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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 07:37

Proust et Céline sont considérés comme les deux romanciers français majeurs du XXe Siècle. Ainsi en a décidé la postérité. Mais la postérité est longue et versatile, et, après tout, nul n'est tenu de croire en ses jugements. Comme le disait Jules Renard : " La postérité ? Pourquoi les gens seraient-ils moins bêtes demain qu'aujourd'hui ?" Les styles littéraires de ces deux auteurs sont très différents. Céline, pour qui le style faisait l'écrivain, reconnaissait la supériorité de son aîné : "Proust est un grand écrivain, c'est le dernier... C'est le grand écrivain de notre génération, quoi..." Les hommes aussi sont très différents - ce que traduit, visiblement, leurs façons de se vêtir : du côté de chez Proust, une fidélité à certains choix et au passé; de l'autre côté : la création d'un personnage - Céline endossant le costume, ou plutôt les haillons, du "pauvre qui pue".


Marcel Proust

Evoquer la vêture de Proust, c’est partir à la recherche d’une élégance perdue. C’était avant les années 30, qui ont fixé la forme du costume masculin tel que nous le connaissons encore aujourd’hui.

La plus célèbre image du jeune Marcel Proust, on la doit à Jacques-Emile Blanche. Proust ne se sépara jamais de ce portrait de lui à 21 ans :


marcel-proust-j-e-blanche.jpg


La moustache, la raie sur le milieu, le col cassé, la fleur à la boutonnière, la cravate régate piquée d’une épingle… Un jeune homme d’aujourd’hui pourra être curieux de ce type d’élégance, mais il ne s’en inspirera pas pour lui-même : trop daté ! Les deux derniers sosies de Proust dont je garde la mémoire furent, dans les années 70-80, Jacques de Basher, le compagnon de Karl Lagerfeld, et l’écrivain Yves Navarre (1):


jacques-de-basher-def.jpgJacques de Basher


yves-navarre.gif Yves Navarre

 

Proust s’entoura de jeunes garçons à sa ressemblance. Des dandies un peu trop pommadés et parfumés – des avatars de petits-maîtres -, tels Lucien Daudet et Robert de Flers :


marcel-proust-flers-daudet.jpg  De gauche à droite, Robert de Flers, Marcel Proust, Lucien Daudet

 

      
« Il était bien joli jeune homme », écrira Colette. « Joli » : le qualificatif se retrouve sous la plume d’Anatole France. Pour Barrès, il était « le plus aimable jeune homme ». Lui-même était conscient de son pouvoir de séduction. Dans Jean Santeuil, roman autobiographique resté inachevé, le narrateur dit que Jean (Marcel) « se trouve beau ». A un moment, il s’aperçoit dans la glace « plus beau que d’habitude. »

En 1905, après la mort de sa mère, changement de décor. Le mondain laisse la place au reclus. Proust entame une vie d’isolement, entre narcotiques et fumigations. Le grand œuvre n’attend plus. A partir de 1907, il consacre sa vie entière à l’écriture de sa Recherche. Sa solitude s’agrandit encore après le décès accidentel de son secrétaire et ami, Alfred Agostinelli. « Personne n’a vécu comme moi avec l’incurable regret de deux ou trois êtres, ou plutôt, en réalité, je ne vis pas, je meurs de cela », confie-t-il en 1915. 

C’est un demi-mort, donc, qui, un jour de cette même année 1915, vint frapper à la porte du jeune Paul Morand pour le remercier des mots gentils qu’il avait tenus sur Du côté de chez Swann. Morand constata alors avec surprise que ce « visiteur du soir », comme il l’appellera plus tard (2), ou plutôt de la nuit - il était en effet minuit ! – était habillé « comme en 1905 » (3). Comme si, pour Proust, le temps s’était arrêté à cette date.

