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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 20:50

La mort d’Omar Bongo nous rappelle que beaucoup de chefs d’états africains ont été ou sont habillés par Smalto. Ces photos montrent la sorte de perfection atteinte par le maître :

Hassan II

Mohammed VI

Omar Bongo


Le revers et l’épaule suffisent à signer le costume. Ah ! ce cran ! Ah ! cette forme pagode ! Ah ! cette cigarette ! Francesco Smalto dément l’adage du cordonnier mal chaussé :

Francesco Smalto


J’ai parlé de perfection. Oui, la veste Smalto atteint, dans son genre, la perfection. Armure souple, elle met en valeur n’importe quelle morphologie. Il y a de l’uniforme dans cette coupe. Serait-ce pour cette raison que tant de chefs d’états africains  - eux, si avides de décorations, vrais ou faux rois, empereurs ou haut gradés - l’ont adoptée ?

Le pantalon me convainc moins. Serré aux cuisses, il fait la jambe maigre. Sa ligne m’évoque la mode des années soixante-dix, et ce n’est pas un compliment.

Si votre bourse vous le permet, faites-vous donc faire une veste sport chez Smalto et le pantalon ailleurs !

A propos, vous souvenez-vous de l’affaire Smalto Bongo ? En 1995, le tailleur-couturier fut jugé pour avoir procuré au président du Gabon des call-girls afin d’accompagner agréablement la livraison des costumes. A chacun son rôle : l’habilleur d’un côté, les déshabilleuses de l’autre. Le couturier … et ses petites mains ! Mais ce service sur mesure ne fut pas de goût du tribunal qui condamna Smalto pour « proxénétisme aggravé ». Bongo parla d’ignominie.

Les magistrats, c’est bien connu, manquent souvent d’élégance.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 19:36

Cette photo est magique.

Tiré du Sartorialist


Elle prouve à ceux qui en douteraient encore que s’habiller peut être un art.

Notez, d’abord, l’harmonie des couleurs. Chaque élément pris séparément pourrait sembler terne, sans éclat : du gris, du beige, du bleu clair et foncé… L’ignorant aurait choisi des teintes plus vives, au moins pour la cravate. La juxtaposition et la superposition de ces couleurs n’ont  pourtant rien de triste.

Passons aux matières : la flanelle du costume est magnifique – douce et duveteuse. On est à des années lumière des misérables tissus froids à la mode du jour. La cravate est sans doute en cachemire. Le tweed du manteau est épais et moelleux. Beaux boutons en corne, en accord avec l’écaille des lunettes.

Continuons avec les formes : le col de chemise est placé au bon endroit – ni trop serré ni trop lâche, ni trop haut ni trop bas. Son ouverture à l’italienne reste raisonnable et ses pointes, que dissimule le manteau, ont sûrement la longueur qu’il faut pour équilibrer la hauteur du nœud. D’aucuns jugeront qu’un plus gros noeud aurait mieux rempli l’angle du col. La cravate est nouée simplement – je veux dire par un nœud simple ; la matière suffit à créer le volume. Ce qu’on aperçoit d’un revers du costume témoigne d’une belle largeur. Et quelle tenue ! Louée soit l’ombre portée qui nous la révèle !

Les motifs maintenant. Ils sont discrets et variés. Fines rayures de la chemise et de la cravate. Rayures sur rayures, mais espacement différent. Chevrons du manteau : c’est parfait.

Remarquons, enfin, le mouvement que donnent le col relevé, la cravate légèrement tournante et froncée, le manteau ouvert… Et quel équilibre entre l’habillé et le décontracté : la cravate est de couleur sombre, mais elle est en laine ; le costume croisé est gris, mais il est porté sous un manteau raglan en tweed.

Aucune ostentation, aucun souci de paraître.

Mais qui donc est cet artiste ?

C’est Bruce Boyer, à qui nous devons quelques beaux ouvrages sur la mode masculine : Emirently suitable, Elegance : a guide to quality in Menswear et,  traduit en français, Le Style Fred Astaire.

Une sacrée référence.

