L'élégance au masculin : réflexion(s) - conseils - partis pris.
Les publicitaires ont, ancré dans la tête, ce cliché que tout ce qui vient d’outre-atlantique est forcément moderne. C’est ainsi que j’interprète la manie qu’ils ont de multiplier, dans nos publicités françaises, les slogans en anglais. Certes, ce n’est pas la seule raison. Ce fait, que d’aucuns jugeront - à tort - anodin, témoigne en tout cas éloquemment du recul de notre langue dans notre pays même, l’écrasante majorité de nos concitoyens restant – hélas ! – parfaitement indifférente à cette évolution regrettable.
Qu’une marque anglo-saxonne utilise pour vendre ses produits chez nous un slogan en anglais, passe encore ; qu’IKKS, marque française en dépit de son nom, affiche en ce moment un « Fall winter collection », cela prête à sourire ; mais que Peugeot n’ait rien trouvé de mieux que « Let your body drive » pour lancer sa 208 (voiture, au demeurant, insignifiante), là, je ne comprends plus du tout.
Dans son numéro du 21 juillet dernier, M, le magazine du Monde recensait « les cinq rendez-vous manqués de PSA ». Je crois que je viens de trouver le sixième.
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A tous les Lino Ieluzzi du monde, qui pensent qu’utiliser ses gants en guise de pochette est du dernier cri, j’adresse cette photo de Chanel travestie en adolescent datant de… 1912 !
Edmonde Charles-Roux précise dans son merveilleux album Le Temps Chanel que, ce jour-là, Chanel avait glissé des gants blancs dans la poche de poitrine « sans doute faute d’un mouchoir ». C’est probable en effet… à moins que, pour rire, elle n'ait eu l'idée d'imiter quelque Lino Ieluzzi d'alors.
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Parisian gentleman se faisait récemment l’écho du retour du foulard. Il accompagnait cette annonce d’un article de Rake signé James Sherwood. Cette nouvelle ne peut que réjouir Le Chouan qui consacra au foulard un billet voici… deux ans. Le paradoxe de la mode se trouve une nouvelle fois confirmé : Vous voulez être en avance ? Alors, soyez en retard ! Mais je suppose qu’être à la mode vous est, autant qu’à moi, indifférent.
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La chose ne vous a sans doute pas échappé : nos magazines et leurs suppléments sont de plus en plus souvent remplis de pages d’interviews, moyen commode – et paresseux – d’échapper aux exigences de l’article écrit, construit, argumenté. Il arrive tout de même que ces interviews recèlent des pépites. En voici deux.
Pierre Bergé (fervent soutien de Raymond Barre en 1988 : cela n’a aucun rapport avec mon sujet, mais j’avais très envie de le rappeler !) sur le luxe : « Un sac, même cher, qui est en vente dans tous les aéroports du monde, n’est pas un objet de luxe (…). Quand on voit des hommes qui, même si cela tranche avec le reste de leur train de vie, investissent dans une très belle paire de chaussures, en prennent soin, les font vieillir, ressemeler, entretiennent une forme de rituel dans la mise en valeur de l’objet, ceux-là accèdent au luxe (…). Le vrai luxe est discret. Il ne s’affiche pas. Le problème est qu’aujourd’hui le luxe s’adresse financièrement à des gens qui ne savent pas ce que c’est (1). » Christian Lacroix sur Takami Murakami : « Pour moi, il a un joli talent d’illustrateur et de publicitaire, mais il n’est en rien un artiste. S’autoproclamer le nouveau Warhol et dessiner sur des sacs ne fait pas de soi le génie du siècle ! C’est le monde à l’envers, celui où ce sont les marchands d’art qui décident (2). »
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Mettre en avant des marques n’est pas dans mes habitudes. Ici, pas de publicités directes ou indirectes ! Je voudrais tout de même déroger pour une fois à ma règle et vous présenter deux modèles de montres qui ont retenu mon attention.
L’une, c’est l’Hamilton Intra-Matic, réédition d’un modèle des années 50. Réédition réussie, surtout dans sa version acier, et dont le prix est très abordable (environ 700 euros). Deux diamètres sont possibles : 42 et 38 mm ; on privilégiera ce dernier.
Autre modèle : la Neo 1Z de MeisterSinger, montre mono-aiguille appelée parfois pour cette raison « montre philosophique ». MeisterSinger explique que « l’unique aiguille se déplaçant à un rythme paisible de 5 mn, le temps, tout à coup, semble s’écouler plus lentement. » Une montre idéale en somme pour les week-ends et les vacances ! Le cadran de cette Neo a un aspect rétro (Néo… rétro !) très plaisant. Le diamètre est de 36 mm ; le prix : 900 euros environ. Ma seule réserve concerne la graphie du nom du modèle sur le cadran – un peu grand, avec un O de travers inutile.
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Un sourire pour conclure. Il nous vient d’où je n’aurais jamais cru qu’il puisse un jour nous venir : d’une publicité The Kooples (… marque française, je le signale – mais Les Couples aurait sans doute fait un peu trop magazine sponsorisé par Dodo la Saumure). L'air invariablement rogue de leurs mannequins amateurs (3) nous est devenu familier. Bruce, sur la photo ci-dessous, ne déroge pas à la règle. Sa compagne « depuis dix-huit ans » Katrina, en revanche, sourit ! Un sourire de Joconde, certes, mais - ne faisons pas la fine bouche ! - un sourire tout de même.
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1. L'Express, supplémént sur le luxe.
2. L'Express Styles, 20/06/2012.
3. Amateurs, vraiment ?