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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 18:09

Les amateurs de paradoxe apprécieront.

Au début de son mandat, on a critiqué Nicolas Sarkozy pour son goût du luxe. Il portait des costumes Prada PAP, des mocassins Alden à pampilles, des Ray ban Aviator, une Rolex Daytona. Sa panoplie – assez convenue – était celle de beaucoup de cadres supérieurs. Rien qu’un homme d’une cinquantaine d’années qui a à peu près réussi dans la vie ne puisse s’offrir !...

Ajoutez à cela des vacances et des week-ends dans quelques endroits de rêve ou sur des yachts de milliardaires… il n’en fallut pas davantage pour que, se faisant l’écho de la sourde réprobation du peuple, la presse ne sonne l’alarme universelle !... Et, sous l’influence conjuguée de ses conseillers et, dit-on, de sa nouvelle épouse, on vit Nicolas Sarkozy mettre brutalement fin à sa période dite « bling-bling ».

Maintenant, il cligne des yeux quand le soleil le gêne, il porte des costumes sur mesure d’un grand faiseur italien, ses pieds sont chaussés de Lobb sur mesure et son poignet est orné d’une Patek vintage en or gris. Les plus observateurs auront remarqué que seul un bracelet en poils d’éléphant tressés rappelle la première manière. Certains hommes aiment ce colifichet passablement de mauvais goût dans lequel ils voient un symbole de virilité. Alain Delon porte le même.

La métamorphose présidentielle a eu l’effet escompté. Nicolas Sarkozy n’a pourtant pas renoncé au luxe – bien au contraire : lui-même se plaît à rappeler que sa nouvelle montre vaut beaucoup plus cher que la précédente (chassez le naturel…) – mais il a opté pour un luxe discret, sans impact spectaculaire, discernable des seuls initiés. Et le bon peuple, ignorant de ces choses, a recouvré sa sérénité. Les apparences sont sauves. Elles sont aussi trompeuses.

François Mitterrand et Laurent Fabius saisirent mieux, en leur temps, la relation malsaine et immature que les Français entretiennent avec l’argent. L’un, d’extraction bourgeoise, se prétendait fils de cheminot ; l’autre fit passer son grand antiquaire de père pour un vulgaire brocanteur.

On aurait aimé que dans la critique du président « bling-bling » entre moins de jalousie et d’aigreur et plus de réflexion d’ordre esthétique. Mais le goût est la chose du monde la moins bien partagée. Il n’est qu’à voir comment s’habillent la plupart de nos grands patrons aux salaires mirobolants :

Georges Pauget, Crédit agricole : une élégance toute soviétique.

Pierre-Henri Gourgeon,  Air France : un grand patron qui a le bras long… et la manche qui va avec.


Guillaume Pepy, SNCF : de lourdes responsabilités pèsent sur ses épaules… et déforment sa veste.

Jean-Cyril Spinetta, Air France KLM : un bien réjouissant camaïeu de gris.

 

A l’inverse, donnez de l’argent aux pauvres, et vous en ferez presque tous des bourgeois mal nippés.

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 20:50

La mort d’Omar Bongo nous rappelle que beaucoup de chefs d’états africains ont été ou sont habillés par Smalto. Ces photos montrent la sorte de perfection atteinte par le maître :

Hassan II

Mohammed VI

Omar Bongo


Le revers et l’épaule suffisent à signer le costume. Ah ! ce cran ! Ah ! cette forme pagode ! Ah ! cette cigarette ! Francesco Smalto dément l’adage du cordonnier mal chaussé :

Francesco Smalto


J’ai parlé de perfection. Oui, la veste Smalto atteint, dans son genre, la perfection. Armure souple, elle met en valeur n’importe quelle morphologie. Il y a de l’uniforme dans cette coupe. Serait-ce pour cette raison que tant de chefs d’états africains  - eux, si avides de décorations, vrais ou faux rois, empereurs ou haut gradés - l’ont adoptée ?

Le pantalon me convainc moins. Serré aux cuisses, il fait la jambe maigre. Sa ligne m’évoque la mode des années soixante-dix, et ce n’est pas un compliment.

Si votre bourse vous le permet, faites-vous donc faire une veste sport chez Smalto et le pantalon ailleurs !