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 18:31
Je ne connaissais pas Monsieur Fan avant de lire l’article que lui a consacré Parisian gentleman. Le personnage, pittoresque en diable, excite la curiosité. Il tient un blog. Il est demi-finaliste du concours Esquire décernant le prix de l’homme le plus élégant du monde (rien que ça). D’aucuns qui le connaissaient déjà moqueront l’ignorance du chouan… mais les chouans ont l’habitude d’être traités de ploucs !


Ma curiosité n’est toutefois pas entièrement satisfaite : quelle profession exerce ce globe-trotter habillé par les meilleurs faiseurs ? Et, surtout, quelle est sa taille ? Les photos le représentent toujours seul. On aimerait, pour comparer, un étalon !

 

 

Je conseille à toutes les personnes de petite taille d’étudier de près les tenues de Monsieur Fan. De nombreuses astuces trouvées par des générations de tailleurs pour allonger une silhouette y sont à l’œuvre : taille placée haut ; anglaises idem (tout de même, la pointe du revers qui gratouille le haut de l’épaule, n’est-ce pas trop ?) ; manches assez courtes de la veste laissant dépasser quelques centimètres du poignet de la chemise (Nicolas Sarkozy, qui, allez savoir pourquoi, m’ évoque un peu Monsieur Fan, ferait bien de retenir la leçon !) ; veste droite ouverte très bas (un bouton) afin d’allonger le buste (Ciffonelli, tailleur de François Mitterrand, recourait au même subterfuge avec son illustre, et néanmoins petit, client) ; pantalon étroit du bas et plutôt court, cassant à peine sur les chaussures…

D'autres choix peuvent surprendre. Pourquoi des revers de veste  d’une largeur si généreuse ? Une dimension plus modeste (sans aller jusqu’à l’étroitesse exagérée des revers actuels de notre Président) aurait certainement contribué à affiner la ligne. Mais encore, pourquoi un revers au pantalon qui réduit, à l’œil, la longueur de la jambe ?

Monsieur Fan n’est pas seulement très petit, il a aussi une grosse tête. Les épaules signées Rubinacci n’atténuent pas le défaut. Des épaules plus carrées et très légèrement plus larges me sembleraient mieux adaptées. Sur cette photo, l’épaule fait une vague ; elle manque de netteté :

 

 

Monsieur Fan n’a pas seulement une grosse tête et il n’est pas seulement très petit, il a aussi de grands pieds. Le bas du pantalon étroit et court rend le défaut plus visible. Qui plus est, Monsieur Fan aime les grosses chaussures. Un examen objectif des nombreuses photos qui le représentent devrait lui faire renoncer à cette préférence.

 
Parlons maintenant élégance.
Monsieur Fan est-il un homme élégant ? (Laissons l’allure de côté : Monsieur Fan n’en a aucune.) Il sait s’habiller ; fréquenter les meilleurs maisons facilite la tâche. Certaines de ses tenues constituent de vraies réussites. Celle-ci par exemple (la cravate est à recentrer) :


 

D’autres peuvent choquer, en revanche, l’amateur d’harmonie. Une veste pied-de-poule portée avec une cravate club (voir photo 2), « ça jure », comme le disait Bernard Blier à Daniel Auteuil (je crois), qui commettait cette erreur, dans un quelconque navet ! Etre élégant, c’est aussi s’habiller selon son âge. Mais quel est l’âge de Monsieur Fan ? Pour un être à l’apparence si étrangement juvénile, le choix de l’austère costume croisé ressemble à une aberration. La combinaison veste sport droite et pantalon de flanelle lui va beaucoup mieux. L’élégance, c’est encore une manière d’oublier sa tenue (qu’on peut avoir mis du temps à choisir) sitôt qu’on l’a enfilée. Or, Monsieur Fan ne s’oublie jamais en tant qu’homme bien mis. Sa raideur a tout du Playmobil ! Et l’on dirait que ses habits ont avant tout été faits pour être photographiés. Le seul pli visible est celui – parfait – du pantalon ! Arrive-t-il à Monsieur Fan de se tacher, de tomber, de se prendre un pan de veste dans la portière de sa voiture ?...

