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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 10:45

La mode des carreaux revient régulièrement.
Preuve de leur pouvoir de séduction. Preuve, aussi, de leur faculté de lasser. Avec eux, c’est comme avec certains amis : il faut les avoir un peu oubliés pour mieux goûter leur compagnie !

Leur histoire est ancienne. Le tartan écossais fut d’abord un signe de reconnaissance clanique. Plus tard, dans les années 1820, Walter Scott lança dans le beau monde la mode des pantalons à carreaux inspirés de ceux que portaient alors les bergers. Plus tard encore, le futur Edouard VII établit la célébrité du prince de galles (glen urquhart). Il fit couper dans ce drap de magnifiques et opulentes tenues de voyage. Son petit-fils, le futur Edouard VIII, perpétua avec bonheur la tradition :


Le grand-père et le petit-fils


Les années 30 mirent les carreaux à l’honneur : « Carreaux, carreaux, carreaux ! » titra Adam en octobre 1933. Le prince de galles fit fureur. Il faut voir avec quelle élégance désinvolte Cary Grant le portait :


 

Les années 90, enfin, virent la vogue des vestes à carreaux-fenêtres :


Veste Pal Zileri, 1997, Monsieur n° 11


L’ordre que nous intiment les créateurs et stylistes de porter cet hiver des carreaux - dont Monsieur de septembre-octobre s’est fait l’obligeant relais - n’a donc rien de révolutionnaire : notre saute-mouton historique suffit à le prouver. « La tendance ? » demande Monsieur à quelques faiseurs de mode de renom. Franck Boclet (Ungaro) de répondre : « Les carreaux ! On les porte sur un pantalon, blouson, trois-quarts, mais plus sur les vestes. On est dans l’ère (sic) du dépareillé inversé, les vestes sont unies et les pantalons à motifs. » Et Marc Guyot de préciser : « Prédominance du carreau : pied-de-coq, carreau-fenêtre, clan écossais, vichy à gros carreaux, prince de galles, même s’il est en perte de vitesse. »

Va donc pour les carreaux… à condition de faire preuve d’un certain discernement ! Ne mettez pas un caméléon sur un torchon à carreaux : il deviendrait fou. Ayez la même prudence pour vous-même : pas de total look voyant. Voici deux exemples à ne pas suivre; l’un date d’hier et l’autre d’aujourd’hui :


 Le duc de Windsor

Hugo Boss


Evitez les chemises à carreaux qui vous feraient ressembler à un Américain moyen en week-end. Proscrivez la veste de bûcheron, définitivement hideuse, et dont on comprend mal que Monsieur l’ait retenue comme un « authentique de l’automne » :



Pas de house check visibles, façon Burberry ou Hackett - le premier, à cause de ses connotations conventionnelles et bourgeoises : ce clan n’est pas le nôtre ! Le second (carreaux orange sur fond vert), parce qu’il fatigue vite. Quant au « dépareillé inversé » cher à Boclet, je doute qu’il coure nos rues cet hiver !

Oui, en revanche, aux vestes à carreaux-fenêtres qu’un duo cravate et chemise neutres saura mettre en valeur. Oui, encore, aux costumes prince de galles, droits ou croisés, coupés dans de voluptueux saxony : c’est ainsi qu’on les aime !  

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 18:05

Ne faites pas comme moi : n’achetez pas L’Express de cette semaine pour son supplément « Styles, spécial Homme ». Sur les 90 pages de la brochure, une petite trentaine est consacrée à l’homme. Quelques mots sur les sapeurs de Bamako – sujet intéressant mais bâclé – (« plus de photos des rencontres de Bamako sur WWW.LEXPRESS.FR »… allez-y : c’est gratuit !) :



une interview sans relief de Romain Duris (Question originale du journaliste au comédien  : "Qu’est-ce que vous trouvez sexy chez les femmes ?") ; un reportage photographique intitulé « Man in black » (pauvre chouan!) censé présenter « des coupes subtiles et une allure urbaine arty » ; au résultat, douze pages représentant un même mannequin à gueule de cinéma,  mais parfaitement  monoexpressif, dans des tenues chères et moches :

 


un article dont le texte  - « Le poil n’a plus la cote » contredit le titre – « Pour qui sonne le glabre ? »… mais le jeu de mots était trop tentant. Et puis, c’est tout. Ah  non ! J’oubliais ! A la dernière page, un invité répond à un questionnaire préfabriqué, énième avatar du questionnaire de Proust. Le nom de l’invité ? Vous le voulez vraiment ? Enrique Iglesias !...

