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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 20:41

Les opticiens vivent bien. Logique quand on connaît les marges qu’ils se réservent. Les couturiers et designers ont compris l’avantage qu’ils pouvaient tirer d’un rapprochement avec les fabricants de lunettes : ils sont montés aux branches pour y poser leurs griffes ! Tant mieux pour eux tous. Les lunettes sont affreusement chères et la Sécurité sociale les rembourse très mal. Non contents de nous appauvrir, les opticiens nous enlaidissent. Tant pis pour nous.

Car les lunettes sont intrinsèquement hideuses : ça saute aux yeux ! A cela, pas de remède – ni la rareté de certaines matières (écaille de tortue, or), ni la multiplicité des formes et des couleurs. Ah ! les couleurs ! Elles peuvent faire perdre la raison ! Voyez Serge Moati et Jean-Pierre Coffe qui trouvent malin d’accorder la couleur de leurs lunettes à des éléments de leurs tenues. Jean-Pierre Coffe fait très, très fort avec ses hublots qui lui donnent l’air d’une vieille chouette. Même le chouan, naturellement enclin à aimer cet animal, reste coi.



Que n’a-t-on pas tenté pour changer l’image négative associée aux lunettes ! Vitrines de lunetiers conçues comme des vitrines de joailliers ; lunettes assimilées à des accessoires de mode (transfert cautionné par la signature du « créateur ») ; discours esthético-morphologique faussement légitimé par un statut d’opticien-visagiste bidon.

Les lunettes sont un baromètre de notre soumission inconsciente à la mode. Regardons les portraits de nos aînés. Combien de visages familiers ou célèbres défigurés par des prothèses oculaires à la mode du temps ! Le sens esthétique ne fait pas partie des prérogatives de l’intelligence. Une preuve :



Et combien de fois a-t-on essayé de nous faire croire que la laideur des lunettes appartenait à un passé définitivement révolu ? Les mensonges des publicitaires et des spécialistes du marketing n’abusent que ceux qui ont des yeux pour ne pas voir. On nous a chanté, voici quelques années, les louanges de lunettes rendues invisibles par la magie de la technique. Le concept avait de quoi séduire. Sauf que ces lunettes dites invisibles n’avaient qu’un défaut, celui de ne pas l’être ! A l’autre bout, on trouve le slogan d’un Alain Mikli : « Des lunettes pour voir autant que pour être vu… » Gare aux sigles. Nos nez ne sont pas des supports publicitaires ! Ne nous laissons pas voler deux fois. D’abord, en achetant des montures qui coûtent les yeux de la tête ; ensuite, en acceptant que leurs fabricants nous utilisent pour faire, à l’œil, leur publicité.

Nuançons. Les lunettes défigurent les beaux visages et peuvent donner du caractère aux visages quelconques. Alain Delon fait une contrepublicité à ses lunettes éponymes en posant avec elles.



Jean Anouilh avait opté pour des lunettes rondes. Grâce à elles, son visage banal prenait une expression lunaire. Bien vu de la part de l’auteur de L’Hurluberlu !



Imagine-t-on Le Corbusier sans ses grosses lunettes d’écaille noire ? Elles avaient fini par faire partie de lui et je ne suis pas sûr qu’il aurait gagné à les abandonner.



Les greffes parfaitement réussies sont toutefois exceptionnelles.

Le progrès a parfois du bon. Vive les lentilles ! Et à quand, accessible au plus grand nombre, cette opération magique qui a permis à un Michel Denisot par exemple de se libérer de l’esclavage des horribles lunettes ?

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 13:08

Notre petite communauté s’étend. Pas un mois sans l’apparition d’un blog traitant de l’élégance masculine. Très bien ! Citons, parmi les petits derniers, Le bouton ouvert et NeWDaNDy.
 

Mention spéciale à Stiff Collar de Julien Scavini. Présentation épurée, illustrations de l’hôte himself, textes de qualité. Les amateurs se régaleront de la rubrique « Technique ». Vous y trouvez déjà révélés les secrets des différentes coupes de revers, du point de couture, du passepoil et de la demi-lune ! Le chouan aurait aimé signer l’article sur la tenue d’Hercule Poirot dans la série TV éponyme.

Longue vie à tous… Longue vie, car, en matière de blog, la difficulté, c’est de durer !
 

Saluons, enfin, le prochain retour de Parisian Gentleman ! Le temps de son absence nous a paru très long. « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. » PG, c’est certain, va, dès son retour, frapper fort, très fort !

