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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 06:23

Vous connaissez ma curiosité pour les artistes en général et pour les écrivains en particulier. En ce bel aujourd’hui printanier, je vous invite à partir à la rencontre de quelques écrivains élégants d’autrefois. Le sujet est vaste. Un choix s’impose, subjectif et arbitraire comme tous les choix.

Aux Etats-Unis, il y eut Scott Fitzgerald, autrement plus élégant que son héros le plus célèbre, le nouveau riche Gatsby.


scott-fitzgerald.jpg

 

Citons aussi Dashiell Hammett, à l’élégance très « cinématographique ». « Il avait, disait Vladimir Pozner, dans sa démarche et sa façon de s’habiller une sorte de nonchalante élégance. »

 

dashiell-hammett.jpg

 

En Angleterre, plusieurs noms viennent à l’esprit. Je n’en citerai que deux – TS Eliot, dont James Darwen  nous apprend qu’« (il) se faisait régulièrement couper trois costumes droits, identiques dans le même tissu sombre. De lui son tailleur disait : " Un homme remarquable Mr Eliot, jamais d’excès. " »

 

t-s-eliot-def.jpg

 

… et Sommerset Maugham, aux mises et aux poses un tantinet précieuses.

 

somerset-maugham.jpg

 

En Italie, autre terre d’élégance, une figure domine, celle du dandy Gabriele d’Annunzio. Les tenues sont datées, mais, à qui sait y être attentif, elles réservent de belles surprises.

 

d-annunzio-def.jpg

 

Et les écrivains français ? Beaucoup de nos « gens de lettres » ressemblaient à des bourgeois bien mis. La chose n'a du reste rien d'étonnant puisque, bourgeois, ces écrivains l'étaient presque tous. Les exemples sont nombreux.

Jacques de Lacretelle, dont Paul Morand, son ami, disait que, jeune, il avait été la beauté même :

 

jacques-de-lacretelle.jpg

 

Pierre Jean Jouve, qui dissimulait les tourments de son âme sous une apparence austère :

 

pierre-jean-jouve.jpg

 

François Mauriac, aux allures de Grand Français – son corps maigre flottant toujours un peu dans des étoffes luxueuses :

 

francois-mauriac-ec.jpg

 

André Maurois, à l'apparence d'un banquier :

 

andre-maurois.jpg

 

Michel Leiris, qui conçut l’élégance comme parade à sa névrose alors qu’elle en était un symptôme :

 

michel-leiris.jpg

 

Roger Nimier qui, par réaction au laisser-aller des existentialistes germanopratins, choisit  très tôt de se vêtir « en vieux » :

 

roger-nimier-cartier-bresson.jpg
Photo : Cartier-Bresson

 

Certains, sur un fond de conformisme, posaient ici ou là quelques notes d’originalité.

Sur le tard, Albert Cohen, adepte des costumes trois pièces, porta le monocle et Paul Morand, qui eut toute sa vie le souci de son apparence, osa la chemise colorée :

 

paul_morand-chemise-jaune.jpg

 

Saint-John Perse aimait à s’auréoler de grands chapeaux de paille ; « Fais le choix, disait-il, d’un grand chapeau dont on séduit le bord. L’œil recule d’un siècle aux provinces de l’âme.» (Anabase)

Lui et Morand furent des adeptes du nœud papillon :

 

st-john-perse.jpgSaint John Perse

 

… comme Roger Martin du Gard, Jacques Chardonne et le Belge Georges Simenon :

 

roger-lartin-du-gard.jpg

Roger Martin du Gard


jacques-chardonne.jpg

Jacques Chardonne


georgessimenon.jpg

Georges Simenon    

 

Il n’est sans doute pas inutile de rappeler que Saint John Perse (de son vrai nom Alexis Leger), Morand et Cohen furent des diplomates. En ce temps-là, la dimension représentative de cette fonction obligeait

J’hésite à inclure ici la figure d’un autre diplomate : Romain Gary. Il n’est certes pas impossible de trouver des clichés montrant un Gary élégant ; mais, ce qui frappe surtout, ce fut sa recherche du spectaculaire et ses innombrables métamorphoses.

 

romain-gary-gilet.jpg

 

Je le rapprocherais volontiers d’Hemingway, que, bizarrement, j’ai vu sacrer « icône du style » par quelques magazines de mode. L’un comme l’autre étaient des « caméléons » - à la recherche d’eux-mêmes à travers leurs apparences multiples. L’un comme l’autre, par ailleurs, chantres de la virilité et, débordés par leurs contradictions, succombant à la tentation du suicide.

Quelques auteurs ont cherché à ce que leur apparence marque plus nettement leur singularité d’artistes.

