L'élégance au masculin : réflexion(s) - conseils - partis pris.
Pierre de Bonneuil a eu l'heureuse idée de faire connaître les débuts de la revue Monsieur, fondée en 1919, via son site personnel (http://www.pierredebonneuil.fr/) et quelques blogs. Il nous propose aujourd'hui une présentation d'un des rédacteurs de la revue : Eugène Marsan - "Le Seigneur Marsan". Merci à lui d'avoir pensé au Chouan pour publier ce portrait que deux photos exclusives illustrent.
Le Seigneur Marsan
Né à Bari en 1882, Eugène Marsan était la précocité même. Curieux de toutes les formes de la vie et de l'intelligence, il avait un tempérament de latin. Son esprit singulier contribua à faire de lui une personnification de l'élégance. C'était un bel esprit qui s'attacha à sa plume et qui proposa ses attraits stylistiques à de multiples revues. Il donnait régulièrement de ses bons mots à La Plume, à La Phalange, aux Essais et aux Marges. Les salons littéraires l'accueillaient avec une fierté intimidante car il parlait juste, sans fioritures, et son aura de grand seigneur absorbait les méticuleux gens de lettres.
En 1909, il fonda une revue littéraire : Le Divan. Henri Martineau fut son grand ami et collaborateur dans cette affaire. Il partageait le goût Stendhalien. Il fit également partie du Club des longues moustaches qui se réunissait dans un café du nom de Florian. On pouvait y croiser certaines grandes figures de la littérature de cette époque : Francis de Miomandre, Henri de Régnier ...
Sandricourt ou Orion étaient ses pseudonymes. Il siégea en tant que critique littéraire pour L'Action Française. Comme le soulignait Henri Clouart : « Du Maurras en dentelle ».
Ses nouvelles ainsi que ses romans ont un penchant pour le libertinage. Il fut l'homme aussi de curieux essais sur le costume masculin, les chapeaux, les cannes et les cigares.
Je tiens à remercier l'arrière-petite-fille d'Eugène Marsan pour sa présence à mes côtés. Elle se nomme Anna. Comme la mère de ce délicat historiographe. Elle m'envoya quelques rares photographies de celui-ci. Puis, un coup de chapeau pour Le Chouan des villes. C'est un être charmant qui vous donne l'opportunité de lire mes quelques lignes et de contempler ces vitres parfumées.
Pierre de Bonneuil