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Publié par Le Chouan
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 19:11

Le mot « endimanché » a subi une curieuse évolution. Naguère, on portait beau le jour du Seigneur. On sortait, le dimanche, son plus beau costume de l’armoire. Les autres jours, on usait ses costumes plus anciens. Et puis venait le moment où, fatigué à son tour, le costume du dimanche remplaçait le plus usagé des costumes de la semaine. Le cycle était immuable.


August Sander, Trois jeunes gens sur le chemin du bal.


Dimanche n’est plus le jour du Seigneur. C’est un jour à soi, exclusivement à soi. On le remplit à ras bord d’activités diverses. On s’habille sporstwear ou casual. Plus de costume, plus de cravate. Plus de Dieu ni d’église – mais un maître tout puissant : le loisir.

Le paradoxe est plaisant : on s’endimanche tous les jours… sauf le dimanche ! « On » mis pour ceux que leurs activités professionnelles obligent au port du costume. Mais d’où vient que, quel que soit leur métier (médecin, avocat, cadre…), tous ces hommes ressemblent à des représentants de commerce ? L’expression « avoir l’air endimanché » leur va comme un gant. Comme le gant qu’ils n’enfilent plus, d’ailleurs. Elle leur sied mieux, en tout cas, qu’aucun de leurs vêtements !

Première raison : la dictature du costume noir porté avec une chemise blanche. Peut-on faire plus conventionnel et moins fantaisiste ? La cravate pastel  doit son succès au fait qu’elle introduit dans cette tristesse une note de gaieté. On met, en quelque sorte, un costume d’enterrement avec une cravate de mariage.

Deuxième raison : la raideur ou la fausse négligence. J’en vois qui semblent craindre qu’au premier mouvement leurs coutures ne lâchent. Ils vont les fesses serrées, comme des automates. D’autres jouent l’exubérance : veste ouverte, main dans la poche, ils avancent à grands pas, se tiennent trop droits, le menton trop levé. Les grands enfants !

On doit bouger avec son costume comme on bougerait avec un pull. Cela demande du naturel et de l’humilité.

Troisième raison : l’aspect neuf, donc inélégant. Les costumes d’aujourd’hui sont fabriqués pour ne pas durer. Mauvais tissus, mauvaises finitions : on les donne à la Croix- Rouge dès qu’ils sont lustrés ou déformés. C’est-à-dire  très rapidement. Ne jamais porter du neuf est un principe du bien-habiller : Baudelaire ponçait les bords de ses costumes neufs pour leur donner l’air porté qui convenait ; Brummell faisait porter ses vêtements par son valet avant de les mettre. Fred Astaire jetait ses costumes neufs contre un mur pour les casser. N’essayez pas d’infliger un tel traitement à vos costumes : ils n’y résisteraient pas.

Barthes distinguait le nouveau du neuf. Le neuf, disait-il, est désuet, archaïque, alors que le nouveau fascine. Le vêtement idéal est « un nouveau qui ne soit pas entièrement neuf. » Cette subtile distinction laisse de marbre l’homme élégant : il hait le neuf, se méfie du nouveau. Sa quête a pour but l’intemporel et le beau. 

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 14:07

Les Anglais n’aiment pas qu’on s’approprie indûment les écussons et cravates aux couleurs de leurs régiments, écoles ou clubs.
Ca se comprend. James Darwen écrivait drôlement dans Le Chic anglais : « Il va sans dire que personne ne voudrait porter une cravate club à laquelle il n’aurait pas droit. Il est considéré comme normal que le membre du club offensé corrige l’offenseur avec son fouet. (…) Si vous tenez absolument à porter une cravate à rayures à Paris, le fier bleu et bordeaux des conducteurs de bus de la RATP, un corps d’élite, devrait vous suffire. » 

 

Cravates regimentals Talbott à rayures américaines (inversées)
Source : La Grande histoire de la cravate, François Chaillé

 

La casuistique nous apprend à mesurer une faute en tenant compte de l’intention de son auteur. James Darwen, anglican pur Twinings, semble ignorer ce genre de subtilité. Quel Français porte une cravate regimental dans le but de faire croire qu’il est un ancien d’Oxford ou de Cambridge ? Sa motivation est uniquement esthétique. On nous accuse d’imposture alors que nous rendons hommage ! Je dis nous car il m’arrive plus souvent qu’à mon tour d’arborer les rayures incriminées. Mais jamais sur le sol britannique : ce serait un manque de tact.