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7 novembre 2009 6 07 /11 /novembre /2009 09:00

Les guides chargés d’apprendre aux hommes à bien s’habiller se font rares. Depuis quelques années, ils se font même très rares. J’ai vu l’autre jour chez mon libraire préféré qu’un Petit précis de l’élégance masculine était récemment sorti. J’ai surtout remarqué que, pour son achat, on vous « offrait » une cravate ! Cette astuce marketing m’a agacé et je suis ressorti sans avoir acheté l’ouvrage.

En 2003, Corinne Lechevalier a publié, chez Hachette, un guide intitulé Chic au masculin. L’intéressant site Les Nouveaux Dandys le recommande. On peut, certes, y dénicher des idées et y apprendre des bases, mais des réserves s’imposent. Que penser d’un ouvrage qui se présente ainsi : « Ce guide aspire à vous donner les outils (… vive Leroy-Merlin !) pour vous construire le look (aïe !) qui vous conviendra le mieux » ? On note la présence d’un Quiz, dans le genre de ceux dont raffolent les magazines féminins. Exemple de question qui, parmi d’autres, a pour fonction de « déterminer le style qui vous correspond le mieux » : « Votre boisson favorite serait plutôt :

-Coca-Cola
-Coca-Cola light
-Bière
-Vin millésimé
-Jus de fruits frais
-Champagne à toute heure ! »

PPDA et Bernard Pivot sont cités comme exemples d’ « élégants classiques ». La garde-robe de ce dernier « type de personnalité » doit comprendre, je cite : « deux paires de chaussures : des mocassins en cuir noir et des Monk en cuir noir. » Les fidèles lecteurs du Chouan des villes apprécieront ! On y recommande les chaussettes montant à mi-mollets et on y trouve un étrange chapitre censé déterminer si vous êtes plutôt « argent ou or » - entendez, « couleurs froides ou couleurs chaudes ». Une telle question (« êtes-vous argent ou or ? ») posée  par un(e) auteur(e) qui fait systématiquement l’éloge des « conseillers en image sérieux » peut prêter à confusion. J’ai déjà dit ce qu'il fallait penser de ces faux professionnels âpres au gain.  Les conseillers en image ont ceci de commun avec les agents immobiliers, les syndics de copropriétés, les astrologues… c’est qu’ils jugent habile, pour faire croire à leur sérieux, de dézinguer leurs confrères : eux sont honnêtes - mais les autres…



Quelques mots encore sur l’auteur(e) : Corinne Lechevalier se présente sur la quatrième de couverture comme la « fondatrice d’un des plus importants cabinets européens de conseil en image. » Je me souviens qu’elle fut l’agent d’une ancienne miss France, Laëtitia Bléger, à qui elle conseilla, pour casser une image jugée trop sage, de poser nue dans un magazine de charme. Ca tempêta rude sous le chapeau de Madame de Fontenay. Mais, bonne fille, celle-ci finit par pardonner à sa miss qui, dit-elle, avait agi sous l’influence d’une femme dangereuse. Laëtitia rompit avec son mauvais génie, renoua avec son chaperon et plus personne ne parla d’elle.

A ma connaissance, le dernier bon guide pour hommes, lisible en français, reste L’Eternel masculin de Bernard Roetzel. Il date tout de même de 1999.


 

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 11:31

Quelles couleurs ? Comment les assortir ? Vaste sujet ! Rappelons d’abord les règles en vigueur. Nous verrons ensuite comment nous pouvons, dans une certaine mesure, nous en écarter.

- La couleur des chaussettes doit s’accorder avec un élément du haut de la tenue (veste, chemise, cravate, pochette, pull-over).

