L'élégance au masculin : réflexion(s) - conseils - partis pris.
J’aime bien Jean-Luc Petitrenaud. Ce n’est pas que ce qu’il raconte me renverse. Entendre déblatérer à gueule que veux-tu de cuisine, moi, ça aurait plutôt tendance à m'écoeurer. Et, en ce moment, qu'est-ce que les médias nous servent ! Non, j’aime bien l’homme. S’il fait le show, ce n’est jamais au détriment de son vis-à-vis. Au contraire, il a toujours le souci de mettre ses invités en valeur. S’il flatte, c’est parce qu’il admire. S’il enjolive, c’est parce qu’il se passionne. Avec lui, l’artisan charcutier est un artiste, le maître boulanger un poète. Il chante les charmes d’un certain art de vivre – traditionnel et typiquement « de chez nous ». Sa France, c’est celle des escapades dominicales, des bistrotiers moustachus, des rivières et des tonnelles.
Arnys est son habilleur. De pied en cap : forestière ou veste de tweed, pantalon de velours, cravate dite "d'atelier". Parfois, un beau chandail est jeté sur la veste. Il aime les belles matières et le confort. Bougeant beaucoup, il ne doit pas se sentir entravé. Les couleurs – systématiquement vives – sont censées refléter sa fantaisie et sa joie de vivre. Mais il arrive que la personne perce sous le personnage : j’ai remarqué que le regard de Jean-Luc Petitrenaud se teintait assez souvent d’une insondable mélancolie... Mais laissons l’homme à son mystère et revenons à nos chiffons !
Qui aime bien châtie bien. Je me contenterai de taquiner. Jean-Luc Petitrenaud a adopté un style « chasse, pêche, nature et traditions » (version rive gauche !) qui, ma foi, ne lui va pas mal. Mais il peut s’améliorer. Il faudrait, pour cela, qu’il apprenne à bien nouer une cravate. Il faudrait, ensuite, qu’il envisage autrement la répartition des couleurs. Je m’explique : la forestière, la veste de tweed – vêtements par nature décontractés – appellent une chemise de couleur. Or, la chemise de Jean-Luc Petitrenaud est toujours blanche ! La couleur, qu’on voudrait voir à cet endroit, devrait, en revanche, se faire souvent plus discrète ailleurs. L’ensemble y gagnerait en lisibilité, en cohérence et en élégance. Jean-Luc Petitrenaud a été clown. Point besoin, par un habit trop coloré, de nous le rappeler ! Le recours, enfin, à des lignes plus marquées – plus tendues – atténuerait les rondeurs du bonhomme. Les formes molles ne sont pas faites pour lui. N’y a-t-il personne chez Arnys pour lui prodiguer des conseils ?
S’habiller, c’est un peu comme faire la cuisine. Pour réussir, il faut trouver les bons produits (rien à redire : Petitrenaud a un bon fournisseur) et avoir du savoir-faire (là, il a du pain sur la planche).