Plusieurs auteurs nous ont laissé des portraits d’un même Proust anachronique, comme évadé d’un conte fantastique. Morand le premier : « Toujours enveloppé dans une lourde fourrure de loutre, enfoncé dans un fauteuil profond d’où ne sortait qu’une inoubliable voix de fantôme, satirique et bienveillante, tout son être semblait concentré en ses yeux, qu’il avait extraordinairement grands, caverneux et brillants. » Colette : « Sur son habit, il portait une pelisse ouverte, l’expression du plastron blanc, froissé, et de la cravate révulsive m’effrayèrent. » Fernand Gregh : « (…) il apparaissait parfois vers minuit comme un spectre, en pardessus au plus chaud de l’été, le collet renforcé d’une ouate qui sortait par lambeaux de dessous de son col. » Edmond Jaloux : « Il semblait toujours sortir (…) d’une autre époque (…) jamais il ne s’était décidé à renoncer aux modes de sa jeunesse : col droit très haut, plastron empesé, ouverture du gilet largement échancrée, cravate régate. » Mauriac : « Il m’apparut plutôt petit, cambré dans un habit très ajusté (…) Engoncé dans un col très haut, le plastron bombé comme un bréchet (…) » Léon Paul Fargue : « Il avait l’air d’un homme qui ne vit plus à l’air et au jour. »

Si, comme nous l’a appris Proust lui-même, « la vraie vie, c’est la littérature », on ne saurait trouver portraits plus authentiques (quoique le talent des portraitistes respectifs soit à prendre en considération). Cela dit, pour cerner l’homme que fut Proust au quotidien, on se réfèrera avantageusement au témoignage de celle qui fut sa gouvernante les huit dernières années de sa vie. Céleste Albaret – c’est son nom – nous a laissé, sous le titre Monsieur Proust, des mémoires sans fard, saisissants de vie et de précision. Remplis, aussi, d’une vénération qui oblige le lecteur à prendre de la distance (4).


celeste-albaret.jpgCéleste Albaret

 

Morceaux choisis.


Sur sa frilosité. « Il était toujours très couvert, même en été (…) il y avait deux pardessus (…) pour aller à la mer (…) Tous les deux étaient en vigogne – l’un très léger, gris-blanc et doublé de violet ; l’autre marron. Chacun avec le chapeau rond assorti (…) » ; « Pour se défendre contre ce froid (…), il tirait sur ses jambes une pelisse, une vieille, qui ne servait qu’à cela. Il en avait une autre, très belle, doublée de vison et à col de loutre, qu’il mettait pour ses sorties en ville par temps froid. Mais, la vieille, elle, ne devait jamais quitter le barreau de cuivre au pied de son lit, tout comme aussi un magnifique pardessus noir, doublé de drap à carreaux blancs et noirs, très élégant et nullement usé, que sa mère lui avait fait faire autrefois, mais qui était également réservé à l’usage intérieur, en guise de robe de chambre – car il n’avait pas de robe de chambre, rien que ce pardessus, qu’il mettait sur ses vêtements de lit, avec des babouches, quand il était seul et qu’il avait à se lever et à aller et venir, entre les murs de sa chambre » ; « Il avait des masses de tricots d’appartement très épais, à boutons, et bordés d’une petite tresse de soie. »

Sur sa fidélité à ses fournisseurs et à ses goûts. « Il s’habillait depuis toujours au Carnaval de Venise, sur les boulevards, non loin de l’Opéra. Les essayages avaient lieu à l’appartement. Il aimait bien le vieux coupeur anglais qui le servait régulièrement et qui était très gentil » ; « Il portait sur le corps un tricot et un caleçon long. Tous deux toujours en laine Rasurel. Je lui en ai acheté d’autres une fois, qui m’avaient semblé également bons et beaux ; ce n’étaient pas des Rasurel ; il n’en a jamais voulu. » ; « Je me souviens qu’il s’était fait faire (un gilet), parce que l’étoffe lui avait paru particulièrement jolie. Il était en soie rouge, doublé de soie blanche. Il l’a essayé et me l’a montré. Je le revois se tournant et se retournant devant sa glace, puis disant – Décidément non. Ce serait bien pour un dandy comme Boni de Castellane. Je ne veux pas être ridicule. » « La moustache, il en a changé de forme une fois, comme il s’était fait couper la barbe juste avant que je le connaisse. Après la barbe, il a porté la moustache assez longue et roulée au fer. Puis, un jour, après la guerre - c’est bien la seule concession, si c’en est une, qu’il ait faite à la mode – il a décidé (…) de la faire couper plus ou moins à la Charlot (…) La chose accomplie, il n’était pas tellement sûr de la réussite » ; « (…) c’était un homme d’habitudes ; il détestait le changement en tout. Il se sentait particulièrement bien dans des choses longtemps portées. » « Il avait la même fidélité dans sa façon de s’habiller que dans ses autres goûts. Là aussi, il y avait en lui un attachement à son passé. » « Je sais qu’il se trouvait des gens pour dire qu’il avait l’air d’être d’un autre âge, à cause de la mode qui avait beaucoup changé avec la guerre, alors que, lui, il gardait la vieille coupe de ses vêtements et ses cols de chemise hauts et durs. »

