourage tous ses fidèles lecteurs à boire à sa santé un verre de chouchen !

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 08:11

J’inaugure aujourd’hui une galerie d’hommes élégants.

Ils sont connus ou inconnus. Ils sont vivants ou morts. Ils ont tous, sur ces photos, atteint un certain âge. L’élégance est un art de la maturité. Les connaissances et le savoir-faire s’acquièrent avec le temps. Telle tenue élégante, portée par un jeune homme, a toujours (disons le plus souvent) quelque chose d’emprunté… d’emprunté à son père, en quelque sorte ! Remarquons, à ce sujet, le nombre de mots qui désignent dans notre langue les jeunes gens poussant le souci de l’élégance jusqu’au ridicule : gommeux, gandin, petit-maître, etc. Frédéric Beigbeder a dit quelque part qu’il aimait « les vieux messieurs chic ». Moi aussi. Avec la barbe, ça nous fait deux points en commun !

Ces hommes sont de pays, d’époques et de cultures différents. Ce qui frappe en les voyant, c’est un sentiment d’unité. Chacun d'entre eux est, au sens fort, quelqu’un. Leurs vêtements – par ailleurs bien coupés et de qualité – reflètent et prolongent leur personnalité.

Les photos ne sont pas toutes d’excellente qualité. Je fais avec ce que je trouve. Je sais, en tout cas, pour avoir vu ces hommes à la télévision ou dans la vie, qu’ils méritent tous le qualificatif d’élégant.

Je n’ai pas jugé utile de citer des noms qui, en matière d’élégance, viennent tout de suite à l’esprit : le duc de Windsor, Fred Astaire, Cary Grant, Gianni Agnelli... Je vous évite ainsi une impression de déjà vu.


 Marc Fumaroli.
Une figure. Une immense culture.
 

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Luigi d’Urso.
Décédé voici quelques années. Etait marié à Inès de la Fressange. Adepte du style italien et de la cravate tricotée à pois brodés.

luigi-d-urso.jpg

 

Georges Touzenis.
Artiste peintre. Adepte du style anglais qu’il personnalise à l’aide d’accessoires fantaisistes.

George-touzenis-HD


José Luis de Villalonga.
Grand d’Espagne. Grande classe et grande allure. Fut acteur à ses moments perdus. Sa silhouette longiligne  traverse Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda. Il est l’amant de Cléo.

jose-luis-de-vilalonga.jpg 

Lord Mountbatten.
Dernier Vice-roi de l’Inde britannique. A beaucoup appris à son neveu, l’actuel Prince Charles. L’élégance du neveu rend un bel hommage à celle de l’oncle.

lord-mountbatten-def.jpg
 

Jean d’Ormesson.
Adepte de la cravate de laine bleue (cf. Génération d'Ormesson). Son obsession de plaire lui fait commettre des erreurs : vu récemment, dans quelques émissions racoleuses, le costume porté sans cravate ou le veston enfilé sur un pull zippé.

jean-d-ormesson-galerie.jpg

Bruce Boyer.
Américain. Grand connaisseur de la mode. The Sartorialist l’a photographié quelquefois. Chaque portrait est une leçon d’élégance. (Lire l’article De l’art de s’habiller)

bruce-boyerr.jpg

 

Bernard Lanvin.
A publié en 1987 un (inégal) Guide de l’élégance au masculin. Adepte d’un classicisme (français ?) de bon aloi.

bernard-lanvin.jpg 

François Goffinet.
Paysagiste belge. Souvenir d’un numéro des Racines et des ailes où son élégance, son charme et sa délicatesse m’avaient conquis.

francois-goffinet.jpg 

Nehru.
…parce que l’élégance ne se limite pas au costume occidental !
nehru-copie-1.jpg

   

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 07:49

Mon titre vous intrigue ? C’est fait pour. Voici comment il faut le comprendre :

- Question : celle que je posais dans mon billet La vérité est tailleur : « Combien de tailleurs aujourd’hui en France ? »

- Réponse : celle que je croyais avoir trouvée dans  Métiers d’art  spécial tailleurs : 150. Je le croyais… jusqu’à ce que le  commentaire d’un d’entre vous (Alan-B) insinue en moi le doute : « J’ai découvert dans ce magazine qu’il existait 150 ateliers de tailleurs sur le territoire (…) alors que sur le blog « Journal d’un tailleur », il n’y en a que 13 à Paris. »

C’est vrai ça. J’avoue avoir gobé le chiffre – dont Priscille de Lassus, qui a signé l’article, dit qu’il provient de la Fédération nationale - sans m’interroger plus avant.

