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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 07:11

Parmi les accessoires oubliés de l’élégance masculine, il en est un qui, dans l’imaginaire des amateurs, tient une place à part : le monocle. Wikipédia lui consacre une page qui renseigne sur son histoire. J’y ai appris notamment l’origine de son succès chez les officiers supérieurs : les « binoclards » ne pouvant accéder à ce rang, un officier britannique eut l’idée de contourner l’interdiction grâce au port du monocle.

Dans La Grande illusion, Jean Renoir en fait porter un au capitaine (puis commandant) Von Rauffenstein – joué par Eric Von Stroheim – et un autre au capitaine de Boëldieu – joué par Pierre Fresnay. Cet accessoire signe aussi l’origine aristocratique de ces deux militaires, au même titre que leurs gants blancs.

 

pierre-fresnay.jpgPierre Fresnay

 

von-stroheim.jpgEric Von Stroheim

 

L’excellent Paul Meurisse en fait un tout autre usage dans la série des « Monocle ». Il y incarne le commandant Théobald Dromard. Sa prestation seule a permis à ces films de ne pas tomber dans l’oubli. Le monocle complète à merveille son jeu maniéré et ironique.

 

paul-meurisse-monocle.jpgPaul Meurisse

 

Cet accessoire fut aussi prisé dans les milieux littéraires, ce qui ajoute grandement à mon intérêt pour lui. Il semble que Leconte de Lisle soit à l’origine de ce micro-phénomène.

 

leconte-de-lisle.jpegLeconte de Lisle

 

Pour Leconte de Lisle expliqué par Sartre (Dandies, Roger Kempf), « l’homme devrait être un monocle, cette vitrification du regard absolu clouant le regardé au mur comme un papillon sur un bouchon. » Le monocle qui tue ! Henri de Régnier se contentait de se servir du sien pour garder ses distances. Dans Venises, Paul Morand le croque en quelques lignes expressives : « Personne ne portait le monocle avec autant de hauteur que Henri de Régnier, tête rejetée en arrière ; le sien était une sorte d’œil-de-bœuf creusé dans le dôme de son crâne poli, pareil à une sixième coupole de Saint-Marc. » Bernard Quiriny, dans l’excellent livre qu’il a consacré à cet écrivain oublié (Monsieur Spleen, Le Seuil), explique : « Pour bien porter le monocle, il faut demeurer impassible. Régnier l’adopte dans ce but, et aussi pour former un écran entre le monde et lui, comme un bouclier miniature. »

 

Henri-de-Regnier.jpgHenri de Régnier

 

L’exemple de Régnier contredit en tout cas une assertion de Wikipédia selon laquelle l’inconfort du monocle serait un préjugé. Quiriny nous apprend en effet qu’ « à plus de cinquante ans, Régnier ne maîtris(ait) pas encore parfaitement (…) l’art de savoir garder son monocle. » A l’occasion de la réception de René Boyslève à l’Académie, il écrit pour lui-même : « Je n’ai pas trop mal lu et j’ai lu sans que mon monocle ait quitté mon œil un instant. Cela, c’est bien, et j’en ai quelque fierté. »

 

rene-boysleve.jpgRené Boyslève. Une barbe à rendre verts de jalousie nos amis hipsters !

 

Les artistes Dada et les surréalistes s’approprieront le monocle pour en faire une marque de dérision ; « Je m’ennuie derrière mon monocle de verre » écrit Jacques Vaché, que son ami Breton appelle « Papillon Glacial du Monocle. »

Au hasard de mes nonchalantes recherches, je suis tombé sur une étonnante explication du monocle de Tzara.

 

tzara-monocle.jpgTristan Tzara

 

Elle est signée Henri Béhar et provient du numéro XVII des Cahiers du Centre de recherche sur le surréalisme. Je lis : «" O = monocle = néant ". Le monocle forme exactement sur le visage l’insigne du néant. » Ainsi donc, son monocle aurait permis à Tzara d’afficher de façon quasi subliminale son nihilisme !

Cette explication se fonde-t-elle sur des écrits ou propos de Tzara ? A-t-elle été entièrement forgée par Henri Béhar lui-même ? Je la trouve en tout cas séduisante.

Les deux derniers écrivains adeptes du monocle furent, à ma connaissance, Albert Cohen et Maurice Druon.

 

maurice-druon.jpgMaurice Druon

 

Le monocle dévoile son porteur (relire, plus haut, les lignes de Morand sur Régnier). « Monoclé », Cohen était affecté et Druon, théâtral.

Pourrais-je évoquer le monocle sans parler de celui qu’arbore le capitaine Haddock dans Les Sept boules de cristal ? Haddock, devenu depuis peu seigneur de Moulinsart, se fait servir le sien sur un plateau d’argent, que lui tend le très dévoué et stylé Nestor, ex-domestique des drôles de Loiseau… 

 

haddock-monocle.jpgTintin, Les Sept boules de cristal    

 

Haddock joue au gentleman en grand enfant bêta et touchant qu’il est ! Son monocle, sans lequel il feint de ne pouvoir reconnaître Tintin, trahit moins de la vanité que de la naïveté. Rien à voir, en tout cas, avec ceux, méchamment portés, des horribles colonels Boris et Sponz !