A propos, vous souvenez-vous de l’affaire Smalto Bongo ? En 1995, le tailleur-couturier fut jugé pour avoir procuré au président du Gabon des call-girls afin d’accompagner agréablement la livraison des costumes. A chacun son rôle : l’habilleur d’un côté, les déshabilleuses de l’autre. Le couturier … et ses petites mains ! Mais ce service sur mesure ne fut pas de goût du tribunal qui condamna Smalto pour « proxénétisme aggravé ». Bongo parla d’ignominie.

Les magistrats, c’est bien connu, manquent souvent d’élégance.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 19:36

Cette photo est magique.

Tiré du Sartorialist


Elle prouve à ceux qui en douteraient encore que s’habiller peut être un art.

Notez, d’abord, l’harmonie des couleurs. Chaque élément pris séparément pourrait sembler terne, sans éclat : du gris, du beige, du bleu clair et foncé… L’ignorant aurait choisi des teintes plus vives, au moins pour la cravate. La juxtaposition et la superposition de ces couleurs n’ont  pourtant rien de triste.

Passons aux matières : la flanelle du costume est magnifique – douce et duveteuse. On est à des années lumière des misérables tissus froids à la mode du jour. La cravate est sans doute en cachemire. Le tweed du manteau est épais et moelleux. Beaux boutons en corne, en accord avec l’écaille des lunettes.

Continuons avec les formes : le col de chemise est placé au bon endroit – ni trop serré ni trop lâche, ni trop haut ni trop bas. Son ouverture à l’italienne reste raisonnable et ses pointes, que dissimule le manteau, ont sûrement la longueur qu’il faut pour équilibrer la hauteur du nœud. D’aucuns jugeront qu’un plus gros noeud aurait mieux rempli l’angle du col. La cravate est nouée simplement – je veux dire par un nœud simple ; la matière suffit à créer le volume. Ce qu’on aperçoit d’un revers du costume témoigne d’une belle largeur. Et quelle tenue ! Louée soit l’ombre portée qui nous la révèle !

Les motifs maintenant. Ils sont discrets et variés. Fines rayures de la chemise et de la cravate. Rayures sur rayures, mais espacement différent. Chevrons du manteau : c’est parfait.

Remarquons, enfin, le mouvement que donnent le col relevé, la cravate légèrement tournante et froncée, le manteau ouvert… Et quel équilibre entre l’habillé et le décontracté : la cravate est de couleur sombre, mais elle est en laine ; le costume croisé est gris, mais il est porté sous un manteau raglan en tweed.

Aucune ostentation, aucun souci de paraître.

Mais qui donc est cet artiste ?

C’est Bruce Boyer, à qui nous devons quelques beaux ouvrages sur la mode masculine : Emirently suitable, Elegance : a guide to quality in Menswear et,  traduit en français, Le Style Fred Astaire.

Une sacrée référence.

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 17:45

L’esthétique est une affaire de proportions. Il est un phénomène qui nie allègrement cet axiome et dont la longévité me laisse pantois, celui des montres surdimensionnées :


Ralf Schumacher

 
La cause de cet engouement m’échappe. Qu’un des premiers critères dans le choix d’une montre soit que sa taille s’adapte au poignet paraît une évidence. Mes parents m’avaient offert pour ma communion solennelle une montre d’adulte. J’avais 12 ans et je me lamentais que mon poignet soit encore trop petit pour elle. Elle avait – elle a – un diamètre de 33 mm ...

Les montres surdimensionnées ont été conçues pour des usages spécifiques : les plongeurs ou les aviateurs les portaient par-dessus la manche de leurs combinaisons ou de leurs blousons pour avoir constamment sous les yeux une heure facilement lisible. Mais pour notre usage quotidien, de quelle utilité peut être un cadran surdimensionné ?

Ces montres sont laides pour la raison que j’ai dite (la transgression de la loi d’harmonie). Elles ne sont pas pratiques – trop volumineuses pour glisser sous la plupart des poignets de chemise. Elles sont lourdes  et très exposées aux chocs.

Si encore leurs adeptes les portaient à la façon d’Agnelli, c’est-à-dire par-dessus le poignet de chemise !

 

 

Pourquoi donc ce succès ? Je hasarderai trois hypothèses :

Parce qu’avec elles, on en a pour son argent. Sans commentaire nécessaire.

Parce que, à leur manière (pataude, monstrueuse), elles introduisent dans l’uniforme men in black de la plupart de nos contemporains un élément de fantaisie.

Parce que, par leurs proportions et leur pedigree sportif, portées avec un costume, elles font exploser les codes de l’élégance formelle.