- Les chaussettes sont à choisir aussi foncées que les chaussures, sans contraster violemment avec le pantalon et les autres vêtements. Vous portez, par exemple, un blazer bleu, une chemise bleu clair, un pantalon de flanelle gris moyen, des chaussures marron foncé. Des chaussettes bleues alors s’imposent, qui rappelleront le blazer et la chemise. Leur ton sera foncé pour s’assortir à vos chaussures. Si vous aviez opté pour une chemise rose, vous auriez pu choisir des chaussettes bordeaux. Compliquons un peu. Vous portez, car c’est le printemps, une simple chemise bleu ciel, un chino et des chaussures marron foncé. Quelle nuance de bleu allez-vous choisir pour vos chaussettes ? « Une nuance claire », répondront les uns, qui privilégieront l’accord avec la chemise et le chino… au détriment de celui avec les chaussures. « Une nuance foncée », diront les autres, songeant au marron sombre des chaussures… mais passant outre le ton du pantalon et de la chemise. Le choix d’un bleu moyen constituerait la meilleure – car la plus harmonieuse – solution.

Dans les cas litigieux (… et nous savons tous qu’ils existent !), on peut généralement s’en sortir en accordant les chaussettes avec le pantalon ou avec la chaussure. Pantalon grischaussettes d’un gris équivalent ; chaussures marron clairchaussettes d’une couleur et d’une nuance voisines.

Voilà pour les règles. Elles laissent, on le voit, peu de place à la fantaisie. Brun, bleu ou vert foncé, gris, bordeaux… Tant mieux pour ceux que ces couleurs tristounettes contentent. Mais si, comme moi, vous n’avez pas renoncé à porter des chaussettes aux coloris vifs, des accommodements sont à chercher. L’important est moins d’appliquer scrupuleusement une règle que d’être fidèle à son esprit. Voici comment je procède : j’accorde mes chaussettes avec un élément haut de ma tenue, mais je ne me soucie pas du respect des nuances ; je m’autorise aussi des contrastes assez osés avec mes chaussures, au moins quand je porte un pantalon clair. Ainsi je fais aller des chaussettes fuchsia avec un blazer bleu, une cravate tricotée bleue à pois brodés, un pantalon gris clair et des chaussures en veau-velours brun pourvu que la chemise soit rose, ou bien des chaussettes bleu clair avec un chino beige clair et des chaussures marron foncé si la chemise est bleu foncé. On pourrait aussi imaginer que la couleur des chaussettes soit complémentaire de celle d’un élément du haut – osé mais cohérent ! Par exemple : chaussettes vertes et chemise rose.

Dans tous les cas, les couleurs vives seront réservées à la journée.

 

A droite, la solution attendue : costume gris, derbys noirs (!), chaussettes noires. A gauche, "proposition chouanne" : costume gris, richelieus bruns en veau-velours, chaussettes parme. En haut, par exemple, chemise rose à rayures pyjama et cravate tricotée bleu foncé.


Deux couleurs ont, concernant notre sujet, un statut particulier : le jaune et le rouge. Le jaune est passé de mode même chez les élégants, et c’est bien dommage. Maurice Chevalier accompagnait ses costumes pied-de-poule blanc et noir de chaussettes de cette couleur. C’était, dit-on, très heureux. Je le crois volontiers. Une de mes premières émotions esthétiques en matière d’élégance fut la vision d’un ami de mon grand-père qui avait choisi la même combinaison.

Les chaussettes rouges sont connotées de préciosité, peut-être par assimilation aux talons rouges que portaient les nobles élégants du XVII° siècle. L’International Herald tribune rapportait en 1930 à propos d’Edouard VII : « Il porte invariablement une cravate rouge et des chaussettes rouges. » Edouard Balladur fut moqué pour avoir osé quelquefois en porter. Les lecteurs du Monde se rappellent sûrement les deux petites taches pourpres dont le caricaturiste du journal, Plantu, colorait les chaussettes de celui qui était notre Premier ministre. C’était sanglant ! La chaussette rouge joue sur certains esprits un rôle comparable à celui de la muleta sur le taureau. Je me souviens d’une passe d’armes médiatique entre Frédéric Mitterrand et le réalisateur Jean-Jacques Beneix, celui-ci reprochant à l’autre ses chaussettes rouges qui, disait-il, le discréditait pour parler des grands problèmes qui agitent notre pauvre monde !...