Reprenons : 150 – 13 = 137. Impossible que les tailleurs de province fassent la différence. Quand, au début des années 80, le Chouan a commencé à fréquenter les tailleurs, sa bonne grosse ville de province en comptait 7 ; aujourd’hui, un seul est encore en activité et il a allègrement (il faut croire que le métier conserve…) dépassé les 70 ans !

13 en tout et pour tout à Paris aujourd'hui ? Renseignements pris, j'ajouterai(s) quelques noms à la liste du "Journal" : di Fiore, Brano (avec Brahim Bouloujour), Jean-Luc Rambure (à voir, sur son site, un étonnant film de présentation), Massari, Dino Bianco... A tout casser, une vingtaine...

- Re-Question : Alors ?

Mon aimable commentateur finit en me demandant : «  Avez-vous des informations plus précises ? » J'ai dit ce que je savais.... Qui d’entre vous éclairera nos lanternes ? Moi, je donne ma langue au tchat !

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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 08:46

Les publicités sont conçues pour faire vendre. C’est un truisme. Pourtant, à en voir certaines, on s’interroge.

 

Barbour

On s’attendait à mieux de Barbour. Sans doute la marque, avec une photo de ce genre, cherche-t-elle à attirer vers elle une clientèle plus jeune. Au final, elle risque de décevoir ses adeptes. Quant à la nouvelle cible visée, sa prévention contre une marque qu’elle juge vieillotte et conventionnelle l’emportera sur tout le reste.



Paul and Joe

Pour ceux qui, en lunettes noires, veulent jouer les stars du samedi soir. Le haut habillé (mais il faut voir comment…), le bas décontracté. Une idée assez bête pour être celle d’un styliste. Regardez la longueur des manches de la chemise et celle du pantalon : le mannequin pressenti se serait-il désisté au dernier moment et aurait-il été remplacé par un collègue plus petit ? Comment ? C’est voulu ? Ah ! ces stylistes !



Mise au green

Une marque sportswear dont le logo (trois vaches à la queue leu leu) laisse songeur. En matière de bestiaire, on préfère encore le crocodile ! Le catalogue automne-hiver 2009-10 était rempli d’horreurs : beaucoup de chemises à carreaux et de pulls rayés atrocement colorés. Cet exemple parmi tant d’autres :


 

Dockers

Quand le look s’invite chez Dockers, ça fait mal ! Voici une tenue pour ceux qui aiment qu’on les déguise – et tant pis si c’est en idiots de village. Notez la chemise boutonnée jusqu’en haut (façon deschiens), les bretelles descendues, la casquette de marin enfoncée jusqu’aux oreilles…



Burberry

Un aimable petit couple d’anorexiques prêts à se rendre à un enterrement. Lui, manteau trop grand (style manteau de grand-père) et mal coupé : notez l’emmanchure ! L’ampleur du manteau croisé porté déboutonné est impressionnante – d’autant plus qu’elle contraste violemment avec l’étroitesse du trench noué très serré de la brindille.


 

Gentleman farmer

Une tenue de petit vieux. Au printemps, les retraités affectionnent ce genre de camaïeu beigeasse. On chercherait en vain un rapport entre l’image et le slogan : « Etre et se comporter comme un gentleman. » Un trait d’humour ?

