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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 08:01

Ministre de l’Education nationale, Luc Ferry avait alors adopté la tenue de la fonction : costume sombre, chemise blanche. Certains détails le distinguaient néanmoins de ses collègues : les coloris très vifs de ses cravates et la longueur de ses cheveux. Malgré ses efforts, Luc Ferry ne réussit jamais à ressembler tout à fait à un ministre. Son passage rue de Grenelle fut éphémère et se solda par un échec.

 

luc-ferry-copie-1.jpg

 

Depuis cet épisode, Luc Ferry n’a pas changé de style. L’homme a une certaine allure (maintien, taille), mais il n’a pas d’élégance : ses cravates flashy sont souvent mal nouées ; ses costumes sont mal coupés ; ses cheveux, trop noirs et trop longs, détonnent avec son visage de sexagénaire. Mais, ainsi habillé, Luc Ferry ne correspond pas non plus à l’image qu’on se fait généralement d’un philosophe. Sa moitié est son contraire : noble, sans diplômes, jeune. Cet homme est inclassable, donc, à mes yeux, digne de sympathie.

La différence engendrant la haine, on comprend mieux pourquoi Luc Ferry, alors qu’il était ministre, fut l’objet de multiples attaques et jalousies. Il dit aujourd’hui ne garder aucune rancœur de ce temps, mettant en pratique la sagesse qu’il prône dans ses ouvrages.

 

luc-ferry-sa-femme-en-bleu.jpgMonsieur et Madame


J’avoue toutefois ma récente déception en apprenant que le couple et ses deux enfants avaient passé des vacances à Saint-Tropez et que Madame - au look très people - avait envisagé la commercialisation d’un sac de son invention portant l’inscription : « Madoff m’a tout pris ». Notre philosophe finirait-il par confondre la bonne vie à l’antique avec la belle vie tropézienne ?


sac-madoff-m-a-tout-pris.jpg

 

Le cas Bernard-Henri Lévy est très intéressant. Ce philosophe milliardaire aux emballements médiatico-humanistes successifs a toujours prêté une extrême attention à son apparence. Les plus âgés se souviennent peut-être du numéro d’Apostrophes qui, en 1977, le rendit célèbre en un soir. La crinière romantique, la chemise largement ouverte, il était insolent de beauté et d’aisance.

 

bernard-henri-levy-jeune.jpg

 

Un style était né, reconnaissable entre tous. Depuis lors, Bernard-Henri Lévy n’en a pas changé. Mais le temps a fait son œuvre : les traits se sont affaissés ; les cheveux ont été teints, d'abord en un noir de jais, puis, récemment, dans les gris. Un savant brushing permet – c’est gonflé ! – la permanence de la coupe :


Bernard-Henri-L_vy_brushing.jpg


Quant au décolleté… ce qui peut passer à vingt-neuf ans pour une provocation charmante se transforme plusieurs décennies plus tard en une impardonnable faute de goût :


bernard-henri-levy-chemise-ouverte-copie-1.jpg


Bernard-Henri Lévy, pourfendeur des injustices, est un adepte de la vie luxueuse. L’œil averti le voit aussi à sa mise. Il porte à son poignet une Cap Cod Hermès bracelet double tour. Ses fameuses chemises immaculées sont signées Charvet. Ses costumes noirs sont, au moins depuis quelques années, impeccablement coupés. Bernard-Henri Lévy cultive, à sa façon, un certain dandysme. Il ne le dira jamais (en cela, très dandy), mais il en fait assez pour le laisser entendre. Voyez la simplicité toute brummellienne de son costume. Souvenez-vous de son admiration pour Baudelaire (cf. son livre Le Testament de Charles Baudelaire). Appréciez cette vie conçue, selon le principe wildien, comme une œuvre d’art. Ce philosophe, qui se veut témoin et acteur de son temps, s’est construit à partir de modèles anciens. Regardez ses portraits photographiques : il pose à la manière des grands écrivains et penseurs de l’autre siècle - Valéry, Gide, Malraux…

 

paul_valery-jpg

 Paul Valéry


andre-gide.jpgAndré Gide

 

andre-malraux-posant.jpgAndré Malraux


bernard-henri-levy-posant-a-garder.jpg

Bernard-Henri Lévy


Arrêtons-nous un instant sur l’influence de Malraux. Elle dépasse largement les sujets traités dans ce blog : même vision de l’intellectuel engagé et présent sur les terrains d’action ; même intérêt pour le cinéma (d’un côté Espoir et de l’autre Le Jour et la nuit – le combat, je vous l’accorde, est inégal) ; même inclination pour les femmes sophistiquées ; même absence totale d’humour. Pour ce qui nous intéresse, même goût du luxe et même narcissisme mâtiné de dandysme.