Plus personne n’ose aujourd’hui le monocle, sauf – dans le cadre, sans doute, d’une fête – l’excentrique Massimiliano Mochia di Coggiola. A-t-il cherché à cultiver ainsi sa ressemblance avec Tzara ?

 

massimilano-mocchia-di-coggiola.jpgMassimiliano Mochia di Coggiola

 

Un retour de cet accessoire clivant, discriminant est inenvisageable dans une société platement égalitariste comme la nôtre. Amis des attitudes et des poses étudiées, pleurez ! Le monocle a fermé l’œil. Définitivement.

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 12:27

Matières.

La soie, bien sûr, soie imprimée, tissée ou tricotée. Et puis la laine. Les cravates en tricot de laine ou en cachemire permettent de remarquables combinaisons. A privilégier avec les vestes/vestons de tweed et les blazers. On ne s’interdira pas d’y avoir recours avec des tenues plus formelles. On laisse dire Tatiana Tolstoï pour qui porter une cravate de laine avec un costume de ville constitue une « erreur gênante » (1) et l’on n’hésite pas à imiter Gianni Agnelli ou Jean d’Ormesson.

 

jean-do.jpg

 

Sortes.

La cravate est unie, à rayures, à motifs, à pois.

Unie, on ne la choisira pas lisse et encore moins brillante. Les soies nattées ou grenadine sont à privilégier.

Des rayures club arborées par un continental peuvent mettre à mal le légendaire flegme britannique (2). James Darwen : « Personne ne voudrait porter une cravate club à laquelle il n’a pas droit. Il est considéré comme normal que le membre du club offensé corrige l’offenseur avec un fouet. » Prudence, donc, si vous allez en Angleterre. Chez vous, oubliez vos scrupules et ne vous laissez pas intimider par le susnommé Darwen qui ajoute que sa remarque « vaut aussi sur le territoire français » ! Si, malgré tout, vous craignez de commettre un impair, vous pouvez toujours vous rabattre sur les cravates club fabriquées en Amérique (les Brooks Brothers par exemple) dont les rayures sont inversées.

Les motifs. Si vous y recourez, faites preuve de goût et de tact. Les cinéphiles amateurs d’élégance auront sans doute constaté que, lorsqu’elles s’éloignent d’un strict classicisme, les cravates à motifs sont les premières (avec les cravates trop larges, genre « kipper ties » des années 70) à se démoder. Par « strict classicisme », j’entends le motif cachemire (« paisley »), sous réserve que les proportions du dessin s’accordent avec celles de la cravate. La bonne largeur d’une cravate étant fixée à 8 cm, le dessin cachemire ne saurait être trop grand.

 

cravate-paisley.jpgCravate Howard's aux motifs trop grands. Nonobstant, Howard's est une excellente adresse-net !

 

Si vous optez pour ce type de cravate, je vous conseille de ne pas la porter avec de l’uni (chemise et costume). Ce sont les débutants (les débutants… ou les artistes – mais ceux-ci n’ont pas besoin de mes conseils !) qui se servent de la cravate pour introduire une note de fantaisie dans leur tenue. En revanche, une cravate à impression cachemire accompagne excellemment une chemise ou une veste à carreaux.

Quant aux motifs coin-coin, meuh-meuh, hi-han, etc. – laissez-les aux amateurs de la marque Hermès.

Les pois siéent bien à la cravate à condition que, là encore, les proportions soient respectées : pas de gros pois, donc, à la Gilbert Bécaud.

 

Couleurs.

Toutes !

Une réserve toutefois : la couleur rouge – non pas qu’elle soit condamnable en soi, mais parce que c’est la solution de la facilité vers laquelle s’orientent ceux qui ne savent pas ; ceux qui, n’ayant pas l’habitude de porter une cravate, veulent, quand ils le font, que ça se voie… Indispensable : la cravate bleu foncé, qui va avec presque tout, surtout quand elle est en tricot. Ne pas négliger la couleur verte. La combinaison blazer bleu, chemise bleu ciel, pantalon gris, cravate verte, pochette blanche, chaussures brunes est l’une des plus simples et des plus élégantes que je connaisse. Ne pas négliger non plus les couleurs vives, et même très vives, surtout aux beaux jours.

 

Nœuds.