Sur la constitution de sa garde-robe. « Sa garde-robe était très simple, très correcte, c’était tout. Il la renouvelait peu – du moins du temps où je l’ai connu. Il n’en avait pas besoin : étant toujours couché, il n’usait pas. En dehors des pardessus de Cabourg, en vigogne, qu’il n’a jamais mis, il lui restait, avec le pardessus jeté sur son barreau de lit pour l’intérieur, la pelisse neuve doublée de vison, à col de loutre noir, et le pardessus noir dont j’ai parlé. Et pour les complets, s’il s’en est fait couper deux ou trois, de mon temps, ce doit être tout. (…) En dehors de l’habit et du smoking, il avait plusieurs jaquettes, qu’il mettait avec des pantalons rayés, et auxquelles il a ajouté un veston noir gansé. Tout était fait sur mesure, bien entendu (…) Il avait une collection de gilets, cossus, mais simples et unis (…) A part les nœuds papillons noirs pour le smoking, blancs pour l’habit, (ses cravates) étaient d’une grande sobriété. Il en avait une seule très colorée : couleur opéra, c’est-à-dire plus vif que lie-de-vin. Il la mettait très rarement. A un certain moment, il avait porté des lavallières, achetées chez Liberty, mais il les avait abandonnées. » « Et les chaussures – je lui ai toujours vu les mêmes paires de bottines à boutons, sauf une - en huit ans – qu’il m’a envoyée acheter. Il m’avait demandé de prendre les mêmes bottines noires vernies dont il avait l’habitude, en m’indiquant le magasin où il se fournissait : Old England, à l’angle du boulevard des Capucines et de la rue Scribe. Je n’ai pas compris l’explication de l’adresse et je suis allée chez un petit bottier, d’ailleurs très chic, dont la boutique était située aussi boulevard des Capucines. Et je lui ai acheté une paire de bottines vernies, à tige en toile beige. Je les avais prises « à condition », puisqu ‘elles n’étaient pas entièrement noires. Quand Monsieur Proust les a vues, il les a trouvées, ma foi, très jolies, et il m’a dit : - Nous allons voir ; je les essaierai. Elles lui ont plu. Il les jugeait si élégantes qu’il les a toujours mises, sauf, naturellement, quand il sortait en habit noir. »

Sur son élégance et son allure. « Il y avait d’abord son allure (…) il était plutôt grand. En même temps, il était mince et il se tenait un peu cambré et renversé, la tête bien dégagée, avec beaucoup de noblesse, ce qui le grandissait encore (…) En fait, il était le contraire de la raideur (…) C’était surprenant de penser que cet homme, qui passait plus de la moitié de sa vie couché et de qui on attendait plutôt de l’ankylose, pouvait montrer tant de souplesse et de grâce dans ses moindres gestes ou mouvements (…) Il n’y aurait eu que les imbéciles pour ne pas s’aviser de son extraordinaire élégance naturelle, qui faisait tout passer (…) grand seigneur (…) Il avait cette suprême élégance d’être ce qu’il était, simplement. » 

_________________________________________________________________________________
1. Un dénommé Elie Top - dont j'ignore tout - perpétuerait actuellement la tradition.
2. Le Visiteur du soir, Paul Morand, La Palatine, 1949.
3. Source, le blog d'Alain Bagnoud.
4. Monsieur Proust, Céleste Albaret (souvenirs recueillis par Georges Belmont), Robert Laffont, 1973. 

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Publié par Le Chouan - dans Personnalités
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commentaires

bruce 09/12/2013 12:32

à M.Antonelle :
Si vous pensez républicain au sens Ve République Gaullienne alors vous êtes presque monarchiste quand on connait l'histoire, les références et la pensée de celui-ci.
Et quand je me laisse un peu aller à penser comme il ne faudrait pas, je me dis : entre gaullistes et pétainistes bien compris, bien peu de choses.
Et qu'aurions-nous fait, à l'époque ? Consommateurs patentés que nous sommes, pauvres pécheurs...