On voit assez, à la qualité des modèles qu’il s’est choisis, la haute opinion que Bernard-Henri Lévy se fait de lui-même. Sans doute rêve-t-il d’inspirer à son tour des imitateurs. Il n’en trouvera certainement pas parmi ceux qui, comme nous, quêtent l’élégance et le goût.

 

Fin de défilé. Qu’en conclure ? Non, nos philosophes ne sont pas de purs esprits. Ils ont des corps. Certains cajolent même le leur. Médiatisation oblige, ils soignent leur apparence. Aucun ne peut prétendre à être un modèle d’élégance, mais aucun n’échappe à une certaine coquetterie. Celle-ci se manifeste, curieusement, par l’attention unanime qu'ils portent à leurs cheveux. Tous font le rêve de la crinière – rêve partagé, allez savoir pourquoi, par de nombreux musiciens, chefs d’orchestre et avocats… Ils choisissent des tenues qui font sens – qui parlent pour eux et qui parlent d’eux. Tenues sobres, où le noir domine. Ils cherchent surtout à éviter le piège de la superficialité. Mais, de même que le sens d’un texte excède souvent les intentions de son auteur, de même nos tenues nous dévoilent à notre insu.

Etre un ami de la sagesse n’exclut pas l’amour de soi. Schopenhauer lui-même, ce grand philosophe pessimiste, collectionnait, dit-on, à la fin de sa vie les photos et les portraits qui le représentaient. Il aimait à prendre la pose : yeux brillants, sourire sarcastique… et cheveux fous. "Cheveux longs, idées courtes" : la formule est de lui. Mais elle s'appliquait aux femmes.

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 09:00

L’Express de cette semaine s’accompagne d’un supplément Styles consacré à l’Homme. Rien à dire sur cette livraison, sinon qu’elle témoigne d’une conception du style très éloignée de la nôtre.


couverture-express-muscadin-copie-1.jpg


Si j’en parle – mais vite -, c’est à propos de l’éditorial de Guillaume Crouzet, responsable du numéro. Sous le titre « Le bel air des sapeurs » (on dirait une contrepèterie), il évoque à nouveau (1) la « sape », ce phénomène déjà ancien puisque né – si je ne m’abuse – à la fin des années 60 au Congo.

La conclusion de Guillaume Crouzet m’a étonné : « Le bel air des sapeurs n’est-il pas un clone de celui des Muscadins, de ceux qu’on appelait à l’époque les Incroyables » ? L’époque, précisons-le, c’est le Directoire.

Le rapprochement est osé et me paraît en grande partie erroné.

L’excentricité des Muscadins, remplacés par les Incroyables, fut une réaction de la « jeunesse dorée » (expression d’époque) au débraillé des sans-culottes. Les sapeurs, confrontés, eux, à la misère, doivent lutter pour satisfaire leur goût immodéré de « la griffe ». Leur « classe » se veut un défi à l’ignorance vestimentaire et au laisser-aller des élites fortunées de Brazzaville ou – dans le cas des sapeurs parisiens – des habitants d’un ex-pays colonisateur.

Autre différence – de taille (dans tous les sens du mot) : comme l’écrivirent les frères Goncourt (2), « les Muscadins demandaient aux ciseaux des ouvriers de manquer telle chose de telle façon ». La monstruosité de leurs tenues était donc pleinement concertée. Les sapeurs, au contraire, se coulent dans le moule du costume occidental. La visibilité caricaturale des couleurs et des accessoires ne saurait faire oublier le respect des fondamentaux.

Guillaume Crouzet s’est sans doute laissé abuser par les apparences. L’excentricité est certes commune aux Incroyables et aux sapeurs, mais elle ne suffit sûrement pas à faire de ceux-ci des « clones » de ceux-là.

Alors, quel solide point commun pourrait-on trouver entre les uns et les autres ? Il y aurait bien la question de la prononciation : les Incroyables, par snobisme, faisaient tomber les « r ». Ainsi se faisaient-ils appeler « Inc’oyables ». Mais – à moins de faire parler les sapeurs comme Hergé fit parler les Africains dans Tintin au Congo -, ce rapprochement ne tiendrait pas davantage. Il serait malvenu et inélégant.

 Sur les sapeurs, cliquez ici.
__________________________________________________________

1) Voir  Un Express qui passe mal...
2) E. et J. Goncourt, Histoire de la société française pendant le Directoire.

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 07:53

Le titre de deux de mes articles précédents (« Penser sa garde-robe ») m’a donné l’idée d’aller voir du côté des philosophes. Comment ces professionnels de la pensée s’habillent-ils ? Pensent-ils leur garde-robe ? Sont-ils de purs esprits ? Se vêtir relève-t-il pour eux de l’ennuyeuse nécessité ? J’ai retenu cinq noms en prenant la notoriété médiatique comme critère. Passons en revue les membres du club.