Publicité Hackett


« Kindy, les chaussettes ne se cachent plus ! », disait une publicité dans les années 80. La marque existe-t-elle encore ? Le slogan, en tout cas, n’a pas fait florès. C’est noires que les chaussettes se vendent aujourd’hui le mieux. Vivant cachées, nos chaussettes vivent-elles au moins heureuses ? On les néglige, on les méprise, on les maltraite… Il est grand temps de changer le regard que nous portons sur elles. Aimons-les ! Faisons-les rougir ! Qu’elles recouvrent – et vite – de belles couleurs !     

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 09:41

La proximité de la chaussette avec le pied – partie jugée sale du corps – explique sans doute son statut inférieur. Elle est carrément ignorée par Farid Chenoune dans son histoire du vêtement masculin (Des Modes et des hommes, Flammarion). Le mot même sonne assez ridiculement, avec son suffixe diminutif, et les expressions lexicalisées qui l’emploient sont dépréciatives : « jus de chaussette », « il m’a traité comme une vieille chaussette »… Le spectacle d’une femme remontant discrètement ses chaussettes avec son pantalon est antiféminin au possible. Une femme en chaussettes n’invite à aucun érotisme. Un homme en chaussettes non plus : demandons à nos compagnes ! Annie Ernaux se moque dans un de ses livres (Se perdre) de son amant russe qui gardait ses chaussettes pendant l’amour.

Les hommes ont grand tort, pourtant, de négliger leurs chaussettes
. Mal assorties à leurs tenues, trop courtes, tirebouchonnées, usées au talon, trouées… on ne compte plus les erreurs qu’ils commettent ni les outrages qu’ils leur font subir. Il est urgent, dans ces conditions, de rappeler quelques principes.

Quelles matières et quel coût ?
Pas de salut en dehors de la laine et du coton – pour les tenues de tous les jours – et de la soie pour les smokings et les habits. Le choix de la matière doit s’accorder avec les vêtements portés : grosse laine avec une veste de tweed, fil d’écosse avec un chino par exemple. Matières nobles et naturelles, donc coûteuses. Le budget chaussettes n’est pas négligeable. Un homme élégant possèdera rapidement trente à quarante paires de chaussettes. Sachant qu’une paire de qualité vaut au minimum vingt euros (les marques Doré-Doré, Gallo et Arnys sont à privilégier), le compte est vite fait… Qui plus est, le choix du mi-bas, plus onéreux, est impératif. La vision d’un bout de mollet poilu et blanchâtre suffit à vous déclasser, quels que soient les efforts d’élégance que montre le reste de votre tenue.

Quels motifs ?
Sur ce chapitre, prudence… Nos tenues familières ne laissant apparaître que quelques centimètres carrés de chaussettes, le recours à des motifs visuellement forts (argyl – rayure horizontale) ressemble à une incongruité. Ces motifs auraient besoin de plus de place pour imposer leur pouvoir ! Voyez Monsieur Hulot : ses chaussettes barrées que dévoile un pantalon  écourté font de lui un original, pas un homme élégant.




Chez le duc de Windsor, le choix de chaussettes à motifs audacieux s’accompagnait, par souci de cohérence, d’autres choix audacieux. La recherche était intellectuellement louable, sa concrétisation esthétiquement discutable. On ne le répètera jamais assez :
trop, c’est trop. Pourquoi transformer ses tenues en planches illustratives d’un manuel de géométrie ?




A la chasse, en revanche, la visibilité des bas de laine portés sous des knickers de tweed ou de velours autorise toutes les fantaisies. De même, autrefois, les tenues de golf favorisaient d’étonnants (détonants !) et néanmoins magnifiques accords de motifs entre chandails et bas de laine :


Costume signé Coco Chanel pour Le Train bleu, Diaghilev, 1924
 

Pull tubulaire jacquard à motifs kaléidoscopiques, bas à carreaux, 1926


Pour nos chaussettes, donc, nous nous limiterons à des motifs discrets – les motifs caviar et pied-de-poule, et la rayure verticale, inoffensive car dans le sens du corps.


A suivre.

