L'élégance au masculin : réflexion(s) - conseils - partis pris.
Pour les exhibitionnistes et les tatoués, l’été est la saison rêvée. Et - j'ai payé pour le savoir - pour les poètes adeptes de la vie "à motié à poil". Mais pour l’homme qui aime s'habiller et qui met un point d’honneur à le faire correctement, l’été est la saison creuse. La plupart des tenues quotidiennes se réduisent à peu : une chemise ou un polo (… à manches longues, toujours), un pantalon et des chaussures. Ce peu prend alors toute la place. Chaque pièce sera choisie avec d’autant plus de soin. Et l’on jouera avec les rares accessoires autorisés : chapeau ou casquette, foulard ou bandana peut-être, ceinture, montre, chaussettes…
La coiffure est aujourd’hui un accessoire négligé. Ma remarque ne vaut pas que pour la saison estivale. Aux saisons extrêmes pourtant, comment peut-on… à moins de n’avoir pas de tête, se passer d’une coiffure ? Avec un polo, la casquette est le bon choix. Avec une chemise, ce sera le chapeau. En paille, bien sûr, la toile étant plutôt réservée à la plage et aux balades en bateau. Je laisse volontiers le canotier aux plus jeunes à qui il viendrait des envies de fantaisie surannée. Le panama me suffit.
Cela dit, trouver le panama qui convienne n’est pas chose facile. Il y faut la qualité, bien sûr, qui a un coût. Il y faut aussi l’esthétique. Sur ce point, hélas, l’offre actuelle étonne par son uniformité. Même largeur du bord (moyenne), même hauteur de calotte (moyenne), même sorte de ruban (étroit) et de nœud (très simple). Difficile, aussi, d’échapper aux panamas tout blancs – cette blancheur étant obtenue au prix d’un traitement spécifique qui fragilise la paille. La teinte naturelle, passée de mode, est pourtant pleine de charme. On la privilégiera en ville pour sa discrétion.
Autrefois, quand les chapeaux allaient de soi, leurs formes étaient très variées. Les films de cinéma, les diverses archives (photos, peintures...) en portent témoignage. Ces quelques exemples, que j’ai glanés, donnent du regret. Les derniers fabricants de chapeaux feraient bien de s’en inspirer : pour plaire, un produit se doit d’être attirant. Sexy... comme diraient nos amis exhibitionnistes et tatoués.
Henry Bataille coiffé d'un chapeau manille. Vers 1900. Source : Des modes et des hommes, F. Chenoune
Chanel et Arthur Capel. De dos, l'industriel Constant Say et son superbe panama. Source : Le Temps Chanel E. Charles-Roux
Théo van Rysselberhe, Autoportrait au panama, 1918. Cop. Yvan Marcou