Peu de choses à dire sur André Glucksman. Son visage de Mongol retient plus l’attention que sa mise. Il intrigue, suscite des questions. Visage retiré ? Vrais cheveux ou perruque ? Cette coiffure à la Cabu étonne. Ou à la Andy Warhol. J’inclinerais pour la perruque – voir la couleur des cheveux, leur épaisseur (à 73 ans tout de même…), leur régularité.

     

andre-glucksmann.j.jpg


Pour certains, André Glucksman a trahi les idéaux communistes de sa jeunesse pour se transformer peu à peu en un atlantiste forcené (échevelé ?). Il fut l’un des très rares intellectuels français à se prononcer, en 2002, en faveur d’une intervention militaire en Irak.

André Gluksman est peut-être passé à l’ouest (ses ennemis le disent à l’ouest, très à l’ouest…), mais il a gardé une gueule genre méchant agent soviétique dans un James Bond ancienne manière.

 

Maintenant, jouons un peu. Quel look imagineriez-vous pour un philosophe qui professe une doctrine libertaire et hédoniste ? Du rouge… une longue écharpe… une barbe hirsute… des cheveux très longs… une veste de velours… Eh bien, non ! vous avez tout faux ! Voici un portrait du philosophe en question :


michel-onfray.jpg 

Ne dirait-on pas la mise d’un janséniste ? Notez les lunettes rectangulaires dont la sévérité annule, pour ainsi dire, la douceur introduite par l’ondulation des cheveux.

Michel Onfray – car c’est de lui qu’il s’agit – ne s’est jamais vraiment remis de ses quatre années passées dans un pensionnat catholique. Son anticléricalisme violent trouve sans doute sa source dans ce traumatisme de l’enfance. Le philosophe normand (… à la mode de Caen !) ne nous démentirait pas, lui qui prétend que la biographie d’un philosophe doit servir à éclairer son œuvre. Notons au passage que, depuis Proust, la critique littéraire a abandonné ce principe sainte-beuvien. Appliquée à lui-même, la thèse de Michel Onfray ouvre sur des perspectives intéressantes : et si son athéisme militant s’expliquait par le ressentiment ? En butte à de profondes blessures biographiques, la liberté du libertaire n’est peut-être pas, pour citer Rimbaud, aussi libre que cela. Michel Onfray n’a pas fini de régler ses comptes avec son enfance : sa mise de curé en fait foi.

 

Alain Finkielkraut ne semble pas du genre à prêter beaucoup d’attention à sa toilette. Investi d’une mission, il a d’autres urgences : le respect de la laïcité, l’école républicaine, la vitupération des sous-cultures, le retour de la civilité, le devoir de mémoire, etc. Pas de temps à perdre avec des futilités. Ses multiples combats requièrent toute son énergie. Qui l’a vu débattre sur un plateau de télévision sait de quoi je parle : son visage, alors, est celui d’un Saint-Sébastien percé par les flèches. Un Saint-Sébastien laïque, martyr de la République.

 

alain.finkielkraut.jpg

 

Pourtant, à y regarder de plus près, des détails obligent à la nuance. Je soupçonne Alain Finkielkraut de pratiquer un négligé très étudié. Sa coiffure par exemple : Alain Finkielkraut peut fiévreusement passer la main dans ses cheveux, ceux-ci reprennent immédiatement leur forme. Du grand art. Passons maintenant à la cravate. Notons, d’abord, sa présence et remarquons, ensuite, la désinvolture avec laquelle elle est nouée : un nœud légèrement défait, façon artiste. La répétition du phénomène témoigne d’une volonté délibérée et non d’une distraction passagère.

La cravate d’Alain Finkielkraut peut se prêter à une autre lecture. On peut la voir comme le symbole des contradictions du personnage – tiraillé entre son goût de l’ordre, que révèle le choix de cet accessoire, et son refus de la conformité, dénoté par le nœud défait. Alain Finkielkraut est-il encore de gauche ? On l’a cru à deux doigts de se rallier à Nicolas Sarkozy lors de la dernière élection présidentielle. La bouche, qui énonce des certitudes, semble démentie par cette cravate qui ne dit pas oui, qui ne dit pas non. Je ne doute pas un instant de la sincérité d’Alain Finkielkraut, mais je ne peux me défaire de l’idée qu’il entre une part de comédie dans la manière dont, sur le ring médiatique, il mène ses combats. Quand il enfile  complaisamment la tenue du scrogneugneu catcheur, ça sent le trucage – et il fait rire à ses dépens.