Il y eut Gide, dont j’ai parlé une autre fois, et ses étranges couvre-chef :

 

andre-gide-154.jpg

 

Il y eut Sacha Guitry, aussi théâtral à la ville qu’à la scène, qui s’habillait moins qu’il ne se costumait :

 

sacha-guitry.jpg

 

Hélas, à partir des années 50, la mise des écrivains va peu à peu se « prolétariser ». Sartre, d’origine bourgeoise, embrasse la cause du peuple en enfilant canadienne, blouson et pull-over. Camus, d’extraction très modeste, fait de la résistance. Sur plusieurs clichés, il réussit même à atteindre l’élégance. Le trench lui allait très bien. S’il l’adopta, ce fut sans doute pour accentuer une certaine ressemblance avec Humphrey Bogart. Roger Grenier disait : « Si on me demande de parler de lui, tout ce que je trouve à dire, ce sont des choses comme : " Il portait toujours un imperméable. " »

 

albert-camus.jpg

 

Les « nouveaux romanciers » affectionnent le pull à col roulé, Alain Robbe-Grillet en tête.

 

alain-robbe-grillt.jpg

 

J’ai sous les yeux le livre Miroirs, publié en 1973, qui regroupe quatre-vingt-trois portraits d’écrivains signés Edouard Boubat. La plupart des tenues sont affreuses.

Depuis, les choses ne se sont pas arrangées. Maintenant, c’est le triomphe de l’écrivain looké « geek », tel Alexandre Jardin :

 

alexandre-jardin.jpgPhoto : Maciek Pozoga

 

… Terrible ! Un cliché à vous ficher votre bel aujourd’hui par terre ! 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 06:32

 

livr-arbitres-n13-def.jpg

 

La revue Livr’arbitres publie dans son numéro actuellement en vente (1) un « dossier » sur le dandysme. Dans un des textes qui le composent, Christopher Gérard fait la revue commentée des principales publications récentes sur le sujet. Y sont notamment cités l’anthologie Les Dandys, établie par Jean Florensac (éd. du Chat rouge), l'essai (le pamphlet ?) Vies et mort d’un Dandy (Brummell), de Michel Onfray (éd. Galilée), l'album I am Dandy, de Nathanaël Adams et Rose Callahan (éd. Gestalten). Ce tour d’horizon permet à Christopher Gérard d’insister sur le caractère éminemment paradoxal et ambigu du dandy. Nos dandys nouvelle manière, qui remplissent I am Dandy, incitent à la circonspection. Il y a loin, en effet, du dandy aurevillien à certains de ces dandys autoproclamés exhibant – je cite Christopher Gérard – « qui un délirant narcissisme, qui un infantilisme stérile » ! Lucide, l’auteur conclut : « En fin de compte, j’en viens à me demander si, au dandy, terme ambigu, voire frelaté à force de parodies, il ne faudrait pas préférer celui de gentleman, plus en nuances et en sobriété. »

La patrie du dandysme, c’est la littérature. Coupez-le d’elle, il devient fou ! La mode peut alors le récupérer et le soumettre à ses élucubrations.

La littérature, justement, Ludovic  Maubreuil ne l’oublie pas dans l’article qu’il consacre à quelques figures du dandysme dans le cinéma français. Eric Rohmer – le plus littéraire de nos cinéastes – et Michel Deville – qui compose à ses heures perdues (ou gagnées) de charmants poèmes fantaisistes – sont mentionnés. A son générique imaginaire, Ludovic Maubreuil fait défiler des noms attendus et d’autres plus étonnants : Raphaël de Loris (Raphaël ou le débauché, Michel Deville) ; Stanislas Hassler (La Prisonnière, Clouzot) ; Alain (Le Feu follet, Louis Malle) ; Jeff Costello (Le Samouraï, Melville) ; Edouard Coleman (Un Flic, Melville) ; Alexandre (La Maman et la putain, Jean Eustache). Mon favori ? Alain, le héros créé par l’élégantissime Drieu et interprété, dans le film de Malle, avec une émouvante grâce virile par Maurice Ronet. 


maurice-ronet-feu-follet.jpgMaurice Ronet, Le Feu follet


alain-delon-samourai.jpgAlain Delon, Le Samouraï


jean-pierre-leaud.jpgJean-Pierre Léaud, La Maman et la putain

 

Entre ces deux beaux articles, votre serviteur (comme on dit...) glisse un texte qui tente de répondre à la question : A quoi peut ressembler un dandy aujourd’hui ? Merci à Christopher Gérard d’avoir rendu possible cette contribution.

__________________________________________________________________________________
1. Pour se le procurer, voir le site de la revue.
2. Christopher Gérard vient de publier Osbert (éd. L'Age d'homme), un recueil d'« historiettes » - dixit l’auteur – qui mettent en scène des animaux qui parlent. Cela tient de la fable et du conte philosophique. Les 
jugements des canetons et autres « Minou » sur leurs amis les hommes sont plus coupants que ceux d'un chouan ! Osbert vous apprendra aussi comment Christopher Gérard s’y est pris pour mettre les rongeurs… dans sa poche !