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 10:48

C’est dit : Jean Sarkozy ne sera pas le prochain président de l’Epad.
Cela, malgré les nombreux moyens mis en œuvre pour faire croire à la crédibilité de sa candidature. Parmi eux, un relooking digne des plus mauvaises émissions de télévision spécialisées dans le genre : C’est mon choix naguère ; Relooking pour une nouvelle vie aujourd’hui. Du look surfer façon Brice de Nice à celui du jeune cadre costumé et cravaté, l’avatar est sévère ! Mais les conseillers en image ne sont pas des dentellières. A la manœuvre, pour servir l’image du fils, Christophe Lambert, président de l’agence Blue et homonyme du comédien. Jean a accepté de sacrifier sur l'autel de la respectabilité ses belles boucles décolorées. Pour faire oublier son dilettantisme scolaire, il a posé sur son nez des lunettes de premier de classe :

 

 

Cette métamorphose physique n’est pas sans me rappeler celle de Christophe Lambert, l’autre, le comédien. Même crinière raccourcie et mêmes lunettes d’intellectuel. On peut voir, dans ces similitudes, sinon une inspiration, du moins une réminiscence :

 

 

Mais qui est donc ce jeune homme prêt, sur ordre, à ne pas se reconnaître dans son miroir ? Quelle est sa vraie personnalité ? Quelles sont ses motivations profondes ? S'enlaidir ainsi à vingt-trois ans, n'est-ce pas suspect ? Tout cela sent un peu trop le théâtre et le déguisement. Rappelons-nous que le théâtre fut, justement, la première vocation de Jean Sarkozy. Il était annoncé, en octobre 2007, qu’il donnerait la réplique à… Sophie Tapie dans une nouvelle version d’Oscar. Il se retira du projet au dernier moment. Son producteur et metteur en scène expliqua alors à un journaliste de Libération : « J’ai eu ce matin Jean Sarkozy au téléphone. Il m’a fait savoir qu’après réflexion il entendait donner la priorité à ses études. Il m’a précisé que c’est un choix personnel sans aucune pression de sa famille. » Ne croirait-on pas déjà entendre Jean Sarkozy se justifiant au journal de France 2 avant-hier ? Dans le langage du théâtre, cela s’appelle une répétition !

Dans ce drôle de jeu de dupes, qui sont les manipulés et qui sont les manipulateurs ? Les conseillers en image croient tirer les ficelles. Mais ce sont des cordes ! Jean Sarkozy est leur victime. Mais une victime consentante. « Il ira loin ce petit » a dit de lui Siné. Oui, si ces chiens de journalistes et ces cochons d’internautes ne le mangent pas !

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 12:23

Les officines de relooking fleurissent. Les charlatans y pullulent. N’importe qui peut faire n’importe quoi. Pas besoin de diplôme, et ça rapporte. Relookeurs, marabouts, astrologues, psychothérapeutes… même combat ! Il n’est qu’à voir comment sont nippés la plupart de nos hommes politiques ou de nos présentateurs télé. Encore peut-on penser qu’ils ne frappent pas à la porte des plus mauvais. C’est dire des autres… On songe à la chirurgie esthétique et à ces stars défigurées qui, pourtant, ont dû confier leurs visages aux plus fameux chirurgiens…

Avez-vous vu l’émission de M6 intitulée Nouveau look pour une nouvelle vie (sic) ? Faubourg Saint-Honoré lui a consacré un article au titre parlant : Relooking de la peur ! Une jeune femme, qui ne connaît absolument rien aux règles de l’élégance masculine, y entreprend le relooking  d’hommes incroyablement naïfs et ignorants. C’est, à chaque fois, une catastrophe.

Des sites de relooking existent sur l’internet ; regardez ce qu'en surfant j’ai pêché (si j’ose dire) :

 


Tout est raté. Le col de la veste bâille. Ca tire au niveau du premier bouton, qu’il fallait déboutonner. Les manches de la veste font des plis. Celles de la chemise sont trop courtes. Les tombants du col de chemise sont trop grands et trop rapprochés. Le pauvre cobaye ayant un long cou, il fallait, au contraire, éloigner les tombants (col italien) pour casser l’effet « cou de girafe ». Un pied de col à deux boutons était envisageable. La cravate est trop étroite ; son nœud, mal fait et petit, ne ferme pas l’angle du col. Et que dire des fantaisies de style sinon qu’elles témoignent d’une affectation hors de propos ? Voir les rabats de poches coupés asymétriquement, l’invraisemblable dessin de col (cran Mugler), les coutures machine affreusement apparentes : un vrai non sens…