L’homme est plus complexe qu’il n’y paraît. Saviez-vous qu’il avait de l’humour ? Il a écrit, il y a longtemps, un plaisant recueil de mots-valises. Saviez-vous, plus étonnant encore, qu’il cultivait sa forme physique ? J’ai lu quelque part qu’il avait un préparateur physique, le même, si ma mémoire est bonne, que Jane Birkin !

 

Prochain épisode : Luc Ferry et Bernard-Henri Lévy

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 08:28

Mon article « Penser sa garde-robe » a déçu certains d’entre vous qui ont lu des généralités là où ils attendaient des conseils pratiques. Cette suite continuera sans doute de les décevoir. La garde-robe type n’existe pas, et ceux qui ont essayé de l’imaginer n’ont convaincu qu’eux-mêmes. Voici, pour sourire, celle que propose James Darwen dans Le Chic anglais :

Ouvrons délicatement les lourdes portes d’acajou de Cuba aux moulures soulignées de cèdre noir et regardons.
5 costumes de ville ;
2 costumes de tweed pour porter à la campagne (inverser les chiffres pour les gentlemen ayant l’heur de vivre à la campagne ou pour ceux qui veulent donner cette impression) ;
3 vestes de tweed ;
1 blazer croisé sans écusson ;
1 smoking ;
1 ou 2 vestes d’été (nous parlons ici du gentleman habitant l’Angleterre) ;
2 paires de pantalons de flanelle grise ;
5 ou 6 paires de pantalons de velours ;
3 paires de caleçons ;
1 corbeille de chaussettes (souvent par demi-paires puisque la tendance affirmée des machines à laver modernes est de faire régulièrement disparaître une chaussette – jamais deux) ;
85 cravates (club pour tous les jours, une pour l’habit) ;
17 pochettes ;
5 chemises de ville blanches ;
13 chemises de ville de couleurs ;
25 chemises pour les week-ends et la campagne ;
8 pulls avec et sans manches ;
3 paires de pyjamas ;
1 robe de chambre en laine ;
3 robes de chambre en soie (pour le plaisir) ;
2 vestes d’intérieur (en velours) ;
5 paires de chaussures plus des pantoufles variées ;
4 manteaux ;
plusieurs chapeaux et casquettes ;
un bouquet de cannes et de parapluies sera conservé dans le hall d’entrée dans un vase Ming ou dans une douille d’obus de la Première Guerre mondiale ;
2 poignées de boules de naphtaline (la mite, cette répugnante importation du Continent, pond de 5 à 100 œufs qui éclosent en dix jours… mais le gentleman aime cette odeur particulière qui évoque pour lui le goût de la conservation et le maintien d’une tradition) ;
…et, dans le fond, tout en bas, les vêtements divers, importables et même embarrassants, offerts par des admiratrices ou des belles-mères et que le gentleman n’a pas encore été en mesure de jeter ni de détruire.

 Une telle liste a valeur d’exemple mais ne saurait être un modèle ! Au mieux peut-on énoncer quelques principes simples que d’aucuns auront tôt fait de taxer de simplistes. Je prends le risque.

Se constituer une garde-robe est une démarche personnelle. Chacun voit midi à la porte de son dressing, et c’est très bien ainsi. Autrement dit, la garde-robe idéale, c’est la sienne. Cf. James Darwen.

Si vous êtes jeune, hâtez-vous d’apprendre la patience. Les manques vous lamenteront et vous aurez plus d’une fois l’impression – justifiée – de n’avoir rien à vous mettre. Procédez avec raison. Si, par exemple, vous vous êtes pris de passion pour les beaux souliers, ne commencez pas par casser votre tirelire pour vous offrir la paire de vos rêves. Achetez plutôt trois paires de sobres richelieus (des noirs, des marron foncé, des marron clair) que vous ferez tourner. Agissant ainsi, vous aurez la satisfaction d’être tous les jours correctement chaussé et vous vous donnerez du temps pour monter en gamme. Cette façon de faire est transposable à presque toutes les pièces d’un vestiaire.

Méfions-nous des coups de cœur. Ce conseil ne vaut pas que pour les vêtements, hélas ! Nous vibrons, nous succombons, nous regrettons. Nos achats coups de cœur sont généralement inspirés par la mode. Méfiance redoublée, donc !

Adaptons notre garde-robe à notre activité professionnelle. Si celle-ci nous dispense de porter des costumes, à quoi bon nous ruiner dans leur achat ? Vous avez toujours rêvé de vous faire couper un smoking à vos mesures, mais vous savez que vous n’en aurez pas l’usage ? Renoncez à votre rêve. N’achetez que ce que vous êtes certains de porter. On peut être très élégant en pull-over ou en cardigan.