 

christopher-gerard-cost.jpgChristopher Gérard

 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 06:39

On se souvient qu'il y a trente ans, François Mitterrand  « donna à la France », en la personne de Laurent Fabius, son plus jeune Premier ministre. En nommant Manuel Valls à cette même fonction, François Hollande a voulu marquer l’histoire d’une manière différente mais non moins forte et qui ne peut que réjouir les Chouans épris d’élégance que nous sommes : Manuel Valls n’incarne-t-il pas tout ce que nous aimons ? Assurément, notre nouveau Premier ministre ne ressemble en rien à ces nombreux hommes politiques au physique de représentants de commerce, tels Benoît Hamon et Benoist Apparu.


benoit-hamon.jpg
Benoît Hamon

 

benoist-apparu-valls.jpgBenoist Apparu

 

Il y a l’allure, lente, féline, racée ; les gestes, jamais saccadés, choisis avec autant de soin que les mots, parfaitement coordonnés à eux – gestes déliés et, pour ainsi dire, dansés. Rien à redire aux tenues : les costumes sont impeccablement coupés ; les cravates, les manches de chemise ou de veste, toujours à la bonne longueur.


manuel-valls-manches-veste.jpgAvec sa femme, Anne Gravoin, violoniste, 1er prix du Conservatoire de Paris, qui, pour l'amour de l'art, se produit dans les concerts de Johnny Halliday et de Charles Aznavour.


 manuel-valls-chemise.jpg

 

 

Depuis Edouard Balladur, on n’avait pas fait mieux. La coiffure rallie tous les suffrages. Fini, les mèches d’ados attardés qu’arboraient ses deux prédécesseurs !

Les cheveux sont souples, naturellement brillants ; de délicats pinceaux viennent orner le haut d’un front agréablement proportionné.


manuel-valls-cheveux.jpg

 

Le visage respire la bonté. Un tendre sourire l’éclaire souvent. Point d’angles vifs dans cette physionomie – mais, comme l’écrivait Verlaine, « De la douceur, de la douceur, de la douceur »… Juger sur le physique est stupide. Je le sais. Je ne peux toutefois me mettre dans la tête qu'un homme de cette apparence soit sectaire et sujet à des accès de violence. Le ramage est à l’image du visage : paroles moelleuses, phrasé onctueux, voix de miel, débit coulé


manuel-valls-visage.png

 

Notre duo exécutif a de la gueule. Une fierté légitime nous envahit à l’idée qu’il nous représente à l’étranger. Quels autres duos peut-on aujourd’hui lui opposer hormis, peut-être, celui que forment ces autres parangons d’élégance, d’allure et de style que sont Poutine et Medvedev ?

Hollande et Valls : c'est tout de même autre chose que de Gaulle et Couve de Murville ou Giscard d’Estaing et Chirac…

 

… J’ai récemment lu sous une plume élégante et autorisée une méchante et mesquine critique de notre Premier ministre. Rien, de la pointe des cheveux jusqu’à celle des souliers, ne trouvait grâce aux yeux de ce féroce chroniqueur dont, par charité chrétienne, je préfère taire le nom. Pourquoi tant de haine et de mauvaise foi ? Ma déception, je l’avoue, a été grande et, malgré tous mes efforts, je n’ai pas réussi à lui trouver d’excuses. A moins qu’il n'ait voulu jouer les ironistes...

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 06:56

Quelques ressemblances amusantes...

 

henri-matisse-boyer.jpgHenri Matisse et...


bruce-boyer-matisse-def.jpg...Bruce Boyer

 

gustave-flaubert-copie-1.jpegGustave Flaubert et...

 

alain-rey-def.jpg...Alain Rey


georges-mathieu-cravate-verte.jpegGeorges Mathieu et..

. 

terry-jones...Terry Jones (Photo : Jason Henry) !

 

(Merci à Tanguy Faramin de m'avoir envoyé les clichés de Matisse et de Bruce Boyer.)

 

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 06:18

Des gens amoureux de leur image et qui le montrent, on en rencontre dans la rue. On en côtoie dans sa vie professionnelle. On en subit dans sa famille. Les médias, logiquement, en offrent une concentration sans équivalent. J’ai toujours pensé qu’il fallait être fou – et d’abord fou de soi ! – pour choisir une profession qui oblige à s’exhiber devant des millions de gens. L’homme n’est naturellement pas fait pour cela. Acteurs, journalistes, hommes politiques… se serrent dans la boîte à images, et quand il arrive que, pour une raison ou pour une autre, on les en sorte, c’est fréquemment qu’ils s’étiolent, comme si les sunlights leur étaient devenus plus nécessaires que notre bon vieux soleil.