 


Dorénavant, Henry Cotton’s permet à quiconque de porter impunément des polos et des sweat-shirts décorés de l’écusson d’Oxford. Et d’Harvard. Je m’explique : les prestigieuses universités anglaise et américaine ont signé un accord de licence de trois ans avec la marque de vêtements autorisant celle-ci à utiliser leurs écussons. L’opération a une contrepartie financière : Henry Cotton’s reverse 10% des bénéfices des ventes à ses partenaires. Et comme ces royalties sont destinées aux étudiants boursiers, cette collection d’Henry Cotton’s University a été joliment baptisée : « Hello to you, my future ». (Source : Le Monde, 04/O7/2009)

Voilà comment (si nous sommes jeunes) nous pouvons arborer l’écusson d’Oxford sans prendre le risque d’être fouettés. Tout se perd, James !

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 17:17

 


Les livres qui traitent du costume masculin ne sont pas légion. Saluons pour cela la sortie de 100 ans de mode masculine de Cally Blackman aux Editions Eyrolles ! Le sous-titre précise la nature du projet : « Une histoire du vêtement masculin en 300 photographies ». L’iconographie est le point fort de l’ouvrage. Les photos vues et revues sont heureusement rares. Tourner les pages réserve d’agréables surprises. Le texte, en revanche, est réduit à la portion congrue. Précisons : le livre est divisé en deux grandes parties renvoyant à deux grandes périodes (1900-1939 ; 1940-aujourd’hui), chaque partie présentant différents thèmes (le gentleman, le rebelle, le paon, etc.) annoncés par de brèves notices. Si nous ajoutons à celles-ci la courte préface et les très concises légendes photographiques, nous avons fait le tour de la part écrite de l’ouvrage. Une part bien maigre au regard des 310 pages de l’ensemble.

L’internet a changé la donne, qui permet à chacun d’entre nous de se constituer en quelques clics son « musée imaginaire » de la mode et des styles. D’un livre qui se présente comme « une histoire » du costume masculin, on attend autre chose qu’une succession de photographies, aussi remarquables soient-elles. On veut du fond, des connaissances, une mise en perspective… Cette réserve faite - elle n’est tout de même pas mince -, l’ouvrage est, je le répète, séduisant et, ici  et là, instructif.

40 euros.

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 19:35

Regardez ces deux photos :



La ressemblance est trop visible pour être fortuite. Même pose, même costume croisé, même œillet à la boutonnière. L’effet produit est pourtant très différent : désinvolture et naturel chez l’un ; froideur et vanité chez l’autre.

Cary Grant sait admirablement mélanger les genres : le caractère formel du costume croisé et de l’œillet à la boutonnière est atténué par le choix d’une cravate tricotée et d’un tissu prince-de-galles. Ajoutons le travail sur les couleurs : le blanc de la chemise et le gris du costume sont réchauffés par le rouge de l’œillet et de la cravate. Notons, enfin, le sourire, ironique et charmeur.

Puff Daddy a un visage aussi aimable qu’une porte de pénitencier. Place, ici, à l’ostentatoire : costume à très larges rayures, œillet et pochette, bagues présentées comme des armes… Remarquons tout de même une recherche intéressante sur les noirs et les blancs – jeu de reprises et de motifs ; voir le choix de la cravate et de la pochette.

L’influence grantienne se double de celle, très prégnante, des films noirs des années trente et quarante. Puff Daddy a vu Scarface d'Howard Hawks :

 

Veste croisée , pochette et oeillet


Les rappeurs aiment à jouer les gangsters. La panoplie du mauvais garçon fait partie de leur folklore. Mais, parfois, on ne joue plus. La biographie de Puff Daddy dit que son meilleur ami, le rappeur Christopher Wallace, alias B.I.G., a été froidement assassiné en 1997 dans les rues de Los Angeles. Lui-même fut accusé en 1999 de détenir des armes prohibées et d’avoir battu le dirigeant d’un label de disques. De tels actes vous posent un homme. Les rappeurs, comme les gangsters d’autrefois, font étalage de leur richesse : c’est le bling-bling assumé et triomphant. Puff Daddy pèse, dit-on, 600 millions de dollars, ce qui fait de lui le rappeur le plus riche du monde. Il met en scène sa vie fastueuse, digne d’un prince oriental. Et, comme les gangsters de la grande époque, les rappeurs aiment à s’exhiber aux bras de magnifiques créatures. Les liaisons de Puff Daddy sont innombrables. Celle qu’il eut avec Jennifer Lopez affola en son temps la chronique people. En voici un témoignage (pour le costume de Puff, bien sûr !) :



Quand Mister Daddy joue les docteurs Grant, c’est juste pour faire le beau. 