Adaptons aussi notre garde-robe à notre lieu de résidence : ville, campagne, mer, montagne. Climat favorisé, froid ou pluvieux…

Adaptons enfin notre garde-robe à nos revenus. Tout mettre dans ses vêtements – au même titre que tout mettre dans sa voiture par exemple – est vulgaire. L’idéal d’un homme élégant, c’est l’art de vivre dont l’art de s’habiller n’est qu’une facette.

Certains vêtements et accessoires (veste, chaussures, montre…) ne sauraient souffrir, toutefois, l’à-peu-près. Un moment vient où, fatalement, ils impliquent des efforts, voire des sacrifices financiers. 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 08:59

alain-delon-borsalino-def-copie-1.jpgAlain Delon et Jean-Paul Belmondo, Borsalino


Demain soir, sur FR3, passe Borsalino de Jacques Deray. Film archiconnu, vu et revu. Mais on ne se lasse pas du duo formé par Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, alias Roch Siffredi et François Capella. Le scénario – auquel ont participé des pointures : Jean Cau, Claude Sautet, Jean-Claude Carrière – s’inspire d’un roman d’Eugène Saccomano (si, si, le fameux commentateur de football) intitulé Bandits à Marseille.

Les décors et les costumes contribuent pour une large part à l’intérêt du film. Les premiers sont signés François de Lamothe et les seconds Jacques Fonteray. Pour en savoir plus sur ce dernier - grand créateur de costumes pour le septième art  -,  cliquez ici.

Siffredi et Capella évoquent les célèbres Carbone et Spirito, qui  régnèrent sur le milieu marseillais dans les années trente et quarante.

Mais la fiction a plus de charme que la réalité :


carbone-et-spirito.jpgCarbone et Spirito


Les tenues créees par Fonteray sont caractéristiques de la mise des truands de l’entre-deux-Guerres. Les « Messieurs » - comme on disait alors - connaissaient les règles de la grammaire de l’élégance classique, mais ils multipliaient sciemment les barbarismes. Leur façon de s’habiller était à l’élégance classique ce que l’argot est au beau langage. Ils détournaient, dévoyaient – mais qu’un voyou dévoie, après tout, quoi de plus normal ? Leur rhétorique privilégiait deux figures : l’hyperbole – rayures trop larges, épaules trop marquées, taille trop pincée, pochette trop ressortie… - et l’antithèse – la combinaison cravate claire sur chemise noire se substituant à la combinaison inverse en un négatif devenu "cliché" de l'élégance sévèrement corrigée par la pègre. Leur pouvoir avait ses symboles. En tête (c'est le cas de le dire), le borsalino qui, par effet de métonymie, suffisait à les désigner. Et puis les bijoux - or et pierres précieuses aux doigts ou montées en épingle... de cravate (I).


paul-muni.jpgPaul Muni dans Scarface


Alain Delon, qui n’a jamais fait mystère de sa fascination pour les voyous, sublime par sa beauté la figure du caïd. Ses cheveux sont gominés et coiffés en arrière, selon la mode lancée par Rudolf Valentino dans les années vingt et popularisée chez nous par Tino Rossi. Celui-ci pratiqua aussi le mélange des genres : ses accointances avec Carbone et Spirito étaient connues et firent beaucoup jaser.


rudolf-valentino-def-def.jpgRudolf Valentino
tino-rossi.JPGTino Rossi

alain-delon-rotation.jpgAlain Delon


Borsalino aura une suite, Borsalino and Co (1974). Elle sera ratée.



1. Sur l'élégance des voyous dans l'entre-deux-Guerres, on se reportera avec profit au chapitre 19 de Des Modes et des Hommes de Farid Chenoune, Flammarion.
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 09:00

Charley Dupré a signé quelques commentaires sur ce blog. Il vient de publier un e-book intitulé Guide du Style et de l’Elégance pour Homme.


couverture-dupre.jpgIllustration : Pam Koger


Le travail de recherche et de synthèse est très important et très sérieux. L’ensemble se présente de façon simple et claire. Les illustrations sont nombreuses, à défaut d’être unanimement belles. Les conseils pratiques et les informations variées combleront les débutants – car c’est d’abord à eux, il me semble, qu’un tel ouvrage est destiné. L’angle choisi est assez ouvert pour que, quels que soient leurs goûts, les lecteurs s’y retrouvent.

J’avoue, pour ma part, avoir survolé les chapitres consacrés aux sneakers et au jean. J’ai tiqué à l’évocation des vertus du pantacourt. J’ai regretté l’omission de la casquette plate – si élégante, pourtant, quand elle accompagne des tweeds et des velours. J’ai surtout été gêné par les fautes de grammaire et d’orthographe dont l’ouvrage est émaillé. On aurait aimé que le souci d’un style correct vaille pour la langue autant que pour la mise !