Les livres spécialisés regorgent de toutes sortes de nœuds. Mosconi et Villarosa en ont même répertorié (pour rire) 188 (3)! Cela me fait un peu penser aux manettes d’essuie-glaces dans les voitures modernes : une foultitude de possibilités pour, au bout du compte, se servir toujours des deux ou trois mêmes vitesses ! Le nœud simple (un ou deux passages) et le demi-Windsor me suffisent amplement. Je varie selon les cravates (leur longueur, leur épaisseur) et le col de ma chemise (« italien » : nœud plus gros, ou « français »). Gros nœud ou petit nœud ? La question est délicate – pour ne pas dire vicieuse (excusez-moi…) Sur le sujet, ma religion n’est pas établie. Je me souviens que, dans Correspondant 17, Herbert Marshall arbore un noeud que d’aucuns jugeraient trop fin et trop serré mais qui, sur lui, est, à mon sens, impeccablement élégant.

 

herbert-marshall.jpgHerbert Marshall

 

Assortir.

Il n’y a pas de règles… On fait avec ce qu’on a, on s’adapte à l’occasion, on laisse parler son humeur… Tout est possible, ou presque : assortir la cravate à la chemise, au costume, au pantalon (dans le cas d’une tenue dépareillée), aux chaussettes… Jouer sur les camaïeux, les complémentaires, les contrastes… L’important, c’est que, d’une manière ou d’une autre, la cravate s’intègre dans l’ensemble. Qu’elle n’ait pas été choisie pour attirer à elle seule les regards. Attention : s’intégrer dans l’ensemble ne signifie pas être terne. Par exemple, l'été, une cravate jaune vif, accompagnée d’une pochette comportant un peu de jaune ou de chaussettes de la même couleur, pourra se révéler un excellent choix. Ne pas oublier que les couleurs se rappellent et se répondent ; à nous de les écouter et de comprendre ce qu’elles disent.

 

Détails.

Ils font la différence, on le sait bien. Ils introduisent une touche de fantaisie. Ils sont des clins d’œil destinés aux seuls initiés. Parfois même, ils n’ont de valeur que pour soi – invisibles aux regards. Mon intérêt pour les détails a varié dans le temps : tels qui retenaient mon attention voilà quelques années m’indiffèrent aujourd’hui. J’ai redécouvert récemment la pince à cravate, discrète, à placer assez bas, droite ou en biais, qui, au-delà de son aspect pratique, permet de faire joliment onduler le pan visible de la cravate. D’autres détails ? La cravate en forme d’arc (dite parfois « Agnelli »).

 

cravate-agnelli-def.jpgSource : Agnelli-esque

 

A recommander dans le cas d’une chemise à angle de col très ouvert. Le port d’un gilet ou d’une pince en facilite le maintien. Pour y arriver, on serre virilement (4) en tenant le nœud à l’horizontal. Autre « détail » : j’aime assez que les deux pans soient placés côte à côte. Ainsi, la cravate se rapproche du foulard. Elle acquiert du mouvement. Elle a l’air dans le vent. Si vous avez de l’embonpoint et que vous avez l’habitude de porter votre veste ouverte, cette solution, qui habille le devant de la chemise, est à privilégier.

 

agnelli-esque-deux.jpgSource : Agnelli-esque

 

Et puis, bien sûr, quand je noue ma cravate, je n’oublie jamais de faire apparaître, juste sous le nœud, une fronce (légèrement décentrée) ou, mieux, deux.

____________________________________________________________________________
1. De l’élégance masculine, Tatiana Tolstoï, L'Acropole.
2. « (Scott Fitzgerald) portait une chemise blanche avec un col boutonné et la cravate d'officier de la Garde. Je pensais que je devrais peut-être lui toucher un mot au sujet de cette cravate car il y avait des Anglais à Paris et l'un d'eux pourrait bien entrer au Dingo - en fait, il s'en trouvait déjà deux dans le bar - mais je me dis que ce n'était pas mon affaire », Paris est une fête, Hemingway.
3. Les 188 façons de nouer sa cravate, Mosconi et Villarosa, Flammarion.
4. Beaucoup trouveraient que je maltraite mes cravates. Mais combien en voit-on qui, par crainte d’abîmer les leurs, vont avec des nœuds mal serrés ? 

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 06:47

Pour les ignorants, la cravate est le symbole du bien habiller. Vous pouvez ressembler à l’as de pique, pour peu que vous ayez noué une cravate, on louera votre classe !

Le prestige attaché à ce ruban de tissu est extraordinaire. Il faut dire que son histoire est longue : Villarosa et Mosconi la font remonter au IIIe siècle avant Jésus-Christ… en Chine ! La cravate a suscité des fantasmes contradictoires. Son sexe, à l'instar de celui des anges, reste un mystère. Pour beaucoup, elle symbolise le phallus ; d’autres jurent que « le nœud triangulaire, avec le petit pli qui le souligne avec délicatesse, fait référence à l’attribut sexuel de la femme, comme s’il voulait signifier : C’est à ça que je pense continuellement. » (Eloge de la cravate, présenté par Giovanni Nuvoletti, Gentleman éditeur). Paradoxale cravate dont le noeud serait la partie la plus féminine ! Son  ambiguïté de genre aidera peut-être à son renouveau. En attendant, elle est délaissée par les hommes... et par les femmes à femmes ! 