Admettons que la complexion de certains de leurs propriétaires les rend moins disgracieuses :


Guy Carlier


Pierre Ménès

 

Toutes les femmes de Botero sont grosses, ce qui revient à dire qu’aucune ne l’est : « Une figure corpulente, explique le peintre, exige à ses côtés une autre plus mince pour que le contraste souligne l’embonpoint. » Dieu merci, notre monde n’est pas (encore) peuplé que de Ménès et de Carlier… Alors, pourquoi des montres obèses ?

Les années qui viennent verront le retour de la montre discrète, habillée, extra-plate : j’en fais le pari. Les grosses montres rejoindront, au Musée des horreurs de la mode, les pattes d’éléphant des Années 70 et autres épaules robocopiennes des Années 80.

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 18:31
Je ne connaissais pas Monsieur Fan avant de lire l’article que lui a consacré Parisian gentleman. Le personnage, pittoresque en diable, excite la curiosité. Il tient un blog. Il est demi-finaliste du concours Esquire décernant le prix de l’homme le plus élégant du monde (rien que ça). D’aucuns qui le connaissaient déjà moqueront l’ignorance du chouan… mais les chouans ont l’habitude d’être traités de ploucs !


Ma curiosité n’est toutefois pas entièrement satisfaite : quelle profession exerce ce globe-trotter habillé par les meilleurs faiseurs ? Et, surtout, quelle est sa taille ? Les photos le représentent toujours seul. On aimerait, pour comparer, un étalon !

 

 

Je conseille à toutes les personnes de petite taille d’étudier de près les tenues de Monsieur Fan. De nombreuses astuces trouvées par des générations de tailleurs pour allonger une silhouette y sont à l’œuvre : taille placée haut ; anglaises idem (tout de même, la pointe du revers qui gratouille le haut de l’épaule, n’est-ce pas trop ?) ; manches assez courtes de la veste laissant dépasser quelques centimètres du poignet de la chemise (Nicolas Sarkozy, qui, allez savoir pourquoi, m’ évoque un peu Monsieur Fan, ferait bien de retenir la leçon !) ; veste droite ouverte très bas (un bouton) afin d’allonger le buste (Ciffonelli, tailleur de François Mitterrand, recourait au même subterfuge avec son illustre, et néanmoins petit, client) ; pantalon étroit du bas et plutôt court, cassant à peine sur les chaussures…

D'autres choix peuvent surprendre. Pourquoi des revers de veste  d’une largeur si généreuse ? Une dimension plus modeste (sans aller jusqu’à l’étroitesse exagérée des revers actuels de notre Président) aurait certainement contribué à affiner la ligne. Mais encore, pourquoi un revers au pantalon qui réduit, à l’œil, la longueur de la jambe ?

Monsieur Fan n’est pas seulement très petit, il a aussi une grosse tête. Les épaules signées Rubinacci n’atténuent pas le défaut. Des épaules plus carrées et très légèrement plus larges me sembleraient mieux adaptées. Sur cette photo, l’épaule fait une vague ; elle manque de netteté :

 

 

Monsieur Fan n’a pas seulement une grosse tête et il n’est pas seulement très petit, il a aussi de grands pieds. Le bas du pantalon étroit et court rend le défaut plus visible. Qui plus est, Monsieur Fan aime les grosses chaussures. Un examen objectif des nombreuses photos qui le représentent devrait lui faire renoncer à cette préférence.

 
Parlons maintenant élégance.
Monsieur Fan est-il un homme élégant ? (Laissons l’allure de côté : Monsieur Fan n’en a aucune.) Il sait s’habiller ; fréquenter les meilleurs maisons facilite la tâche. Certaines de ses tenues constituent de vraies réussites. Celle-ci par exemple (la cravate est à recentrer) :


 

D’autres peuvent choquer, en revanche, l’amateur d’harmonie. Une veste pied-de-poule portée avec une cravate club (voir photo 2), « ça jure », comme le disait Bernard Blier à Daniel Auteuil (je crois), qui commettait cette erreur, dans un quelconque navet ! Etre élégant, c’est aussi s’habiller selon son âge. Mais quel est l’âge de Monsieur Fan ? Pour un être à l’apparence si étrangement juvénile, le choix de l’austère costume croisé ressemble à une aberration. La combinaison veste sport droite et pantalon de flanelle lui va beaucoup mieux. L’élégance, c’est encore une manière d’oublier sa tenue (qu’on peut avoir mis du temps à choisir) sitôt qu’on l’a enfilée. Or, Monsieur Fan ne s’oublie jamais en tant qu’homme bien mis. Sa raideur a tout du Playmobil ! Et l’on dirait que ses habits ont avant tout été faits pour être photographiés. Le seul pli visible est celui – parfait – du pantalon ! Arrive-t-il à Monsieur Fan de se tacher, de tomber, de se prendre un pan de veste dans la portière de sa voiture ?...