Affiché, le contentement de soi, poussé à un certain degré, est fascinant. Des exemples ? Patrick Poivre d’Arvor, Stéphane Guillon, Laurent Delahousse, Bernard Kouchner, Francis Huster…


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Patrick Poivre d'Arvor

laurent-delahousse.jpg

Laurent Delahousse

 

Surprendre une personne en plein amour d’elle-même n’est pas une situation moins gênante que de surprendre un couple en pleine intimité… Les Narcisses médiatiques me mettent malgré moi en position de voyeur. Les regards par lesquels Patrick Poivre d’Arvor finissait ses JT témoignaient d’une autosatisfaction – au sens littéral et masturbatoire du terme - obscène.

L’amour de soi n’est certes pas condamnable. Si l’on en croit l’Evangile, il serait même recommandé : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » a dit le Christ. L’amour de soi serait un préalable à l’amour d’autrui. On pourrait même aller plus loin et établir une relation d’équivalence (« comme ») entre les deux propositions : « Tu aimeras ton prochain à proportion que tu t’aimes ». Dès lors, il conviendrait de souhaiter pour les autres qu’on s’aime toujours plus soi-même ! Mais la théologie récuse ce que la langue autorise, et le commerce décevant de nos semblables narcissiques est là pour nous ramener au bon sens !…

A toutes ces « stars » imbues d’elles-mêmes, j’aurais envie de dire ceci : Levez les yeux au ciel plutôt que de les garder fixés sur votre nombril ! Regardez les étoiles - ces vraies stars - et pénétrez-vous de l’insignifiance des choses et de votre propre insignifiance. Vus du ciel, les plus grands chênes sont des nains. Alors vous…

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 06:34

Se faire le contempteur systématique des mœurs de son époque peut facilement virer à la pose. L’aigreur fatigue et rend malade. Il faut s’en prémunir. Et puis, en matière d’horreurs vestimentaires, notre décennie n’est sans doute pas la pire. Qu’on se souvienne des années 70 : cols de chemise « pelle à tarte », revers de veste surdimensionnés, cintrage mexicain, pantalons « pattes d’éléphant », bottines à talonnettes… Il n’est qu’à revoir les films de l’époque (L’Horloger de Saint-Paul, par exemple, qu’a récemment diffusé Arte) : c’est un massacre


mode-70.jpgLes années 70... Source : http://retrorigolo.blogspot.fr

 

L’élégance a-t-elle jamais conquis les rues ? On considère à juste titre les années 30 comme bénies. Le style propre à cette époque mérite en effet des louanges. Mais il ne faut pas être naïf : l’Américain moyen ne ressemblait guère à Fred Astaire ou à Cary Grant ni le Français idem à Paul Bernard ou à Fernand Gravey ! Les films documentaires  et les photos de ce temps nous montrent des costumes mal coupés dans des étoffes trop lourdes, des manteaux-armures, des chemises à col mal ajusté… Les petits chemisiers et les petits tailleurs du coin avaient la cisaille lourde !


paul-bernard.jpgPaul Bernard


fernand-gravey-jeune.jpgFernand Gravey

 

Le temps est un trieur. Mais quand les uns font œuvre salutaire de nettoyage, d’autres s’empressent de salir… Combien d’aberrations d’hier remplacées par d’autres aberrations ? Mais, aujourd’hui, j’ai décidé d’être optimiste – de regarder le verre à moitié plein et de le boire à la santé de tous mes élégants lecteurs. Cette sympathique résolution me conduit donc à vous soumettre deux listes ; l’une qui énumère quelques horreurs de passé et l’autre qui mentionne de bonnes surprises plus ou moins récentes.  A vous de critiquer, d’amender, de proposer…

Ils ont mérité notre oubli éternel :

- Le chapeau melon, le canotier, le béret étriqué.
- Le lorgnon.
- Le col cassé, le col dur, le faux col.
- Le plastron.
- Les poignets amovibles.
- Les fixe-chaussettes.
- Les guêtres.

Elles font notre bonheur :

- Les lentilles correctrices.
- La cravate de tricot.
- Les chaussettes colorées.
- Les chaussures affinées.
- Les chaussures en veau-velours.

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 06:53

La sagesse populaire regorge de formidables formules. Prenez celle-ci : « On ne se voit pas comme on est ». Très vrai ! Regardez les gens dans la rue. Beaucoup bravent le ridicule sans même le savoir ! « Comment peuvent-ils ? » Ils peuvent parce qu’ils sont aveuglés – aveuglés par eux-mêmes. Pour bien se voir, il faudrait se regarder à distance… mais allez mettre de la distance entre vous… et vous ! « Nous sommes tous contraints et amoncelés en nous » disait déjà Montaigne. « Comment ai-je pu ? » Qui d’entre nous ne s’est jamais posé cette question en se voyant sur d’anciennes photos ? La mode, cette faiseuse de moutons, n’explique pas tout.