Appréhender le port de la cravate comme il conviendrait de le faire, c’est-à-dire de façon neutre, s'avère difficile. Qui s'y efforce s’aperçoit pourtant que l’air habillé ne lui est pas imputable. Un homme non cravaté mais vêtu d’un costume sombre et d’une chemise blanche m’apparaîtra toujours plus habillé qu’un autre portant une veste de tweed, un pantalon de velours et une cravate en laine. Les matières et les couleurs jouent les premiers rôles. A côté, la cravate n’est qu’une figurante.


philippe-noiret-elegant.jpg

 

Cela dit, ne confondons pas avoir un air habillé et être bien habillé. L’homme élégant, même vêtu de l’habit le plus formel, n’aura jamais l’air habillé. Arriver dans tous les cas à un parfait naturel nécessite un savoir-faire consommé. Même le plus élégant n’est pas à l’abri d’un échec, mais, dans ce cas, il n’en tiendra pas pour responsable le port de la cravate. Y renoncer ne saurait être pour lui la solution. Il cherchera la cause de son ratage ailleurs – dans un mauvais rapport entre les couleurs, les motifs et les matières.

Essayons donc de juger la cravate sur ce qu’elle est : la touche finale d’un habit. Tatiana Tolstoï a eu ce joli mot (De l’Elégance masculine, Acropole) : « Un costume sans cravate évoque un visage d’aveugle. » Clair, profond, voilé… que sais-je ? Cherchons, alors, à donner à chacune de nos tenues le regard qui lui convient ! 

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 06:59

Pour les exhibitionnistes et les tatoués, l’été est la saison rêvée. Et - j'ai payé pour le savoir - pour les poètes adeptes de la vie "à motié à poil". Mais pour l’homme qui aime s'habiller et qui met un point d’honneur à le faire correctement, l’été est la saison creuse. La plupart des tenues quotidiennes se réduisent à peu : une chemise ou un polo (… à manches longues, toujours), un pantalon et des chaussures. Ce peu prend alors toute la place. Chaque pièce sera choisie avec d’autant plus de soin. Et l’on jouera avec les rares accessoires autorisés : chapeau ou casquette, foulard ou bandana peut-être, ceinture, montre, chaussettes…

La coiffure est aujourd’hui un accessoire négligé. Ma remarque ne vaut pas que pour la saison estivale. Aux saisons extrêmes pourtant, comment peut-on… à moins de n’avoir pas de tête, se passer d’une coiffure ? Avec un polo, la casquette est le bon choix. Avec une chemise, ce sera le chapeau. En paille, bien sûr, la toile étant plutôt réservée à la plage et aux balades en bateau. Je laisse volontiers le canotier aux plus jeunes à qui il viendrait des envies de fantaisie surannée. Le panama me suffit.

Cela dit, trouver le panama qui convienne n’est pas chose facile. Il y faut la qualité, bien sûr, qui a un coût. Il y faut aussi l’esthétique. Sur ce point, hélas, l’offre actuelle étonne par son uniformité. Même largeur du bord (moyenne), même hauteur de calotte (moyenne), même sorte de ruban (étroit) et de nœud (très simple). Difficile, aussi, d’échapper aux panamas tout blancs – cette blancheur étant obtenue au prix d’un traitement spécifique qui fragilise la paille. La teinte naturelle, passée de mode, est pourtant pleine de charme. On la privilégiera en ville pour sa discrétion.

Autrefois, quand les chapeaux allaient de soi, leurs formes étaient très variées. Les films de cinéma, les diverses archives (photos, peintures...) en portent témoignage. Ces quelques exemples, que j’ai glanés, donnent du regret. Les derniers fabricants de chapeaux feraient bien de s’en inspirer : pour plaire, un produit se doit d’être attirant. Sexy... comme diraient nos amis exhibitionnistes et tatoués. 

 

henry-bataille.jpgHenry Bataille coiffé d'un chapeau manille. Vers 1900. Source : Des modes et des hommes, F. Chenoune

 

santos-dumont-chapeau-def.jpgSantos-Dumont. Vers 1900

 

panama-chanel.jpgChanel et Arthur Capel. De dos, l'industriel Constant Say et son superbe panama. Source : Le Temps Chanel E. Charles-Roux

 

autoportrait-v-r.PNG Théo van Rysselberhe, Autoportrait au panama, 1918. Cop. Yvan Marcou

 

james-coburn-panama.jpgEt, pour finir, ce cliché plus récent de James Coburn    

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 06:35

Débarrassons-nous d’abord de quelques idées reçues.

Il est impossible à faire. Faux. Il demande de l’entraînement. Le mieux, c’est d’essayer avec un vieux nœud qui ne risque plus rien. Quand le tour de main est pris, il n’est pas plus difficile à réaliser qu’un nœud de cravate. « Le nouage d’un papillon est l’un des grands plaisirs de la vie » a même affirmé François Chaille, auteur d'un ouvrage de référence sur la cravate.