Ces réserves, livrées en vrac, ne doivent pas faire oublier les mérites de l’entreprise. En tête, celui d’exister.

Le Guide du Style et de l’Elégance pour Homme est disponible en deux versions, l’une dite « essentielle » (170 pages, 10,00 euros) et l’autre dite « avancée » (370 pages, 17 euros). http://www.guide-style-elegance.com

 

LIre, en commentaire, les explications intéressantes de l'auteur.

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 09:11

A Milan et à Paris ont eu lieu le mois dernier les défilés prêt-à-porter hommes Automne-hiver 2010-2011 (cf. Les défilés Prêts-à-porter Automne-hiver 2011) - et, ce mois-ci, c'était New York. Ce genre de manifestation nous rappelle à quel point nous, les hommes, sommes avantagés sur nos compagnes pourvu que nous restions insensibles aux séductions de la mode. Et la mode n’intéresse pas – sinon par curiosité – les hommes élégants. Plaignons donc les femmes, obligées de tenir compte à chaque nouvelle saison des fantaisies intéressées des faiseurs de tendances ! Madeleine Vionnet, à qui les Arts décoratifs ont récemment consacré une exposition, le disait très bien : « Il y a dans les caprices saisonniers, fugitifs, un élément superficiel et instable qui choque mon sens de la beauté. »

Autre avantage : quand les tenues des femmes sont tributaires de leur âge, celles des hommes sont presque toujours les mêmes de l’entrée dans l’âge adulte jusqu’à la vieillesse.

Une garde-robe masculine digne de ce nom se construit lentement et ne se démode jamais. La plupart des principes édictés voici près d’un siècle sont encore valables aujourd’hui. Le temps est notre allié ; sachons en profiter ! Raisonnons nos achats : c’est ce à quoi veut aider, modestement, un blog comme celui-ci. Les jeunes, plus sensibles aux sirènes de la mode, ont particulièrement besoin d’être guidés. Qu’ils méditent cette réflexion de Philippe Julian – que j’ai lue autrefois dans sa biographie d’Oscar Wilde; je cite de mémoire : « Un homme élégant préfèrera toujours un seul costume bien coupé à toute une garde-robe improvisée. »

Au bout du compte, additionner patiemment des vêtements intemporels et de qualité est-il plus onéreux que de multiplier les vêtements à la mode – vite donnés ou jetés ? « Je ne suis pas assez riche pour acheter de la mauvaise qualité » : on connaît ce paradoxe inspiré par le bon sens. Savoir faire les bons choix évite les regrets. Et permet de se constituer un fonds de vestiaire que des achats espacés suffiront à faire évoluer. L’expérience invite à la nuance, voire à la répétition, plutôt qu’au changement. On se procurera deux paires de souliers identiques mais dans des tons différents. On achètera en plusieurs exemplaires une cravate dont on craindra de ne plus retrouver le modèle. On appréciera que son tailleur ne change rien à une coupe jugée parfaite.

Regardez ce portrait de Bruce Boyer :

 

Bruce-boyer.jpg

 
J’ai analysé une autre fois la perfection de la mise (cf.  De l’art de s’habiller) . Je voudrais insister aujourd’hui sur son intemporalité. Cette photo date de 2006. Mais vous reconnaîtrez avec moi qu’elle aurait  pu aussi bien être prise deux, trois… six, sept décennies auparavant. « La mode se démode, le style, jamais », disait Chanel.

Harmonie des formes et des couleurs, qualité des matières, recherche du style : tels doivent  être nos critères quand nous fournissons notre vestiaire. La mode reste à la porte. Elle n’est tout simplement pas faite pour nous.

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 08:10

Les carreaux, cette saison, envahissent nos magazines. Ils se font beaucoup plus discrets dans nos rues. L’ère du « dépareillé inversé » annoncée par Franck Boclet se fait attendre (cf Un motif de discussion : le carreau). Dans nos villes, c’est toujours le même défilés d’ombres. Si carreaux il y a, ils sont malevitchiens : noirs… sur fond noir !

Regardez cette page de magazine :


monsieur-page-carreaux

A votre avis, de quand date-t-elle ? Du mois dernier ? D’il y a un an ? Vous n’y êtes pas : je l’ai extraite du Monsieur n° 11 de septembre… 1997 ! Cet exemple, au passage, donne une nouvelle fois tort au rédacteur du site de Spikeseduction quand il proclame que « la mode ne regarde pas en arrière » (voir La mode dans le rétro).

Une des raisons d’exister du Chouan des villes est, précisément, de donner à ses lecteurs les éclairages historiques nécessaires pour correctement juger des faits de mode actuels.