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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 21:40

Pour beaucoup, ces mots sont équivalents. Le bon goût serait en quelque sorte un pléonasme consacré par l’usage. Les choses sont, je crois, plus complexes. Le bon goût présuppose qu’il y en a un mauvais. Il implique une norme que le plus grand nombre ignore. Cette ignorance crée une discrimination que les tenants du bon goût ont beau jeu de tourner à leur avantage. Se savoir du bon côté donne de l’assurance. On méprise l’ignorant ou on a de la compassion pour lui. Mais cette compassion est-elle autre chose qu’un mépris déguisé en bonne conscience ?

Le bon goût est, il faut le dire, affaire de classe, voire de caste. On joue entre soi à un jeu dont on se garde bien de divulguer les règles à autrui. La conscience d’être bien né fait croire au destin. Les choses sont ce qu’elles sont. Que pouvons-nous contre elles ? La justification du destin est commode : elle dédouane de toute remise en question. Elle reporte la responsabilité sur une entité supérieure et intimidante. Ne chatouillons pas le destin ! Les tragédies  sont pleines de héros morts pour avoir essayé de discuter avec lui.

Leur mépris le plus grand, les tenants du bon goût le réservent à ceux qui tentent, maladroitement, de les imiter. A ceux-là, ils préfèrent les ignorants qui, au moins, ont le tact (le bon goût ?) de rester à leur place. Encore, la divulgation des règles d’un jeu ne signifie-t-elle pas qu’on sache y jouer : il y a l’art et la manière ! Et être le préféré du destin depuis des siècles donne une belle avance. «  Ils pourront bien voler nos secrets, ils n’auront jamais nos manières ! »

Le goût, c’est autre chose. L’homme qui a du goût s’élève indifféremment contre le bon goût et le mauvais goût. Il se moque de la mesquinerie du premier. Il peut être sincèrement touché par la naïveté du second. Il surprend, il étonne. S’il provoque, ce n’est jamais volontairement. Il laisse la provocation aux truqueurs sans imagination, qui se contentent, pour se faire remarquer, d’inverser les codes. En ce sens, il est un antimoderne. Il s’efforce de juger les choses en elles-mêmes, sans se préoccuper de savoir si elles viennent d’hier, si elles sont d’aujourd’hui ou si elles ont une chance d’être à la mode demain. Sa boussole, c’est la beauté. L’homme de goût est un sourcier. « Le goût, a dit Delacroix, fait deviner le beau où il est ». On aimerait que, à l’instar de la beauté selon Cocteau, il agisse même sur ceux qui ne le constatent pas.

Le bon goût est-il une étape obligatoire sur le chemin du goût ? Les gens de goût sont, il est vrai, souvent bien nés. Ils connaissent les règles du jeu et ce sont d’excellents joueurs. Mais, détestant l’ennui, ils inventent leurs propres règles. Reconnaissons, alors, leur courage : il en faut pour s’extraire volontairement du clan des élus du destin ! Là où le bon goût répète, le goût innove. Là où le bon goût exclut, le goût propose, flatté d’inspirer des imitateurs. Mais, affaire d’individualité, le goût transcende les milieux : Coco Chanel, parangon du goût, était née dans une ferme.

Parlant d’elle, je vous dois un aveu : l’idée de cet article m’est venue après avoir lu un de ses aphorismes : « Le bon goût, a-t-elle dit, ruine certaines valeurs de l’esprit. Le goût tout simple par exemple. » Je ne saurais mieux dire. Ni mieux conclure.

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 17:30

La grippe A frappe à la porte…

Le Chouan, soucieux de la santé de ses lecteurs, leur envoie ce petit post - ou plutôt cet inoffensif postillon. Contre le fléau annoncé, deux recommandations :

Evitez le serrage, très français (pour ne pas dire franchouillard), de paluche. Etrange, cette manie qu’ont certains de nos concitoyens de nous faire du mal quand ils nous veulent du bien… Vous êtes avenant ? On veut vous être agréable ? Préparez-vous à un broyage en règle de menotte ! Préférez à cette coutume le salut à l’anglaise - une discrète inclinaison de la tête. Keep your distance !