 

nouage-noeud-pap.jpgSource : La Grande histoire de la cravate, François Chaille, Flammarion

 

Il ne fait pas viril. Disons qu’il ne virilise pas un homme efféminé. Mais qui l’a vu au cou de Gary Cooper ou de Humphrey Bogart est définitivement rassuré :

 

humphrey-bogart.jpgHumphrey Bogart et Lauren Bacall 

 

Il est réservé à certaines professions. Réservé, non. Des professions l’ont adopté : les médecins, les avocats, les journalistes, les architectes… Mais, aujourd’hui, ces professions même s’en sont détournées. Tant mieux ! Vous et moi pouvons maintenant l’adopter.

Il ne remplit pas assez le devant de la chemise. Et si c’était la cravate qui le remplissait trop ? Tout est question d’habitude. Si vous avez un doute, portez-le donc avec une chemise remplie de rayures ou de carreaux ! A moins que le problème ne vienne de votre pantalon qui, ne montant pas assez haut, découvre exagérément votre chemise.

Quelques conseils maintenant :

Restez fidèle à la cravate si votre visage est rond ou si vous avez un gros cou. Le nœud papillon relèvera, en revanche, d’une touche de fantaisie les visages maigres et austères :

 

noeud-pap.jpgSource : Les 188 façons de nouer sa cravate, Mosconi et Villarosa

 

Cherchez la perle rare, je veux dire le papillon à nouer. Proscrivez le nœud papillon monté cousu. Si vous ne pouvez pas faire autrement, rabattez-vous sur un papillon noué par le fabricant, que vous vous empresserez de défaire.

Ne le choisissez pas trop fin et n’en serrez pas trop la partie centrale. Préférez-le à bouts droits plutôt qu’à bouts pointus. Sa largeur, dit-on, doit être égale à celle qui sépare les extrémités des yeux.

Veillez à ses couleurs. Des motifs joyeux sur un fond sombre seront d’un bel effet.

Ne l'accompagnez pas d'une pochette. Que diable ! Vivez avec votre temps ! Aujourd'hui, pochette + noeud pap = surcharge et préciosité.

Ne le portez pas tous les jours. Vous deviendriez alors L’homme au nœud papillon, un peu comme Christophe Barbier est L'homme à l'écharpe rouge, ce qui n’est pas, j’imagine, le but que vous recherchez.

Par-dessus tout, travaillez-le pour qu’il ait une forme aérienne. Un papillon doit toujours être prêt à prendre son envol ! 

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 06:42

Voilà quelques saisons déjà que les jeunes ont redécouvert le chapeau. Cette redécouverte s’est faite timidement : leur choix s’est dirigé vers un chapeau tout petit (genre Trilby), qu’ils portent presque toujours sur le sommet de leur crâne, comme s’ils avaient peur de l’enfoncer. Encore quelques années, et peut-être le chapeau retrouvera une taille correcte et recouvrira comme il convient les fronts.


justin-timberlake.jpg Justin Timberlake

 

Un phénomène analogue touche la casquette plate, dont la visière est systématiquement trop courte, et que nos jeunes rejettent en arrière comme le faisait autrefois Bourvil – mais quand lui le faisait, c’était pour camper des benêts…


bourvil.jpgDans Le Rosier de Madame Husson

 

Le petit chapeau ou la petite casquette sont généralement accompagnés d’une petite barbe – dite de trois jours -, d’un petit pantalon – trop court et trop étroit -, d’une petite veste – qui dévoile la moitié du derrière.

Ce goût du chiche doit vouloir dire quelque chose sur l’état de notre société. Pour ma part, je me cantonnerai au seul aspect esthétique et rappellerai ces sages préceptes darweniens : chapeau à petits bords et casquette à petite visière = petit goût !

On ne réapprend pas en quelques semaines ce qu’on a mis des décennies à désapprendre. Les chapeaux à larges bords et les casquettes à visière généreuse mettront du temps à revenir – s’ils reviennent ! Encore faudrait-il que le reste de la tenue suive…

Il ne m’étonnerait pas qu’un autre couvre-chef, très oublié celui-là, soit bientôt réhabilité. Je veux parler du béret. Je verrais bien que les jeunes gens issus de l’immigration s’approprient quelque jour ce symbole vestimentaire on ne peut plus « souchien ». Gageons qu’ils le feraient avec cette ironie dont les chroniqueurs de mode à la mode raffolent !