Mais, au fait, Monsieur Fan existe-t-il ?

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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 14:27


Voilà des années que je vois régulièrement Monsieur K. affublé de cravates trop longues pour lui. Sa petite taille explique mais n’excuse pas. Les cravates sur mesure existent. Monsieur K. pourrait aussi pallier la difficulté en recourant à un nœud gourmand en étoffe.

La pointe d’une cravate doit effleurer le haut du pantalon. Tant que ce résultat n’est pas atteint, on ne sort pas de chez soi. Trop longue, la cravate se transforme en un attribut ridiculement obscène.

Où l’on voit que Monsieur K. - ex-ministre de gauche devenu ministre de Nicolas Sarkozy - est plus doué pour retourner sa veste que pour raccourcir sa cravate.

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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 21:53



Si vous avez raté le 17/05 sur ARTE l’émission Philippe Noiret, Gentleman saltimbanque,  en vous connectant  au site de la chaîne : video disponible ! rattrapez-vous

Soyez particulièrement attentifs à deux tenues avec blazer - l’une avec pochette rouge (début du doc.) ; l’autre avec pochette jaune et casquette (milieu du doc.)

Beau passage : quand Monsieur Dickinson, ancien maître bottier chez Lobb, parle de la passion de l’acteur pour les belles chaussures.

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 12:01

Où va se nicher l’originalité ?

Laurent Delahousse (présentateur du JT de F2) portait hier un costume gris dont la boutonnière était bordée d’un fil rouge. La chose est déjà étrange en soi et même assez inexplicable… Mais Laurent Delahousse avait cru judicieux de souligner l’effet en créant un rappel de couleur entre sa boutonnière et sa cravate !

J’ai remarqué quelquefois ce journaliste pour l’attention qu’il prête à sa personne : mèches blondes décolorées, cosmétiques autobronzants, dents blanchies… Il porte souvent une Reverso ; ses costumes ne sont pas mal coupés. Ce n’est pas du sur mesure, ce n’est pas non plus de l’infâme confec - plus sûrement du PAP haut de gamme.

Mais il est manifeste que Laurent Delahousse manque de culture vestimentaire. Cette carence le rend vulnérable aux aberrations de la mode : ses défenses immunitaires sont fragiles. Ainsi l’ai-je vu récemment répondre aux questions de l’adorable Charlotte Le Gris de la Salle (+ clair, Canal plus) avec une sorte de torchon noué autour du cou…

Laurent Delahousse doit apprendre que la boutonnière jouit dans la tradition du sur mesure d’un statut à part. Elle est toujours réalisée à la main ; ses ourlures irrégulières en témoignent discrètement. « Esprit, ta boutonnière est une apothéose ! » chantait Max Jacob, le poète au monocle.

De deux choses l’une : ou la boutonnière du costume de Laurent Delahousse a été réalisée à la machine (cas le plus probable), ou elle a été faite à la main (finition couture du faux bespoke excellemment vitupéré par notre Parisian gentleman favori). Dans les deux cas, l’emploi d’un fil rouge est une aberration : le travail de la machine ne mérite pas un tel honneur ; celui de l’homme n’a pas besoin d’une aussi vulgaire mise en valeur.

A moins que Laurent Delahousse n’ait trouvé ce moyen pour signifier à qui de droit qu’un certain ruban rouge glissé à cet endroit…

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 12:05

Philippe Labro a été, dans les Années 80, un des journalistes les plus élégants de la télévision. Ses choix vestimentaires trahissaient le connaisseur. Les influences étaient multiples, essentiellement anglo-saxonnes : Scott Fitzgerald, Fred Astaire, Cary Grant, John Kennedy. Avec ça, des yeux à la Paul Newman… On pouvait bien le trouver un peu poseur, son charme excusait tout.

Quelle surprise, alors, de le revoir récemment à la télévision le col de la chemise ouvert, les pans de la cravate ballants ! La 164° façon de nouer sa cravate selon Mosconi (Les 188 façons de nouer sa cravate, Flammarion) n’avait vraiment pas besoin d’une telle illustration !