Portez, dès que le temps le permettra, des gants. Le virus H1N1 passe par les mains ? L’élégance aussi : quoi de plus seyant que des mains recouvertes de gants assortis à la couleur des souliers ? Pourquoi avoir abandonné l’usage de cet accessoire merveilleux ? Son retour freinerait la propagation de nombreux virus saisonniers (gastro-entérite et grippes de toutes sortes).

Je ne doute aucunement de l’efficacité de mes conseils. Si, toutefois, vous constatiez dans les semaines à venir un silence anormal de ma part, ne m’oubliez pas dans vos prières !

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 19:52

Photo source, L’Express, semaine du 23 au 29 juillet 2009

 

Amis lecteurs, cette cravate longue, si longue, trop longue ne vous rappelle-t-elle rien ? Si, bien sûr, celle de Monsieur K (cf. La cravate selon K. ) ! Bernard Kouchner et Alain Minc sont proches. C’est le second qui a suggéré à Nicolas Sarkozy le nom du premier pour le Quai d’Orsay. Tous deux viennent de la gauche. Sont-ils à ce point proches qu’ils se prêtent leurs vêtements ? Leur similarité de gabarit, en tout cas, le leur permet.

Bizarre, tout de même, ces cravates rouges dont la longueur est inversement proportionnelle à la taille… de ceux qui les portent. Alain Minkowski, qui a su raccourcir son nom, devrait bien être capable de raccourcir une cravate !

Nous sommes le 16 mai 2007, jour de l’investiture de Nicolas Sarkozy à la tête de l’état. Le tapis rouge a été déroulé dans la cour de l’Elysée. Alain Minc, convié à la fête, a soigné son apparence. Sa coiffure est impeccable : raie à gauche bien tracée, la même, sans doute, qu’il avait déjà à l’école, quand son extraordinaire dextérité intellectuelle faisait l’admiration de ses maîtres. Costume à rayures discrètes. Chemise bleu ciel. Bref, pour l’occasion, il s’est mis sur son 31. (Non, je ne parle pas de sa pointure.)

La longueur exagérée de la cravate n’est pourtant pas la seule erreur qu’Alain Minc ait commise. J’en ai relevé six autres. A vous de jouer.

Première erreur : le veston - aux pans tombant trop bas - est trop ample. Erreur que font souvent les hommes petits. Deuxième erreur : ses manches sont trop longues. Elles ne laissent pas dépasser un peu des manchettes d’une chemise dont les manches sont – troisième erreur – trop courtes. Quatrième erreur : les mocassins noirs (le mocassin, chaussure décontractée, se doit d’être marron) et, qui plus est, portés avec un costume. Cinquième erreur : le revers au pantalon - à réserver aux hommes de bonne taille. Sixième erreur : la veste ouverte. A l’extérieur, on boutonne !

J’ai raillé la longueur de la cravate. Honnêtement, j’aurais dû louer le choix du rouge qui fait si bien ressortir la rosette de la légion d’honneur. Le hasard – car il ne peut s’agir que de cela – fait parfois drôlement bien les choses. En mai 2008, Nicolas Sarkozy fera Alain Minc commandeur de la Légion d’honneur. Un autre jour de félicité. On imagine qu’il arborait à cette occasion le même sourire que dans la cour de l’Elysée un an plus tôt. Le sourire satisfait d’un petit garçon chouchouté par les grands et abonné aux prix d’excellence. 

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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 12:40
Errare humanum est: on connaît la formule, mais on ignore souvent la suite : Perseverare diabolicum est !

Cette liste vous fera gagner un temps fou. Elle recense un certain nombre d’erreurs que nous voyons commises tous les jours. Presque tous les principe du bien vêtir ont une justification esthétique ou logique. Les exceptions ont été fixées par l’usage, arbitraire comme la vie. A conserver et à compléter pour être parfait de pied en cap !

Des chaussures mal entretenues.

Des chaussures aux semelles ferrées.

Des chaussures à talonnettes (Nicolas Sarkozy).

Des chaussures à boucle avec une tenue habillée.

Des derbys noires.

Des chaussures noires à la campagne.

Des mocassins noirs portés avec un costume (Jacques Chirac).

Des mocassins portés pieds nus en ville.

Des sandales ou des tongs.

Des espadrilles en ville.


Des chaussettes à losanges.

Des chaussettes trop courtes.


Un pantalon sur les hanches.

Un pantalon slim.

Un pantalon trop étroit du bas.