Il fut un temps où le béret coiffait des hommes élégants et raffinés. Il y eut le poète béarnais Paul-Jean Toulet, qui ne le quittait pas - même à Paris :


paul-jean-toulet.jpg 

 

Il y eut André Gide, grand amateur d’originalités chapelières :


andre-gide-167.jpg

 

Il y eut André Malraux :


andre-malraux-beret.jpg 

 

... et Pierre Drieu La Rochelle :


drieu-la-rochelle-beret.jpg 

 

Il y eut même le prince de Galles, futur Edouard VIII :


duc-de-windsor-beret.jpg 

 

Entre les deux guerres, le béret fut à la mode. « La casquette, c’est bon pour les ouvriers, le chapeau, c’est pas pratique, tandis que le béret (prononcez : bairait !), c’est simple, c’est chic, c’est coquet », faisait dire, en 1932, Jacques Prévert à Carette dans L’Affaire est dans le sac, un film réalisé par son frère Pierre.

La mode du béret témoigne de l’évolution au XXe siècle du vestiaire masculin vers la décontraction. Cette évolution n’alla pas sans errements. Doit-on placer l’adoption de cette coiffure venue du sport au nombre de celles-ci ? A mon sens, si maladresse il y eut, elle tenait moins au béret en tant que tel qu’à sa forme (souvent trop étriquée) et qu’aux tenues avec lesquelles on le portait.

Le béret mériterait qu’on s’y intéresse à nouveau. Je me souviens qu’Arnys en proposa quelques-uns dans les années 2000 dans de jolies couleurs, mais j’ignore ce qu’ils donnaient sur une tête :

 


arnys-beret.jpg

Qu’un chapelier de talent m’en confectionne un de forme ample, j’en serais ravi ! Je l’adopterais tout de suite. Je le porterais sans ironie. Et pas seulement pour aller acheter ma baguette de pain. 


monet-beret-def.jpgMonet, Aupoportrait au béret, 1886.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 07:04

Le diable, dit-on, se niche dans les détails. L’élégance (… diabolique à sa façon !) aussi. Le détail est un peu à l’élégance ce que l’accessoire est au vêtement : quelque chose d’essentiel.

Illustrons. La pochette est un accessoire. Pour beaucoup, elle est signe d’affectation déplacée. Il n’empêche qu’à lui tout seul, ce petit carré de tissu peut relever une tenue. Cela dit, la pochette n’est pas à elle seule une garantie d’élégance : il faut savoir la glisser dans la poche poitrine et trouver, parmi toutes les façons possibles, celle qui conviendra le mieux… Des détails qui font la différence !

« Quelle que soit la chose qu’on veut dire, il n’y a qu’un mot pour l’exprimer, qu’un verbe pour l’animer et qu’un adjectif pour la qualifier. Il faut donc chercher, jusqu’à ce qu’on les ait découverts, ce mot, ce verbe et cet adjectif, et ne jamais se contenter de l’à peu près, ne jamais avoir recours à des supercheries, même heureuses, à des clowneries de langage pour éviter la difficulté. » Je ne suis pas loin de penser que ces remarques de Maupassant sur le style littéraire sont transposables au vêtement. Quand, après de multiples essais, un homme élégant a trouvé pour lui-même un trait de style, il n’en change plus. C’est évident.

Prenons un autre exemple : la cravate (… de plus en plus « accessoire » pour nos contemporains). Beaucoup pensent qu’il suffit d’en nouer une pour « être bien habillé » (« Regardez ! Il est pas beau, mon fils, avec sa cravate ! ») Erreur ! Parce qu’elle est surconnotée, la cravate nous oblige à redoubler d’attention. Ici encore, ce sont les détails qui feront la différence : dimensions, qualité, et, bien sûr, nouage. Le connaisseur appréciera comme il convient la fronce (ou, mieux, les deux fronces) juste sous le nœud, légèrement excentrée, qui ponctuera la cravate d’une virgule idéalement placée.


prince-charles-details.jpgLe prince Charles

 

Un dernier exemple ? Celui auquel je pense ne concerne pas un accessoire – puisqu’il s’agit des souliers. Mais le souci du détail vaut pour tous les éléments d’une tenue. L’homme élégant aura à cœur d’entretenir parfaitement ses souliers. Cela va de soi et ne relève certes pas du détail. Mais il ne s’arrêtera pas là : il cherchera à les faire « vibrer » en leur faisant acquérir – lentement et naturellement – une belle patine profonde, qu’il relèvera, ici et là - sur le bout et sur les quartiers – d’un subtil et discret glaçage.

« Très bien, me direz-vous, mais pourquoi consacrer tant de temps à ces détails que, de toute manière, personne ne remarquera ? » Si vous pensez vraiment cela, je m’étonne que vous ayez eu la patience de lire ce billet jusqu’ici ! Sérieusement, je vous répondrai ceci : l’élégance est d’abord une question d’exigence personnelle. Et puis, les connaisseurs, eux, remarquent ces détails que vous prétendez invisibles. Ces mêmes détails, enfin, agissent sur les hommes prêts pour l’élégance, mais qui ne le savent pas encore, et, en impressionnant pour ainsi dire leur rétine à leur insu, les aident à se révéler à eux-mêmes.