Mais, au fait, Monsieur Fan existe-t-il ?

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 13:07

La confusion des genres est un trait de l’époque. Pour beaucoup, les mots style et look sont synonymes ; le second ne serait que la traduction moderne – parce qu’en langue anglaise – du premier. Le dictionnaire (il faut toujours y retourner !) entretient le trouble qui donne le mot style comme possible équivalent à look. Il convient pourtant de distinguer.


Un look tiré de : The Sartorialist.


Le style est indissociable d’une notion de durée
. Il faut du temps pour trouver son style. On essaie, on tente – on y laisse forcément des plumes. Quand on croit avoir trouvé son style, on s’y tient. Les évolutions ne pourront être que minimes, circonscrites à des détails. Le look, au contraire, est affaire d’immédiateté. On change de look comme de chemise. En cela, il est voisin de la mode dont il partage la possible séduction et les dangers.

La quête du style emprunte un chemin qui va vers l’intérieur.
Elle engage la personne dans toutes ses dimensions – corporelle, intellectuelle et, même, spirituelle. Celui qui a atteint l’objet de sa quête finit par se confondre avec lui ; il peut dire alors, en paraphrasant Buffon : « Mon style, c’est moi. » Il paraît ce qu’il est ; il est ce qu’il paraît : « parêtre » écrivait Lacan. Le look, lui, s’impose de l’extérieur : on suit les conseils d’un commerçant, d’un magazine de mode ; on imite un acteur, un journaliste… On va même, parfois, jusqu’à s’offrir les services d’un professionnel du relooking. On lui abandonne une part de sa personnalité. Voir ces émissions terribles où des téléspectateurs relookés sont regardés comme des inconnus par leurs plus proches... ou pis : par eux-mêmes !


Un style : Fred Astaire.


Le look tend généralement vers le spectaculaire
. Il est dirigé vers les autres et doit créer la surprise. Il ressemble alors à une sorte de dandysme (façon Barbey ou d’Annunzio) vidé de sa substance. « Il faut être quelqu’un pour paraître quelqu’un », proclame le dandy. Celui qui se looke paraît mais il n’est pas. « La brute se couvre, le sot se pare, l’homme élégant s’habille. » On pourrait ajouter cette proposition à la maxime balzacienne : « Le looké se déguise ». Le style ignore ces façons. Il ne cherche pas à se faire remarquer. Il affectionne l’ombre, les lumières tamisées. Qui remarque un homme stylé ? Les autres hommes stylés et ceux qui cherchent à l’être.

Le look vise l’originalité plus que  la beauté.
Pour le style, c’est l’inverse. Certes, le style d’un homme original sera à son image. Mais le cas reste marginal : la recherche du style anime avant tout les esthètes.

Je préfèrerai toujours un style maladroit mais personnel à un look réussi mais emprunté.

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 14:27


Voilà des années que je vois régulièrement Monsieur K. affublé de cravates trop longues pour lui. Sa petite taille explique mais n’excuse pas. Les cravates sur mesure existent. Monsieur K. pourrait aussi pallier la difficulté en recourant à un nœud gourmand en étoffe.

La pointe d’une cravate doit effleurer le haut du pantalon. Tant que ce résultat n’est pas atteint, on ne sort pas de chez soi. Trop longue, la cravate se transforme en un attribut ridiculement obscène.

Où l’on voit que Monsieur K. - ex-ministre de gauche devenu ministre de Nicolas Sarkozy - est plus doué pour retourner sa veste que pour raccourcir sa cravate.

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 14:00
Le cardigan ? Un vêtement pour retraités, pense-t-on généralement. Il est vrai qu’on le voit surtout sur les épaules d’hommes d’âge respectable plus soucieux de confort que d’élégance. Ils le choisissent ample, beigeasse ou marronnasse, agrémenté – détail, à leurs yeux, très gentleman farmer – de boutons de cuir. Rien de bien excitant là-dedans.

Pourtant, qui a vu Fred Astaire dans Drôle de frimousse sait que le cardigan peut conférer à celui qui le porte une élégance extraordinaire. Observez ici le coloris et la perfection des formes.