S’objectiver – voilà ce à quoi il faudrait arriver. Mais comment faire ? On peut habiller son valet de pied en faisant abstraction de soi-même et en s’efforçant de se concentrer sur l’assemblage des couleurs, des matières et des formes. « Ca avec ça, oui, ce n’est pas mal, mais il y a sûrement mieux… » Et l’on remplace ceci par cela, on se reprend, on améliore… On peut se trouver un modèle, quelqu’un qu’on admire et auquel on décide de ressembler. Voyez l’écrivain Jacques Chessex qui, admirateur de Flaubert, s’était fait la tête de son idole, ou encore Pierre Lefranc qui avait fini par devenir le clone du général de Gaulle.


chessex.jpgJacques Chessex

 

 pierre-lefranc.jpgPierre Lefranc

 

Le procédé doit avoir quelque chose de rassurant ; gare tout de même à la schizophrénie. On peut se filmer sous toutes les coutures, se prendre pour un acteur, composer ses rôles. « Tiens, ce geste est intéressant... Jolie, l’expression ! A réutiliser. Oh ! Il faut que je me redresse. Sourire à proscrire : air niais. » Mais attention ! La confrontation avec son image filmée se révèle quelquefois douloureuse. Philippe Noiret raconte dans ses mémoires posthumes que, la première fois qu’il se vit sur des rushes, il « dégueula ». (« Je n’imaginais pas du tout avoir ce physique-là. Et voilà que je découvrais une espèce d’ours mal léché qui marchait comme un canard. On ne se connaît pas quand on ne se voit qu’en se rasant le matin, à son avantage (…) Ce n’est pas naturel de se voir, soi, de trois-quarts dos ou de profil (…) Cela m’a fait un effet d’une violence terrible. J’ai mis de longues années à oublier ce traumatisme. ») On peut, selon la formule pindarienne, paraître ce qu’on sent être profondément pour chercher à le devenir : je suis né pour être élégant, donc je fais tout pour le paraître et, ainsi, finirai par atteindre mon but. On peut s’en remettre à l’avis d’un tiers, à condition de choisir celui-ci pour son goût et non pour des raisons affectives. Les femmes, c’est connu, habillent leurs hommes. On voit le résultat. On peut s’examiner minutieusement et froidement pour tenter de déterminer l’époque de son physique et s’habiller en conséquence : il y a des physiques typés années 30, 50, 60… Dans le cas d’un physique XVIIIe par exemple, les choses se compliquent. Il vous faudra une bonne dose de courage civique pour oser sortir dans la rue vêtu en petit marquis...

On peut, oui, on peut… Mais la vérité, c’est qu’on n’arrive jamais à être à la fois sujet et objet. Certains réussissent un peu mieux que d’autres, c’est tout. Ce constat doit nous inciter à être tolérants envers autrui et vigilants envers nous-mêmes. Une leçon de modestie, c’est toujours bon à prendre.

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 07:17

 

barbey.jpg

 

Styliste flamboyant, romancier de la chouannerie, théoricien du dandysme : trois motifs, pour le Chouan, d’admirer Jules-Amédée Barbey d’Aurevilly ! Cet homme à l’âme médiévale vécut dans son époque comme un prisonnier de Louis XI dans une malcommode. S’il embrassa certains errements de ce XIXe siècle que Léon Daudet, qui l’admirera, qualifiera de « stupide », ce ne fut qu’épisodiquement. Sous l’influence d’un de ses oncles, le docteur Jean-Louis Pontas-Duméril, le jeune Barbey se fit républicain. Il refusa de reprendre alors une particule à peine centenaire et devint Barbey tout court. Il revint bientôt à de meilleurs sentiments et conçut contre les idées progressistes à la mode de son temps une haine qui ne s’éteindra qu’avec lui. « Nous ressemblons à la fuite d’immondices à travers les lézardes d’une latrine. C’est puant, malsain et silencieux », écrira-il à son ami Trébutien en janvier 1849. Le retour à la religion catholique fut plus lent. Son adhésion fut de tête avant d’être de sentiment. Il faudra attendre le milieu des années 50 pour qu’il s’approche à nouveau des saintes espèces. Les grands caractères savent tirer des leçons de leurs erreurs. Pascal aurait-il condamné aussi sévèrement le divertissement s’il ne s’y était livré un temps lui-même ? De même, le rejet définitif de la démocratie s’est nourri, chez Barbey, de ses errements juvéniles. « La démocratie est la souveraineté de l’ignoble. On peut m’en croire, moi qui l’ai aimée et dont l’amour a été tué par le dégoût. Elle nivelle les individus et menace les êtres originaux. J’ai beau cherché la vérité dans les masses, je ne la rencontre que dans les individus. »