Un pantalon avec un revers minuscule ou trop grand.

Un chino avec un pli.

Un bermuda en ville.


Un chesterfield dont on a relevé le col.

Un loden vert ailleurs qu’en Autriche.

Un loden bleu, même en Autriche.

Un anorak.

Un duffel-coat passé vingt-cinq ans.

Un trench-coat court.

Un trench-coat bleu marine.


Un costume porté sans cravate :


Xavier Bertrand


Un costume porté avec une chemise hors du pantalon.

Des manches de veste trop longues (Nicolas Sarkozy, cf. De l'élégance de Dieu. ).

Boutonner tous les boutons d’une veste.

Porter déboutonnée une veste croisée.

Porter déboutonnée une veste droite au dehors.

Garder sa veste droite boutonnée quand on est assis.

Garder sa veste droite boutonnée quand on entre dans une pièce.

Relever le col d’une veste (Johnny Halliday).

Une veste croisée comportant moins de six boutons.

Un blazer avec un écusson sur la poche de poitrine.

Un blazer porté avec un jean et une cravate :


Xavier Darcos


Un blazer porté avec des chaussures noires (Brice Hortefeux, cf. Le blazer de Brice ).

Un blazer porté avec une chemise blanche (Brice Hortefeux, ibid).

Des boutons de cuir sur une veste de tweed.

Un smoking droit à deux ou trois boutons (Nikos Aliagas).

Un smoking avec une fente dans le dos (Barack Obama).

Un smoking avec des poches à rabats.

Un smoking avec des revers en satin.

Un costume marron (Al Capone)


Un pull-over porté à même la peau (Christophe Dechavanne).

Un gilet ou un cardigan dont on a boutonné le bouton du bas.

Un pull zippé sous une veste de costume.


Une chemise trop cintrée.

Une chemise rayée avec un costume rayé si la largeur et l’espacement des rayures sont identiques.

Une chemise portée au-dessus du pantalon sauf si elle a été conçue à cet effet.

Une chemise avec une poche de poitrine sauf si elle a un col boutonné.

Une chemise dont on a déboutonné plus de deux boutons (Bernard-Henri Lévy, cf. Du retour des beaux jours ).

Un polo avec une veste (Thierry Ardisson).

Un tee-shirt avec une veste (Thierry Ardisson, cf. De la dictature du noir, III, ou le look croque-mort a encore de beaux jours devant lui )

Une chemisette (les candidats de Questions pour un champion).


Une écharpe rouge vif (François Mitterrand, cf. « Le système Bruant »).

Une cravate trop longue (Bernard Kouchner, cf. « La cravate selon K »).

Une cravate trop courte.

Une cravate ornée d’un écusson.

Une cravate rayée avec une veste ou un costume pied-de-poule (Monsieur Fan, cf. L' improbable Monsieur Fan).

Une cravate rayée avec une chemise rayée si la largeur et l’espacement des rayures sont identiques.

Une cravate regimental portée indûment sur le sol britannique.

Une cravate à effet satinette (les présentateurs du journal de France 3).

Un nœud papillon blanc avec un smoking :


Barack Obama

 

Un nœud papillon monté noué.

Un nœud papillon porté dénoué (Arthur).

Une cravate portée légèrement dénouée (Frédéric Taddéï, cf. « D’un gros coup de fatigue »).

Une cravate portée entièrement dénouée (Philippe Labro, ibid).

Glisser dans la chemise le pan étroit de la cravate pour le cacher (Christophe Barbier, cf. « Le système Bruant »).

Une pochette assortie à la cravate.

Un chapeau porté avec un jean.

Une casquette portée avec un chesterfield (François Mitterrand).


Une ceinture noire portée avec des chaussures marron.

Une ceinture à boucle argentée portée avec des boutons de manchette dorés.

Une montre en or gris portée avec une alliance en or jaune.

Une alliance trop épaisse.

Une montre en acier portée avec un costume de ville ou, pis, avec un smoking (Nikos Aliagas).

Une montre en plastique ailleurs que sur la plage.

Une montre trop grosse quelle que soit la tenue.

Une montre montée sur un bracelet de métal (Fred Astaire et Edouard Balladur… deux fois hélas !)

Une gourmette.

Un bracelet en poils d’éléphant tressés (Nicolas Sarkozy).

Une chevalière initiales.

Une chevalière armoriée si l’on est roturier.

Une chaîne visible autour du cou.

Des gants noirs accompagnant une tenue décontractée.

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