« Les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail », disait Léonard de Vinci.

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 06:55

theo-v-rysselberghe-auto-gi.jpg

 

Cet autoportrait de Théo van Rysselberghe me plaît bien. Et à plus d'un titre : pour des raisons picturales, qui n'ont pas lieu d'être évoquées ici, et aussi pour des raisons vestimentaires.

Ce qui me retient, c'est ce gilet vert (le titre le mentionne : « Autoportrait au gilet vert ») qui se marie harmonieusement avec l'aubergine de la veste. Prenons garde toutefois à la transformation que le scanner fait subir aux couleurs : l'aubergine est peut-être un marron, ce qui, d'ailleurs. serait encore plus heureux.

Le gilet de couleur : voilà une pièce qui mériterait d'être redécouverte. Encore faut-il que la texture du gilet soit compatible avec celle de la veste. Le tissu de celle-ci ne devra jamais être plus fin que celui du gilet. La combinaison la plus réussie consiste à additionner des matières assez épaisses : veste coupée dans un tweed opulent + gilet de velours par exemple.

Tel est le cas sur ce cliché représentant Tolkien et paru dans un récent Monde des livres.


tolkien-rouge.jpg

 

Il faut aussi faire très attention au choix de la couleur : pas de couleurs trop vives - mais des couleurs riches et comme amorties.

Bizarrement, sur d'autres reproductions de ce cliché, le gilet de Tolkien est... vert.
 

 tolkien-vert-copie-1.jpg

 

Ce n'est pas la seule étrangeté concernant cette photo : pour Le Monde, elle daterait des années soixante mais pour Wikipédia, elle aurait été prise en 1973, peu avant le décès de Tolkien. Celui-ci serait appuyé contre « le tronc d'un pin noir du jardin botanique de l'université d'Oxford qu'il aimait particulièrement » (Quoi ? l'université d'Oxford ? son jardin botanique ? le pin noir ?...)

Je reviens à mon gilet de couleur. Si vous voulez vous en procurer un, il vous faudra recourir aux services d'un tailleur. Ce genre de produit absolument démodé est introuvable en PAP; et si, par miracle, vous en dénichiez un qui vous plaise, il risquerait tout de même de ne pas vous aller. Tous les tailleurs vous le diront, le gilet est un vêtement beaucoup plus complexe à réaliser qu'il n'y paraît. Touchant au corps, il ne souffre aucune approximation. Le sur mesure est une quasi nécessité.

Le cardigan peut toutefois offrir une alternative pratique et moins onéreuse. On en trouve de toutes les couleurs. Lors de l’achat, privilégier un boutonnage haut ; veiller à ce que le col ne baille pas ; choisir un modèle assez court, à porter, le dernier bouton ouvert, sur un pantalon à taille haute afin de ne rien laisser apparaître de la chemise.

… Je regarde mon article : Théo van Rysselberghe, Tolkien… Pour sûr, mes modèles sont moins rock and roll qu'Iggy Pop et Mick Jagger, ou moins sexy qu'un David Beckam tatouéMais qui cela peut-il bien gêner sinon ceux qui confondent élégance et mode ? Soit aucun d’entre vous.

Et puis, n'est-ce pas aussi pour mon côté suranné que vous m'aimez ? Hein ? Hein ?

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 07:23

Tous nos magazines s’en sont fait l’écho : le chapeau est de retour ! A l’annonce de cette bonne nouvelle, j’aurais dû tirer le mien sans attendre. Mais quand je vois ce que nous sert la rue, je me loue de ma prudence.

Le phénomène touche surtout les jeunes. Généralement, ils coiffent leur crâne d’un tout petit chapeau à tout petits bords. Avec ça, ils peuvent être en blouson, en bermuda, avoir des lunettes noires, être en tee-shirt ou en jean… Sans leur chapeau, on ne les remarquerait même pas. Avec, ils ont juste l’air ridicule ; mais s’ils sentent qu’on les regarde, ils pensent que c’est parce qu’on les admire. Où l’on voit que le chapeau ne préserve pas du melon.

L’exemple vient de haut. Voilà quelques années déjà que je remarque des stars incongrûment chapeautées :

 

brad-pitt.jpgBrad Pitt

 

justin-timberlake.jpgJustin Timberlake

 

johnny-depp.jpgJohnny Depp

 

Nos néophytes posent leur chapeau très haut sur le front – comme le faisaient certains chanteurs (Sinatra, Trenet…) afin d’être vus des spectateurs. Leur but ? Se montrer, bien sûr, ce qu’un authentique amateur ne cherche jamais à faire. Le chapeau dissimule, rend anonyme, fond dans l’ombre… Si l’ôter, c’est « se découvrir », le mettre, c’est se cacher. Par essence, il est poli, respectueux, discret. Ce n’est pas un hasard si la bienséance a codifié son usage. Il faudrait que nos jeunes fashionables apprennent que  l’étiquette du chapeau, ça n’est pas qu’un petit bout de tissu marqué au nom du fabricant ! Le chapitre des gants et du chapeau fait les délices de tout lecteur de savoir-vivre qui se respecte (1).


frank-sinatra.jpg 

Et puis, il y a la qualité. Ce que je vois me fait peur : chapeaux de mauvaise paille dits « panamas », chapeaux de feutre synthétique dits « trilby »… nos têtes méritent beaucoup mieux ! Une chanson dit que le chapeau est « le soulier du cerveau ». Eh bien ! Quel homme élégant accepterait d’être moins exigeant pour sa tête que pour ses pieds ?

