L'élégance au masculin : réflexion(s) - conseils - partis pris.
Quels magazines traitent, dans notre langue, d’élégance masculine ? Mes connaissances sur le sujet sont limitées. Vous me pardonnerez, s’il vous plaît, mes insuffisances, mes approximations, voire mes erreurs. Et puis, je compte sur vous pour corriger, nuancer, développer.
Il y a Dandy. Les tout premiers numéros étaient excellents, qui mettaient en avant la nécessaire culture du vêtement, qui renseignaient sur les détails d’une belle fabrication. Hélas, tout a changé très vite, au prétexte que ces numéros ressemblaient trop à des « livres » (dixit son rédacteur en chef) et pas assez à des magazines. Qu’en est-il aujourd’hui ? La revue existe encore mais sa diffusion doit en être confidentielle. Elle n’arrive pas, en tout cas, jusqu’en pays chouan !
Il y a Monsieur. Ma collection est complète à deux exceptions près. Présentation agréable. Positionnement (disons « classic with a twist ») me convenant. Mais contenu léger. J’aime bien la page « Eléments de style ». La rubrique « L’oeil » m’horripile. Monsieur cultive un entre-soi dans lequel je ne me reconnais pas. Trop typé « business » et pas assez culture. Il faut aussi faire avec les fautes d’orthographe et une publicité qui ne se cantonne pas aux « espaces », pourtant très nombreux, qui lui sont réservés.
GQ ? Touffu, ratissant large et, finalement, assez plaisant. J’ai le souvenir de quelques articles – sur l’élégance et les peintres ou les écrivains notamment – qui m’avaient bien plu. J’aimais bien la « Style Académie ». J’emploie le passé car depuis le départ de Beaugé, la rubrique, à mon sens, a beaucoup perdu de son intérêt.
Edgar ? Pas fait pour moi.
La mode masculine fait aussi l’objet d’un traitement épisodique dans la presse dite « généraliste ». Voir les numéros ou suppléments « spécial homme » de L’Express ou du Figaro Madame… Pour être au courant de la mode comme elle va (… ou ne va pas) mais certainement pas pour recevoir des leçons de style.
Dans l’ensemble, l’offre est mince et la nourriture frugale. Pourtant, la matière ne manque pas ! Un peu d’imagination, que diable ! Ces quelques idées, exactement comme elles me viennent : des présentations de grandes maisons – leur histoire, leur apport -, maisons existantes ou ayant existé ; des fiches techniques sur les matières et certaines pièces du vestiaire (un peu dans l’esprit du remarquable travail de SC) ; une élaboration progressive et raisonnée du « dress code » ; les techniques de fabrication – en sur mesure ou en pap de qualité (cf. SC encore !) - ; des entretiens approfondis qui nous changeraient des sempiternelles interview-types , énièmes déclinaisons du questionnaire dit de Proust, qui vous remplissent une page sans fatigue ; une évocation d’ « icônes » (… pour parler mode !) du style : Monsieur le fit et puis, allez savoir pourquoi, y renonça ; des pages choisies et commentées de revues d’autrefois ; une histoire de la mode sous forme, par exemple, de feuilleton ; une présentation personnalisée des tailleurs de Paris et de province ; les relations élégance et arts – peinture, littérature, cinéma ; le rôle des couleurs et des motifs – leur histoire , leur symbolique, leurs accords et désaccords ; des photos de lecteurs proposant leurs propres tenues (genre Sartorialist) ; des vêtements à l’essai (comme, naguère, Pointures le faisait pour les chaussures) ; une approche sociologique, voire philosophique du vêtement… Que sais-je encore ?
Il serait instructif de comparer ce que, sur une durée équivalente, peuvent proposer quelques blogueurs amateurs et un magazine spécialisé. D’un côté, quelques solitaires passionnés ; de l’autre, une équipe de professionnels. Qui l’emporterait ? Vous me permettrez de réserver ma réponse.
L’internet a changé la donne. Grâce à lui, un public pointu et exigeant s’est fait connaître. Il serait grand temps que nos « professionnels de la profession » tiennent compte de cette (r)évolution. Sauf à considérer que ce public de qualité ne les intéresse pas.