Pierre-Antoine Antonelle 08/12/2013 23:29

Mon cher Chouan,

On ne saurait mieux dire à propos de Camus. Et le républicain que je suis ne peut que constater, une fois de plus, que nous nous retrouvons sur l'essentiel, à savoir quand il s'agit de juger si un
homme mérite estime et respect.
Oui, il est bon et juste de rappeler - c'est tout à votre honneur et témoigne de votre profonde honnêteté - que Camus demanda la grâce de Brasillach qui, lui, l'eût sans doute fait fusiller; que
quoiqu'il eût été l'un des premiers, si ce n'est le premier, à dénoncer le sort réservé aux populations musulmanes algériennes, quoique pied-noir attaché de tout son être à l'Algérie, il n'en
succomba pas pour autant aux passions partisanes, fanatiques, aveugles, meurtrières auxquelles tant cédèrent lors des "événements d'Algérie", à quelque bord qu'ils appartinsent.
Pour avoir été autant honni, diffamé, insulté par les communistes, les sartriens, un bonne part de la droite et de la gauche, cet homme devait
posséder bien des qualités, bien des courages.
D'avoir connu la misère en apprend sans doute beaucoup plus sur la vie, et vous dote sans doute d'une échine moins prompte à se courber, que d'avoir fréquenté la rue d'Ulm.
Il fut ce qu'en anglais on nomme "a decent fellow".
Si son élégance n'égalait pas celle de Drieu, dont les costumes de flanelle me font crever de jalousie, il ne manquait pas d'allure dans son trench coat.
J'ajouterai, pour évoquer l'écrivain, et je conviens qu'il ne fut ni Proust, ni Céline, que La peste, Le mythe de Sisyphe, Noces, L'homme révolté, donnèrent à bien des jeunes gens de ma génération
des leçons de conduite, des raisons d'espérer, de combattre. De vivre et de mourir. Qui plus est dans un style d'un classicisme mesuré tout autant que charnel, lyrique et chaleureux.
Enfin, qui n'a rien à voir, il me faut vous avouer que je ne suis pas l'auteur de la formule sur le vêtement idée de soi. Je la dois à Henri Micheaux. Je la vis, il y a plus de trente ans, inscrite
sur la vitrine d'un petit tailleur, non loin de la place des Vosges. Je ne l'ai pas oubliée.
Plus que cordialement.

bruce 07/12/2013 21:30

Certes, M. Antonelle.
Je ne jugeais que l'apparence de l'homme, non son oeuvre ni l'homme lui-même, encore moins les rapports entre les trois.De façon peut-être superficielle donc, sans doute sans nul doute, pas à la
hauteur de ce blog, oui, sans doute oui, mille fois oui...
Je vais me rattraper : Proust est le grand auteur du siècle.Mais je le place derrière Céline et Bloy et juste devant Maurras.
Pourquoi nous parle-t-on si souvent de Camus ? Qui est ce Camus ? En vaut-il tant la peine ?

Le Chouan 08/12/2013 16:30



En tout cas, en tant qu’homme, Camus était éminemment respectable. Pas pleurnichard pour deux sous sur ses origines miséreuses (il faut voir le logement où il a vécu enfant ; à côté, notre
banlieue, c’est Monaco !) ; reconnaissant envers ceux qui l’ont aidé (voir la fameuse lettre à son ancien instituteur Monsieur Germain) ; faisant passer ses principes avant ses
sentiments personnels (il signe la pétition pour obtenir la grâce de Brasillach parce que son opposition à la peine de mort ne souffre aucune exception) ; ouvert à des sensibilités
artistiques très éloignées des siennes (il écrit son admiration à Julien Green quand celui-ci essuie une pluie de critiques à l’occasion de sa pièce Sud) ; sensible à la complexité
des situations, au risque d’être rejeté par « les siens » (voir sa prise de position courageuse au moment des « événements » d’Algérie).


J’aime encore ce que laissent deviner de lui ses interviews filmées; le ton peut sembler compassé ; moi, j’y vois surtout un respect des autres et de soi-même – de la langue aussi. Même
chose avec son habillement : jamais de relâchement ; lui, rescapé de l’extrême misère, mesurant mieux que quiconque le prix de la dignité.



