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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 09:45

Aux vitrines des bijoutiers, les montres en acier, en or gris, en platine ont les meilleures places. Celles en or de couleur leur ont laissé la vedette. Les plus curieux auront remarqué que ce sont les montres « grises » qui ornent la majorité des poignets des stars médiatiques. Carla n’a-t-elle pas offert à Nicolas une discrète Patek Philippe en or gris ?

 

 

Dans les magazines spécialisés, le phénomène se retrouve : disant cela, je n’apprends rien aux passionnés de belles mécaniques. Le cadran noir a fait, ces dernières années, une percée inédite, et l’on a redécouvert la montre militaire que de nombreuses marques ont décliné en versions plus ou moins réussies. Le phénomène a atteint son apogée avec la montre dite « fantôme » - montre intégralement noire, au cadran de laquelle déchiffrer l’heure devient une complication

 

 

 

Volonté de discrétion ou snobisme exacerbé ? Cette mode, en tout cas, offre un bel exemple d’understatement : on se reconnaît entre soi à la montre que l’on porte, grise et noire, toute noire, invisible aux yeux du profane, mais chère, tellement chère… Le profane viendrait à en apprendre le prix qu’il s’étranglerait :

« Hein ?... acheter si cher une montre pareille ? » 

Autrefois, on achetait une montre en acier faute de moyens ou pour accompagner une tenue « sport ». La faveur récente pour la tenue noire a changé la donne : avec du noir, une montre en or jaune ou rose ferait clinquante, marchand de tapis… Au contraire, portez une Reverso en acier montée sur un bracelet sombre et vous serez chic.

 

Les adeptes du décalage opteront pour une botérienne Luminor Paneraï, conçue à l’origine pour être portée par-dessus la tenue de plongée. N’oubliez pas, si vous êtes marié, d’accorder le métal de votre alliance à celui de votre montre. Si vous n’avez pas le choix, ôtez votre alliance : il vaut mieux prendre ce risque auprès de votre femme que de commettre une impardonnable faute de goût. 

Avec les tweeds et les couleurs, le choix d’une montre en or jaune ou rose s’impose. L’acier et les autres ors feraient ternes et pauvres. Si votre peau est claire, l’effet serait redoublé. La mode suit le mouvement des aiguilles. « La treizième revient… C’est encore la première ! » 

Les dictatures sont mortelles. Guettons la mort du noir au cadran de nos montres préférées !

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 18:13


La mode reflète l’air du temps. En cette période de morosité, le noir domine. Dans la rue, à la télévision, les hommes portent l’uniforme : costume sombre en tissu froid, chemise blanche, cravate noire ou pastel, chaussures noires. L’élite même est touchée : avez-vous remarqué que la garde-robe de notre président tendait à un minimalisme quasi fanatique ? A peine distingue-t-on un rien de fantaisie dans le choix de la chemise (parfois à rayures, parfois rose ou bleu très clair…), invariablement portée avec des cravates très sombres en soie nattée. Quelle tristesse et quelle régression ! Que l’on songe à l’inventivité d’un Fred Astaire dans les années 30, n’hésitant pas à porter des vestes de tweed bleu lavande, jouant en virtuose avec les formes, les motifs et les couleurs ! Plus près de nous, il y eut Philippe Noiret. Son goût était moins sûr que celui de son indépassable prédécesseur (il succombait quelquefois au travers "antiquaire"), mais, au moins, avait-on affaire à un connaisseur. Ses trouvailles, quand il était inspiré, suscitaient étonnement et envie d’imiter.





Les plateaux de TV montrent des aréopages de « men in black ». La cravate est de plus en plus souvent abandonnée, notamment par les hommes politiques. Ainsi ouverts, les cols de chemise perdent toute utilité et tout esthétisme. Pourquoi pas des passants sans ceinture, des œillets sans lacets ? Si l’on veut supprimer la cravate, qu’on supprime aussi le col de chemise fait pour elle ! Et qu’on aille en tee-shirt ras de cou… porté , évidemment, sans veste car – tout se tient - le col de la veste a été conçu, dessiné, pour poser sur un col de chemise.

On ôte la cravate sous prétexte de décontraction sans se soucier une seconde des conséquences désastreuses que ce geste entraîne.


Choisir ses vêtements est, pour l’homme qui prétend à l’élégance, un plaisir du matin ou, s’il est prévoyant, un plaisir du soir. Il aime se laisser guider par son humeur, le temps, le lieu, ses activités du jour… Toutes les couleurs, toutes les fantaisies lui sont permises. L’expérience me fait dire – en paraphrasant le célèbre Cornélius Agrippa de Nettesheim – qu’en matière d’habillement tout va avec tout mais pas n’importe comment.
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 18:07
Que penser d'Arnys ? Je ne possède rien de cette marque, mais ce que j’en sais me conduit à la bienveillance. Louons leur souci du style, et d’un style français ! Aucune complaisance à la mode chez eux – au contraire, l’adaptation originale de tenues pour ainsi dire patrimoniales – voir, bien sûr, la « forestière », et puis la « Boeldieu », ou encore la « Charcot ».