Les qualités de ce vêtement sont nombreuses : pratique, il s’enfile ou s’enlève avec discrétion et sans risque d’être décoiffé ; espiègle, il change d’allure selon son boutonnage (un seul bouton fermé chez Fred Astaire) ou selon qu’on le porte avec un nœud papillon ou un foulard, ou encore le col de la chemise ouvert ; singulier, il est plus habillé qu’un pull et moins formel qu’une veste.

Des stylistes ont tenté récemment de le remettre au goût du jour. Certains en ont fait une pièce maîtresse d’une sorte de panoplie gothico-dandy dont le caractère artificiel ne pouvait mener qu’à un échec. On voit encore quelques jeunes garçons exsangues et très fins l’arborer en noir. D’autres, comme Ralph Lauren, l’ont édité (l’année passée) dans des couleurs joyeuses et des formes près du corps. Un régal !

 

Ralph Lauren - collection printemps/été 2009

 

Les adeptes du cardigan connaissent le lien affectif qu’on entretient avec lui. James Darwen : « Les cardigans sont très chéris de leur propriétaire. (…) A la fin, l’épouse du gentleman anglais se sentira obligé de le jeter et de lui en acheter un autre, après une longuissime campagne de démoralisation. » (Le Chic anglais) Frédéric Sanchez : « Mon vêtement fétiche est un gilet noir à col en V. J’en porte depuis 15 ans (…) Il est devenu mon uniforme (…) il reflète ma personnalité. » (L’Express style, n° 3031)

Osez le cardigan !
Choisissez-le en coton, pour le printemps, dans une couleur qui vous plaît, bien ajusté. Essayez-le avec un nœud papillon ou avec un beau foulard (Breuer et Atelier F&B en proposent de très beaux qui ne font pas vieillots du tout), ou enfilez-le simplement sur une belle chemise. Il deviendra très vite, croyez-moi, un compagnon indispensable !

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 21:53



Si vous avez raté le 17/05 sur ARTE l’émission Philippe Noiret, Gentleman saltimbanque,  en vous connectant  au site de la chaîne : video disponible ! rattrapez-vous

Soyez particulièrement attentifs à deux tenues avec blazer - l’une avec pochette rouge (début du doc.) ; l’autre avec pochette jaune et casquette (milieu du doc.)

Beau passage : quand Monsieur Dickinson, ancien maître bottier chez Lobb, parle de la passion de l’acteur pour les belles chaussures.

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 13:29

Certains vêtements sont des promesses d’art de vivre. L’idée de les porter est le début du bonheur. Il faut revenir à l’essentiel : on s’habille d’abord en fonction des saisons et de la météo. Quand sa tenue s’accorde avec le temps et le lieu, le bonheur est complet. A chacun sa liste. Voici la mienne.

Le blouson de daim, au printemps, lors des week-ends sur la côte ;


Source : Dandy n° 25


Le costume prince-de-galles, « rien n’égalera jamais le plaisir de marcher dans la fraîcheur et la lumière d’une matinée de printemps, vêtu d’un beau prince-de-galles » (Farid Chenoune, Des modes et des hommes) ;

Le nœud papillon, parce que, définitivement, il évoque pour moi, avec ses ailes colorées, l’envol du printemps ;

Le polo en piqué, dès les premiers jours de chaleur, en ville ou ailleurs ;

Les mocassins à semelles souples, enfilés pieds nus, pour aller à la plage le premier jour des vacances ;

La chemise en lin
, contre la canicule, le « temps de chien » des Romains ;

Le pull à col roulé, en septembre, quand les jours refroidissent, l’été, quand les soirées sont fraîches ;

Le cardigan, lors des week-ends à la campagne en automne, avec une chemise en Viyella, un foulard en soie glissé dans le col ;

La cravate
, pour contrer la fraîcheur de septembre et parce qu’on est heureux, après des semaines de vacances, de renouer le lien ;

Le chapeau de pluie, par 
« temps de chien » des Bretons, avec un très vieux Barbour et de très vieilles belles chaussures anglaises qui ne risquent plus rien – la pluie peut bien tomber, on va sans parapluie , les mains et le cœur libres ;





 

Le manteau long – il sort rarement de l’armoire -, par temps glacial et sec, armure impénétrable ;

La robe de chambre en laine et cachemire, douce et chaude comme l’enfance, quand il neige au dehors.

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