Deux mots, enfin, sur les couleurs. La règle des trois couleurs souffre tant d’exceptions qu’on peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux l’oublier. Tout de même, on aurait préféré la voir appliquée plutôt qu’avoir à subir une telle uniformité gris-bleu… Aucun contraste n’est ménagé, pas même entre la chemise et le costume…

Un tel concentré d’erreurs et d’horreurs, c’est l’indigestion assurée.

Des journalistes de l’audiovisuel tombés en disgrâce, on dit qu’ils sont « au placard ». On aimerait une punition similaire pour les relookeurs charlatans : on les y laisserait un moment au milieu des vêtements qu’ils ont osé conseiller ! Ca leur apprendrait… peut-être.

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 12:27
A voir, Soupçons, lundi 19 octobre sur Arte. D’abord,  parce que le film est signé Hitchcock et qu’on connaît le soin que mettait celui-ci dans le choix des costumes. Ensuite, parce que le héros est interprété par Cary Grant. Dans la fameuse scène du verre de lait, il porte un remarquable costume croisé à rayures tennis. Regardez le costume ! Ne vous laissez pas hypnotiser par la lumière qu’à l’aide d’une ampoule Hitchcock avait dissimulée dans le verre pour attirer l’attention du spectateur !
 

A un autre moment, Cary Grant prouve que la mauvaise réputation du tab collar est largement infondée. Où l’on voit aussi que le style de Cary Grant a évolué : on est encore loin (le film date de 1941) de l’élégance dépouillée qui sera la sienne dans La Mort aux trousses par exemple.

A voir, enfin (surtout !), pour l’intérêt cinématographique de ce suspense psychologique.

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 10:17

Dans la garde-robe masculine, c'est la petite, la sans grade. Et c'est aussi l'indispensable. Qu’on la traite comme un chien ne la gêne pas : elle n’a pas honte de ses origines. La veste husky authentique doit son nom, en effet, à la race de chiens. Elle a été créée par un certain Stephen Guylas, colonel américain d’origine hongroise chargé de dessiner des vêtements pour l’armée. Retiré en Angleterre, il imagina dans les années soixante cette veste pour pratiquer son sport favori, le tir. Le succès fut immédiat. Il s’étendit à l’Europe continentale dans les années 80. Et puis, on la délaissa peu à peu. Aujourd’hui, on la voit surtout sur les épaules de petites vieilles et de quelques BCBG attardés.

Qu’importe qui la porte ! L’homme élégant juge l’objet en soi, et la veste matelassée a de sérieux arguments à faire valoir.

 

Une veste pour l'homme jeune...


Elle est pratique car elle est légère et solide. On peut la mettre en boule au fond d’un sac quand le temps est incertain et l’enfiler dès que le besoin s’en fait sentir. Elle se lave à la machine, mais l’expérience me fait dire qu’il vaut mieux la confier à un teinturier.

Facile à vivre, elle sait s’adapter. A de nombreuses tenues – formelle : costume sombre et cravate ; informelle : veste de tweed, pantalon de flanelle, de velours ou chino ; décontractée : pull ou cardigan, sans cravate ou avec foulard, ou sans pull, chemise, chino ou jean. Elle s’adapte aussi aux lieux : c’est un must pour rus in urbe. Elle s’adapte, enfin, aux conditions climatiques. Son tissu déperlant permet d’affronter vaillamment les gouttes qui arrosent quelquefois le beau pays des chouans. Assez chaude, elle accompagne idéalement les demi-saisons et suffit presque toujours – pour peu qu’elle recouvre des vêtements épais – à contrer les rigueurs de l’hiver.

Elle est esthétique. On aime son col en velours côtelé, sa forme assez carrée, sa longueur suffisante pour dissimuler entièrement une veste (c’est un trois-quarts), ses fentes latérales  fermées par des boutons pression. Son aspect matelassé lui donne un relief agréable, comme la légère brillance de sa fibre synthétique.