Barbey rêvait d’ « une société strictement ordonnée », soumise à Dieu et au roi. Son idéal était celui des chouans, dont, quand il était enfant, sa grand-mère maternelle et sa vieille servante lui contaient, à la veillée, les exploits. Des êtres originaux, exceptionnels, l’épopée chouanne lui donna à en connaître plus d’un ! Barbey consacra à l’un d’entre eux un roman, Le Chevalier Des Touches. C’est, avec Les Chouans de Balzac, l’un des deux grands romans de la chouannerie. Balzac et Barbey : deux partisans de l’alliance du trône et de l’autel ; deux essayistes de l’élégance aussi. On doit à Balzac le Traité de la vie élégante (1830) et à Barbey Du dandysme et de George Brummell (1845).

En faisant de George Brummell l’incarnation même du dandysme, Barbey précise les contours d’une notion qui, jusqu’à lui, prêtait aux interprétations les plus contradictoires. Il inscrit le dandysme dans la triple dimension où prend place toute son œuvre : esthétique, morale et métaphysique. Sur le sujet du dandysme, Baudelaire eut le projet d’écrire un livre entier. S’il se contenta des quelques pages célèbres qui prirent place dans Le Peintre de la vie moderne, c’était peut-être que, ce livre, Barbey l’avait écrit avant lui.

Dandy, Barbey ne cessa de l’être en dépit des revers de fortune ou de gloire. Jeune, il hérite d’un de ses oncles, le chevalier de Montressel, une importante rente viagère. Il quitte alors son Cotentin natal et entame à Paris une vie fastueuse. Il reçoit son coiffeur tous les jours, refuse de sortir, un soir, parce que ses cheveux ne sont pas bouclés, se fait masser, parfumer, pommader, corseter, se montre sur les boulevards , chez Tortoni ou au café Hardy, la tête fièrement relevée en mépris du peuple, canne ouvragée ou cravache à la main, poing sur la hanche, prête une attention brummellienne au nouage de sa cravate, à la qualité de ses gants, plastronne dans d’innombrables gilets colorés, se coiffe d’un vaste chapeau doublé de velours rouge, n’oublie jamais son poignard, fabriqué sur le modèle de celui d’Antony, le héros de Dumas, qu’il glisse dans une gaine de cuivre afin que la lame ne le blesse pas… Il multiplie les conquêtes, fréquente les salons où ses talents de « causeur » font merveille.

 

barbey-caricature.jpgCaricature de Barbey, vers 1843 

 

La vie fastueuse n’a qu’un temps. Une mauvaise affaire industrielle lui fait perdre toutes ses rentes, ce qui l’oblige à prendre un emploi. Il devient journaliste, chroniqueur de la mode féminine au Moniteur de la mode sous le pseudonyme de Maximilienne de Syrène. Il se désole mais il s’adapte :« Viens de me faire tordre les boucles de ma chevelure pour aller au journal… Peigné, débouclé, rebouclé et… au journal. »

Les difficultés financières se multiplient. En 1860 (il a 52 ans), il s’installe rue Rousselet dans un pauvre deux pièces. Edmond de Goncourt, dans son Journal, le décrit ainsi à la date du 12 mai 1885 : « Il est vêtu d’une redingote à jupe qui lui fait des hanches comme s’il avait une crinoline, et porte un pantalon de laine blanche qui semble un caleçon de molleton à sous-pieds. » Il note son « manque de dents » et juge son costume « ridicule et pédérastique ». Cette même année, Barbey commande sa dernière redingote… à la mode des années 30 ! Il se poudre, peint ses lèvres de rouge, se teint la moustache et les cheveux…

Ce grand dandy a-t-il trouvé pour lui-même ce fameux « point d’intersection entre l’originalité et l’excentricité » ? Si l’on applique à sa personne un de ses plus célèbres principes : « Paraître, c’est être pour le dandy », il doit suffire, pour connaître Barbey, d’étudier son apparence. Ce que nous nommons excentricité n’était sans doute encore rien d’autre, pour lui, que de l’originalité – comme l’adoption de cette tenue de roulier normand :

 

barbey-roulier.jpgLa Vie populaire, 29 avril 1888. Bibl. historique de la Ville de Paris 

 

Patrick Favardin et Laurent Boüexière le disent très bien (Le Dandysme, La Manufacture) : « (…) son costume est marqué de sa personnalité : en cela, il sera toujours un homme démodé. S’il étonne, c’est tant mieux. Il hait l’uniformité du vêtement qui devient la règle chez les hommes et qui est le symbole d’une perte de la liberté individuelle qui le révolte au plus haut point. (…) Barbey, c’est son costume, comme son costume, c’est lui-même : " autre, définitivement autre ". »

Sa marque imprime sa prose autant que son costume. Les deux sont du reste indissociables. Pour Barbey, un homme stylé l’est en toute chose. Le fond et la forme sont l’avers et le revers d’une même médaille : « Pour des gens comme nous, la forme n’est jamais une chose futile et le souci du costume est le son d’une phrase bien faite et même mieux. » Son écriture et son dandysme ont partie liée. Ecriture originale - voire excentrique ! – qui, à coups de tirets, d’exclamations, de métaphores… anime des héros lucifériens, nous montre l’enfer par un soupirail et cherche à peine à contenir les débordements d’une imagination prophétique.