Voici, pour conclure (provisoirement ?) sur le sujet, deux photos de personnalités ayant osé les carreaux. La première photo vous est familière puisque je l’ai utilisée déjà à deux reprises dans mon blog ; la seconde est tirée de L’histoire de la mode masculine de Colin McDowell (éditions de La Martinière) :


Scan10001.jpg

Le duc de Windsor

 

picasso-carreau.jpgPicasso


D’un côté, un modèle reconnu d’élégance ; de l’autre, un génial créateur de formes. Pour qui penchez-vous ? Pour moi, je ne balance pas : je préfère – et de loin – la tenue du co-inventeur du cubisme : plus nette, plus lisible et, pour tout dire, plus inspiré. Resterait à juger des couleurs. Mais, dans ce domaine, on peut faire confiance au plus grand peintre du vingtième siècle !

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 08:00

J’aime bien regarder le dimanche matin On n’est pas couché. Le dimanche matin, oui, car j’enregistre cette interminable émission le samedi soir et je la visionne à mon rythme le dimanche matin. Je fais alors chauffer la touche « avance rapide » de ma télécommande : comme vous, j’imagine, ce qui m’intéresse avant tout, ce sont les passes d’armes entre les invités et les deux Eric (Naulleau et Zemmour).

J’écoute et je regarde. Laurent Ruquier renifle, glousse, s’esclaffe à ses blagues d’un autre temps. Les invités lui sourient avec un air souvent gêné. Ils sont polis avec leur hôte qui, quand  ils se feront étriller par les deux compères, prendra assez hypocritement leur défense – surtout s’ils ont du pouvoir.


on-n-est-pas-couche-plareau-bleu.jpg


Le public est baigné dans une lumière bleue très Avatar. Il s’ennuie souvent, se dissipe, bâille… De jolies filles occupent généralement les premiers rangs. Il y a presque toujours une invitée « sexy » qui, présente dès le début de l’émission, s’installera la dernière dans le fauteuil de l’interviewé(e) : allez savoir pourquoi !

Les nombreux plans de coupe offrent aux téléspectateurs masculins des respirations salutaires et des aperçus agréables : la caméra aime s’attarder sur les jupes courtes, les décolletés plongeants, les talons hauts…

L’apparence des hommes m’intéresse aussi, mais pour d’autres raisons. Elle présente une image assez révélatrice des tendances du moment. L’émission de samedi dernier ne dérogeait pas à la règle. Les teintes sombres dominaient. Comme à son habitude, Laurent Ruquier était vêtu d’un costume noir et d’une chemise blanche. L’invité d’honneur, Bernard-Henri Lévy, portait une tenue identique, mais d’une facture bien supérieure : d’un côté du PAP et de l’autre du sur mesure. Sur mesure aussi les chaussures du second – des mocassins à discrètes talonnettes. Les plans le montrant de profil dévoilaient, à un œil averti, le subterfuge. Quoi de plus normal, après tout, qu’un philosophe veuille prendre de la hauteur ?

Du noir et du blanc encore pour Yann Moix, mais déclinés d’une autre manière : du blanc pour la chemise, du noir pour la cravate. Son cas mérite un arrêt sur image car il illustre à merveille le look dit « bobo ». L'une des dominantes de ce nouveau conformisme vestimentaire très en vogue dans les milieux branchés est la suivante : se montrer dans l’état où l’on est quand on n’a pas fini de s’apprêter. Ainsi Yann Moix arborait-il une cravate dénouée, des manchettes de chemise déboutonnées, des cheveux mal coiffés, une barbe de trois jours… Les époques changent, le snobisme demeure. « En 1822, écrit Chateaubriand dans les Mémoires d’outre-tombe, le fashionable (…) devait avoir quelque chose de négligé dans sa personne, la barbe non pas entière, non pas rasée, mais grandie un moment par surprise, par oubli ».

 

yann-moix.jpgYann Moix

 

Sur le plateau, on pouvait repérer quelques autres spécimens de cette étrange ethnie : Jean Teulé, faiseur de livres millionnaire à l'allure cradingue concertée - coeur à gauche, portefeuille à droite et Jaeger Reverso en or au poignet; Arno Klarsfeld, célèbre avocat à roulettes, au visage torturé d'un Raskolnikov; Eric Naulleau, costume noir et barbe timide, et, avec ça, un drôle de gilet et une chemise rose ! Son aspect « nounours » rend touchants ses efforts répétés de coquetterie.

La tenue de l’autre Eric - pas bobo, lui, pour deux sous - défiait, par sa banalité, le commentaire : costume gris, chemise bleu très clair ou blanche, je ne sais plus. Physique ingrat que le sien – il ressemble à un suricate -, mais que sauvent des mains fines et de beaux yeux proustiens.