Quand Fred Astaire portait une cravate dénouée, c’était pour la photo.

 

 

La cravate, on la met comme il faut ou on ne la met pas. Toute dérogation à  cette règle est critiquable car elle témoigne d’une incapacité à assumer son choix jusqu’au bout. Si vous avez l’air emprunté avec votre cravate nouée, la faute n’en incombe pas à la cravate : cherchez ailleurs. Le nœud desserré façon Taddeï n’est en tout cas pas la solution.

 

 

« La cravate dénouée se rencontre avec une fréquence particulière chez ceux qui ont accumulé stress et fatigue », écrit Mosconi.

Philippe Labro a traversé, on le sait, une grave dépression. Il dit en être sorti. Cette cravate dénouée  fait craindre la rechute.

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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 20:06

On loue un peu partout l’élégance d’Obama. C’est un aspect de l’ « obamania », ainsi appelée en référence à la « tontonmania » qui, naguère, a contaminé nos médias. Le rapprochement n’a pas échappé à Yan Barthès (« Le Petit Journal ») qui surnomme Obama comme on surnommait Mitterrand : Dieu. Des journaux sérieux se sont intéressés au « look » d’Obama. Monsieur, le spécialiste du style, ne pouvait passer à côté du sujet. Son n° 75 en fait sa couverture : «Obama, super modèle pour la planète mode. » On lit, dans l’article en pages intérieures, ce sous-titre : «Le nouveau président démode n’importe quel homme politique ».

 


Deux remarques : s’agit-il d’être à l’avant-garde de la mode ou d’inventer un style ? Si le propos est exact, n’en dit-il pas davantage sur l’inélégance des hommes politiques en général que sur l’élégance même d’Obama ?

Obama a pour lui d’être grand (1,87m) et svelte. Il habite bien son corps. Il se tient droit. Son maintien révèle sa confiance en lui. Il domine sans être dominateur. Il séduit sans jouer les séducteurs. Il est souple et nonchalant. Ses gestes sont assurés. Son port de tête est fier. Son sourire est charmeur. Ah ! son sourire ! C’est sa marque – sa virgule à lui !

Cela posé, qu’en est-il de sa mise ? Si le style suppose une appropriation singulière du vêtement, Obama en est dépourvu. Rien ne trahit une recherche personnelle, une intention, une volonté… Il porte des costumes sombres, des chemises blanches, des cravates colorées – essentiellement bleues ou rouges -, des chaussures aux formes banales. Aucune originalité ne vient casser cette uniformité presque ennuyeuse. Je doute qu’il soit du genre à imposer ses désirs à son tailleur. Je l’imagine, au contraire, s’en remettre à lui. Pas de faute de goût. Rien qui emballe non plus. Pour ma part, je trouve la coupe de ses vestes plus ample que floue. Le cintrage se cherche, les épaules manquent de netteté. J’ai lu que son tailleur  (Hart Schaffner Marx, Chicago) avait été celui de Ronald Reagan. J’en doute : Reagan était habillé à la façon des acteurs hollywoodiens des années 50 : style carré, sans génie mais efficace. Le costume d’Obama fait plutôt penser à celui de Clinton – même mollesse, même manque d’appui aux points stratégiques : épaules et taille.

 

Qui est le mieux habillé ?
Obama : plis sur la manche, pli à l'épaule, manche de chemise trop courte.
Sarkozy : manche de veste trop longue, revers (un peu étroits) posant parfaitement.
Victoire à la France.

 

Obama : une allure plutôt qu’un style.

C’est toujours la même histoire. Le pouvoir suscite le fantasme. Qu’un chef d’état n’écrive pas mal et on le proclame grand écrivain (Mitterrand), qu’il soit moins antipathique que ses prédécesseurs et l’on soutient que  c’est le plus chic type qui se puisse rencontrer (Chirac). Que le chef de l’état le plus puissant au monde ait une certaine classe, et le voilà désigné l’homme le plus élégant de la planète.

Obama devra faire des progrès pour mériter cette distinction.

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