 

 

Paul Smith

De l’art de mettre en valeur un défaut. Si vous avez un cou de girafe (remember David Martinon) et qu’il fait votre fierté, alors n’hésitez pas : imitez le mannequin de la photo ; portez une veste aux épaules bien basses sur une chemise dont le col pose trop bas et dont les tombants sont minuscules. Notez encore la terrible association des couleurs. Pour ceux qui achètent en fonction de la marque et pas du vêtement. Ils y mettent le prix et le font savoir. Comme les sapeurs ou comme le mannequin de la photo, ils usent de stratagèmes pour que l’étiquette intérieure se voie. Puéril. Un peu moins de twist, Paul, et un peu plus de classic !


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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 08:31

couverture-metiers-d-art.jpg

Le magazine Métiers d’art consacre, dans son nouveau numéro, un dossier sur les tailleurs. Pas un de ces dossiers attrape-nigauds annoncés comme exceptionnels sur la couverture et se réduisant à quelques pages intérieures écrites gros et abondamment illustrées. Non, un vrai dossier, riche de quelque trente pages, articulées autour de six thèmes : l’ Histoire, les Techniques, les Acteurs (24 heures chez Camps de Luca – ambiance à la Vermeer pour la photo de la page 31), le Marché (avec d’instructifs renseignements sur les parcours de formation), les Horizons et les Repères pratiques. A la périphérie de ce dossier, on trouvera, notamment, un agréable reportage sur Savile Row, un autre sur l’atelier du tailleur de l’Ecole militaire (Monsieur Obis) et quelques belles pages sur la mode française au XVIIIe siècle.

La page 47 réserve une jolie surprise aux habitués du site Stiff Collar !

Mon billet La vérité est tailleur  posait la question : « Combien de tailleurs aujourd’hui en France et combien d’apprentis ? » J’ai, en partie, ma réponse : « 150 ateliers avec une forte concentration à Paris ». La situation en province est catastrophique : « En province, des villes comme Lyon, Marseille, Strasbourg ou Bordeaux possèdent encore leur tailleur, mais les maisons ferment souvent sans trouver de repreneur. » La comparaison avec l’Angleterre est douloureuse où – la page 58 nous l’apprend – le nombre des tailleurs s’élèverait  à « près de 800 dont 300 à Londres. » Je serais curieux de connaître les chiffres pour l'Italie.

La partie  Horizons  m’a fait tiquer, qui fait dangereusement rimer tailleurs et créateurs. J’aime ce que dit le maître tailleur David Diagne : « Les classiques sont justes sinon ils n’auraient pas perduré jusqu’à aujourd’hui. » L’évolution, je ne suis pas contre, pourvu que la recherche de l’originalité ne se coupe pas de celle de la beauté. Il faudra, un jour, que je développe ce point de vue.

Un seul point faible : l’édito, signé Nathalie Gaillard, « Attachée de conservation et Directrice du Musée de la chemiserie et de l’élégance masculine » (j’ignorais que l’élégance pût être mise en musée !) La longueur des titres de Nathalie Gaillard est inversement proportionnelle à celle de son édito - quelques lignes bâclées, émaillées de perles : « L’homme élégant ne porte que des vêtements réalisés sur mesure par les meilleurs tailleurs et chemisiers. » La restriction exclusive et le superlatif absolu éloignent à jamais du monde de l’élégance les bourses modestes. Si, en ce domaine, élitisme il y a, il s'agit d'un élitisme du goût et non de l'argent. Citons encore : « La chemise (de l’homme élégant est) blanche à poignets mousquetaires et cravate assortie (sic). » Madame Gaillard convoque, à la fin de son texte, la figure de Jean-Claude Pascal qui, rappelle-t-elle, fut sacré deux fois « l’homme le plus élégant de l’année ». Les connaisseurs savent ce qu’il faut penser - aujourd'hui comme hier - de ce genre de classement. A tant faire que de citer ce chanteur-comédien qui connut son heure de gloire dans les années 50, autant que ce soit pour de bonnes raisons : ses débuts dans le stylisme (chez Hermès) et son amour du beau tissu qui, alors qu’il était déjà fatigué, le conduisit à tenter de reprendre l’entreprise de textile familiale.


jean-claude-pascal.jpgJean-Claude Pascal


Merci à Priscille de Lassus et à Anna Serwanska de ce beau numéro.

8,50 euros.

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