Nostalgique, révolté, absolument singulier, Barbey a voulu soumettre sa vie à son idéal de grandeur et de beauté. Aujourd’hui que le conformisme, l’égalitarisme, le matérialisme ont assis leur pouvoir et qu’il semble impossible de jamais les renverser, la quête anachronique et solitaire de ce guide fraternel est une source inépuisable d’espoir et de consolation.

« Nous sommes faits de l’étoffe de nos rêves », disait Shakespeare. Ses rêves, le dandy Barbey les taillait dans les plus rares étoffes. Il se fit d’incroyables costumes dans lesquels il paraissait – ou plutôt il était. Des costumes de rêve !

 

                                                               *

 

Du dandysme et de George Brummell. Morceaux choisis.

 

Les esprits qui ne voient les choses que par leur plus petit côté, ont imaginé que le Dandysme était surtout l’art de la mise, une heureuse et audacieuse dictature en fait de toilette et d’élégance extérieure. Très certainement, c’est cela ; mais c’est bien davantage. Le Dandysme est une manière d’être, et l’on n’est pas que par le côté matériellement visible. C’est une manière d’être, entièrement composée de nuances, comme il arrive toujours dans les sociétés très vieilles et très civilisées, où la comédie devient si rare et où la convenance triomphe à peine de l’ennui.

Une des conséquences du Dandysme, un de ses principaux caractères – pour mieux parler, son caractère le plus général – est-il de produire toujours de l’imprévu, ce à quoi l’esprit accoutumé au joug des règles ne peut s’attendre en bonne logique. (…) Le Dandysme (…) se joue de la règle et pourtant la respecte encore. Il en souffre et s’en venge tout en la subissant ; il s’en réclame quand il y échappe ; il la domine et en est dominé tour à tour : double et muable caractère !

(Bolingbroke) inventa la devise même du Dandysme, le Nil mirari de ces hommes (…) qui veulent toujours produire la surprise en gardant l’impassibilité. (…) le calme du Dandysme est la pose d’un esprit qui doit avoir fait le tour de beaucoup d’idées et qui est trop dégoûté pour s’animer.

(…) ce qui fait le dandy, c’est l’indépendance. Autrement, il y aurait une législation du Dandysme, et il n’y en a pas. Tout Dandy est un oseur, mais un oseur qui a du tact, qui s’arrête à temps et qui trouve, entre l’originalité et l’excentricité, le fameux point d’intersection de Pascal.

Le luxe de Brummell était plus intelligent qu’éclatant ; il était une preuve de plus de la sureté de cet esprit qui laissait l’écarlate aux sauvages, et qui inventa plus tard ce grand axiome de toilette : " Pour être bien mis, il ne faut pas être remarqué. " 

Comme tous les Dandys, (Brummell) aimait mieux étonner que plaire.

Paraître, c’est être pour les Dandys.

On ne se fait pas Brummell. On l’est ou on ne l’est pas.

(…) les Dandys, de leur autorité privée, posent une règle au-dessus de celle qui régit les cercles les plus aristocratiques, les plus attachés à la tradition, et par la plaisanterie qui est un acide, et par la grâce qui est un fondant, ils parviennent à faire admettre cette règle mobile qui n’est, en fin de compte, que l’audace de leur propre personnalité.

Il y a sans doute, en matière de Dandysme, quelques principes et quelques traditions ; mais tout cela est dominé par la fantaisie, et la fantaisie n’est permise qu’à ceux à qui elle sied et qui la consacrent, en l’exerçant.