Leurs cravates 7 plis sont tentantes, comme beaucoup des pièces qui composent leur vestiaire  "sport". Une belle pochette en soie cachemire émergeant d’une forestière en velours, des manches retournées à la Cocteau laissant apparaître une doublure dont la couleur peut rappeler celle d’un élément de la tenue, des pantalons montant haut sur les hanches, des gilets bicolores… autant de détails qui retiennent l’attention de l’amateur d’élégance.


Oseriez-vous critiquer ?


Choisir parmi toutes les possibilités offertes (…façon de parler !), marier les formes et les couleurs, requiert, évidemment, du savoir-faire.

Ce savoir-faire, les « mannequins » qui représentent Arnys dans les médias en sont malheureusement dépourvus : Serge Moati , Jean-Luc Petitrenaud, François Fillon… Naguère,  Arnys a habillé Jean-Paul Sartre et François Mitterrand. Pas de chance, décidément.


François Fillon. Arnys : les anglaises en témoignent ; la cravate aussi ...


jean-luc-petitrenaud-def.jpgJean-Luc Petitrenaud. Notez la cravate, son noeud, sa couleur ...
 

 

Serge Moati. Comment peut-on ?


J’ai lu quelque part qu’un des frères Grimbert avait déclaré qu’il ne recherchait pas l’adhésion générale : "1,5 à 2% de la population nous suffisent." Cette remarque, parfaitement antidémocratique, prononcée, qui plus est, par un fournisseur étiqueté « rive gauche », comble son chouan !


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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 17:57
Des noms de grands tailleurs reviennent dans les pages de nos magazines préférés. Les numéros 69 et 72 de Monsieur permettent de se faire une idée du travail de deux d’entre eux  : Djay - très à la mode paraît-il - et Ciffonelli. A chaque fois, le modèle est le même : François-Jean Daehn himself, directeur du magazine susnommé. Grand, mince, c’est le modèle idéal.

Dans les deux cas, le résultat me laisse perplexe.

Djay tout d’abord (n°69) : son parti pris du bas de pantalon à 17,5 cm et du revers de pantalon à 5,5cm me semble nier l’objectif que se doit d’atteindre tout bon tailleur : s’adapter à la morphologie de son client. 17,5 cm, c’est insuffisant pour un homme élancé d’1,90m (à vue d’œil, la taille de FJD) qui, de plus, porte des chaussures longues et étroites…L’effet, à la marche, doit être désastreux. Autre parti pris : les poches en biais sont placées très haut sur la veste - si bien que la pointe de la poche-ticket se hisse au niveau du premier bouton (photo de gauche) !... Tout est pensé pour allonger au maximum la silhouette, ce qui peut se justifier dans le cas d’un petit gabarit - tel Djay lui-même-, mais ce qui devient absurde dans celui d’un gabarit longiligne. Sur les photos, j’ai l’impression de voir François-Jean Daehn dans une glace amincissante ! La politique du détail distinctif et original ressortit davantage à des préoccupations de styliste qu’à celles d’un tailleur.


Cliquez pour agrandir.




A propos de Ciffonelli (n°72) : mes réserves portent moins sur des originalités de mauvais aloi (quoique le bas de pantalon m’ait l’air un brin étroit…) que sur la coupe : plis sur le pantalon et, surtout, défaut rédhibitoire, carreaux mal raccordés au niveau de l’emmanchure. L’impression d’ensemble est curieuse : le pantalon, étroit, ne va pas avec la veste dont les basques sont très évasées. La veste de Lorenzo Ciffonelli (à droite), quant à elle, ne me convainc pas du tout : trop longue, beaucoup trop longue…


Cliquez pour agrandir.


Je préfère, et de loin, la coupe du costume, également prince-de-galles, signé Baldessarini à la page 81 du même numéro. Les lecteurs fidèles de Monsieur s’y reporteront avec profit !

Le bon tailleur est celui qui sait s’adapter à la morphologie de son client tout en conservant son style propre. Il n’a pas besoin de « trucs » voyants pour qu’on reconnaisse ses créations. Il sait que la star ce n’est pas lui, mais le costume unique qu’il a créé pour un client également unique. Certains grands tailleurs londoniens parviennent si bien à ce résultat qu’ils négligent de coudre une étiquette à leur nom à l’intérieur de la veste. La coupe du costume suffit à reconnaître leur patte… que leur costume soit porté par un Quasimodo ou un Apollon !

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