Au milieu de toute cette tristesse, le pull bleu roi d’Arno Klarsfeld avait quelque chose de réconfortant. Au rayon des couleurs, il y avait aussi la robe rouge d’Amandine Bourgeois. Sur certains plans, le pull bleu de Klarsfeld, la chemise blanche de Moix et la robe rouge d’Amandine donnaient au plateau une touche patriotique qui n’a pas dû déplaire à Zemmour.  

Cela dit, malgré sa robe rouge et ses talons aiguilles renversants, Amandine Bourgeois n’était guère convaincante dans le rôle de l’invitée « sexy ». Mais les goûts et les couleurs…   

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Publié par Le Chouan - dans Personnalités
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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 07:50

Le Dandy n°25 (le dernier que le hasard m’a fait acheter : la ligne éditoriale de ce magazine m'a désorienté plus tôt que PG; à dire vrai, seuls les trois premiers numéros m'avaient vraiment convaincu : des collectors, comme on dit…) recèle une interview très intéressante de Lorenzo Cifonelli. Ce qu’il dit mérite d’être écouté. Et médité. On appréciera sa liberté de ton, notamment quand il parle de certains de ses confrères. Morceaux choisis avec intertitres de mon cru.

S’adapter au client. « On ne fait aucune veste pour nous, c’est le client qui porte le costume, et c’est pourquoi il est important de parler, lors des prises de mesure, à l’essayage, pour savoir comment il vit avec ses costumes. Mais ensuite, il faut écouter sans suivre, parce qu’il y a parfois des contradictions : il faut savoir capter le désir du client, et parfois on ne fait pas exactement ce qu’il demande. »


dandy-vingt-cinq-def.jpg

Les contraintes morphologiques. « Les costumes aux épaules très battues (entendez très basses) ne conviennent pas aux personnes qui ont les épaules un peu droites (…) Pareil pour les gens qui ont les épaules en cintre, donc basses, et veulent une veste à épaules hautes (…) Une personne qui est assez droite au niveau des épaules a intérêt à avoir des vestes plus droites, et non un modèle à épaules napolitaines, plus tombantes, car ce sont les contrastes avec le corps qui créent les problèmes, et il faut les limiter autant que possible. (…) Une épaule battue, tombante, habille moins facilement qu’une épaule droite qui a plus de padding, mais elle a plus de charme, et il faut savoir faire un mix des deux : comme en tout, un bon équilibre est affaire de compromis. »

L’importance de la ligne et de la coupe. « Il y a des costumes en prêt-à-porter qui sont meilleurs que d’autres en mesure (…) On dit : « C’est bien parce que c’est fait à la main », mais pas du tout ! C’est justement parce que c’est fait à la main qu’il y a plus de risques pour que ce soit mal fait ! (…) Les tailleurs oublient trop souvent que l’important, c’est le style. C’est important que les revers soient piqués à la main et les toiles montées à la main, mais à la fin on peut avoir tout fait à la main et que la veste ne ressemble à rien ! (…) Il m’arrive de voir des clients de vestes prêtes à porter qui ont une jolie ligne, et à l’inverse des costumes mesure qui n’en ont pas, parce que le tailleur a négligé la coupe et le style. »

 

Dans L’Express Styles spécial mode hiver (L’Express, n° 3036), Isabel Marant « confie les dessous » de sa mode. Elle parle des femmes, bien sûr, mais les propos que je rapporte peuvent s’appliquer aux hommes.

Les femmes qu’elle habille. « Je travaille pour des femmes qui font attention à elles, mais qui ne veulent pas trop le montrer, qui sont discrètes mais avec du caractère. »

Son idée de la mode. « Pour moi, un vêtement réussi est un vêtement qu’on garde pendant des années, dont on n’arrive pas à se séparer. Je déteste la mode kleenex, tape-à-l’œil. J’aime le classicisme qui traverse les époques, la veste qui se déforme sur vous et qui vous va toujours bien. (…) Je n’aime pas les vêtements qui ont l’air neufs, ceux qu’on n’ose pas porter de peur de les abîmer. J’ai envie de faire de la mode, sans qu’elle se démode. »

Ses inspirations. « J’ai en moi ce côté un peu vintage (…) ; l’amour de l’artisanat, du savoir-faire. »

 isabel-marant-photographiee-par-I.-van-Lamsweerde-et-Vinoo.jpg

Isabel Marant, par Inès Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin


Ces extraits ne sont-ils pas réconfortants ? Je précise qu’Isabel Marant et Lorenzo Cifonelli sont respectivement âgés de 42 et 40 ans.    

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