Pierre-Antoine Antonelle 07/12/2013 21:02

Chers amis,

Mais l'élégance de Proust n'exprime-t-elle pas, surtout, la lutte d'un homme contre le temps qui passe et dont toute l'œuvre n'est que volonté farouche, faute de pouvoir le retenir, de le retrouver
?
J'ai tendance à penser, également, que l'allure, la tenue - au sens d'avoir de la tenue - de Proust manifestent dans son extérieur son élégance morale, surtout dans la dernière période de son
existence. Alors que la maladie l'affaiblit, alors que la mort approche, il ligue ses forces pour ne pas le laisser paraître et offrir aux regards l'image d'un être qui est tout sauf diminué.
Le vêtement n'est-il pas une idée de soi que l'on porte sur soi ?

Le Chouan 08/12/2013 16:35



... "Une idée de soi que l'on porte sur soi" : on ne saurait mieux dire.



bruce 06/12/2013 07:16

Je juge l'allure de de Proust "précieuse", préciosité que j'admets au XIXe mais pas à l'époque proustienne.J'attends avec impatience l'article sur Céline.

Le Chouan 06/12/2013 19:48



... Et moi le commentaire que vous ne manquerez pas de m'adresser dès sa publication !


Amitiés.



bigstop 03/12/2013 18:07

Ah... En abordant votre billet, je me disais qu'il fallait absolument que je vous envoyasse le lien vers l'interview de Paul Morand. Mais le voilà, vous le connaissiez !
Au coeur de la Recherche, il est raconté quelque part que c'est chez Charvet que le narrateur va chercher une belle cravate. Il me semble pour le dîner avec Mademoiselle de Stermaria, dans le
Chalet des îles du Bois de Boulogne. J'ai toujours pensé que Proust devait aller s'y fournir, au regard de la haute idée de cette maison qu'il témoignait ainsi dans son oeuvre.
Je ne savais toutefois pas que Old England existait déjà... Et que c'était pour lui une adresse de référence. Je suis d'autant plus ému à l'idée de posséder un cover coat de cette maison qui doit
maintenant avoir plus de dix ans et qui n'a pas pris une ride !

FMR 03/12/2013 16:42

J'ai fini par trouver la photo du gilet : http://goo.gl/Pdw2hi

Xavier 03/12/2013 11:48

Un très bel article qui donne envie de relire Marcel Proust. Il y aurait aussi un texte complet à rédiger sur tous les dandys et écrivains oubliés. Je citerais pour exemple Xavier Forneret, Charles
Lasailly et Alphonse Rabbe. Trois "petits romantiques" à redécouvrir. Xavier Forneret, surnommé "l'homme noir au blanc de visage" était d'une noire et discrète élégance.

« Ses excentricités vestimentaires ont fait date. Forneret se plaisait à scandaliser la Bourgogne tout entière en se promenant par les rues de Dijon enveloppé dans une cape de velours et coiffé
d'un chapeau pointu, tel un nécromant. Le violon était une de ses passions ; il en jouait, disait-on, la nuit, dans une tour gothique, sous le regard des hiboux. Le bruit courait aussi que les murs
de ses appartements étaient tapissés de tentures noires semées de larmes d'argent et qu'il couchait dans un cercueil capitonné. Ce n'est pas un petit mérite que de lancer la mode des lits clos. » -
Fernand Chaffiol-Debillemont

FMR 03/12/2013 10:06

Beau travail qui me paraît à peu près exhaustif.
Une illustration supplémentaire http://goo.gl/syJCjD Proust en jaquette sur la terrasse du Jeu de Paume quelques mois avant sa mort, avec canne et chapeau. Sur une autre photo (introuvable sur
internet) de la même série on voit le gilet, rayé comme le pantalon (mais avec des rayures plus fines et moins espacées), croisé très haut, sans revers et avec des boutons petits et rapprochés.
L'ensemble rend très bien et ne fait pas du tout « vieux » ou démodé.
L'analyse de l'habillement dans l'œuvre de Proust serait aussi très intéressante, on y trouve des détails oubliés comme les doublures en cuir vert pour les chapeaux.

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