Fantaisiste, elle peut en faire voir de toutes les couleurs. Mais c’est en noir (oui !) que je la préfère : cela sied bien, je trouve, à sa discrétion native.

Elle est économique. Cette qualité la rend encore plus désirable ! Vous pouvez acquérir la veste Liddesdale de Barbour contre une centaine d’euros.

Ses défauts ? Je n’en vois qu’un, après avoir bien cherché : il manque à la veste matelassée (au moins à la Liddesdale ) une poche intérieure assez grande pour glisser un portefeuille de taille standard. Cette réserve est si minime que j’éprouve quelque honte à l’avoir formulée.

Quel manteau ou imperméable offre la polyvalence et l’agrément de la veste matelassée ? Qui la découvre se demande comment il a pu jusque-là s’en passer.


... et l'homme âgé (Source : The Sartorialist)

 

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 10:44

J’avais dans l’idée d’écrire un article sur Frédéric Mitterrand. La polémique actuelle qui l’a propulsé au premier rang m’offre l’occasion de le faire plus tôt.

Frédéric Mitterrand s’est signalé à mon attention par son inélégance. Il a ravi à Jean-Louis Borloo le titre de ministre le plus mal habillé : costumes écroulés, mélanges hasardeux de couleurs (par exemple, le bleu d’une cravate club sur le jaune d’une chemise) ; avec ça, un corps flasque, ventru et bossu. D’un ministre de la culture, on pouvait s’attendre à mieux ! Et, qui plus est, d’un ministre de la culture amateur éclairé du cinéma hollywoodien de la grande époque.

 

 

Le 8 au soir, au journal de 20 heures de Laurence Ferrari, Frédéric Mitterrand a revêtu, pour se défendre, un autre habit. Sombre costume droit à discrètes rayures rouges de bonne coupe, chemise blanche à grands carreaux, cravate chatoyante, il avait tout du bourgeois respectable sachant se vêtir avec goût. « Tout le monde a trois vies, a écrit Gabriel Garcia Marquez : une vie publique, une vie privée et une vie secrète. » Ma fascination, l’autre soir, venait du contraste incroyable entre le Frédéric Mitterrand public, que j’avais sous les yeux, et le Frédéric Mitterrand secret qui, naguère, s’est dévoilé dans un livre objet aujourd’hui de scandale. Comment cet homme corseté, à la voix doucereuse de prélat, pouvait-il être le même que le héros déboutonné du livre ?

 


Cliquez pour agrandir 

 

 

Frédéric Mitterrand aime les mots mais se rebiffe quand on le prend au mot. Quand il écrit : « Sexe et argent, je suis au cœur de mon système », il faudrait entendre souffrance et repentir ; quand il parle d’  « éphèbes » et de « garçons », il faudrait comprendre « hommes de (mon) âge ou de cinq ans plus jeunes » ; mais, alors, pourquoi diable aller faire son marché en Thaïlande ? Laurence Ferrari ne lui a pas posé la question. Le déballage de ses turpitudes ? Un acte, dit-il, de « courage ». Une autre fois, exactement le 2 octobre, dans l’émission Vous aurez le dernier mot, je l’ai entendu définir ainsi son style vestimentaire : « J’ai des goûts classiques. Tweed et blazer. Des goûts de bon jeune homme. » Le scandale ne l’avait pas encore éclaboussé, et je fus intrigué qu’il emploie pour parler de lui l’expression « jeune homme ». Aurait-il donc du mal à apprécier les âges ?...

Frédéric Mitterrand est un homme complexe, au carrefour de nombreuses contradictions. Homosexuel issu d’un milieu à la morale rigide ; homme de gauche fasciné par les têtes couronnées et collectionneur assumé de Point de vue images du monde ; neveu de François Mitterrand devenu ministre de Nicolas Sarkozy. Le plaisant de l’histoire, c’est que, dans son penchant à inverser les codes, il entraîne avec lui tout le monde politique : c’est ainsi que, dans une affaire de mœurs, on le voit défendu par la droite et conspué par les « jeunes lions » socialistes !

Assurément, dans la prestation télévisée de Frédéric Mitterrand, l’élément le moins contestable était sa tenue.

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