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 07:10

Gentleman est le mot qui nous vient spontanément à l’esprit pour désigner un homme bien éduqué, dont le comportement est irréprochable. Ce mot date de 1558. Il fut calqué sur notre très ancien gentilhomme (1088), mais son sens a bientôt divergé de celui de son modèle. Si gentleman s’impose en France au XIXe siècle (au point qu’être un gentleman soit devenu un idéal), c’est parce qu’il comble un vide. Car, au contraire du gentilhomme, le gentleman peut se passer de titres. En 1866, Amiel confie à son journal : «  Chacun peut devenir gentleman, quoique né dans un ruisseau. »

 

lord-ribblesdale.jpgLord Ribblesdale, John Singer Sargent, 1902

 

 

Farid Chenoune écrit  (Des modes et des hommes) : « En français (le mot gentleman) n’a guère d’équivalent, sinon, peut-être, le mot « monsieur » quand on l’emploie de manière respectueuse et laudative pour parler de l’homme qui se distingue des autres par sa trempe et sa prestance – c’est un monsieur ». Une notion héritée de notre grand XVIIe siècle paraît toutefois soutenir la comparaison – celle de l’honnête homme.

L’expression naît sous la plume de Montaigne en 1580, mais elle ne prend sa pleine signification que plus tard. Au XVIIe siècle, donc, l’honnête homme représente un idéal qu’une certaine société mondaine a instauré peu à peu contre la grossièreté du peuple et même de la cour. Cet idéal implique un double respect des convenances sociales et des règles de l’honneur. L’honnête homme est poli, cultivé et il sait s’habiller. Il hait le pédantisme : «  Le vrai honnête homme est celui qui ne se pique de rien », écrit La Rochefoucauld. Avec cela, il possède des qualités morales comme le courage, le sens de l’honneur et le cœur.

La notion va bientôt déborder l’aristocratie et, fidèle à son origine humaniste, tendre à l’universalité. Car il en va de l’honnête homme comme du gentleman : point besoin d’être noble pour en devenir un.

Aujourd’hui, honnête homme est le plus souvent employé dans le sens d’homme honnête : la dimension sociale s’est effacée au profit de la dimension morale. La notion d’honnête homme mérite pourtant d’être redécouverte quand de multiples exemples (le débraillé de nos contemporains en est un) témoignent du recul de la civilisation.

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 06:57

J’ai vu  La Grande bellezza à sa sortie. Un film sur la beauté – la « grande beauté » -, ça ne se rate pas ! Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’il a été récemment édité en DVD.


la-grande-bellezza-un.jpg

 

Ma première impression avait été mitigée. Paolo Sorrentino a réalisé un film sur le beau, mais pas sur le bien ! Le spectateur est pris dans un tourbillon fascinant d’images et de musique. Mais l’histoire se réduit à peu et les clichés sont nombreux : pureté du premier amour ; hypocrisie du clergé ; suicide du jeune homme épris d’absolu ; fumisterie d’un certain art contemporain ; fausse superficialité du journaliste mondain, héros du film, par ailleurs écrivain plus ou moins raté, etc. J’avais surtout regretté que, par manque d’analyse et de profondeur, on reste extérieur à ce héros si peu héroïque, formidablement interprété par Toni Servillo.


tony-s-def.jpgTony Servillo par Victor R.

 

La « leçon » finale, qu’il nous délivre en voix off, m’avait semblé bien courte. Je me souviens que, par mail, je m’étais ouvert de mes réticences à un ami cinéphile. Son avis, tout différent du mien, me conduisit à nuancer mon jugement. Ce film lui était précisément apparu profond « en ceci qu’il montrait que rien ne saurait échapper à la superficialité ».

Quoi qu’il en soit, en dépit de ses faiblesses, « La Grande bellezza » est à cent coudées au-dessus de notre production hexagonale marquée par une idéologie libertaire et anarchisante à bout de souffle. Le conformisme de l’anticonformisme saute à la rétine. Nos réalisateurs décalquent à l’envi les évolutions sociétales quand ils ne succombent pas à la facilité du « remake ». Imiter, pourquoi pas, à condition de dépasser, de transcender son modèle à l'instar de ce que firent nos auteurs classiques avec ceux de l'Antiquité. L'inspiration est étouffée et le système, cadenassé. Fils et filles de pullulent à tous les étages – production, mise en scène, comédiens… Les avances sur recettes ne sauraient être accordées à des projets sortant des clous du politiquement correct. En conséquence, on fabrique de l’attendu ; on s’interdit ce qu’on sait devoir être refusé. La censure est, pour ainsi dire, dans l’air du temps. Pas étonnant qu’aux êtres sensibles, l’air soit devenu irrespirable.

Il n’y a pas si longtemps, notre plus grand dialoguiste était un anarchiste de droite ; notre plus grand acteur comique, royaliste et catholique ; parmi nos meilleurs réalisateurs, on comptait un catholique rigoriste, un royaliste nostalgique, un royaliste et catholique un brin libertin…

Ma façon de rêver, c’est de me souvenir. De Michel Audiard ; de Louis de Funès ; de Robert Bresson ; de Philippe de Broca ; d’Eric Rohmer…

… Ah ! j’allais oublier : les tenues que porte Toni Servillo dans « La Grande bellezza » raviront les amateurs du style italien ! 

 

la-grande-bellezza-def.jpg

 

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