Le chapeau est pratique : il protège du froid, du soleil et de la pluie. Le chapeau peut être esthétique : si vous en doutez, faites donc un petit tour du côté de nos aînés qui furent maîtres en élégance. Le chapeau peut être encore source de poésie  :

  « Une volée de pigeons sur un pommier,
une volée de chasseurs, il n’y a plus de pigeons,
une volée de voleurs, il n’y a plus de pommes,
il ne reste qu’un chapeau d’ivrogne
pendu à la plus basse branche.
Bon métier que celui de marchand de chapeaux,
Marchand de chapeaux d’ivrogne.
» 

C'est signé Max Jacob, poète breton et amateur de chapeaux (2). 


max-jacob.jpg

 

_________________________________________________________________________________________
1. Sur le sujet, lire les pages 161-162 de l’Histoire de la politesse de Frédéric Rouvillois, Flammarion, 2006 , et se reporter aux pages 124-125 du Chic anglais de James Darwen, Hermé, 1990.
2. Extrait des Poèmes de Morven le Gaëlique.

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 07:22

Il est une sorte de foulard dont on peut tirer des effets intéressants : le bandana. C’est un simple carré de coton d’une cinquantaine de centimètres de côté, parsemé de palmettes noir et blanc sur un fond de couleur. Il s’en vend à des prix modiques dans tous les grands magasins et dans les surplus américains.


bandana-noir-et-blanc.gif

 

Son histoire. Le bandana est un élément caractéristique de la panoplie du cow-boy. Je me souviens de John Wayne nouant le sien dans plusieurs scènes de La Chevauchée fantastique. Les desperados pouvaient s’en servir comme masque. Noué sur la tête, il aidait à absorber la transpiration. Les soldats de l’armée des Indes en glissaient un sous leur casquette pour se protéger de la touffeur.


lucky-luke.jpgThe poor lonesome cow-boy !


Le bandana est voisin du foulard gavroche et de la cravate apache (1).

Le foulard gavroche était porté par les gamins de Paris, c’est-à-dire les « gavroches » (du nom du personnage créé par Hugo) au XIX° siècle.


gavroche.jpg

 

La cravate apache vient du surnom « apache » qu’avaient choisi pour se désigner les mauvais garçons de la Belle Epoque. Ils avaient emprunté aux Indiens Apaches d’Amérique du Nord leur foulard rouge pour en faire un signe d’appartenance et de reconnaissance.


apache-def.jpg

 

A la fin des années soixante-dix, le chanteur Renaud remit au goût du jour le petit foulard rouge. Son look fit alors sensation. Il n’était pourtant qu’un condensé d’influences hétéroclites : casquette et coiffure de gavroche ; foulard rouge d’apache ; blouson noir de voyou ; jean et bottes de cow-boy… Avec ça, la démarche volontairement outrée de celui qui  - tel "the poor lonesome cow-boy"! - vient de descendre de son cheval.


renaud.jpg

 

Mais laissons Renaud où il est – quelque part à Londres, je crois – et revenons à notre sujet.

Comment porter le bandana ? On le plie dans la diagonale. On le noue deux fois (un nœud sous l’autre) pour bien le fixer. Attention ! Il ne doit jamais donner l’impression de vous étrangler !

Le nœud est, au choix, situé sur le milieu ou légèrement décalé sur le côté. Les deux pointes sont à laisser hors de la chemise ou du polo.

Le bandana accompagne parfaitement les polos en jersey petit piqué (à manches longues, cela va de soi) et les chemises à col boutonné, portés avec ou sans pull en V ou cardigan. Il se prête à de multiples jeux de couleurs et  peut relever à lui tout seul un ennuyeux camaïeu :


guy-marchan-bandana-blouson-copie-1.jpgGuy Marchand, adepte éclairé du bandana

 

Avec une veste sport, on lui préfèrera un carré de soie ou un foulard ascot, plus riches et chatoyants.

L’homme de goût est à sa manière un prestidigitateur. D’un simple bandana, il ne fera pas surgir une colombe, mais quelques belles images d’élégance. De même pour la pochette, sujet d’un prochain (trop) court éloge.

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1. Ces désignations sont empruntées à Sophie George, Les Accessoires de A à Z, éditions Falbalas.

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